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Mon carnet Vin
26 décembre 2020

Bass Phillip (Australie) *****

 

La légende du pinot noir australien. Créé par Phillip Jones en 1979, d’après le nom des explorateurs George Bass et Arthur Phillip, certifié biodynamie. Le domaine est situé dans la zone fraîche du Gippsland, à l'est de Melbourne, où Philipp Jones cultive pinot, chardonnay, gamay, nebbiolo et gewurz, plantés à haute densité. Le style des vins se veut très "bourguignon", sur la fraîcheur, peu extraits, égrappés, gardant toujours une certaine rondeur et de la gourmandise avec un côté légèrement plus confituré que les pinots français. En fonction des cuvées il est préférable d'attendre quelques années pour que les élevages soient pleinement intégrés. La qualité et la rareté des vins lui ont valu le surnom de DRC australien, même si les vins sont probablement plus proches de l'école Jayer. En 2020 Philipp Jones prend sa retraite et vend le domaine à Jean-Marie Fourrier ! 

 

 

 

Bass Phillip, Pinot noir estate 2015 - Gippsland (Victoria) : (La légende du pinot noir australien. Créé par Philipp Jones en 1979, d’après le nom des explorateurs George Bass et Arthur Philipp, certifié biodynamie. Le pinot noir "estate" est une parcelle de 4 hectares, en haute densité pour l'Australie (8500pieds/hectare), non irriguée, orientée nord-est, sur des sols limoneux et volcaniques, parfois assmblée avec la parcelle "Leongatha". Elevage en fûts français dont 60% de fûts neufs. 100% egrappé. Non filtré) Couleur encore plus claire que le précédent (un Josh Cooper), trouble aussi. Nez envoûtant, très pur aussi tout en étant différent, plus sur la fraise confiturée ici, la rose, plus gourmand, peut-être encore plus évident, sans trait végétal. Bouche toute en finesse, en gourmandise, ronde, peu tannique, belle épaisseur, juste ce qu'il faut de fraîcheur, tout semble évident et à la bonne place, du velours, il rappelle - ou appelle - le style du Gevrey le plus fin, avec en plus beaucoup de longueur. Son statut de légende locale n'est pas usurpé. TB++.

 

Bass Phillip - Gewurztraminer 2018 : couleur dorée, nez sur le litchi, les fruits jaunes, pêche, abricot, un peu de fruits exotiques, il peut faire penser à des cépages aromatiques comme le viognier, la petite arvine, ou le gewurz bien sûr. Bouche grasse, presque huileuse dans l'esprit d'un condrieu par exemple, sur les arômes du nez, gardant une fine acidité dans le fond qui l'empêche d'être lourd, même si on reste sur un vin plus en largeur qu'en longueur. Finale moyenne. Une interprétation originale du cépage, avec une aromatique identifiable mais une texture qui n'a rien d'alsacienne. B+.

 

Bass Phillip chardonnay estate 2018 : couleur dorée, nez sur le beurre, les fruits exotiques type ananas, pointe vainillée déjà bien intégrée, pas du tout de grillé. Avec l'aération de plus en plus de fruits exotiques. Bouche grasse, épaisse, beurrée, pas trop d'alcool, toujours ces fruits exotiques, dans le fond une belle acidité lui permet de pas être trop lourd. Finale sur les fruits exotiques. Proche du Liquid Farm californien bu récemment avec un peu plus d'acidité peut-être. Un style "mûr", assez riche, mais maîtrisé. A voir au vieillissement désormais. TB.

 

Bass Phillip Rosé 2020 : (pinot noir) couleur rose/orange, nez un peu réduit à l'ouverture, framboise, fraise et arômes de vins oranges (melon...). Bouche perlante, un peu de réduction, puis fruits rouges/roses, du volume, une texture travaillée, mais manque un peu de peps dès que le gaz est parti, finit court. B-.

 

Bass Phillip – Crown Prince pinot noir 2018 : couleur très claire, rose foncé et trouble, nez infusé, framboise, petits fruits rouges, fleurs, orangette. Bouche qui tire clairement sur le nature, mais propre, jus de fruit infusé, sans tannins, confiture de framboise, orangette, sucrosité un peu haute, pas une grosse acidité, un côté orangette sur la finale, rappelle L’Anglore ou Les grillons par exemple. TB-.

 

 Bass Phillip - Pinot noir Estate 2018 : (Gippsland, Australie. 100% egrappé. 13,7%) Couleur infusée, contours à peine orangés. Nez plus solaire, fraise écrasée, orangette, épices, impression de soleil et d’un peu de sucrosité. Ca se confirme en bouche, un peu fou-fou en l’état, sur la brêche du nature, semble encore jeune, un peu sucré, on tire sur l’Anglore ou ce genre de vin. La finale manque un peu de fraîcheur, un peu brouillonne aussi et de plus en plus avec l’aération. Un vin que j’ai déjà eu l’occasion de bien mieux goûter. B+.

 

Bass Phillip - Pinot noir estate 2020 : un peu de gaz à l'ouverture, couleur très claire, nez un peu sucré, orangette, fraise, framboise. Bouche aux tannins soyeux, infusée, belle matière, fruité éclatant, mais assez solaire, sucrosité, on sent bien le 14,2 d'alcool, belle longueur. TB. Une autre bouteille semblait avoir plus de sucrosité, un peu lourd. TB-.

 

Bass Phillip 2021 Estate : un peu moins de lourdeur que 2020 même si on sent une certaine sucrosité, fraise, floral, texture soyeuse, peu de bois, à boire quand même assez frais. TB.

 

Bass Phillip - Pinot noir Estate 2017 : couleur pinot, nez très expressif, plein de fruit, envoûtant, typé Côte de Nuits. Bouche soyeuse, dense, aérienne, fruitée, évidente, belle maturité, gourmandise et haute acidité. Grosse quille qui frise l'exceptionnel. TB++.

 

26 décembre 2020

Katharina Wechsler (Allemagne, Rheinhessen) ***

Katharina a quitté le monde des médias et Berlin pour revenir au domaine familial à Westhofen en 2010, après un stage chez Klaus-Peter Keller entre autres. Elle exploite aujourd'hui 17 hectares, majoritairement en riesling, puis avec un peu de pinots blancs, noirs, gris, de sylvaner et de scheurebe (parfois expérimenté en vin orange). Les cuvées phares sont les grands crus Kirchspiel et Morstein. Le style se veut élégant, minéral, sec et tendu. Les vins progressent d'année en année.

 

 

K. Wechsler - Riesling feinherb 2019 : Couleur très claire, nez sur les zestes d'agrumes, très citron vert, un peu de résine. Bouche droite, légèrement perlante, peu épaisse mais très énergique, tendue, les quelques grammes de sucres lui permettent de ne pas être austère. Finale de bonne longueur, sur le citon vert avec une légère amertume. Excellent rapport q/p (9€). TB.

 

9 décembre 2020

Liquid Farm (Etats-Unis) ***

Domaine créé par Jeff Nelson et James Sparks en 2009. Membre du IPOB (In Pursuit of balance), les vins ont un taux d'alcool relativement faible pour la Californie et un taux d'acidité élevé pour rester digeste, dans un esprit "bourguignon". Le domaine cherche à mettre en avant le terroir, les vinifications sont peu interventionistes, avec très peu de fûts neufs. Principalement de l'achat de raisins comme souvent aux USA où grape grower et winemaker sont des métiers différents.

 

Liquid Farm - La Hermana chardonnay 2015 AVA Santa Maria Valley (Santa Barbara county) : ("Soeur" de la cuvée White Hill. Vignes provenant de Bien Nacido, Solomon Hills et Dierberg. 13% vol) Couleur dorée, nez très expressif dès l'ouverture, légèrement beurré, surtout très exotique, mangue, ananas, papaye, pesque coco, mais la coco des fruits surmûris pas celle de la barrique américaine, comme on rencontre parfois à Viré-Clessé, St-Véran... Bouche grasse, relativement légère en alcool, l'élevage reste discret, on retrouve cette corbeille de fruits exotiques et un peu de beurre, une fine acidité dans le fond lui permet de ne pas tomber dans la lourdeur mais sans qu'on puisse parler de tension non plus. La finale est un peu courte, elle manque de "relance", ce qu'un peu plus d'acidité aurait pu lui apporter. Un joli chardonnay californien au final, qui ne trahit pas son origine par son côté mûr et exubérant, mais il manque un peu de tension pour les palais bourguignons (bien que sur les derniers millésimes on croise de plus en plus de Bourgognes très "californiens"...) B+.

liquid farm hermana 2015

 

6 décembre 2020

Château Bela (Slovaquie) ***

Propriété d'Egon Müller, par sa belle-famille, depuis 1999, les vins produits sont bien plus secs qu'en Moselle, plus alcoolisés, dans un style plus proche des rieslings autrichiens qu'allemands.

 

Château Bela, Resling 2017 : (Muzla, région de Sturovo) Couleur claire, petites bulles visibles. Nez sur le pétrole, la résine, le citron confit, impression d'une pointe de sucrosité par ce côté confit. Bouche sèche, légèrement perlante, très droite, acidité tranchante, amertume assez élevée aussi, citron vert, zestes d'agrumes, pétrole, les 14,5% ne se sentent pas. Finale d'assez bonne longueur, acidité et amertumes élevées. Un peu difficile à l'apéritif, il s'en sortira mieux à table sur des fruits de mer ou sur un plat citron/gingembre. 48h plus tard, un peu moins tranchant et quelques fruits exotiques, encore meilleur, probablement un joli potentiel de garde. TB-.

bela 2017

 

 Château Bela (Egon Müller Slovaquie) - riesling 2019 : clair en couleur, nez surtout citron, herbacé. Bouche très acide, un peu verte, finale citrique et amère, pas de sucre ressenti, difficile dans cette série. B-.

 

18 novembre 2020

Domaine de La Rochette Jacques Tatasciore (Suisse) ****

 

Domaine de la Rochette Jacques Tatasciore - Neuchâtel les margiles 2015 : (pinot noir) couleur sombre, nez fruits noirs, encore un peu d'élevage, mais pas trop toasté contrairement à ce que je j'attendais. Bouche épaisse, mûre, sudiste, concentrée, mais belle fraîcheur dans le fond, clairement taillée pour la garde. Me rappelle le Williams Selyem 2013 bu récemment. Un pinot moderne, boisé, concentré, qui va demander du temps. TB.

 

Vieilles Vignes 2019 : couleur sombre, nez à l'élevage bien intégré, plutôt fruits noirs, épices, pointe orangette. Très belle bouche juteuse, avec du fond, bonne acidité, petits tannins qui allongent, juste ce qu'il faut de sérieux, aromatique peut-être encore un poil fermée, un peu d'animal aussi, long. Très belle bouteille, plutôt accessible pour un Tatasciore dirons-nous. TB+.

 

8 novembre 2020

Bodega Chacra (Argentine) ****

Bodega Chacra - Mainqué chardonnay 2019 Rio Negro Patagonie : (by Jean-Marc Roulot et Piero Incisa della Rocchetta/Sassicaia) Couleur très claire, nez légèrement marqué par une fine réduction "bourguignonne" (autolyse) à l'ouverture qui apporte de la fraîcheur mais qui malheureusement disparait très vite, beaucoup de fruits exotiques et surmûris, ananas, papaye, mangue, peu beurré et peu boisé. Bouche légère en alcool (12%), comme le nez peu beurrée, peu boisée, sur les fruits exotiques, impression d'une pointe de sucrosité, pas une grosse acidité, ne fait pas forcément très chardonnay. Longueur moyenne, la finale manque de tension. On sent un vin où tout a été fait pour ne pas tomber dans le trop pataud (peu d'alcool, vendangé tôt ?, peu boisé, peu batonné, fine réduction) mais ça manque clairement de tension et de profondeur, sur cette bouteille en tout cas. B-.

 

Mainqué 2021 : Couleur claire, chardonnay plutôt sur la tension, moins mûr et moins exotique que le 2019, plus citronné, pas de sucrosité ici, peu d'élevage, élégant, manque juste un peu de longueur. TB-.

 

Bodega Chacra, Mainqué chardonnay 2021 Patagonie : (domaine créé par della Rocchetta (Sassicaia) en 2004 et conseillé par JM Roulot sur le blanc ; En biodynamie, 25ha environ, sur le fleuve Rio Negro. Mainqué : 18% en œufs béton, 25% en cuves inox et 57% en fûts français (12% neufs) pour 10 mois. Malo pas forcément faite. Sols alluvions, un peu de calcaire. 13%. Ph 3,3)  Couleur or pâle, nez fruité, de plus en plus exotique avec l'ouverture, très légère touche beurrée. La bouche est fruitée et exotique, peu de gras, légère en alcool, vive, pas forcément très marquée chardonnay. Le vin était bien plus citronné, avec une petite réduction sur lies plus bourguignonne il y a 2-3ans et un peu plus intense. C'est encore bon, mais il ne faut probablement plus trop trainer. TB-.

 

Bodega Chacra - Pinot noir Barda 2019 : Couleur rubis, nez de pinot "sudiste", fruits rouges et noir, quelques épices, un peu confituré, pointe de volatile/cerise aigre. Bouche plutôt fraîche et fruitée, avec une bonne acidité, encore renforcée par la légère volatile, fruits rouges mûrs, épices, semble assez faible en alcool, finale un peu courte, mais qui reste fraîche et digeste. Bien fait pour l'entrée de gamme du domaine. Plus convaincant que le blanc. B+.

 

 Barda pinot noir 2021 : couleur ultra claire type "poulsard", nez infusé cranberry groseille épices, pivoine. Bouche légère, aérienne, peu d'alcool, pas de tannins jus de fruit infusé, avec une acidité moyenne, pas trop de sucrosité sur ce millésime, reste simple et court sans beaucoup de matière mais se boit très facilement. Bonne entrée de gamme. TB.

 

Chacra Patagonia 55 pinot noir 2021 : très beau pinot, peu d'alcool, sent la grappe entière, des épices, du poivre, beaucoup de finesse, légèrement perlant (à carafer), beaucoup de pureté et de gourmandise. TB++.

 


Bodega Chacra, pinot noir Cincuenta y cinco 2021 Rio Negro, Patagonie : (vignes de 1955, 11 mois en cuves béton pour 50% et 50% en fûts français non neufs, grappes entières. Sols lit de rivière. 12%. Ph 3,6)  Couleur claire, début d’évolution. Un nez très pivoine, fruits rouges, façon pinot en grappes entières, l’alcool se sent un peu alors qu’il semble assez bas (12%), le fruit manquant un peu d’éclat. La bouche est légère, fruitée, sans tannins, pas beaucoup de corps, pas mauvaise, mais là aussi avec la sensation que cette bouteille manque un peu d’intensité, surtout que ce vin était excellent et très éclatant il y a 2-3 ans dans un style très infusé. Pas mauvais mais sur la pente descendante. TB.

 

 

 

 

Bodegas Noemia ** - A Lisa Malbec 2017 Rio Negro Patagonie : (90% malbec, 9% merlot, 1% petit verdot) Couleur très sombre, nez de confiture de cassis et de bois. Bouche très ronde, lisse, confiturée, pas beaucoup d'alcool, pas mal de bois, très moderne, tout en texture, sans longueur. Moyen. Une autre bouteille semblait moins boisée. B.

 

El Esteco ** - Old Vines 1946 Malbec 2019 (Cafayete valley) : couleur noire, nez de syrah lardé, fumé. Bouche mûre, lardée, gourmande, un peu d'élevage mais bien intégré, pas trop lourd, finit assez frais. TB.

 

 

Vina Tabali, Talinay Chardonnay Caliza 2022 DO Valle del Limari : (à Talinay, à 12kms de la côte, dans le calcaire. 29e parallèle Sud. Mais courants d’air frais du Pacifique, « camanchaca » donc très frais et humide. 1000mm d’eau par an. Ce sont les chardonnays les plus tendus et austères du pays. Ils y font des Sparkling avec Thiénot. Parcelle de 0,7ha plantée en 2006 à 5000 pieds/ha. Elevage 10mois fûts de chêne français non neufs. Pas de malo. Domaine créé en 2002. Aujourd’hui 150 hectares sur plusieurs sites)  Couleur très claire, nez qui à l'ouverture sauvignonne légèrement, un peu de lies, bien mieux avec une bonne ouverture, à mi-chemin entre Sancerre et Chablis, léger buis, fruits jaunes qui se développent avec l'ouverture, un côté presque "coquille d'huître", pierre humide, cire. Bouche très droite, tendue, un peu austère, grosse sensation minérale, légère en alcool (12,5%), pas du tout de gras, quand même du corps et de la longueur, on sent sur la finale que c'est encore jeune et soufré, un gros vin parti pour durer. Le côté "Costa" annoncé est très présent même si bien sûr la vinif aide un peu aussi... TB++.

Tabali *** - Talinay pinot noir 2017 : assez clair un peu évolué, fruits rouges confits et orangette, mieux en bouche, un peu de sucrosité équilibrée par un côté salin/anchois, finit un peu lisse. B.

Talinay PAI pinot noir 2018 : nez peut-être un peu trop fruits cuits avec un peu d'élevage. Très belle bouche, soyeuse, pas trop d'alcool, bonne acidité, élevage déjà pas si mal intégré, fond fumé, salin assez long. TB.

Tabali Vetas Blancas pinot noir 2019 : pinot avec un peu d'évolution, fumé, viande salé, pas beaucoup d'alcool pour la latitude, reste frais, très bon rapport q/p. TB.

Tabali syrah Pedregoso 2023 gran reserva : syrah lardée, qui reste fraîche, bon rapport q/p. TB.

 

 

 

Montsecano (Chili Casablanca) ** - pinot noir refugio 2019 : (domaine d'Ostertag) Couleur assez sombre pour du pinot, ça se confirme au nez, cerises très mûres, prunes, fruits noirs, un côté nature mais propre, pas de défauts à ce niveau-là. Bouche ronde, mûre, sucrée, avec un alcool à 14° qui se sent bien, peu de tannins. Finale un peu sucrailleuse. B-.

 

 

Veramonte ** - Casablanca valley pinot noir reserve 2021 : (14%, AT 5,92 gr/L, SR 1,35gr/L. préfermentaires à froid, 15% VE, 8ois fûts neutres) Couleur claire, nez très pinot fruits rouges mûrs, petite touche grillée, herbes grillées. Bouche aux tannins souples, les 14% ne se sentent pas, acidité assez haute, corps moyen, beaucoup de fruit, petite touche grillée, finale de longueur moyenne, acidulée, pas trop boisée, belle entrée de gamme, bon rapport q/p. B+.

Chardo 23 lies, fumé, bof. Pinot noir 22 rond, facile, sans lourdeur. Ritual pinot noir 2020 frais et sur le fruit, bien fait. Primus carmenere apalta 22 un peu orangette, boisé, bof. Neyen 2017 fin, cassis, mûr, un peu orangette, pas de vegetal, soyeux, rond, facile à boire, plutôt bon.

 

 

Loma Larga * - Chardonnay 2018 : (Casablanca) chardonnay pas trop boisé, mais puissant, haut en alcool, aromatique qui fait viognier, beaucoup de corps, pas d'acidité, bof.

 

15 octobre 2020

Soirée Australie

Si l'Australie est environ 14 fois plus grande que la France, son vignoble, entièrement réparti au sud du pays, reste relativement petit avec 146 000 hectares (contre 118 000 juste pour le Bordelais par exemple). Les vins produits sont variés, les climats et les sols également. La syrah, suivie par le chardonnay et le cabernet sauvignon sont de loin les cépages les plus répandus. Mais la viticulture y est en pleine mutation, comme en Californie. On assiste de plus en plus à une recherche de qualité, de fraîcheur, d'expression du terroir, avec un travail plus poussé à la vigne et de plus en plus de biodynamie. 

cartes australie

 

Les blancs : 4 grands classiques australiens

 

1 - Tahbilk, 1927 Vines Marsanne 2011 - Nagambie Lakes, Goulburn valley (Victoria) : (grand domaine créé en 1860 qui possède probablement les plus vieilles marsannes du monde. Elevage en cuves puis en bouteilles, commercialisation au bout de 6ans environ) Couleur très claire pour une marsanne de 2011, nez légèrement miellé, avec de la cire, de la résine, du citron, très différent des marsannes du Rhône. La bouche est plutôt vive et fraîche, minérale, légère, pas du tout grasse avec une longueur moyenne. TB-.

 

2 - Grosset, Polish Hill riesling 2018 - Clare Valley (Southern Australia) : (petit domaine de 20 hectares créé en 1981, certifié bio. Sols de schistes au nord de la Clare valley, parcelle à 470m d'altitude. Elevage en cuves) Robe presque translucide, nez très typé riesling, avec des terpènes, du citron vert. Bouche puissante par rapport au suivant, plus concentrée, sèche, austère, avec une finale très longue sur l'amertume des zestes d'agrumes. Un beau riesling mais encore un peu jeune. TB.

 

(Grosset, Polish Hill riesling 2022 : très beau riesling, sec, très droit, salivant, sans manque de volume, moins de fruit que Kusuda par exemple, un peu plus pétrole. TB+.)

 

3 - Henschke, Julius riesling 2017 - Eden Valley (Southern Australia) : (très ancien et très grand domaine plutôt spécialisé dans les syrahs, en biodynamie. Sols de sables, graviers et argiles. Elevage cuves) Robe translucide aussi, nez peut-être plus simple mais plus expressif, très porté sur le citron. Bouche vive, moins épaisse, légèrement perlante, plus légère en alcool (11,5% ici contre 12,7% sur le Grosset), plus facile à boire, avec un côté presque désaltérant. Un riesling plutôt dans l'esprit allemand, alors que le Grosset était plus proche de certains rieslings français. Merci Stan pour la bouteille ! TB.

 

4 - Leeuwin Estate, Art series chardonnay 2016 - Margaret River (Western Australia) : (domaine des années 1970 d'une cinquantaine d'hectares. Sols de gneiss et de graves, non irrigués. Elevage en barriques neuves françaises) Couleur légèrement dorée, nez de chardonnay bourguignon, légèrement vanillé et toasté, miellé, avec des fruits jaunes, des notes florales. En bouche le bois est bien intégré, puissante, épaisse, beurrée, sans être trop mûre, belle acidité dans le fond. Finale assez longue sur un côté plus minéral et des agrumes. Beau chardonnay à l'élevage poussé et à l'avenir très prometteur. TB.

leeuwin

 

 

Les vins rouges : nouvelle et ancienne générations

 

5 - Ochota Barrels, Mark of Caïn pinot meunier 2019 - Adélaïde Hills (Southern Australia) : (Créé en 2008, domaine "peu interventionniste" de 5 hectares environ. Elevage en vieux fûts français avec une petite partie de vendange entière) Couleur framboise, très claire. Nez sur la cerise, le bonbon anglais, avec des notes amyliques (certains évoquent un beaujolais nouveau). Bouche très légère (11,6% d'alcool), peu épaisse, sans tannins, un jus de fruit facile à boire, finale assez courte, mais qui a le mérite d'être pleine de fraîcheur, à l'opposé du stéréotype australien. B+.

 

6 - Sailor seeks horse, Pinot noir 2017 - Huon valley (Tasmanie) : (domaine de 6,5 hectares créé en 2005. Elevage en vieux fûts, 15% de vendange entière. Sols de sables, limons et argiles non irrigués) Couleur rubis, nez désagréable avec une forme de réduction tenace, sur le chou notamment. Bouche légère et fraîche, qui ne pinote pas vraiment et reste très simple. Peut-être une bouteille en dedans. En tout cas, pas représentative de cette région prometteuse. Moyen.

 

7 - Josh Cooper, Doug’s vineyard pinot noir 2018 - Macedon Ranges (Victoria) : (premier millésime en 2012. Fils des Cooper-domaine Cobaw Ridge. Achat de raisins aux meilleurs "grape growers", ici la famille Newnham. Exposition nord-nord-est, 500m d'altitude. Sols de basalte. Forte proportion de grappe entière. Elevage fûts français dont une faible proportion de fûts neufs) Couleur rubis, trouble. Très beau nez expressif, envoûtant, sur la pivoine, la fraise, épices orientales, un côté grappes entières suffisamment mûres. Bouche très fraîche, fruitée, tannins fins, très pure aussi (peu sulfitée peut-être) dans un style proche des "IPOB" californiens avec ce très bel équilibre entre fruit confituré et végétal noble. Très belle longueur. Semble déjà à point en l'état. TB++.

 

8 - Bass Philipp, Pinot noir estate 2015 - Gippsland (Victoria) : (La légende du pinot noir australien. Créé par Philipp Jones en 1979, d’après le nom des explorateurs George Bass et Arthur Philipp, certifié biodynamie. Le pinot noir "estate" est une parcelle de 4 hectares, en haute densité pour l'Australie (8500pieds/hectare), non irriguée, orientée nord-est, sur des sols limoneux et volcaniques, parfois assmblée avec la parcelle "Leongatha". Elevage en fûts français dont 60% de fûts neufs. 100% egrappé. Non filtré) Couleur encore plus claire que le précédent, trouble aussi. Nez envoûtant, très pur aussi tout en étant différent, plus sur la fraise confiturée ici, la rose, plus gourmand, peut-être encore plus évident, sans trait végétal. Bouche toute en finesse, en gourmandise, ronde, peu tannique, belle épaisseur, juste ce qu'il faut de fraîcheur, tout semble évident et à la bonne place, du velours, il rappelle - ou appelle - le style du Gevrey le plus fin, avec en plus beaucoup de longueur. Son statut de légende locale n'est pas usurpé. TB++.

bass philipp

 

9 - By Farr, Tout près Pinot noir 2015 - Geelong (Victoria) : (Créé en 1994 par Gary Farr, rejoint récemment par son fils Nick. Tous les deux ont fait leurs classes chez Dujac, Au bon climat et Cristom. "Tout près" a été planté en 2001 à très haute densité (7300 pieds/hectare), d'où son nom. Plus haut en altitude que les autres parcelles du domaine, sols volcaniques, graviers, loams et sables. 100% grappe entière et 100% fûts neufs) Couleur sombre pour un pinot, nez de fruits noirs, cuir, encore dominé par son élevage légèrement toasté et vanillé. Bouche puissante, épaisse, très longue, gros potentiel mais clairement taillé pour la garde. A revoir dans quelques années. TB-.

 

10 - Luke Lambert, Nebbiolo 2017 - Yarra Valley (Victoria) : (Petit domaine créé en 2005. Cuvée provenant de Jansz vineyard et Denton vineyard. Sols en partie granitiques. Elevage en vieux foudres de Slavonie comme les Barolos traditionnels) Couleur rubis foncé, nez qui évoque bien le nebbiolo, fruits rouges, cerise, pointe balsamique, un peu plus confituré peut-être. Idem en bouche où on a l'impression de voir un petit nebbiolo, facile d'accès, sans trop de tannins, à peine plus arrondi que dans le Piémont, mais à la finale assez courte. TB-.

 

11 - Ben Glaetzer, Anaperenna 2006 - Barossa Valley (Southern australia) : (Vieux domaine historique du Nord de la Barossa. 82% syrah et 18% cabernet sauvignon. Sols de limons argilo-sableux sur socle calcaire. Elevage en fûts français et américains neufs) Couleur très sombre et évoluée, nez sur le chocolat noir, le café, la prune, le cuir, très extrait et encore boisé, avec une petite touche oxydative maîtrisée, certains évoquent un vieux porto vintage. Bouche puissante, très marquée café et chocolat noir, un peu de fruits à l'eau-de-vie, avec une bonne fraîcheur dans le fond finalement. La finale très longue n'est finalement pas si lourde qu'on aurait pu le présager au nez, avec un joli côté mentholé/eucalyptus. Un vin qui a divisé l'assemblée, "too much" pour certains, "exceptionnel d'intensité" pour d'autres. TB.

(Ben Glaetzer - Barossa shiraz Amon-Ra 2011 : Très noir, puissant, eucalyptus, cassis, orangette, chaud, pas trop d'élevage par contre. Bouche massive puissante, alcooleuse, joli trait acide dans le fond et longueur, probablement du potentiel mais trop jeune. B.)

 

12 - Giaconda, Warner Shiraz 2006 - Beechworth (Victoria) : (Petit domaine créé au début des années 1980 par Rick Kinzbrunner, certifié bio en 2018. Sols de granite en altitude. Exposition solaire au nord. Irrigation certaines années seulement. Une partie de vendange entière. Elevage de 2ans en fûts français à 40% neufs) Couleur sombre aussi, mais moins tuilée, nez de fruits noirs, de thé fumé, de réglisse, encore jeune, moins expressif mais plus subtil que le précédent. Bouche moins épaisse, plutôt en fraîcheur et en tension, surtout derrière le Glaetzer, très marqué par le thé noir, qui manque d'un peu de complexité par rapport aux meilleurs millésimes de cette cuvée, mais d'une très belle longueur. Un style déjà plus proche des syrahs françaises tout en gardant sa propre identité. TB+.

 

13 - Wynn’s, John Riddock cabernet sauvignon 1998 - Coonawara (Southern australia) : (John Riddock est le pionnier de la région où il a planté des vignes en 1891 avant d'en revendre une partie à ce qui allait ensuite devenir Wynn's. Grande cuvée de ce domaine historique, sur des sols typiques de "terra rossa" chargés en fer. Elevage en fûts français) Bouchon parfait, couleur grenat, pas si évoluée pour un 1998. Très beau nez, pointe de poivron "mûr" au départ, cassis, notes balsamiques, cuir, réglisse, bois précieux, rappelle un grand Margaux ou St Julien en plus fruité et plus gourmand. Bouche du même niveau, complexe, évoluée, tout en restant très fraîche, encore fruitée, "il y a tout dans ce vin", jusqu'à sa très longue finale. On finit en beauté. TB++.

glaetzer

 

Au final une soirée d'un excellent niveau d'ensemble avec des vins très variés qui ont convaincu l'assemblée. Dommage qu'ils soient si difficiles à trouver pour la plupart... On finit tranquillement avec un excellent champagne Vignes de Montgueux de Jacques Lassaigne pour les plus téméraires.

 

14 octobre 2020

Riesling Freak *** et autres Australie

Riesling freak - N°3 Reverence of riesling Clare valley 2018 : (white hutt vineyard, clare valley. sols d'argile rouge) Couleur presque translucide, nez sur l'écorce de citron, le pamplemousse, un peu de résine. Bouche perlante, assez maigre, très sèche, très citrique, minérale, légère en alcool (11,5%), à la limite de la sous-maturité, très rafraîchissante. Longueur moyenne, sur une acidité salivante. Facile à boire. Dans l'esprit de ce qu'on rencontre parfois sur les entrées de gamme "trocken" allemandes. Un bon vin d'été. B+.

rieslig freak

 

 

 

Soumah *** - Equilibrio chardonnay Yarra Valley 2017 : (Hexham single vineyard) Couleur très claire, nez légèrement grillé, à peine floral et sur les agrumes. Bouche plutôt tendue, pas spécialement beurrée, bonne matière, élevage bien intégré, assez puissante, finale assez longue sur le pamplemousse avec une acidité élevée et une légère amertume. Très bien fait, peut encore vieillir. A noter que le lendemain le vin fait plus beurré, plus pataud, déjà fatigué presque. TB.

 

 

Mount Horrocks *** - Watervale riesling 2019 Clare Valley : couleur claire, riesling sec, austère, minéral, pointe pétrole, citron, bien fait, assez long. TB.

2020 : proche, amertume un peu marquée en finale. B-.

Mount Horrocks (Australie, Clare valley) – Watervale riesling 2020 : floral, léger pétrole, très sec, nerveux, manque un peu de volume. B+.

Mount Horrocks - Riesling cordon cut 2018 Clare Valley 1/2bt : (11% vol. en moyenne cuvée dans les 160-180gr de SR. Méthode du cordon cut : "les raisins ont été concentrés par déshydratation sur la vigne, suite à la coupe des branches portant la grappe peu avant la récolte").  Couleur or profond, nez à peine pétrole, à l'aveugle beaucoup décèlent le riesling tout de même, fruits exotiques, mangue, ananas, pêche, miel... Bouche dans l'esprit d'un BA ou TBA allemand, concentrée, mais ça semble léger en alcool (on a l'impression d'être à moins que 11%), garde un côté aérien, digeste, manque un poil d'acidité en finale pour chipoter. TB+.

 

 

 

Pewsey Vale *** - Eden Valley Riesling 2018 (single vineyard estate) : très beau nez pétrole, résine, citron, le tout bien équilibré. La ouche est vive, citronnée, rafraichissante, sèche, légère en alcool, ça manque d'épaisseur mais très digeste. Belle entrée de gamme (dans l'esprit d'un petit Donnhoff ou Wittmann trocken). TB.

Pewsey Vale (Australie, Eden valley) – 1961 block riesling 2018 : plus pétrole, plus citrique, plus de volume, très minéral, sec, perlant, plus long, austère mais noble. TB.

 

 

Giant Steps *** - Sexton vineyard pinot noir Yarra Valley 2017 : pinot un peu trop confituré, un peu trop de sucre et pas assez d'acidité, tannins très fins, belle matière sinon, élevage bien intégré. A voir sur les cuvées plus en altitude soi-disant un cran au-dessus. B+.

Sexton chardonnay 2016 : nez assez mûr, bouche attaque large sans être très beurrée ni boisée, finale étonnamment très acide, un peu dissociée du coup. B.

Giant Steps - Wombat vineyard pinot noir 2017 : très clair en couleur, groseille, framboise, pointe d'orangette, bouche gourmande, à la fois peu d'extraction, peu de tannins, une certaine sucrosité (fraise confiturée) mais aussi une belle acidité, très gourmande au finale. TB.

 

 

Jane Eyre ** - Pinot noir 2018 Yarra Valley : couleur très claire, nez à peine réduit à l'ouverture, nez de griotte, cerise aigre, groseille, pointe de volatile. Bouche maigre, très acide, semble en sous-maturité, mais au moins c'est frais, pas du tout extrait ni boisé, bien au contraire. B-.

 

 

Cullen *** - Sauvignon blanc semillon Mangan vineyard 2017 Margaret River : (petite cuvée du domaine, 54% sauvignon, 46% semillon) Couleur très claire, nez qui sent bien le sauvignon, très végétal, pas mûr même, sur le buis, le bourgeon. Bouche peu épaisse, verte, acidité élevée, qui a au moins le mérite de ne pas être lourde, mais très peu de plaisir au final. Moyen.

 

 

Vasse Felix *** - Heytesbury Chardonnay 2017 Margaret river : couleur claire, nez de chardonnay toasté, floral, semble annoncer un vin assez riche et boisé mais finalement la bouche est droite, pas du tout beurré, finement grillé, sur les agrumes, finale assez longue et salivante, qui titille un peu la mâchoire. On se pose la question d'un éventuel ajout d'acide tartrique, difficile de savoir vraiment comme toujours avec les chardonnays du nouveau monde. En tout cas si le boisé du nez s'intègre un peu mieux on pourrait avoir une très belle bouteille dans quelques années. TB-.

heytesbury 2019 : très autolyse, tendu, citronné, long, salivant. TB+.

Vasse Felix - Filius chardonnay 2016 : un peu trop boisé, manque de peps. Finalement mieux dans la jeunesse qu'après 4ans. B-.

Vasse Felix, Maragaret River Filius Cabernet sauvignon 2020 : (95% cabernet sauvignon, 4% malbec 1% petit verdot) Couleur sombre, nez crème de cassis, eucalyptus, élevage bien intégré. La bouche est mûre, suave, pas très tannique pour un cabernet, légèrement épicée. Tout le monde est un peu perdu avec ce vin qui pourrait être une syrah du nouveau monde ou tout autre chose. B.

 

 

Vinden Estate ** - Block 73 Single Barrel Chardonnay 2019 Hunter Valley : (Somerset vineyard, appartenant à la famille Howard, bt 477/641, 12,5%) Couleur dorée, nez beurré, encore un peu boisé vanillé et légèrement toasté, plutôt moderne dans l'approche. Avec l'ouverture notes d'ananas et de fruits exotiques. Bouche grasse, beurrée, bois mieux intégré qu'au nez, moderne mais bien fait, gourmand, avec de la fraîcheur et de l'acidité, pas trop mûr, finale longue mais un peu dure, peut-être du tartrique ajouté. B+.

 

 

Vanguardist *** - Adélaïde Hills chardonnay 2018 : (sols argileux, vignes à Woodside, parcelles Bowe-lees and loveys) Couleur claire, nez de chardonnay bourguignon à peine grillé (autolyse plutôt) et à peine beurré, citron, notes florales, très élégant. Bouche un poil en-dessous du nez, très fraîche, citronnée, mais manque un peu de matière. On a sûrement cherché à préserver la fraîcheur au maximum, la finale est tendue, citronnée, rafraîchissante à défaut d'être très longue. Plutôt un chardonnay d'été, très bien fait dans son style facile à boire, au nez magnifique. TB.

 

 

Mewstone *** - Riesling Hughes & Hughes 2018 Tasmanie : (coal river et derwent valley, 12,9%) Couleur or pâle avec quelques cristaux de tartre. Nez engageant fruité, pêche, abricot, citron vert, pointe de résine. Bouche assez facile, fruitée, 3-4gr de SR probablement, bonne acidité dans le fond, finale minérale, plus zeste d'agrumes, belle entrée de gamme. TB.

 

 

Dalrymple ** - Pinot noir 2017 Tasmanie : (vignoble de pipers river, coal river, + producteurs à Swansea et Ouse) Couleur rubis, nez très orangette, sucré, un peu d'élevage. Attaque en bouche correcte, ronde, mais finale sucrée, peu d'acidité, et vanillée. A revoir dans quelques années. B-.

Dalrymple, Tasmanie Pinot Noir 2017 : pinot clair, mais un peu sucré, tannins lisses, pas le fond du précédent pour le rattraper, gourmand mais peut vite tomber sur l'écœurant. B+.

 

 

William Downie *** - Pinot noir Gippsland 2018 : couleur rubis, nez sur l'orangette, les épices, fruits rouges confiturés, cerise aigre, prune, pointe de volatile. Bouche avec pas mal de sucrosité, bonne acidité mais un peu dissociée, bonne matière, tannins fins, pas d'élevage ressenti. Finale de longueur moyenne où on reste sur une impression de sucrosité un peu trop présente. B.

William Downie - Cathedral 2021 : beaucoup de gaz à l'ouverture, pinot qui tire sur l'orangette, le cinsault, pas très haut en alcool, mais un peu de sucrosité, fraîcheur tenue par le gaz plus que l'acidité. B.

 

 

10 minutes by tractor *** - Chardonnay 10X 2021 Mornington Peninsula : chardo léger, vif, fruité, poire, frais, peu de volume, simple, facile à boire, assez simple. B+.

10 minutes by tractor - Estate chardonnay 2021 : nez à l'élevage grillé sur lies un peu trop marqué, jolie bouche tendue, fraîche, salivante, citronnée. TB.

10 minutes - up the hill pinot noir 2021 : joli nez viande fumée façon Suisse/allemagne, fruits rouges et floral, bouche fraîche, gourmande, ronde, finale un poil vanillée, mais aucun excès de chaleur ou de sucrosité. TB. Une autre bouteille pas d'élevage ressenti, finale très saline, umami. TB+.

 

 

House of Arras ** - A by Arras premium cuvee NV Tasmania : (chardo, meunier, pinot noir, 6,4gr dosage) Une bulle très typée champenoise, briochée, pain grillée, plutôt sur l'opulence avec une petite sucrosité, bonne acidité en même temps, esprit BSA de grande maison, on a l'impression qu'il passe pas mal de temps sur lattes. Bien fait. Pas très intéressant pour un palais français car peu original, mais bon rapport q p en australie. B+.

House of Arras, Tasmanie Grand Vintage 2013 : (chardonnay, pinot noir) Méthode trad de Tasmanie façon grande maison, pour comparer le style avec celui des jeunes vignerons. Beaucoup de temps sur lattes ici, fruité un peu exotique, ananas, la bulle part assez vite, début d'évolution légèrement champignon, plus en rondeur avec un peu plus de sucrosité. Un style intéressant, plutôt bien fait, à l'opposé des précédents. Personnellement, un juste milieu entre les deux me conviendrait bien. TB.

 

 

Parker Coonawara ** - Terra Rossa cabernet sauvignon 2017 : couleur sombre, nez eucalyptus, orangette, cassis. Bouche légère en alcool, ronde, un peu confiturée. B.

 

5 octobre 2020

Envinate (Espagne) ****

Envinate - Taganan Margalagua 2017 Vino de Mesa : (Tenerife, Canaries. Cépages : listan negro, vijariego, malvasia negra, baboso, negramoll, listan blanco... Vignes plus que centenaires, préphylloxériques."Margalagua" mère de l'eau, est une parcelle travaillé par José Angel Alonso, 100-250m d'altitude sur sols volcaniques. 100% grappe entière, en barrique de 228L "neutres" 11 mois sans soufre).

 Couleur rubis claire, le nez à peine réduit à l'ouverture, fait penser à un pinot ou plutôt même à un trousseau du Jura, fruits rouges acidulés, groseille, pivoine, à peine fumé, quelques notes de grape entière, clairement nature mais propre, sans défaut. Bouche très fraîche et pure, toute en petits fruits rouges, peu épaisse mais tendue, acidité élevée, peu d'alcool (12%), aussi florale et à peine poivrée. Longueur moyenne, sur les fruits rouges et le côté "ronce" épicée/fumée. Très joli vin, plein de fraîcheur et de personnalité. Il fait penser au Mâcon 910 des Vignes du Mayne par exemple. TB+.

taganan margalagua

 

 

Envinate - Benje rouge 2017 DO Ycoden-Daute-Isora : (listan prieto, tintilla...) Couleur rubis claire, réduction tenace au nez, il a besoin d'un gros carafage, fruits rouges, notes animales un peu désagréables, et du végétal. Bouche légère, peu de tannins, belle fraîcheur avec une bonne acidité, mais la fin de bouche est un peu verte, presque poivron, avec une finale en sous-maturité. Bien moins convaincant que le parcellaire. Le lendemain servi plus chaud (quasiment à 18°) le vin semble plus propre, moins d'acidité, quasiment plus d'impression de sous-maturité, léger fumé, proche d'un trousseau jurassien. Bien meilleur que la veille. B+.

 

 

Envinate - Lousas Seoane 2019 : (Galice) très clair, épuré, nature très propre, rose, fruits rouges, pointe de sucrosité en finale. Très bon mais on avait encore mieux goûté Margalagua sur Tenerife récemment. TB+.

 

Envinate - Migan Vinos Atlanticos 2020 : (listan negro, Tenerife) Nez très réduit, compliqué, derrière on sent le joli style Nanclares, nature, infusé, grappe entière, sur le fruit, mais dur de passer derrière la réduction. B.

Envinate - Migan tinto 2020 : (listan negro, Tenerife) couleur claire, nez un peu réduit, puis fruité et de plus en plus poivré et fumé, après ouverture ne reste que le fumé même. Bouche avec un peu plus de fruit que le nez mais reste austère, très fumé, poivré, digeste avec une bonne acidité et un alcool assez bas, intéressant, mais manque un peu de plaisir. B+.
Le plus frustrant est probablement que le vin présentait le plus de fruit à l'ouverture, mais en même temps il a eu besoin d'une bonne aération pour faire partir la réduction...

 

Envinate (Galice), Vino (Ribeira Sacra) Lousas Vinas de Aldea 2020 : (Créé par 4 amis œnologues en 2005, explorateurs de parcelles rares en Galice et aux Canaries. Vinif nature, grappe entière, vieux fûts, sols d’ardoise. Cépages mencia + brancellao, merenzao, mouraton, alicante…)     Pas si clair que ça pour un Envinate qui peuvent parfois être encore plus infusés, très beau nez très fleuri, éclatant, pleine de fraise et de poivre aussi. La bouche est un beau jus de fruit très frais, pivoine, poivre et fumé, nature très propre, pas très long, mais très élégant et facile à boire. TB+.

Envinate, Palo Blanco 2020 : (listan blanco) mon meilleur blanc du domaine, énergique, dense, frais, salin, très porté élevage en autolyse, il faut aimer. TB+.

 

 

Puro Rofe ** - Chibusque 2018 DO Lanzarote : (cépage diego ou vijariego, 11,5%. grappe entière, élevage 10mois sur lies sans soutirage) couleur foncée, nez très réduit et autolyse, grillé, serpillère, (le lendemain juste le grillé des lies) bouche molle, courte, peu aromatique, peu fruitée, un côté fumé et ferrugineux, un peu salin, aucun plaisir. Moyen.

 

 

Bodega 4 Kilos ** - Motor callet VT Mallorca 2019 : (callet + fogoneu, sans sulfites) Couleur claire, nez qui fait un peu carbo, léger, pas de tannins, très simple, facile. Le lendemain, goût de souris, imbuvable. A boire dès ouverture donc. B-.

 

Mesquida Mora ** - VT Mallorca Gorgollasa 2022 : (cépage gorgollasa. 12,5%) robe rubis foncé, nez encore un peu primeur, cassis, cerise, simple. Bouche légère, fruitée, peu d'alcool, peu de tannins, pas une grosse acidité, simple. Assez décevant pour une cuvée soi-disant haut de gamme de l'île. B.

 

23 août 2020

Blancs espagnols - devoirs de vacances

Urki * - DO Getariana Txakolina Txakoli urki 2017 : (100% hondarribi zuri = courbu) Très clair, reflets verts, quelques petites bulles visibles. Nez assez pauvre, peu de fruit, pointe de lies, à peine citronné. Bouche perlante, légère en alcool, assez maigre, sèche, pointe salée, bonne acidité, taillée pour les huîtres ou les fruits de mer. Très court. Moyen.

 

Do Ferreiro *** - DO Rias Baixas Albarino do Ferreiro 2017 : (100% albarino) Couleur or pâle, reflets verts, nez sur la pêche, l’abricot, quelques agrumes, bouche assez simple, vive, fruitée, pas trop exubérante, mais finale assez courte et sur l’alcool, un peu mieux le lendemain. B.

 

Bodega Contador (Benjamin Romeo) *** - DO Rioja Predicador blanco 2014 : (viura, grenache blanc, malvoisie) Couleur or foncé, nez complexe avec encore pas mal de bois, vanille, caramel, mais aussi miel, fruits jaunes bien mûrs, le lendemain touche de noisette et beurre salée qui rappelle un Tondonia en moins prononcé. Bouche grasse, opulente, miellée, caramel, vanille, garde une bonne fraîcheur dans le fond, avec une fnale assez longue sur le caramel et le miel. Un style en train de se démoder, pas un grand vin de terroir, mais une vraie complexité et une vraie personnalité au final. Les quelques années de garde en bouteille lui ont sûrement fait beaucoup de bien. B+.

Bodega Contador (Rioja), DOCa Rioja Predicador 2015 : (93% tempranillo, grenache, mazuelo, graciano)  Couleur sombre, nez boisé, fumé, fruits noirs, début d’évolution tabac, sous-bois. Bouche encore jeune, puissante, boisée, fruits noirs confits, bonne longueur. Un style plus traditionnel qui tranche avec les vins précédents. B-.

 

Pago de los cappellanes **** - DO Valdeorras O Luar do sil Godello sobre lias 2016 : (100% godello) Couleur or pâle, nez de lies légèrement grillées, citron, pointe de pêche et léger beurré. Bouche vive, tendue, belle fraîcheur où on retrouve les lies sans que ce soit écœurant, du gras, léger beurré, et quelques fruits jaunes, finale minérale et citronnée. TB.

 

Alfredo Maestro *** - La Cosa The Thing 2017 Castilla y Leon : (100% muscat d'alexandrie passerillé 2 mois, à Ségovie - Ribera del Duero) Couleur ambre trouble, nez très pâte de fruits en tout genre, semble très sucré, sirupeux, pas très marqué muscat. Bouche épaisse, visqueuse, esprit eszencia, un côté perlant un peu gênant, mais sinon bonne acidité derrière cette pâte de fruit, assez long, reste quand même digeste. un OVNI. TB.

Alfredo Maestro (Ségovie), La Cosa The Thing 2022 : bu le 2017 récemment après recherche ! Même esprit, pâte de coing, sirupeux, très sucré, un peu fou-fou, avec une pointe de perlant, un peu de vol, tout s'équilibre bien, à boire à petites doses mais très intéressant. TB.

 

12 août 2020

Forjas del Salnes (Espagne - Galice) *** et Nanclares ****

Forjas del Salnes - Rias Baixas Leirana Albarino 2017 : (petit domaine créé en 2005 par Rodri Mendez et Raul Perez. 100% albarino. Vignes de 30 à 90ans. Assemblage de 3 parcelles dans la vallée de Salnes. Elevage 20% foudre, 80% cuve inox, sans malo) Couleur or pâle, nez fruité sur le citron vert, la pomme granny et la pêche. Bouche tendue par une belle acidité, pas de gras, minérale et saline, où on retrouve les fruits du nez avec un côté zesté encore plus marqué. Finale sur les zestes d'agrumes et le sel, très salivante, parfait pour l'été. Un de mes albarinos préférés avec ceux de Nanclares, loin du côté très mûr et opulent que l'on croise trop souvent sur cette appellation. TB.

forjas de salnes

 

Forjas de Salnes - Finca Genoveva 2020 Vinos Atlanticos : (cépage caino. Rias Baixas) Couleur claire, nez qui fait pinot, petits fruits rouges acidulés, impession d'un légère note lactée, vanillée. Bouche qui attaque sur une acidité haute, un peu trop mordante, frais, léger en alcool (12°), peu tannique, très beau fruité. La finale est par contre assez ronde, un peu lisse, on retrouve les notes lactées, vanillées. B+.

 

 

 

Rodrigo Mendez *** - O Raio da vella DO Rias Baixas 2019 : (albarino, élevage foudres 1500L) Couleur or pâle, nez très fruité bien mûr, pêche, fruits exotiques, voire fruits surmûris type papaye, goyave. Bouche qui garde ce fruité bien mûr mais grosse acidité derrière, fond minéral, légère salinité, bel équilibre, texture agréable avec un très léger gras grâce à l'apport du foudre sans aromatique boisée. Finale assez longue, acidulée, citronnée, saline. Après un nez qui faisait craindre une certaine lourdeur c'est finalement très joli. TB.

 

 

Albamar **- Rias Baixas 2013 : (100% albarino) Couleur or pâle, nez expressif, très fruité avec de la fraise et des fruits très mûrs, voire presque trop (coing, papaye, goyave...). Bouche assez vive à l'attaque, fruité un peu moins mûr, plus d'agrumes, assez légère et très fruitée, facile à boire, il manque un brin de minéralité et de tension sur la fin de bouche à mon goût. Finale de longueur moyenne, toujours sur les fruits exotiques, la fraise, les agrumes. Un vin efficace, très consensuel, d'ailleurs la bouteille ne fait pas un pli. Attention pas mal de sulfites... Note : 15/20.

 

 

Alberto Nanclares **** - Rias Baixas Coccinella 2018 : (100% alvarinho, VV) Couleur presque translucide, nez avec des notes minérales, citron vert, zestes d'agrumes. Bouche avec un léger perlant, très fraîche, tendue et minérale, zestes d'agrumes, finale très longue et énergique, clairement saline, acidité élevée et amers nobles qui donnent envie d'y retourner, me fait presque penser à un beau riesling "trocken". Pas ultra complexe en l'état, mais d'un équilibre et d'une énergie remarquables, largement supérieur aux alvarinho des grandes maisons vite lourdauds. Le lendemain l'aromatique développe quelques fruits blancs et un peu de pêche, sans le côté perlant, très loin du riesling du coup, mais le vin a gardé sa belle finale saline. TB++.

Nanclares - Albarino Rias Baixas 2018 : couleur claire, nez pas trop exubérant pour de l’albarino, fruité, pêche, agrumes. Bouche tendue, fruitée, acidulée, acidité élevée, trame minérale dans le fond, beaucoup de salinité en finale, salivante. TB+.

Nanclares y Prieto - A Senda Vermella Rias Baixas rouge 2020 : (caino et mencia) Couleur très claire, nez petits fruits rouges, végétal, épices. Bouche très légère en alcool, beau fruité, fraîche, digeste, épicée, à peine trop végétale, mais glisse très facilement. TB.

Nanclares y Prieto (Galice), DO Rias Baixas A Graña 2021 : (domaine de 5ha bio né en 1993, 100% albariño d’environ 30ans à Sanxenxo sur sols de granit et sables. Elevage de 9mois 75% fûts de châtaigniers non neufs et 25% cuves inox)     Nez un peu timide à l’ouverture, puis se développe sur des fruits exotiques et des agrumes. Très belle bouche avec du volume, presque un peu de gras pour cet alvarinho qui voit le fût, mais il garde une grosse acidité, fruits exotiques à l’attaque, la finale est plus zestée, avec de beaux amers, très longue. Très beau vin. TB+.

 Nanclares y Prieto (Galice), Rias Baixas Dandelion 2023 (100% albarino) : une robe claire, un nez sur la pêche, voire même ananas avec l’ouverture, bouche fraîche et tendue, plus sur les agrumes, on sent l’élevage sur lies à la texture mais aussi à la finale où le caractère umami est bien présent et fait saliver. TB.

(pas de malo, tout en pergola) Dandelion 2024 nez un peu aromatique mais superbe en bouche, long, salin, frais. Tempus Viendi 2024 plus proche de l’océan mais étonnamment plus litchi, rond. Nanclares 2022 un côté un peu oxydatif, bouche saline. Paraje Mina 2024 frais, salin, tendu, top.  Soverribas 2021 beurré, un peu d’oxy, un peu plus lourd. 

Alberto Nanclares, Paraje Mina Rias Baixas 2024 : (100% albarino) Couleur très claire, nez à l'aromatique encore primaire, pomme verte, florale. Bouche très tendue, minérale et saline, qui a moins de corps et d'alcool que les mansengs. Joli vin dans un registre fraîcheur saline poussée à l'extrême.

 

 

Barco del corneta ** - verdejo 2018 VT Castilla y Leon : couleur or pâle, nez boisé vanillé marqué, fruits jaunes assez mûrs, pas vraiment de notes de lies. Bouche riche, alcooleuse, 14%, mûre, solaire, boisée, avec une finale où l’alcool ressort manquant d’acidité. B-.

 

 

29 juin 2020

Matthiasson (Etats-Unis) ***

Matthiasson - Linda Vista Chardonnay Napa Valley 2017 : (domaine créé en 2003, membre du IPOB, démarche bio avec un côté expérimental, quelques cépages rares pour la Napa comme le refosco ou la ribolla travaillée en vin orange. Linda Vista est la plus grande parcelle du domaine, à côté du chai, au sud-ouest de Napa, elle profite de l'air frais de la baie de San Pablo. Vignes d'environ 25ans, rachetée à Beringer, certifié bio et non irrigué. Elevé en barriques usagées. 12% alcool. Environ 30€) 

Couleur or pâle, nez expressif sur le beurre frais, les fruits jaunes, l'ananas, pas de boisé ressenti, me fait de suite penser à un Chablis mûr à la Moreau-Naudet ou à un vin du Mâconnais. Bouche vive et tendue, moins beurrée que le nez, sur des fruits jaunes bien mûrs et des fruits exotiques, peu d'alcool. Finale de longueur moyenne où on retrouve le beurré bien marqué, salivante, avec de l'acidité et une légère amertume rafraîchissante. Plutôt simple mais très digeste et facile à boire. Bien plus proche de ce qu'on fait en France que du stéréotype du chardonnay de Napa. Bon rapport q/p à l'échelle américaine. TB-.

matthiasson linda vista 2017

 

 

Hanzell **** - Sonoma Valley Chardonnay 2016 : (Vieux domaine créé dans les années 1950, propriétaire de ses vignes, spécialisé dans le chardonnay et le pinot noir. Parcelles De Brye, Zellerbach, Ramos, Day et Ambassador 1953, sols volcaniques et argileux. Elevage 2/3 en cuves sans malo et 1/3 en barriques. 14% d'alcool) Couleur or pâle, nez expessif, de fleurs blanches (camomille, chèvrefeuille) de fruits jaunes, léger beurré, élevage discret et déjà bien intégré. Bouche avec beaucoup de tension, fruité pas trop mûr, les 14% ne se sentent pas, léger gras par dessus, bel équilibre, finale longue, sur le citron confit, salivante avec une grosse acidité, surtout le premier jour. Très beau chardonnay, pas trop lourd ni trop boisé, qui donne surtout l'impression d'avoir un gros potentiel au vieillissement. De loins le plus prometteur des chardonnays californien. TB+.

 

22 juin 2020

Soirée Californie et mouvement IPOB

Le mouvement IPOB

rajatt parr jasmine hirsch

 

Le "mouvement" IPOB, In Pursuit of balance ("A la recherche de l'équilibre") est né en 2011 grâce à Rajat Parr et Jasmine Hirsch. Le premer est le "wine director" des restaurants Michael Minna à San Francisco et co-gérant des domaines Sandhi, Domaine de la Côte, Evening Land.... La seconde est la fille de David Hirsch, le plus célèbre "grape grower" américain, elle vinifie désormais au domaine Hirsch. Le mouvement IPOB est parti d'une conférence dans laquelle Rajat Parr disait que pour trouver l'équilibre, les vins californiens devaient désormais avoir moins d'alcool et plus d'acidité. Il a ensuite été rejoint par d'autres vignerons qui partagent la même philosophie. S'il n'y a pas de règles précises, on remarque tout de même une philosophie commune : moins d'alcool, moins de sucre, plus de fraîcheur, le pinot noir et le chardonnay sont majoritaires, le travail est souvent bio et biodynamiques, le parcellaire et le vin de terroir ("sense of place") est mis en avant, les boisés sont moins marqués, les extractions moins poussés, les vins plus digestes et plus vite prêts à boire. La plupart des vignerons sont passés par la Bourgogne qui est vraiment la région qui sert de modèle. Si certains vignerons s'occupent de leurs propres vignes, on reste majoritairement dans une culture où le "grape grower" (le jardinier) n'est pas le même que le "wine maker" (le cuisinier). Chacun son job !

 

En 2016, 36 domaines faisaient partie de ce mouvement. S'il n'y a pas de règles, il existe tout de même un comité de dégustation pour y entrer. On remarque que certains domaines qui ont la même philosophie n'en font pas officiellement partie. Il faut avoir conscience que sur l'ensemble de la Californie, c'est un mouvement encore très marginal, en avance sur son temps. 

  • Au Bon Climat Winery
  • Big Basin Vineyards
  • Calera Wine Company
  • Ceritas
  • Chanin Wine Company
  • Cobb Wines
  • Copain Wines
  • Domaine de la Côte
  • Drew Family Cellars
  • Failla
  • Hanzell Vineyards
  • Hirsch Vineyards
  • Knez Winery
  • Kutch Wines
  • LaRue Wines
  • LIOCO
  • Liquid Farm
  • Littorai Wines
  • LUTUM Wines
  • Matthiasson Family Vineyards
  • Mignanelli Winery
  • Mindego Ridge
  • Mount Eden Vineyards
  • Native9 Wines
  • Ojai Vineyard
  • Poe Wines
  • Presqu’ile Winery
  • Red Car
  • Sandhi Wines
  • Small Vines Wines
  • Thomas Fogarty Winery
  • Twomey Cellars
  • Tyler Winery
  • Varner
  • Wenzlau Vineyard
  • Wind Gap Wines

 

Les vins sont principalement situés dans les zones les plus fraîches, là où le brouillard est le plus important, le fameux "Morning fog" : Sonoma County (avec les AVA Sonoma Coast et Russian River) et plus récemment Santa Barbara County (avec l'AVA Santa Rita Hills). Pour donner un ordre d'idée, les premiers vins de la dégustation sont tous aux alentours de 13% d'alcool.

sonoma map

 

 

 

La dégustation commençait par 7 pinots noirs de jeunes domaines (en comptant Williams Selyem certes plus ancien mais longtemps considéré comme en avance sur son temps) comparés à deux vins plus "old school". Idem ensuite pour les blancs avec un chardonnay IPOB opposé à des chardonnays à l'ancienne. Tous les vins ont été ouverts à midi pour le soir, sans carafage, dégustés en Zalto Universal.

 

 

1 - Anthill Farms, pinot noir 2016 AVA Sonoma Coast (Sonoma County)

Domine créé en 2003 par David Low, Anthony Filiberti et Webster Marquez (3 anciens de chez Williams Selyem). Principalement de l’achat de raisins. « Les raisins proviennent de deux des parties les plus fraîches et les plus côtières de cette appellation : la côte basse, à l'ouest de Sébastopol, au bord du Petaluma Gap ; et la haute côte, la première ou la deuxième crête intérieure des océans plus au nord. Ces sites sont unis par l'influence directe de l'air marin frais du Pacifique, retardant la maturation jusqu'en octobre. » Sols majoritairement sables et argiles. Environ 30% grappes entières.

Couleur rubis foncé, nez très expressif plein de fruits rouges légèrement confiturés. La bouche est très facile, ronde, fruitée, un peu sucrée, peu de tannins, une petite pointe d’orangette sur la finale. Un vin gourmand, mais auquel il manque la fraîcheur et la profondeur par rapport aux parcellaires du domaine. B+.

anthill farms

 

 

2 - Littorai, The Pivot pinot noir 2016 AVA Sonoma Coast (Sonoma County)

Créé en 1993 par Heidi et Ted Lemon (qui vinifiait chez Roulot fin 1980’s…). Ferme autosuffisante et biodynamie. Une partie de vignes « domaine », une partie d’achat de raisins, à Hirsch notamment. Vins de terroirs : « sense of place ». The Pivot : parcelle de 1,5 hectares à côté du domaine, vignes plantées en 2004. Sols de grès marins, argiles et sables. 16mois fûts de chêne français, environ 25% neufs et 20% grappes entières.

Une robe très claire, très beau nez plutôt expressif, sur la cerise, la framboise, la rose, élevage bien intégré. Bouche avec beaucoup de fruit, de fraîcheur, une vraie trame minérale dans le fond. Quelques petits tannins qui allongent encore plus ce vin. Très belle longueur. Beaucoup d’élégance, dans un style très bourguignon. Largement au niveau d’un bon premier cru de Côte de Nuits. TB++.

littorai pivot 2016

 

 

3 - Failla, Lola pinot noir 2015 AVA Sonoma Coast (Sonoma County)

Créé en 1998, une partie « domaine » en bio, une partie d’achat de raisins. Lola : parcelle sur la partie la plus proche de Petaluma Gap. Sols d’argiles lourdes et limons. 20% vendanges entières, environ 15% fûts neufs français.

Couleur à peine plus sombre, on revient sur un vin proche du Anthill Farms, très gourmand, facile, boisé à peine plus marqué même si ça reste léger. Bouche un peu trop sucrée, avec de l’orangette là aussi et un peu plus d’amertume en finale. Ca manque un peu de tension. Le millésime chaud n’aide probablement pas. B.

failla

 

 

 

4 - Domaine de la Côte, Bloom’s field 2016 AVA Sta. Rita Hills (Santa Barbara County)

Créé par Rajat Parr et Sashi Moorman, vignes plantées en 2007, premier millésime en 2012. Domaine de 16 hectares, bio, tout en « propriété ». Philosophie du parcellaire et du « add nothing, take nothing away ». Bloom’s field : 3 hectares. Sols avec un peu de schistes et de fer. 100% grappe entière, environ 40% de fûts neufs.

Couleur très sombre pour un pinot, premier nez plutôt désagréable, légèrement animal et surtout marqué par un boisé toasté. Mieux en bouche, légèrement toasté, grosse matière, fruits noirs, cerises, olives, presque anchois, bonne acidité dans le fond qui permet de maintenir un certain équilibre. Belle longueur, mais ça ne fait pas dans la finesse. Le vin possède un gros caractère : il divise et fait beaucoup parler, il met une « vraie baffe » à certains, d’autres le trouvent vite écœurant. On a l’impression que par rapport aux autres nous ne sommes pas tout à fait dans le « add nothing »…  l’extraction est poussée, le boisé aussi, même si en effet il n’y a pas trop d’alcool et une bonne acidité. Il faudrait goûter d’autres vins du secteur pour en tirer des conclusions. A voir au vieillissement aussi. TB-.

domaine de la cote

 

 

5 - Williams Selyem, Westside road neighbors pinot noir 2013 AVA Russian River (Sonoma County)

La légende du pinot noir américain ! Créé en 1980 par Burt Williams et Ed Selyem, d’abord des vins de garage. Achat de raisins aux meilleurs « grape growers » Rochioli, Allen, Hirsch, … Domaine racheté par Dyson en 1998.  2001 une vingtaine d’hectares « domaines » sont plantés. 2013 Jeff Mangahas succède à Bob Cabral comme winemaker. Westside road neighbors = une partie de raisins achetés aux « voisins » Allen, Bacigalupi, Bucher, Flax, Rochioli Riverblock + des raisins « Williams Selyem Estate ». Elevage 14mois, 60% fûts neufs (François frères). 10-20% grappe entière en moyenne.

Robe plutôt sombre, un nez plus fermé que les autres, qu’il faut aller chercher, plutôt orienté fruits noirs, un peu de cuir, plus sérieux, moins éclatant, élevage parfaitement fondu. Ca se confirme en bouche : le vin fait plus sérieux et plus austère que les autres, taillé pour la garde, très grosse matière (probablement un gros tri sur ce millésime « généreux ») superbe acidité dans le fond. L’équilibre est parfait mais on sent que le vin ne veut pas se livrer complètement au niveau aromatique, beaucoup de longueur. Le vin qui a le plus gros potentiel dans le temps, mais pas le meilleur ce soir-là. Peut-être difficile pour lui de passer dans une série de jeunes pinots « éclatants » conçus pour être bus jeunes pour la plupart. TB+.

williams selyem westside road 2013

 

 

6 - Hirsch, San Andreas fault pinot noir 2014 AVA Sonoma Coast (Sonoma County)

Domaine créé et planté par David Hirsch en 1979. Vente de raisins, « Hirsch Vineyards » à Littorai, Williams Selyem, Kistler, Failla… Puis en 2002, premier millésime vinifié par David puis par sa fille Jasmine Hirsch. 2014 : les 72 acres (=30 hectares) sont certifiés biodynamie. San Andreas Fault : cuvée d’assemblage, la plus représentative du domaine, une trentaine de parcelles, sols divers. Air frais provenant de la faille de San Andreas, quelques centaines de mètres au sud.  Environ 10% grappe entière. Elevage environ 18mois fûts français, dont 30% fûts neufs.

Robe très claire, nez assez ouvert, tout en élégance, framboise, rose, fraise. Bouche en dentelle, qui ne met pas une claque mais où tout est à la bonne place, pas très épaisse, très fraîche, fruitée, peu tannique, belle trame minérale derrière, peu d’alcool, très bourguignon lui aussi. Bonne longueur. Semble prêt à boire. TB++.

hirsch

 

 

 

7 - Rhys, Horseshoe vineyard pinot noir 2010 AVA Sta. Cruz Mountains (Santa Cruz County)

Domaine créé et planté en 1995 par Kevin Harvey. Premier millésime en 2003. Biodynamie et parcellaire. Horseshoe vineyard : schistes de Monterey. Parcelle de 7 hectares dont 4,5hectares de pinot. Environ 25% grappe entière. Fûts français 40% neufs environ.

Une couleur assez claire mais très évoluée, presque rouille. Un nez qui tranche avec tout le reste, très marqué pot-pourri, orange sanguine, anchois, cuir, le nom de « Reynaud » est très vite évoqué. La bouche est dans le même registre, assez évoluée mais très classe, fraîche, peu d’alcool, saline, fruitée, très marqué pot-pourri encore, rose fânée, une aromatique assez sudiste mais un équilibre très « nordiste » qui donne au final un vin complexe, élégant et gourmand à la fois, sur lequel on a envie de revenir sans cesse. Un grand vin là aussi. TB++.

rhys horseshoe pinot 2010

 

 

 

8 - Bonny Doon, Cigare volant rouge 2010

Créé en 1983 par Randall Grahm. « Rhône blend » Grenache, syrah, mourvèdre, carignan, cinsault. Raisins provenant principalement de Santa Cruz.

La couleur reste plutôt claire, peu évoluée. Le nez fait très grenache, fraise sucrée, épices du souk, menthol, orangette. Bouche pas trop alcooleuse, fruitée, assez sucrée, peu de tannins, encore jeune. Longueur moyenne. Pas mal fait même si le côté sucré écoeure assez vite. B+.

 

(Bonny Doon (Californie), Cigare Volant Central Coast 2010 : (regoûté en 2025) Couleur à peine plus foncée que les vins précédents, début d'évolution tuilé. Le nez fait hésiter entre grenache façon Châteauneuf avec des notes de cacao que n'avaient pas les précédents, mais il y a aussi un côté viande fumé et des fruits noirs plus typés syrah. La bouche est très ronde, très gourmande, pile à point, un fruité très mûr et légèrement sucré, mais une bonne acidité et assez peu d'alcool (13,2%) par rapport au Rhône sud. Tout le monde hésite, personne n'a vraiment tort ou raison. Très joli vin, pile à point. Merci Olivier. TB+.

 

 

 

9 - Shafer, One Point five cabernet sauvignon 2009 AVA Stag’s Leap District (Napa County)

Domaine créé en 1972.  209 acres (= 85 hectares) One point five : cuvée créée en 2007. 100% cabernet sauvignon. Sols volcaniques, 20 mois d’élevage, 100% fûts neufs français. 2 Vineyards : Hillside estate et borderline.

Couleur noire comme l’encre, nez de confiture de cassis, vanille, coco, élevage encore bien présent, un peu de menthol derrière. Bouche puissante, boisée, confiturée, très bodybuildée, avec une finale très lourde sur l’alcool, où les 15,3% se sentent bien. On frôle le 100/100 Parker. Un vin d’une autre époque, où il parait bien impossible de finir son verre pour nos palais habitués à un autre style. Moyen.

 

(Shafer  :  Cabernet sauvignon TD9 assemblage 2022 très boisé, pas de tanins, très confituré, bof.)

 

soiree ipob

 

 

 

 Les Blancs

 

10 - Sandhi wines, Rita’s crown chardonnay 2014 AVA Sta. Rita Hills (Santa Barbara County)

Domaine créé en 2010 par Rajat Parr, « wine director » de Michael Mina Restaurants, et Sashi Moorman. Majeure partie en « négoce », et biodynamie. Rita’s Crown (couronne de Santa Rita) est située à la plus haute altitude de la région, de 600 à 1 000 pieds (=300m). Les sols de sables et de diatomées pures = coquillages fossilisés, caractéristiques de l'appellation, qui apportent la minéralité.

Couleur dorée, nez très marqué par l'autolyse (réduction bourguignonne, ou élevage sur lies sans oxygénation), ça sent l'allumette dans toute la pièce, on a du mal à trouver autre chose. En bouche on comprend mieux l'intérêt de cette vinification, très grosse énergie, c'est tendu, grosse longueur, parti pour durer longtemps, pas de gras, pas de beurré. On est exactement dans ce que l'on voit apparaître de plus en plus en Côte de Beaune. Il faut vraiment aimer ce parti pris. Certains ont adoré, d'autres détesté. TB-.

sandhi ritas crown

 

 

 

11 - Paul Hobbs, chardonnay 2016 AVA Russian River (Sonoma County)

Domaine créé en 1991 à Sebastopol.  Assemblage de parcelles sur des sols de sables, argiles, loess. Elevage 10mois fûts, 45% fûts neufs français.

Couleur or pâle, nez plus élégant sur l'ananas, les fruits jaunes bien mûrs, un léger beurré, à peine vanillé. Ca se gâte en bouche où le vn fait très rond, peu d'acidité, l'alcool se sent vite. Dès que le vin se réchauffe, l'élevage se fait trop présent, avec une finale amère et alcooleuse. B-.

 

 

12 - Wente Morning fog chardonnay 2012 (Livermore Valley)

Un vin très coloré, qui sent le beurre rance, le caramel, des notes oxydées. Une bouteille peut-être mal conservée.

 

 

13 - Kistler, Chardonnay Les Noisetiers 2008 AVA Sonoma Coast (Sonoma County)

Couleur très dorée aussi. Le nez fait très beurré, caramel, noisette, vanille, praliné, on sent que c'est fatigué. La bouche confirme, très grasse et très ronde, plus beaucoup d'acidité, finale uniquement sur l'alcool. Là aussi, la personne qui a apporté la bouteille nous dit qu'elle a mal vieilli, d'autres ont mieux goûté. 

 

 

Bonus

14 - Marimar Estate, San Miguel Vineyard Albarino 2017 Russian River Valley

Couleur presque translucide, nez plein de fruits, pêche, fruits exotiques, presque un côté muscaté. Bouche fraîche, légère, un peu perlante, un côté riesling mosellan. Assez court, mais très facile à boire. B+.

soiree ipob blanc

 

 

 

Quelques pistes de conclusion : le niveau des pinots noirs a épaté tout le monde. Si deux d'entre eux avaient une sucrosité un peu trop marquée, quatre vins rivalisent sans problème avec de très grands Bourgognes. S'il fallait vraiment comparer avec des domaines connus (nous avons eu le débat en fin de soirée) je dirais que Hirsch a le côté presque évanescent d'un Fourrier ou d'un Rousseau, Littorai un peu plus sérieux à la Roumier, Williams Selyem taillé pour la garde (à la Cathiard ?) et Rhys dans un style pas du tout bourguignon, ce soir-là en tout cas. Seul le domaine de la Côte a montré un boisé un peu trop imposant. S'ils rivalisent avec les vins français niveau qualité, ils sont généralement encore plus chers malheureusement (30€ pour Anthill, 50€ Failla, 65€ Hirsch et domaine de la Côte, 90€ Littorai, 150€ environ Rhys et Williams Selyem). C'est pas en Californie qu'on trouvera des bonnes affaires...

Les vins sont souvent apparus comme faciles à boire dans la jeunesse, travaillés pour cela (probablement une question de public auquel ils sont destinés, peut-être aussi une question de climat qui apporte vite rondeur et sucrosité). On peut du coup se poser la question de l'intérêt de la garde pour pas mal d'entre eux.   

Les IPOBs semblent avoir compris que lorsqu'on monte en gamme, en passant du village aux parcellaires, les vins ne doivent pas forcément gagner en corpulence mais plutôt en profondeur : chose rare dans le monde...

Les vignes sont parfois très jeunes, le potentiel d'amélioration est donc particulièrement important.

Les chardonnays ont déçu, nous avons eu le choix entre les deux extrêmes : des vins trop boisés, lourds et trop "oxygénés" ou un vin trop "réduit" a contrario. Un juste milieu serait l'idéal... Il aurait fallu un panel plus grand pour en tirer des conclusions. Je me fais tout de même la réflexion que les terroirs (sableux, limoneux, argileux) manquent peut-être d'un peu de "caillou" dans l'ensemble pour donner de grands chardonnays, surtout dans une région solaire comme la Californie. Mais je compte bien poursuivre mes recherches...

 

 

Les vins sont souvent difficiles à trouver. Quelques pistes tout de même : les Littorai sont disponibles chez Délices des Terroirs. Hirsch, Domaine de la Côte, Sandhi, Anthill, Failla sont importés en Italie par Sun Import et donc trouvables sur certains sites italiens. Pour Rhys et Williams Selyem c'est malheureusement introuvable hors USA ou UK à la limite.

 

Le IPOB est officiellement terminé (https://punchdrink.com/articles/what-the-end-of-ipob-means-for-ca-wine-culture-wars/) mais nul doute que leur philosophie va perdurer tant la communication de Rajat Parr et Jasmine Hirsch a fait d'émules.

 

 

Les derniers millésimes à Sonoma

2017 : compliqué, très chaleureux.

2016 : (année d’inondations) très belle année, pas trop chaud en août, plus de fraîcheur que les millésimes précédents.

2015 : (année d’incendie) bon millésime, petits volumes, vins plutôt chauds et tanniques, comme en Europe.

2014 : gros volumes, plutôt un bon millésime classique.

2013 : gros volumes, idem.

 

 

Merci à tous ceux qui ont tenu jusqu'ici ! Prochaine étape : les jeunes Australiens !

 

10 juin 2020

Anthill Farms (USA) ****

Domine créé en 2003 par David Low, Anthony Filiberti et Webster Marquez (3 anciens de chez Williams Selyem). Principalement de l’achat de raisins. Non membre du IPOB mais la philosophie s'en rapproche : quête de fraîcheur, peu d'extraction, pas trop d'alcool... Les vins sont assez peu sulfités sans aller jusqu'au nature, toujours propres, gourmands, assez ronds, légèrement confiturés, très expressifs, taillés pour être bus jeunes.

 

 

Anthill Farms - Sonoma Coast Pinot Noir Harmony Lane vineyard 2015 : (100% pinot noir dont une partie en grappes entières. Domaine fondé par David Low, Anthony Filiberti et Webster Marquez, qui se sont rencontrés chez Williams Selyem en 2003. Premier millésime d'Anthill Farms en 2004) Couleur claire avec des reflets marrons (comme certains sangiovese tradi), nez expressif dès l'ouverture, plein de confiture de fraise, un peu de rose, de griotte, zéro boisé, un mix de Bourgogne/Burlotto/Reynaud, qui ne pouvait que me plaire. La bouche est très légère, peu de tannins, fraîche, délicate, vraiment à la limite du dilué, mais du bon côté de la limite à mon goût, style très pur, on sent le vin peu sulfité mais sans défauts. Le lendemain, un côté orange sanguine en plus. Finale un peu courte pour être parfait, mais on y retourne facilement. Un vin très intéressant. Il va falloir que j'approfondisse la nouvelle génération californienne, reste plus qu'à trouver les vins... Note : 17/20.

anthill

 

 

Anthill Farms, pinot noir 2016 AVA Sonoma Coast (Sonoma County) : « Les raisins proviennent de deux des parties les plus fraîches et les plus côtières de cette appellation : la côte basse, à l'ouest de Sébastopol, au bord du Petaluma Gap ; et la haute côte, la première ou la deuxième crête intérieure des océans plus au nord. Ces sites sont unis par l'influence directe de l'air marin frais du Pacifique, retardant la maturation jusqu'en octobre. » Sols majoritairement sables et argiles. Environ 30% grappes entières.

Couleur rubis foncé, nez très expressif plein de fruits rouges légèrement confiturés. La bouche est très facile, ronde, fruitée, un peu sucrée, peu de tannins, une petite pointe d’orangette sur la finale. Un vin gourmand, mais auquel il manque la fraîcheur et la profondeur par rapport aux parcellaires du domaine. B+.

 

Campbell ranch pinot noir 2016 : à mi chemin entre les deux précédents, éclatant, assez coloré, fruits confiturés, assez rond, peu tannique, sucrosité un peu trop élevé par rapport à l'acidité, mais c'est gourmand et facile à boire. TB-.

 

Tina Marie 2016 AVA Russian River : bu à côté de Kutch, plus de densité, toujours très gourmand, légèrement confituré, pointe d'élevage au nez, surtout une finale très fraîche avec des notes d'anchois, finit long et salin, donne envie d'y retourner. TB++.

 

 

7 juin 2020

Sadie Family (Afrique du Sud) *****

 

Créé en 2000 par Eben Sadie, après plusieurs années passées un peu partout en Europe et notamment à Terroir Al Limit. Style « européen ». Achats de raisins, sur 38 parcelles, surtout dans le Swartland, toutes en biodynamie.

 

 

Eben Sadie, WO Swartland Skerpioen 2022 (chenin, palomino) : ( 50% chenin, 50% palomino Entre Dwarskerbos et Eland Bay Vignes de 1946 65ans à 2kms de l’Atlantique, 30m altitude. 2000 pieds / ha. Sols calcaires et un peu de sable. Fermentation et Elevage 1an foudres anciens acacia et chêne)  Couleur or, nez de fruits du verger mûrs, miel, acacia, touche fumée, subtil mais il pourra gagner en complexité avec le temps. La bouche présente un très beau volume, mûre, sans être alcooleuse, avec une très belle acidité qui porte le vin très loin, la finale est très longue, salivante, avec une sensation de salinité et de minéralité. TB++.

 

Eben Sadie, WO Swartland Treinspoor 2016 (tinta barroca) : (à côté de Malmesbury, à côté d’un gare ferroviaire désaffectée d’où son nom. 135m altitude. 2500 pieds / ha. Vignes de 1974 sur granit et sables. 28hL/ha. 50% VE. 30 jours de fermentation en cuves béton + 13 mois d’élevage en foudres)  Couleur rubis, un peu trouble mais peu évoluée. Très joli nez, qui fait de suite penser à du nebbiolo, avec de la rose, des fruits rouges, un côté goudron, tabac, encore tout jeune. La bouche est fraîche, pas très épaisse, mais toute en allonge, avec une finale acidulée, aux tannins qui font claquer la langue sur le palais mais sans assécher, faisant saliver, sensation saline qui donne envie d’y revenir. Belle découverte pour tout le monde. TB++.

 

 Eben Sadie, WO Swartland Treinspoor 2022 (tinta barroca) : couleur rubis foncé, superbe nez très élégant de pivoine, mûre, framboise, fruité très pur, très floral aussi, éclatant. La bouche, comme sur le 2016, pourrait faire penser à un nebbiolo, mais avec un peu moins d’alcool, pas beaucoup de corps, mais beaucoup de pureté, de tension, quelques petits tannins qui donnent beaucoup d’allonge, toujours cette finale très acidulée, saline, qui donne envie d’y retourner sans cesse. Un vin d’esthète, déjà délicieux. TB++.

 

 

Eben Sadie, WO Swartland Columella 2021 (syrah, mourvèdre, grenache, carignan, cinsault et tinta barocca) : (A Paardeberg, Kasteelbarg, Malmesbury, Piquetberg, donc altitudes et terroirs variés. Granite + ardoises, graviers. Fermentation en cuves béton ouvertes de 3300 l sous levures indigènes pendant 3 semaines. Macération post-fermentaire de 3 semaines supplémentaires avant transfert en barriques. Elevage 12 mois en barriques de chêne français (5% neuf) puis 12 mois en foudres) Couleur sombre, nez sur les fruits noirs, l’orangette, les épices, la cannelle, la violette, le pin. Bouche élégante pour un rhône blend à 14%, avec des tannins souples, peu extraits, du volume, une grosse acidité, un fruité très pur, moins épicé que le nez. C’est surtout la finale qui est intéressante, comme tous les Sadie, très fraîche, salivante, même sensation saline. C’est bien sûr trop jeune, le vin demande à gagner en complexité, mais il se livre déjà bien. TB++.

 

 

Eben Sadie, WO Swartland Palladius 2021 (chenin, grenache Blanc, marsanne, roussanne, viognier, sémillon, colombard, verdellho et palomino) : (17 vignobles autour de Paardeberg, Piketberg & Santa Helena Bay planté entre 1900 et 2000 altitude et terroirs variés. Sols granits + sables et grès. vinification en amphores et cuves béton ovoïdes. Elevage 12 mois sur lies dans les mêmes contenants puis 12 mois en foudres) Couleur or, nez d’abricot, fruits blancs, miel, semble assez mûr mais sans lourdeur. La bouche est bien plus puissante que le précédent, avec un gros volume, mais aussi une grosse acidité, pas de bois, beau fruité à l’attaque plutôt gourmand pêche, abricot, la fin de bouche se retend, plus minérale, plus agrumes, très longue, salivante. Là aussi c’est encore un peu jeune probablement mais le vin se livre déjà. Très bel équilibre. TB++.

 

 

Eben Sadie - Columella 2014 : (Swartland, 75% syrah, 23% mourvèdre, 2% grenache) Robe grenat, encore toute jeune. Superbe nez, très ouvert, plein de fruits légèrement sucrés, principalement de la cerise burlat, quelques notes florales (plutôt violette), petite touche épicée, élevage parfaitement intégré. Bouche avec beaucoup de gourmandise, toujours ce côté très fruité, des tannins mûrs et très soyeux, belle concentration, trame minérale dans le fond qui équilibre le tout. Finale de belle longueur, sans perdre le fruit ni trop chauffer, à peine poivrée, florale (plus sur la rose désormais). Très joli vin, qui n'usurpe pas sa réputation de meilleure rouge sud-africain. TB++.

columella 14

sadie vineyards

 

 Eben Sadie - Pofadder 2017 : (cinsault) robe rubis claire, nez très expressif, compote de fraise, cerise, pointe garrigue et herbé grillée, orangette. Bouche à la fois légère, peu tannique, pleine de fruits rouges compotés, et solaire, avec une sucrosité importante même s'il y a aussi une certaine acidité. Finale moyenne, sur la compote de fruits rouges, les épices. Très gourmand au départ, mais peut écoeurer assez vite. TB-.

 

Eben Sadie : Poffader 2023 cinsault très clair, un poil serré, jolis arômes, frais et floral, bon.
 

 

Sadie - Skerpioen 2020 : (chenin, palomino. 12,5%) Couleur claire, nez un peu discret qu’il faut aller chercher mais élégant, fruits blancs, floral. Bouche légère en alcool, jolie texture, sans boisé, attaque assez vive, élégante, encore un peu jeune et sur la retenue, mais bonne longueur, fraîche, minéral. A ne pas servir trop chaud sous peine de voir la finale manquer un peu de tension. Très bien fait, beaucoup de fraîcheur pour le Swartland sans tomber dans la sous-maturité non plus. TB.

 

18 avril 2020

Schloss Lieser - Thomas Haag (Allemagne - Moselle) ***

 

 

moselle 2

(Soirée Allemagne)   Schloss Lieser – Riesling Helden Spätlese Trocken 2016 (AP n°5) : (sols d'ardoises) Couleur or pâle, nez compliqué, sur la bonbonne de gaz, l’allumette, même après 4-5h d carafe. La bouche est moins marquée par la réduction, sur le citron, pas trop austère grâce à 7-8gr de SR probablement, avec une bonne tension, mais peu de volume. B.

 

Schloss Lieser - Riesling trocken 2019 : nez réduit/soufré, sent la réduction sur lies, bouche avec un peu de sucre, aromatique muscaté, litchi, perlant. Un peu riche pour une entrée de gamme. Manque surtout de fraîcheur en finale. B-.

 

15 février 2020

Prager-Toni Bodenstein (Autriche) *****

Ancien maire de Weissenkirchen, ancien président du Codex Wachau et grand spécialiste de géologie, Toni Bodenstein, beau-fils de Franz Prager, et sa femme Ilse, gèrent ce domaine de 18ha depuis le début des années 1990. Ils sont désormais aidés par leur fils Robert Bodenstein, qui vient de finir sa thèse sur le ried Achleiten. Les vins sont peut-être les plus précis de la région, toujours très représentatifs de chaque terroir, jamais trop mûrs. La cuvée Wachstum Bodenstein, son "laboratoire" lui permet de faire ses sélections massales des meilleurs plants de riesling et de grüner.

 

 

Prager (Toni Bodenstein) - Riesling smaragd “Achleiten” 2016 : sols hétérogènes : orthogneiss sur le haut, migmatites et amphibolites sur le bas, paragneiss à l’ouest. Exposition sud-est et ouest. Couleur bien plus claire avec ce passage aux Rieslings "Smaragd", nez très élégant, pas d'hydrocarbures mais des notes florales, des agrumes, de la mirabelle, on sent qu'il lui manque juste quelques années pour développer plus de complexité. La bouche est impressionnante d'énergie, de tension, parfaitement équilibrée par un beau volume et une impression minérale qu'il n'y avait pas au nez. La finale est bien plus longue et persistante, plus saline aussi que celle des autres vins. Le gagnant de la soirée à l'unanimité, même s'il faudrait encore un peu de temps pour être qualifié de grand vin. TB+.

achleiten wachau

 

 

Prager - Riesling Steinriegl Federspiel 2017 : couleur dorée, nez de citron confit, assez mûr, fleurs blanches, presque sureau. Bouche perlante, grosse acidité et grosse tension, bien marqué citron confit, pas mal de volume pour un "federspiel" et beaucoup de longueur. Clairement meilleur le lendemain. A attendre ou à carafer a minima. TB.

 

Prager - Wachstum Bodenstein riesling Smaragd 2016 : (Wachau, Autriche. 13%) Couleur or pâle, très joli nez expressif, floral, à peine résineux, fruits jaunes, fraîcheur herbacée, thé vert, agrumes. Bouche avec une beau fruité, du volume, de l’élégance, probablement 2-3gr de SR, presque gourmande et en même temps trame minérale, bien marquée, finale très tendue, très longue, bien caillou, zestes d’agrumes, digeste. Grand riesling, qui se goûte très bien en ce moment. TB++.

 

Prager - Wachstum bodenstein riesling smaragd 2020 : un nez très floral, aromatique, fait un peu gruner, à peine anisé. Mieux en bouche, un peu mentholé, volume, épices, bonne acidité, minérale, encore jeune un peu sur la retenue, la finale manque un brin de tension et d'allonge mais à voir avec le temps. TB.

 

Prager, DAC Wachau Bodenstein riesling 2022 : nez très riesling, pétrole, pas mal de fruits, un peu de perlant, bouche qui combine, fruité, gourmandise et tension, avec une finale très longue, encore jeune mais déjà beaucoup de plaisir, un style qui m’a paru assez mosellan sur cette bouteille par rapport à d’autres. TB++.

 

Hinter der Burg Gruner Veltliner Federspiel 2016 : encore très fringuant, fruité, aérien. Belle entrée de gamme.

 

19 octobre 2019

Soirée Allemagne

Après l'Autriche, direction l’Allemagne : pays en plein essor, en partie grâce au réchauffement climatique, mais aussi grâce à une nouvelle génération de vignerons qui ont notamment remis au goût du jour les rieslings secs et les pinots noirs.

La dégustation a été construite en 3 étapes : des rieslings secs de la zone « Est » (Rheingau, Rheinhessen, Palatinat), une pause avec quelques pinots noirs (Baden vs Moselle), puis des rieslings de la zone « Ouest » (Moselle, Nahe) placés en dernier pour leur côté généralement sucré et léger en alcool. 

carte_allemagne1

 

 

PALATINAT (PFALZ)

palatinat 1

PALATINAT 2 

1   Von Buhl – Riesling Jesuitengarten GG 2012 (AP n°19) : Couleur or pâle, nez qui pétrole légèrement, un peu de miel, mirabelle, agrumes, touches florales. Bouche avec une belle minéralité, tendue, fruitée, élégante, finale sur le citron vert de longueur moyenne. On commence fort. TB+.

2   Von Buhl – Riesling Pechstein GG 2012 (AP n°21) : (Même producteur, même année, même travail, seul le sol change. Parcelle juste en-dessous du volcan « Pechsteinkopf », sols plus riches en basalte et moins sableux que ceux du Jesuitengarten) Couleur bien plus dorée, nez plus mûr, fruits exotiques, pas de pétrole. Bouche plus opulente, moins d’acidité, fruité plus mûr, plus d'épaisseur, notes poivrées, finale plus longue, mais manque un peu de tension et d’élégance. Très différent. Peut-être moins adapté à nos palais français. TB.

 

 

 

RHEINGAU

rheingau 1

rheingau 2

3   Georg Breuer – Riesling Berg Schlossberg 2005 (AP n°1) : (sols d'ardoises et sables) Couleur dorée, nez très complexe, encore jeune, pointe fumée, miel, fruits jaunes et fruits exotiques, riche et solaire. Bouche opulente, encore plus épaisse que le Pechstein, plus miellée, mais aussi plus d'acidité dans le fond qui lui permet de ne pas tomber dans la lourdeur, même si on sent que ça se joue à pas grand chose. Finale encore plus longue, presque poivrée. Très belle bouteille. Merci Jean-Paul ! TB++.

 

 

RHEINHESSEN

rheinhessen

4   Wittmann – Riesling Kirchspiel GG 2017 (AP n°17) : (sols calcaires) Couleur or pâle, nez un peu fermé, fruits jaunes, miel, tilleul, camomille, fleurs blanches. Bouche avec de l’épaisseur, bien marquée tilleul aussi, très belle acidité dans le fond, beaucoup de minéralité, de profondeur et de longueur, avec une finale crayeuse et saline. Un vin un peu jeune qui manque de complexité à l’heure actuelle, mais à l’équilibre parfait. TB+.

 

 

BADEN

baden

5   Bernhard Huber – Spätburgunder Malterdinger 2016 (AP n°5) : (sols argilo-calcaires) Couleur rubis brillante, nez de bonbon à la cerise, un peu de fraise, pivoine. Bouche légère, aérienne, pas de tannins, tout en petit fruit légèrement sucré, très gourmande et facile à boire, pas très long, mais on y retourne facilement. TB.

 

 

MOSELLE

moselle 1

6   Markus Molitor – Spätburgunder Brauneberger Klostergarten ** 2013 (AP n°14) : (sols d'ardoises) Couleur claire avec des reflets marrons, nez avec une pointe de caillou fumé, kirsch, confiture de fraise, rose, pointe d'élevage caramel. La bouche est délicate, soyeuse, beaucoup de fruit, confiture de fraise, assez solaire avec une belle fraîcheur derrière, bonne longueur, mais il est surclassé par le suivant. A noter qu'une ouverture à midi pour le soir sans carafage lui fait beaucoup de bien. TB+.

7   Markus Molitor – Spätburgunder Brauneberger Klostergarten *** 2011 (AP n°80) : Couleur claire avec des reflets marrons voire tuilés encore plus marqués, nez légèrement animal, cuir, du sous-bois, un lardé-fumé digne d'une belle Côte-Rôtie et beaucoup de fruit. Bouche épaisse, soyeuse, élevage parfaitement intégré, sur les arômes du nez, avec peut-être plus de fruit encore (fraise écrasée, cerise) et moins d'évolution. Les 14% ne se sentent absolument pas. Superbe longueur. Comme le précédent, à ouvrir bien à l'avance. Merci Fred pour la bouteille ! TB++.

 

moselle 2

8   Schloss Lieser – Riesling Helden Spätlese Trocken 2016 (AP n°5) : (sols d'ardoises) Couleur or pâle, nez compliqué, sur la bonbonne de gaz, l’allumette, même après 4-5h d carafe. La bouche est moins marquée par la réduction, sur le citron, pas trop austère grâce à 7-8gr de SR probablement, avec une bonne tension, mais peu de volume. B.

 

moselle wurzgarten

9   Dr. Loosen – Riesling Ürziger Wüzgarten Kabinett 2017 (AP n°5) : (sols d'ardoises rouges) Couleur presque translucide, nez de raisins blancs, melon, fruits blancs bien mûrs. Bouche légère, bien sucrée (70gr ?), à l’équilibre tenu grâce au gaz carbonique assez présent plus que par l’acidité, peu de longueur, mais très digeste et facile avec ses 8% d’alcool. B+.

 

 

NAHE

nahe 1

nahe 2

10   Dönnhoff – Riesling Oberhauser Brücke Spätlese 2016 (AP n°11) : (sols d'ardoises, sables et une partie volcanique) Couleur presque translucide, nez très élégant, sur les fruits blancs, le thé vert, les agrumes, pointe de résine. Bouche légère, aérienne à 8,5% d'alcool, très fruitée, mais avec une profondeur minérale que n'avait pas le Loosen. Il est plus élégant, équilibré et bien plus long, on y retourne sans cesse. TB+.

 

 

MOSELLE

11   Dr. Thanisch – Riesling Berncasteler Doctor Auslese 1992 (AP n°14) : bouchon…

11bis  Günther Steinmetz – Riesling Brauneberger Juffer Auslese ** 2006 (AP n°16) : bouteille de remplacement, couleur or profond, nez d'abricot sec, miel, coing. Bouche épaisse, concentrée, sur la pâte de fruit, mais qui reste très digeste grâce à une belle acidité et un faible taux d'alcool. Parfait pour finir. Merci Fred ! TB+.

 

berg schlossberg 205

molitor klostergarten

 bücke 2016

 

10 octobre 2019

Friedrich Becker (Allemagne - Palatinat) ****

Friedrich Becker - Schweigen Pinot Noir trocken 2015 : (niveau "village", sud du Palatinat. AP °33) Couleur rubis foncé, nez avec un peu de réduction à l'ouverture, très bien après carafage, sur la cerise rouge, la fraise, quelques notes fumées, une touche végétale noble, presque olive noire, une pointe d'élevage ressentie au départ mais parfaitement intégrée au fur et à mesure que le fruit prend le dessus. Bouche sérieuse, avec de l'épaisseur, une acidité élevée, beaucoup d'énergie, des tannins présents pour un pinot mais qui ne sèchent jamais. Le fond de bouteille le lendemain développe une pointe de tertiaire qui le rend encore plus complexe. Belle longueur en plus pour ce niveau d'appellation. Excellente bouteille, d'un maître du pinot allemand, qui pour 22€ vaut largement des Morey ou Gevrey. Reste à goûter les "Grands crus" de Becker, aux tarifs bien plus bourguignons... Note : 17/20.

 

Spatburgunder 2019 : couleur noire, nez très réduit. Bouche avec de la réduction, tannique, serrée, trop extraite. B-. Une autre bouteille plus tard était réduite, moins serrée par contre.

 

Bonus Friedrich Becker, Heydenreich pinot noir 2016 (Palatinat) : un vin beaucoup plus clair que les autres, où on a eu l'impression d'un climat plus frais, plus d'acidité, mais beaucoup d'élégance, sur des petits fruits rouges, une touche d'élevage viande fumée. On part vite plus au Nord que la Bourgogne. Une cuvée qui a paru très élégante, avec peu d'extraction pour un grand cru de Friedrich Becker. Très accessible en l'état, un vin qui a fait l'unanimité. TB+.

 

salon valade

F. Becker : Spätburgunder 2019 très clair, un peu réduit, compliqué.

 

21 août 2019

Lopez de Heredia (Espagne-Rioja) **** et Clos Magador (Priorat) ****

 

Lopez de Heredia - Rioja Vina Tondonia Riserva 2005 blanc : Couleur dorée, nez oxydatif, fruits secs, un peu de noix, orange, plantes méditerranéennes, caramel, assez complexe. Bouche très vive et saline, proche d’un Oloroso, d'un Fino, ou d’une vieille cuvée Oro, avec de la puissance, peut-être un peu plus de gras à l’attaque. En se réchauffant l'élevage vanille/caramel ressort et rend le vin moins intéressant. Finale assez longue, très saline. D’abord déroutant, finalement intéressant sur des fromages (pâtes persillées surtout). B+.

 

Lopez de Heredia (Rioja) sur salon

Vina Cubillo 2016 : clair en couleur, joli nez fruits rouges, mais finale bien serrée.

Vina Bosconia 2013 : plus d’acidité et plus de longueur, tannins plus fins, légère sensation boisée ici.

Vina Tondonia Reserva 2012 : (75% tempranillo, grenache, mazuelo, graciano) Clair, très joli nez fruits rouges, un peu bourguignon, bouche juteuse, tannins fins, belle allonge, très propre, pas de bois ressenti, frais, très joli. Une belle gamme avec de la finesse, déjà accessible, des vins bien plus « cleans » et faciles que dans mon souvenir.

Vina Gravonia blanc 2016 : style léger oxydatif, brioché, fruits secs, bien équilibré.

 

 

 

 

Clos Mogador – Priorat blanc Nelin 2016 : Couleur légèrement rosée-orangée, joli nez sur la pêche de vigne, framboise, la pomme limite blette, melon, floral. Bouche très « confortable », avec du gras, de l’épaisseur, sans arômes boisés, notes minérales, fruitées, florales, bonne acidité, mais tout se gâte sur la finale où l’alcool semble trop présent, en l’état en tout cas. TB-.

2019 : moins alcooleux que le précédent, petite touche macération et oxy ménagée, très intéressant à table. TB.

 

Clos Mogador - Priorat « Manyetes » 2010 : (majorité carignan sur schistes) Couleur noire comme l'encre, nez sur la violette, les fruits noirs, le menthol. Bouche puissante, fruitée, très minérale, superbe trame caillouteuse dans le fond qui étire et rafraichit le vin, notes graphite, menthol, fruits noirs, tannins encore présents mais jamais secs, très long. Déjà sublime, et pourtant encore tout jeune. TB++.

 

Clos Mogador - Priorat « Manyetes » 2011 : autant le 2010 m'avait emballé récemment, autant ce 2011 m'a déçu : une couleur très noire bien sûr, un nez marqué par un boisé vanillé/coco très présent et pas encore fondu, fruits noirs confiturés. Idem en bouche où les tannins sont certes fondus, mais je ne retrouve pas la droiture du 2010, on est sur un vin très enrobé, très Parker dans l'esprit, bien mûr, bien lisse. Belle longueur ceci dit. A voir dans quelques années si l'élevage s'intègre et si le terroir repasse au premier plan. TB-.

 

Clos Mogador - Com tu 2016 : couleur assez claire, nez bien typé grenache, fruits rouges confiturés, épices, sur le fruit, pointe sucrée, un peu d'alcool en finale pour chipoter, tannins très fins. TB. Autre bouteille 2ans plus tard, joli nez plus complexe, bouche avec un peu d'alcool servi chaud, un peu de tannins servi plus frais, plus compliqué que le nez. TB-.

 

 

 Espectacle (René Barbier) **** - Montsant 2009 : (VV de grenache) couleur rouge brillant, nez de confiture de fruits rouges, malheureusement quelques notes d'oxydation (fin de bouteille ouverte à midi, bue le soir). Bouche soyeue, très confiturée, sucrée, mais là aussi on sent le vin en cours d'oxydation. A regoûter sur une autre bouteille.

 

René Barbier Jr y Sara Perez *** - Priorat 2014 Gratallops Partida Bellvisos : (carignan, grenache) joli priorat, surtout typé carignan, tout en fraîcheur et tension, encore jeune, sur des tannins et une acidité qui donnent une belle allonge, long, et minéral. TB+.

 

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