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Mon carnet Vin
19 février 2026

Dr. Hermann (Allemagne, Moselle) ****


Domaine de 17ha à Urzig, spécialisé dans les rieslings auslese, BA et TBA même sil produit désormais des rieslings secs et depuis peu deux pinots noirs. Domaine hors des radars, mais produisant d’excellents vins à pris très sages.

 


Dr. Hermann, pinot noir Kinheimer Rosenberg R 2020 : (deuxième millésime de la cuvée. ardoises rouges. En général environ 50% VE, 50% fûts neufs)  Couleur rubis foncé et trouble, nez un peu brouillon à l'ouverture, mieux ensuite, avec des cerises noires, des épices, un végétal noble, l'élevage est déjà bien absorbé, un peu de fumé aussi. Bouche très dense, volumineuse, impression de puissance, pourtant il n'y a pas forcément beaucoup d'alcool, une belle acidité, ne pinote pas forcément, fait un peu peu plus sudiste, mais bien équilibré, toute petite volatile, c'est long, manquant un poil de précision (apparemment corrigé sur les millésimes récents) mais il y a du vin. Merci Sven pour la découverte. TB.


 

10 février 2026

Clos de Jacques (Mas Blanc des Alpilles) ****

 

Clos de Jacques a été créé par Aimeric Gaubert, maître de chai chez Trévallon. Environ 1ha de marsanne, syrah, cabernet sauvignon, massales de Trévallon d'une cinquantaine d'années.

 

 

Clos de Jacques, Alpilles blanc 2023 : couleur or profond, joli nez à l'ouverture et encore mieux après une bonne aération, fleurs blanches, foin, citron puis avec aération pêche, abricot, un peu miellé, assez classique pour une marsanne mais sans lourdeur ni exubérance, peu de boisé ressenti. La bouche est assez classique, bien équilibrée aussi, avec du gras, de la puissance, une acidité plutôt bonne pour une marsanne, même si on ne joue pas sur le registre de la tension ici, quelques amers nobles, une belle aromatique florale, à peine herbacée, fruitée, miellée. Bonne longueur. C'est encore meilleur le lendemain. Le potentiel de garde est clairement là pour donner un joli vin de gastronomie dans quelques années, classique, qui ne renie pas son origine sudiste, mais sans lourdeur et avec une certaine élégance. TB.

 

 

8 février 2026

Ex Occidente - Bernat Voraviu (Espagne) **** et Cisteller ***

 

Micro domaine créé par le célèbre sommelier catalan, Bernat Voraviu (restaurant Alkimia entre autres), à La Figuera (Priorat). Il produit pour le moment un rouge "Roig de la Figuera" depuis 2021 et un blanc depuis 2023 à partir de vieilles vignes qui étaient abandonnées. Mais des projets de plantation sont en cours.

 

 

Ex Occidente, Stella Occidentis 2023 : (vigne de xarel•lo des années 40 à Bisbal del Penedès, entourée de forêt, dont la viticulture est menée par un personnage merveilleux nommé Rustu) Couleur or profond, nez très expressif dès l'ouverture, marqué par l'autolyse et un peu de volatile, sans aller trop loin, avec beaucoup de citron confit, un peu de fruits exotiques, proche d'un Lajibe/Anjou/Jura nature, mais avec le grillé des lies moins marqué ici. La bouche est énergique, beaucoup de peps à l'attaque, là aussi portée par la volatile, elle ne va pas spécialement augmenter et le vin va rester parfaitement propre sur 3 jours, sur les agrumes confits, assez mûre au niveau aromatique, mais très salivant. Avec l'ouverture, le vin perd un peu de peps, et de son intérêt je dirais, on sent qu'il n'y a que 12% d'alcool et une acidité pas si élevée que ça sur la finale, si on doit comparer à un Lajibe par exemple. Mais c'est aussi ce qui le rend très digeste. Au final un vin plutôt très bon, pas du tout ennuyeux comme le sont souvent les xarello, avec une autolyse très bien cadrée, mais toujours le même débat : la vinif domine peut-être un peu trop. TB+.

 

 

Ex Occidente, Roig de la Figuera 22/23 : (complantation de trobat rouge et blanc, maccabeu, sumoll, rojal... des années 1930, à La Figuera. Chestnut barrel à vérifier) Couleur rubis très claire, où l'on voit qu'il y a des cépages blancs et à peine rouillée, à l'ouverture infusion de fruits rouges (fraise surtout) et de floral avec une bonne dose de volatile, mais comme sur le blanc finalement elle ne va pas empirer, même au contraire, le fruit sortant de plus en plus elle va plutôt bien s'intégrer sur 3 jours. La bouche est légère en alcool (12%), acidité moyen+, pourtant dense et avec une texture de velours, pas du tout de tannins, pas de boisé ressenti. Après quelques heures d'ouverture le vin semble avoir 4-5ans de plus, on sent que l'oxydation a été poussée, mais le lendemain et surlendemain il retrouve de l'éclat, avec une évolution modérée, ça semble en tout cas prêt à boire. La longueur est très bonne, la volatile emmène juste ce qu'il faut de peps et d'acidulé. Comme le blanc c'est très bien fait, très "nouvelle génération", "nature maîtrisé", impossible à placer à l'aveugle. TB+.

 

 

 

Cisteller *** - Penedès Xarello 2023 : (domaine créé en 2022 par Sergi Canals et la floridienne Jessica Madigan. Sols calcaires, élevage inox, amphore et fût. 12%) Couleur paille à peine trouble, nez sur la poire, un peu brioché, avec des lies façon champagne. Bouche vive, droite, légère en alcool, quand même un bon volume pour ce profil-là, sur l'aromatique du nez, pas très complexe à ce stade, mais bel équilibre, avec une finale longue et salivante, de petits amers. Avec l'ouverture c'est encore mieux, plus d'agrumes et une texture presque tannique. Un style plus classique que le vin de Bernat Voraviu, mais tout ce qu'on attend d'un bon xarello ici. TB.

 

6 février 2026

Johannes Aufricht (Allemagne, Baden) ****

 

Domaine de 2ha environ, repris en 2018 par le fils Johannes Aufricht (le domaine familial historique fait lui une trentaine d'hectares). Les vignes sont situées à Stetten, au Nord du lac de Constance. Le domaine produit des bulles en pinot noir chardonnay et des rouges tranquilles à base de pinot noir. Un completer verra le jour bientôt. Sols en partie volcaniques. Région ensoleillée, mais avec de l'altitude (450m environ) et beaucoup d'humidité. Travail très précis avec des vignes à haute densité, plantations récentes de sélections des meilleurs plants bourguignons, un pressoir sur mesure, différents fûts avec notamment un fût en inox et autres pour les bulles...

 

Article ici : https://www.viniculture.de/Produzent-innen/Deutschland/Aufricht-Johannes/?srsltid=AfmBOoqyOEakaytsTXrzYKhPqg_PvHqBly2aPCbWK6sNjgaq5hI6t1D8

 

 

Johannes Aufricht, pinot noir Krähen 2023 : (Krähenberg planté en 2015, grappe entière. Elevage fût bois au départ puis fût inox ensuite) Couleur un peu plus foncée que le Wongamat bu en paallèle, contours encore un peu violacés, joli nez dès l'ouverture, fruité plutôt "noir" pour un pinot, mais pas du tout confituré, avec de la mûre, de la cerise, un peu violette, petite touche grillée très légère dans le fond qui est ressortie surtout à J+1. La bouche est sur la même aromatique, avec plus d'acidité que le Wongamat, pas du tout de sucrosité ici, plus en allonge du coup, même si il y a un très beau volume, des tannins encore un poil présents sur la finale mais de qualité, la sensation que c'est sérieux, avec beaucoup de fond, juste encore un peu jeune même si on prend déjà du plaisir, grosse longueur. Très prometteur. TB++.

 

3 février 2026

Jonathan Cornevin (Rouvres-les-Vignes) **

 

Jeune domaine créé en 2023, sur la Côte des Bar. Pour le moment un peu moins d'1 hectare repris du domaine familial qui vendait les raisins. Travail proche du nature.

 

 

Jonathan Cornevin, Coteaux champenois 2024 : (100% chardonnay) Couleur or pâle, nez sur la pomme, la poire, les agrumes, assez simple et primaire. Pas d'élevage ressenti, ni d'autolyse (légère autolyse le lendemain). La bouche est légère en alcool (11%), avec une acidité très haute, peu de corps, impression qu'il n'y a pas eu de malo, aromatique proche du nez en un peu plus citronnée, limite sous-maturité, sans élevage, simple, pas spécialement nature. Finale salivante. Bref, on a l'impression d'un "jus clair" avant la seconde fermentation en bouteille, qui devrait faire une bonne base pour un champagne mais qui offre peu de plaisir en l'état. Pas vraiment mauvais, mais à 60€ ça ne va pas. B-.

 

1 février 2026

Soirées Saint-Aubin/Beaune/Savigny

 

Saint-Aubin

 

 

 

Saint-Aubin est une petite appellation, située dans une vallée derrière (en allant vers l’Ouest) le coteau de Chassagne et Puligny-Montrachet. C’est donc un endroit plus frais, qui n’est pas protégé par les vents d’Ouest et légèrement plus haut en altitude. Bien que toutes les appellations soient hétérogènes, celle-ci l’est encore plus que Chassagne/Puligny/Meursault car les expositions y sont variées. C’est probablement ce qui fait qu’elle n’a pas aussi bonne réputation. On trouve en effet à Saint-Aubin des secteurs trop froids pour être vraiment qualitatifs. Mais on y trouve aussi des secteurs exceptionnels, qui n’ont rien à envier aux meilleurs parcelles de la Côte de Beaune et représentent donc de bons rapports qualité/prix (surtout pour les blancs des millésimes solaires). Ce sont avant tout les climats très calcaires qui touchent le Montrachet : Murgers des Dents de Chien, En Remilly, Pitangerets, Charmois, en allant du Nord au Sud. Le secteur au-dessus du village, exposé sud, de Derrière chez Edouard aux Frionnes, est intéressant aussi, dans un style plus argileux, convenant également aux rouges.

 

 

Moingeon, Saint-Aubin 1er Cru Frionnes 2020 : couleur très claire, un vin plus en tension que ce qu’on attendait pour un 2020, sans la maturité du millésime, citronné, fumé, soufré, finale salivante qui réveille bien les papilles pour commencer. Encore un peu jeune dans l’idéal.


De Montille, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : un vin clair en couleur, tout en tension, dans lequel on sent bien le style du domaine, très épuré, peu boisé, vendangé tôt, pas de gras, et le côté caillouteux de la parcelle. La chaleur du millésime ne se sent pas du tout. Un style austère, presque un peu trop pour certains.


Morey-Coffinet, Saint-Aubin 1er Cru Le Charmois 2023 : couleur dorée, nez assez classique avec des fruits jaunes et un léger beurré, bouche avec du gras, du beurré, un beau volume, une vendange mûre et concentrée, avec de la gourmandise, tout en restant du bon côté de la limite, sans jamais tomber dans la lourdeur non plus.


Hubert Lamy, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : couleur or, nez de fruits jaunes, cire, un peu de lies, pas de beurré ici, très peu de bois. Bouche avec un beau volume, aussi large que longue, où on sent à la fois une vendange mûre, quelques amers qu’on a été chercher au pressurage, le côté caillouteux de Remilly est bien marqué, long. Déjà accessible mais un gros potentiel de garde aussi.


Hubert Lamy, Saint-Aubin La Princée 2022 : (10 parcelles) même style que le précédent, peut-être un peu moins de corps, clairement sur la tension, pas de gras, salivant, belle entrée en matière.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Pitangerets 2021 : bouteille la plus marquée par la réduction sur lies (peu de débourbage, pas de bâtonnage, peu/pas de soutirage), allumette, sésame grillé, jolies notes de citron confit derrière, bouche très droite, salivante, un peu de lies, du fruit confit, très énergique, avec beaucoup de longueur. Peut-être le meilleur de la série, même si le style a été clivant.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2023 : vin moins marqué par l'autolyse que le précédent, profil plus classique, très léger gras, un peu de fruits jaunes, élégant, presque gourmand pour un Pillot, très floral, belle tension finale, déjà très accessible.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : peu d'autolyse aussi, différent du 2023, pas du tout de gras ici, peu de fruit, très floral, frais, épuré comme souvent avec les vins de Thierry, finale un peu moins tendue que le 2023.


Ramonet, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : nez qui a mis du temps à s'ouvrir, léger grillé/soufré, citronné, bouche très droite, sensation minérale, très peu de bois, pas de gras, différent des Chassagne du domaine, beaucoup de fraîcheur, finale très longue, salivante, encore un peu dure peut-être, mais probablement le vin avec le plus de potentiel au vieillissement.


PY Colin-Morey, Saint-Aubin 1er Cru La Chatenière 2015 : un vin encore jeune, pas vraiment dans le style du domaine au sens où l'autolyse habituelle n'est pas là, frais pour 2015, tendu, citronné, petite touche cire/miel, noisette en finale, quelques notes "chablisiennes". Différent de ce qu'on attendait, mais très bon. Merci HA.


Derain, Saint-Aubin 2021 : (le ban) un vin très différent de tous les précédents, où on sent la vinif en nature, sans défauts majeurs, couleur bien plus dorée, un nez de fruits bletts et fruits exotiques avec un peu de volatile. Bouche très énergique à l’attaque, portée par un peu de volatile, du citron confit, des fruits bletts, une pointe oxydative. Très intéressant à comparer, mais jamais facile pour ce genre de vin seul dans une série très classique.

 

 


Savigny-lès-Beaune

 

 

Savigny-lès-Beaune est une grande appellation, elle aussi située dans une vallée et traversée par le ruisseau du Rhoin. Les expositions et les sols y sont variées, elle est donc très hétérogène. Sa réputation de vins légers et fruités lui vient de sa grande partie centrale, relativement plate, argileuse voire parfois limoneuses. Mais les vins sont différents du côté Pernand, ou de l’autre côté vers La Dominode, un coteau exposé un peu plus au Nord, ou sur le secteur des Gollardes tout au fond de la vallée où l’on produit notamment des pinots blancs.

 

 

Domaine des Croix, Savigny-lès-Beaune 2021 : style léger et aérien, avec l’avantage du millésime frais sans les inconvénients, pas très long, mais beaucoup de plaisir immédiat.


JB Boudier, Savigny-lès-Beaune 2023 : (les Peuillets et Ez Connardises) Un savigny léger, plein de fruit, très croquant, peu tannique, frais pour 2023, pas très long, mais offrant beaucoup de plaisir dès maintenant.


P. Guillemot, Savigny-lès-Beaune VV 2023 : un savigny légèrement plus solaire que le précédent, joli fruité aussi, plus épicé, peu tannique, un peu plus de longueur et d’allonge mais moins juteux en l’état, plus de potentiel de garde.


Les Horées, Savigny-lès-Beaune Les Plaisirs et les jours 2023 : (les Vermots et les Peuillets) Couleur claire un peu violacée, nez très floral, qui sent l’infusion en grappe entière, proche du nature, très épuré. La bouche n’est pas très volumineuse, très fraiche, acidulée, en longueur, avec quelques petits tannins qui donnent du relief à la finale, surtout une superbe aromatique très fleurie.


Bruno Clair, Savigny-lès-Beaune 1er Cru La Dominode 2005 : robe encore jeune pour un 2005, à peine tuilée sur les bords, un vin travaillé à l’ancienne, avec du cuir, des notes animales, du kirsch. Une bouche aux tanins encore serrés qui appellent la table, une belle acidité dans le fond, encore jeune, mais noble, à condition d’aimer ce style bien sûr, qu’on pouvait s’attendre à trouver sur un vieux Bruno Clair et sur 2005. Merci Bertrand !


Camille Giroud, Savigny-lès-Beaune 2001 : un vin qui ne fait pas son âge là aussi, très fin, encore du fruit, semble pile à point, il combine évolution et gourmandise, tannins fondus, d’un grand niveau pour un village. Merci Fred !

 

 


Beaune

 

 

L’appellation Beaune est quasiment de la même taille que Savigny (350ha), mais on revient désormais sur le coteau principal, orienté plein Est, avec la présence de plusieurs combes. Les vins y sont donc un peu plus homogènes, solaires et puissants. Le Nord de l’appellation est un peu plus calcaire avec un peu de sable en bas de coteau. Le sud est plus argileux, avec parfois des terres rouges comme l’on retrouve sur l’appellation voisine, Pommard. Beaune n’a pas la réputation qu’elle mérite : ce serait dû à la trop forte présence des grandes maisons (qui pourtant ont parfois des cuvées intéressantes sur Beaune justement) et du trop peu de « vignerons » qualitatifs. Il y a pourtant un très beau niveau aujourd’hui, et à des prix qui restent raisonnables. Cette injustice finira bien par être réparée.

 

 

Antoine Jobard, Beaune 1er Cru Montrevenots 2021 : couleur claire, nez de petits fruits rouges, pivoine, ouche légère, aérienne, pas beaucoup de volume, on a la fraîcheur attendue du millésime et de la parcelle du haut de coteau. On sent que le vigneron a peu extrait, il n’a pas été cherché ce que le millésime ne pouvait pas donner ici. Ce n’est pas très long, mais très facile à boire, frais mais sans austérité.


De Montille, Beaune 1er Cru Les Sizies 2022 : couleur claire, brillante, nez de fruits rouges un peu sucrés, floral, marqué par un peu de grappe entière. Bouche en rondeur, peu tannique, très élégante, sur les arômes du nez, bel équilibre entre le côté infusé des rouges du domaine et le côté solaire du millésime. Beaucoup de gourmandise.


Les Horées, Beaune Les Prévolles 2022 : même style que sur le Savigny du domaine, proche du nature parfaitement maîtrisé, infusé, éclatant, un poil plus solaire et tannique que le Savigny, même s’il reste parmi les plus fins de la série.


Domaine des Croix, Beaune 1er Cru Les Cent Vignes 2022 : on termine avec un pinot à la couleur sombre, nez de fruits noirs et de violette, très pur, peu boisé. Bouche puissante, solaire, sur un fruit noir confituré mais avec une bonne acidité derrière, des tannins encore présents mais sans sécheresse. Encore jeune, mais très beau potentiel.