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Mon carnet Vin
6 avril 2021

Marston Family Vineyard (Etats-Unis) ***

Marston est un petit domaine de 40 acres (16 hectares) situé dans les collines occidentales de Santa Helena, au-dessus Napa, sur les pentes sud de Spring Mountain. Les premières vignes ont été plantées dans les années 1890, puis le domaine a été racheté dans les années 1970 par la famille Marston. Dans les années 1980 les raisins étaient vinifiés par Philipp Togni et le légendaire André Tchelistcheff, puis par Philippe Melka (1998-2009) et depuis 2010 par Marbue Marke. Le domaine produit un sauvignon sur Yountville, un cabernet sauvignon sur Springs Mountain, et une petite syrah sur Calistoga. 

 

Marston - Albion blanc 2017 Napa Valley AVA Yountville : (100% sauvignon blanc, clone de Loire 530. Elevage 6 mois fûts de chêne français dont 20% neufs environ)  Couleur très claire, nez très aromatique, plein de bonbon à la pêche, entêtant, quelques fruits exotiques, fait penser à des sauvignons de Nouvelle-Zélande. La bouche a de la vivacité, un très léger gras, toujours très aromatique avec du bonbon à la pêche, du buis. La finale est de longueur moyenne, fraîche, toujours très aromatique et très marquée sauvignon, pêche, agrumes, léger côté végétal (buis, bourgeon) mais pas dérangeant. Plutôt bon sur un verre mais peut vite être écoeurant. B.

 

Marston - Estate Grown 2015 Napa Valley AVA Spring Mountain : (100% cabernet sauvignon, Bloc 3A, elevage 18mois fûts de chêne français. 14,9% vol) Couleur grenat foncé, nez sur les fruits rouges et noirs confiturés, élevage bien intégré. La bouche est plus marquée par le cabernet, moins confiturée que ce que laissait présager le nez, bonne acidité, eucalyptus, de la fraîcheur, puissante alcool bien intégré, mais des tannins encore rugueux, trop présents à mon goût. Finale sur le cassis, l'eucalyptus, la prune, à peine végétale, un peu sèche. A voir ce qu'il deveindra dans quelques années. TB-.

 

10 mars 2021

Chanin wine Co. (USA) ***

Domaine fondé par Gavin Chanin en 2007, après avoir fait ses classes chez Qupé et Au Bon Climat. Le domaine achète principalement des pinots et des chardonnays dans les Sta Rita Hills (Sanford & Benedict Vineyard), Sta Barbara County (Los Alamos Vineyard) et Sta Maria Valley (Bien Nacido Vineyard), ne produisant ensuite que du parcellaire. Les raisins achetés sont généralement bio, le travail à la cave est peu interventionniste avec une recherche de l'élégance et de la fraîcheur (memebre du IPOB). Les vins peuvent être marqués par l'élevage en barriques.

 

 

Chanin - Sanford & Benedict Pinot noir 2015 : Couleur sombre pour un pinot, nez un peu chaleureux, fruits noirs et épices et marqué par un élevage vanillé. La bouche est assez ronde, confiturée, manquant de peps, vite lourde et finissant sur l'élevage. Le lendemain, l'élevage semble mieux intégré, le nez est plus élégant, mais ça manque toujours d'acidité. Une déception pour une première rencontre avec le domaine. B-.

 

Chardo los alamos 2020 beau fruité, fruits jaunes, agrumes, tendu, salivant, peu de bois, sur le fruit. TB. Pinot noir 2020 assez pur, belle matière, peu boisé, bien fait. Los Alamos pinot 2019 très clair, à peine fumé salin, garrigue, 13% vol, long, très bon. Zotovich pinot 2020 ultra clair, proche, à peine moins salin, plus dense et plus soyeux, à peine boisé. Sanford & Benedict 2019 pinot (13,5%) à peine plus coloré, (clair quand même) plus de tannins, plus de puissance, plus de grappe entière, moins salé, très long, taillé pour la garde, s’annonce vraiment superbe. Belle gamme !

 

10 mars 2021

Tolpuddle (Australie) **** et Shaw & Smith ***

Tolpuddle est un vignoble d'une vingtaine d'hectares planté en chardonnay et pinot noir à Coal River (sud de la Tasmanie), région la plus fraîche d'Australie. Les vignes ont été plantées en 1988 par Tony Jordan et Gary Crittenden avant d'être rachetées en 2011 par Shaw & Smith (domaine des Adélaïde Hills). Les vins sont travaillés "à la bourguignonne", avec un élevage en barriques françaises (1/3 neuves dans les deux couleurs) et une partie de grappes entières sur le pinot noir. Le style est plutôt moderne avec un peu d'élevage mais gardant une bonne fraîcheur sans trop de sucrosité.

 

 

Tolpuddle - Coal River chardonnay 2019 : Couleur or pâle, nez expressif dès l'ouverture, sur un élevage bourguignon "à la Colin-Morey" grillé, cacahuètes, noisette, beurré, sans être outrancier non plus, mêlé à des notes florales, des fruits blancs assez mûrs et quelques fruits jaunes, un peu de soufre. Au réchauffement l'élevage se fait un peu plus marqué, plus vanillé, un peu trop peut-être. La bouche reste assez légère (13°), avec de la rondeur, du gras, mais aussi une très bonne acidité (certains se posent la question du tartrique), le tout est déjà bien équilibré, sur la même aromatique qu'au nez avec un peu d'ananas en plus. Finale de bonne longueur, avec un peu d'élevage mais aussi des notes d'agrumes et de citron confit qui permettent de rester sur la fraîcheur. Au final un vin très "Côte de Beaune", avec beaucoup de fraîcheur pour l'Australie, encore un peu marqué par l'élevage mais ça devrait s'intégrer d'ici quelques années. Un futur beau pirate ! TB.

 

Tolpuddle – chardonnay Tasmanie 2019 : toujours ce nez très allumette, autolyse, très bourguignon nouvelle génération, bouche avec une belle énergie, longue, salivante, certes marqué par l’élevage sur lies, mais bien faite. TB+.

 

Tolpuddle (Tasmanie), Coal River valley chardonnay 2022 : (sols silice et grès)  chardonnay travaillé sur lies avec un tiers de fûts neufs, très bourguignon dans l'esprit, très porté allumette et autolyse à l'ouverture. Bouche fraîche, elle acidité, toujours ce côté grillé des lies, léger beurré en se réchauffant, c'est long et salivant, encore jeune, un peu plus soufré que le précédent. Il y a de l'umami mais un peu moins. TB.

 

 

 

Shaw & Smith (Australie) – Sauvignon 2020 Adélaïde Hills : nez un peu réduit au départ, pas variétal. Bouche avec du peps, minérale, un peu plus sauvignon qu’au nez mais sans tomber dans le trop exubérant, fin et tendu. TB.

Shaw & Smith MMad vineyard blewitt springs Grenache 2021 : grosse cuvée de grenache, pas trop chaud, beau fruité rouge confituré, attaque assez ronde, gros volume, finale encore tannique, imposante, taillée pour la garde, mais reste frais, très chateauneuf dans l'esprit. TB.

M3 Chardonnay Adelaide Hills 2022 : nez boisé toasté, un peu mieux en bouche, pas de lourdeur, mais le toasté boisé domine. B.

Lenswood Vineyard chardonnay 2021 : touche beurrée avec un léger boisé au nez, bouche vive peu d'élevage, fraîche, bien faite, assez sage, assez long, bien fait, pas typé nouveau monde. TB.

Balhannah Shiraz 2019 : assez fin, avec de la rondeur, pas trop lourde, entre grenache et syrah. TB.

 

7 mars 2021

Yarra Yering (Australie) ****

Domaine d'une trentaine d'hectares, planté en 1969 par l'horticulteur visionnaire Dr Bailey Carrodus, au centre de la Yarra Valley, à 60kms à l'est de Melbourne. Inspiré par les vins français, il crée en 1973 les Dry Red n°1 (assemblage bordelais) et n°2 (assemblage rhodanien) dans un style relativement frais et fin pour l'Australie, avec des vignes non irrigués, des faibles rendements... Il a toujours été entouré d'excellents winemakers comme Mark Haisma. Depuis la mort du Dr Bailey Carrodus en 2008 le domaine a été repris par Kaesler (Barossa) gardant la même philosophie. Les vins sont aujourd'hui vinifiés par la talentueuse Sarah Crowe (vigneronne de l'année en 2017)

 

 

Yarra Yering - Pinot Noir 2016 Yarra Valley : (Vignes d'environ 40ans. egrappé. Elevage 10 mois fûts français dont 30% fûts neufs.) Couleur rubis, claire et brillante. Nez très expressif dès l'ouverture, plein de fraises et de cerises rouges confiturées, rose, orangette, petit côté végétal (ronce), pas d'élevage ressenti. La bouche est très ronde, peu tannique, bonne épaisseur, sur la confiture de fruits rouges, les 14° sont bien intégrés mais se sentent par la petite sucrosité du vin. Ca semble très gourmand et facile sur le premier verre, flatteur, mais la finale manque de peps, on reste sur la sucrosité et des notes de bâton d'orangette. On se lasse dès le second verre. Au final, un pinot noir très classique du nouveau monde, j'ai l'impession d'avoir écrit le même CR sur certains pinots australiens (Bindi...) ou sud-africains. Les pinots de Timo Mayer ou Josh Cooper m'ont paru plus frais (effet grappe entière ?). Dans ce très beau domaine qu'est Yarra Yering, mieux vaut se tourner vers les Dry Red n°1 ou 2.  B.

 

Underhill shiraz 2013 : couleur noire, nez fruits confiturés, très boisé vanillé coco, eucalyptus, début de sous-bois, cigare. Bouche avec du fruit, très ronde, bonne acidité dans le fond, mais finale très marquée vanille. A voir dans le temps. B.

 

Dry red n°1 2016 : couleur sombre, nez encore marqué par l'élevage vanille, coco, fruits noirs. Bouche assez lissé par l'élevage, pas trop haute en alcool, ni trop lourde, mais clairement sur l'élevage vanille, coco. Sans grande surprise à revoir dans 10 ou même 20ans. B+.

 

Yarra Yering, Underhill shiraz 2016 : encore un peu d'élevage et petite sucrosité, il y a du fond derrière, juste un peu jeune, à attendre sereinement. TB-.

 

 

17 février 2021

Philippe Darioli (Suisse) ***

Philippe Darioli est l'un des nombreux élèves de Marie-Thérèse Chappaz. Il se lance à son compte en 2003 avec 3 hectares de vignes et 11 cépages, principalement sur Leytron et Chamoson (même si le chai est à Martigny). Sa vigne est conduite en agriculture "raisonnée" comme il le dit lui-même mais pas en bio. Si les secs manquent parfois de profondeur sur certaines cuvées par rapport aux vins de son mentor, il fait partie des tout meilleurs producteurs de liquoreux valaisans.

 

Philippe Darioli - Vent d'Anges Grains Nobles 2012 Valais : (capége malvoisie/pinot gris, ermitage/marsanne et petite arvine. Elevage fût 2ans. 8% vol. 50cl) Couleur or profond, superbe nez sur les fruits exotiques type mangue, passion, puis miel, cire, acacia, abricot, ananas, encore tout jeune, il me fait de suite penser aux pinots gris SGN de Zind-Humbrecht. La bouche est sirupeuse, épaisse, probablement très riche en sucre sur ce millésime (on doit approcher les 300gr ?), peu d'alcool, sur la pâte de fruits exotiques et le miel, le tout bien équilibré par une acidité élevée, mais il faut bien ça vu le taux de sucre. Finale très longue, on reste sur de la mangue et de la passion acidulées. Excellent liquoreux, dans un style très riche, mais l'équilibre est là, reste plus qu'à attendre quelques années pour gagner encore en complexité. TB+.

 

17 février 2021

Pyramid Valley (Nouvelle-Zélande) ****

Domaine de la partie Nord de Canterbury (côté est de l'île du sud) créé par Mike et Claudia Weersing en 2000. Ces californiens sont passés chez De Montille, La Pousse d'Or, Deiss, Loosen, Calera, Neudorf... avant de trouver ce qui leur a paru être le lieu parfait, avec des sols argilo-calcaires de qualité et un climat relativement frais pour pouvoir planter du chardonnay et du pinot noir (premiers millésimes sur ces parcellaires en 2006). Le regretté Mike Weersing, décédé fin 2020, est un élève de Claude et Lydia Bourguignon. Il a été parmi les premiers en Nouvelle-Zélande à produire des vins de terroir, en biodynamie, dans un style très frais, peu extrait, peu sulfité, avec un énorme travail à la vigne, plantée à haute densité (10-12 000 pieds/hectare). Une petite activité de négoce dans le même esprit leur permet de compléter cette toute petite production. Le domaine a été vendu en 2017.

 

Pyramid Valley - Howell Family Hawke's Bay Cabernet franc 2012 (Growers collection) : (achat de raisins à la famille Howell, île nord, 12,5%) Couleur très claire, à pene rouillée sur les bords, très joli nez dès l'ouverture, principalement de petits fruits rouges, groseille, cranberry, pointe végétale type pivoine, ronce, qui fait plus penser à un pinot en grappe entière qu'à un cabernet franc, on trouve aussi quelques notes d'évolution (cuir, fumé). Bouche très élégante, légère, aérienne, peu tannique, pas très épaisse, toute en longueur, petits fruits rouges et pivoine, très épurée, jusqu'à la finale de longueur moyenne, acidulée, presque saline, très "évidente", qui donne envie d'y revenir sans cesse. TB+.

 

Pyramid Valley, Field of fire chardonnay 2014 (Canterbury) : (Planté à haute densité (10-12 000 pieds/hectare).  Parcelle argilo-calcaire plantée en 1999. Elevage demi-muids. Malo faite.)   Couleur or profond, nez un peu réduit, avec du grillé, du caramel, puis de plus en plus complexe, jasmin, verveine, léger beurré, fruits jaunes, noisette, devient très complexe et intéressant. Bouche par contre un peu plate, manquant d’intensité et d’acidité, un peu fatiguée, finit sur le caramel. Etrangement plus d’acidité et de fraîcheur le lendemain.  B+.

 

12 février 2021

Caymus vineyards (USA) ***

Domaine familial du district de Rutherford, créé en 1972 par Chuck Wagner, d'abord de petite taille puis désormais proche de 140 hectares. Ses trois enfants, Charlie, Joe et Jenny ont désormais rejoint le domaine. Le style est très moderne, "nouveau monde", boisé et confituré.

 

Caymus - Napa Valley Cabernet sauvignon 2016 : (en 1/2 bt, assemblage de parcelles provenant de 8 des 16 sous-régions de la Napa) Couleur très noire, nez de crème de cassis, fruits noirs sucrés, gros élevage cacao, vanille. La bouche est presque sucrée, toujours sur la crème de fruits noirs, le cacao, la vanille, toute en rondeur avec des tannins complètement lissés par le fût, aucune sensation de terroir derrière, finale lourde et écoeurante dès le premier verre. Un vin inintéressant au possible, en plein dans le stéréotype cabernet de Napa boisé sucrailleux. Moyen.

 

11 février 2021

Hans & Anita Nittnaus (Autriche) ****

Domaine historique du Burgenland d'environ 45 hectares, situé à Gols, dirigé depuis les années 1980 par Hans Nittnaus et sa femme Anita. Ces derniers ont d'abord été parmi les premiers à tenter l'introduction de cépages bordelais pour la reconnaissance à l'international, avant de se tourner dans les années 1990 vers les cépages locaux (blaufränkisch, zweigelt...) avec la création du groupe Pannobile aux côtés de Paul Achs, Heinrich... Depuis 2013 le domaine est certifié en biodynamie. La philosophie ici est de laisser chaque terroir s'exprimer, avec des vins purs, pas trop extraits ni trop boisés, élégants, mais aussi capables de bien vieillir sur les meilleures parcelles.

 

Hans & Anita Nittnaus - Blaufränkisch Kalk & schiefer 2018 Burgenland : (100% blaufrankisch, élevage fûts de 500L, 12,5% vol) Couleur grenat, contours encore un peu violacés, pas trop foncé pour un Blaufränkisch d'un millésime mûr comme 2018, le nez est à peine réduit à l'ouverture, parfait après 1h de carafe, plein de fruit, très pur, sur la framboise, la mûre, un peu typé gamay puis en se réchauffant de plus en plus proche d'une syrah sur le cassis, le poivre, et des notes fumées, élevage parfaitement intégré. La bouche est juteuse, avec une très belle matière pour une entrée de gamme, des tannins fondus, texture agréable, pas beaucoup d'alcool, beau fruité assez mûr comme au nez, le tout bien équilibré par une belle acidité et une impression minérale de graphite. La finale est de longueur moyenne, elle reste fraîche, sur les fruits noirs, un peu de poivre, ronce, fumé, un petit côté sanguin aussi, très gouleyante, on y retourne facilement. Du très haut niveau pour cette cuvée (11€) qui en plus du côté facile à boire possède une vraie profondeur et une vraie personnalité. TB.

 

10 février 2021

Bodegas Zarate et Eulogio Pomares (Espagne, Galice) ***

Domaine familial de 6,5 hectares créé en 1707 et situé dans la vallée de Salnès, Zarate est aujourd'hui géré par Eulogio Pomares et son épouse Rebecca, dans une philosophie proche de la biodynamie. Ils ont été parmi les premiers à parier que les blancs de Galice pouvaient être plus que des vins de l'année avec notamment la création de l'Albarino festival dans les années 1950. Les vins sont travaillés sur la minéralité, l'expression du terroir, mais avec parfois un peu trop d'opulence par rapport aux meilleurs vignerons du moment (Nanclares, Forjas del Salnes...)

 

 

Bodegas Zarate - Rias Baixas El Palomar 2019 : (100% albarino, vignes d'environ 150ans franches de pied, 2000pieds/hectares, en pergola. Sols granitiques. Rendements 38hL/ha. Elevage un an sur lies en foudre de 2200L, malo faite en règle générale. 27€) Couleur dorée, nez exubérant dès l'ouverture, citron confit, poire, abricot, anis, fenouil, puis en se réchauffant brioche, léger grillé des lies, il fait beaucoup plus sud de la France (grenache blanc ou rolle) que Galice. La bouche est opulente, matière épaisse, avec l'aromatique exubérante du nez, un côté brioché encore plus marqué, grosse acidité (dur de dire si la malo a été faite ou non sur ce millésime), ça ne fait pas dans la finesse. La finale est longue, plus intéressante que le début de bouche, plus tendue, saline, avec de jolis amers, une sensation presque tannique, des notes de zestes d'agrumes, on arrive enfin à Galice. Mais en l'état ça reste un vin "too much" sur lequel on a du mal à enchaîner un second verre. A voir si il s'affinera avec le temps. Petite déception car on est loin du côté cristallin de Nanclares ou Forjas del Salnes par exemple. B.

 

 

Eulogio Pomares, Sal da Terra 2023 Rias Baixas : (albarino. Eulogio Pomares est l'oenologue de Zarate même si ce ne sont pas les mêmes vignes ici)  Couleur or, nez très mûr, exotique, presque goyave papaye, mangue, des notes beurrées. La bouche est très exotique aussi, on sent l'alcool, pas une grosse acidité, c'est sûr l'opulence. Le côté salin annoncé dans le titre n'y est pas du tout. B-.

 

10 février 2021

Bodega Maranones (Espagne) *** Daniel Jimenez-Landi et Comando G ****

Domaine créé en 2008 par l'homme d'affaires J. Fernando Cornejo et l'oenologue Fernando Garcia Alonso. Ce domaine d'une vingtaine d'hectares, en bio, est situé à 70kms à l'Ouest de Madrid, en altitude, entre la Sierra de Gredos et la Sierra de Guadarrama. Le style se veut peu extrait, majoritairement à base de grappes entières, en foudres, toujours à la recherche de l'élégance, de la fraîcheur et de l'expression du terroir, à l'instar de Comando G ou Jimenez Landi.

 

 

Bodega Maranones - 30 000 Maravedies 2016 DO Vinos de Madrid : (90% grenache + 10% variétés locales, grappe entière, élevage foudres) Couleur très claire, pas si loin du rosé, nez exubérant, grenadine, fraise écrasée, framboise, pivoine, il donne envie de se plonger dans le verre quoique le côté sucré laisse présager la suite. La bouche est malheureusement un peu écoeurante, avec une sucrosité trop marquée, des notes de sirop de grenadine et sirop de fraise, peu d'épaisseur, des tannins encore un peu durs. Finale un peu courte et sucrailleuse. Une entrée de gamme qui me laisse sur ma faim, à voir sur les cuvées au-dessus, plus en altitude. B-.

 

 

 

 

Comando G (pour Grenache et Gredos) a été créé en 2008 par 3 amis : Marcel Isart Pinos (qui n'est plus dans le projet aujourd'hui), Fernando Garcia Alonso de Marananos et Daniel Jimenez-Landi. Le domaine travaille en biodynamie, sur des parcellaires, moyenne de 1000m d'altitude, principalement du granite, avec des vinif peu interventionnistes, des grenaches infusés, en grappe entière, levures indigènes, fûts de 500 à 1500L. Juste un peu de SO2 à la mise. A noter aussi un blanc à base d'albillo.

 

 

Comando G **** (Vinos de Madrid - au salon La Dive)

Matabarricos 2018 très clair en couleur, style épuré, tout en fraîcheur et en longueur, petits fruits rouges, tire sur le pinot avec un peu plus de tannins. Bruja de Rozas 2018 grenache très peu coloré aussi, peu extrait, avec des notes de fruits blancs, peu d’épaisseur tout en longueur, finit sur des tannins serrés. Rozas 1er cru 2018 grenache toujours dans ce style épuré, frais, peu d’épaisseur, long, minéral, un peu serré. Travail très intéressant. Mais on se pose la question de savoir si on ne va pas un peu trop loin dans la quête de fraîcheur, un poil plus de concentration ferait peut-être du bien. A regoûter sur des vins servis un peu plus chauds et avec un ou deux ans de plus de bouteille.

 

(Comando G - Bruja de Rozas 2015 : style épuré du domaine mais un peu d'alcool et de sucrosité en bouche. B.)

Comando G (Sierra de Gredos), DO Vinos de Madrid La Bruja de Rozas 2021 :    Couleur très claire, nez très réduit à l’ouverture, bien mieux après 5h de carafe. Grenache infusé, très framboise, fraise, pivoine, aromatique élégante, mais fin de bouche encore très serrée, qui semble un peu jeune. B+.

Comando G (Madrid), DO Vinos de Madrid La Brena 1er cru 2020 : (parcellaire, 1060m d'altitude, expo nord, sur granite, avec des vinif peu interventionnistes, 100% grenache de 60ans, grappe entière)       Couleur ultra claire, de l’infusion extrême, superbe nez sur la rose, la fraise, la framboise, presque des fruits exotiques à la manière d’un blanc. La bouche attaque sur la finesse, le fruit, la fraîcheur, très peu de volume, elle s’étire longuement, sur des tannins serrés mais de qualité qui donnent de l’allonge, sensation minérale fortement présente pour ce vin d’esthète, qui peut être difficile à comprendre. TB++.

 

 

 

Il existe 2 domaines Jimenez Landi : le vieux domaine familial Jimenez-Landi (dans lequel Daniel a travaillé de 2007 à 2012) puis à partir de 2012 le domaine de Daniel Jimenez-Landi ici en solo. Le travail est dans le même esprit que Comando G. Là aussi les vins sont classés à la "bourguignonne" en Vino de pueblo (village), Vino de Paraje (premier cru), Vino de parcela (grand cru). 

 

 

Daniel Jimenez Landi **** - DO Mentrida Las Uvas de la Ira 2017 : (grenache. En foudre. 800-900m d'altitude Sierra de Gredos)  Couleur ultra claire, pas très loin du rosé, avec des contours orangés, couleur "Anglore". Nez plein de fruits rouges, framboise, très floral, pivoine, touche de grappe entière. Bouche qui semble d'abord légère, pleine, de fruit, pas de tannins, assez ronde, très juteuse, un peu sucrée, en se réchauffant l'alcool se sent un peu, une chaleur plus sudiste apparait. L'équilibre reste bon grâce à une finale légèrement amère/grappe entière pas trop sucrée. TB+.

 

1 février 2021

Veyder-Malberg (Autriche) *****

Peter Veyder-Malberg incarne la nouvelle génération de la Wachau. Basé à Spitz de puis 2008, il cultive en biodynamie son petit domaine de 6ha. Il refuse de s'inscrire dans le Codex Wachau auquel il reproche de "forcer" les vignerons à faire du Smaragd à tout prix, donc des vins trop opulents vendangés trop mûrs, masquant les terroirs. Car la clé est là pour lui, chaque vin doit représenter son terroir, peu importe le degré d'alcool final. Force est de constater que par rapport à ses voisins, ses vins sont bien plus tendus, minéraux, avec beaucoup de profondeur.

 

 

Peter Veyder-Malberg - DAC Wachau Bruck riesling 2017 : (12% vol., hors codex) couleur paille, nez très minéral, notes de citron vert, zestes d'agrumes, pas de pétrole. Bouche perlante, tendue, ultra minérale, grosse impression de pureté et de caillou, dans le style d'un Pichler-Krutzler voire d'un Prager, à l'opposé de Knoll ou FX Pichler, finale très longue, saline, pointe d'amertume, zestes citron, mandarine. Superbe. Hâte de voir ce qu'il donnera dans quelques années. TB+.

 

Riesling Blümchen 2018 : (entrée de gamme, capsule vis) mou, semble presque fatigué, heureusement léger en alcool (11,5%) ce qui le sauve un peu. B.

 

Riesling Elsarner Ried Brandstatt 2019 : couleur dorée, nez d'agrumes, tilleul, légèrement fruits exotiques. Bouche avec un beau volume, garde tension et énergie, plus mûr et solaire que le Bruck 2017 mais il réussit à rester très bien équilibré, très long et subtil avec encore un bon potentiel de garde. TB+.

 

24 janvier 2021

Descendientes de Jose Palacios (Espagne) ****

 Le domaine a été créé en 1998 par Ricardo Perez Palacios et son oncle Alvaro Palacios (du Priorat), renommé en hommage à leur père et grand-père José Palacios. Ce domaine de 45 hectares est conduit en quasi biodynamie, avec aussi une partie d'achat de raisins pour la petite cuvée "Petalos". Le domaine possède plus de 200 parcelles sur le village de Corullon, en altitude (500 à 900m), principalement avec le cépage mencia (+ quelques cépages blancs au milieu), sur des sols escarpés à base d'ardoises de schiste. Les vins sont travailés dans un style moderne, avec des élevages un peu appuyés, mais gardent toujours la fraîcheur du lieu et l'acidité naturelle du cépage. .  

 

 

Descendientes de José Palacios - DO Bierzo Villa de Corullon 2017 : (cépage mencia majoritaire, assemblage de parcelles. 13,5%) Couleur grenat, nez sur la violette, la cerise, la mûre, encore un léger élevage vanillé mais plutôt bien intégré, réglisse. Bouche qui combine un fruité gourmand, cerise rouge, mûre, à une belle fraîcheur, avec une bonne acidité, pas trop d'alcool, peu de tannins, élevage discret, fond minéral. Assez élégant mais reste un peu simple. Longueur moyenne, sur la cerise. Plutôt un bon vin, à condition de ne pas s'attendre à quelque chose de bourguignon comme on peut le lire parfois. On est plus proche d'un Languedoc frais, pas si moderne que ça (moins que les vins d'Alvaro Palacios en Priorat par exemple). Le rapport q/p est cependant moyen (40€). B+.

corrulon 2017

 

 Descendientes de J Palacios - Petalos del Bierzo 2015 : petit interlude vin rouge pour faire une pause. Le nez fait plutôt penser à une syrah, lardé, violette, poivre, fruits noirs, un peu animal, c'est très joli. La bouche est assez fraîche mais par contre la finale semble trop tannique, sèche, avec beaucoup d'amertume. Trop de sucres sur les papilles probablement, même après avoir rincé un peu. Le lendemain, joli nez aussi, bouche bien moins tannique, par contre la finale a gardé un côté amer et végétal un peu gênant. B+.

 


Petalos 22 fin floral assez clair, cassis violette, presque un peu light et lisse mais c’est bon. Las Lamas 21 léger, un peu maigre, fin, mais presque squelettique, finale qui serre un peu.

 

 

 

Adega Guimaro *** - Guimaro Ribeira Sacra 2020 : (100% mencia) Couleur sombre, nez un peu confituré, fruits noirs, violette, framboise, un peu lardé/fumé. Bouche qui reste assez ronde, facile, confiturée, pas trop haute en alcool (13%), peu tannique, facile à boire, manque un peu d'acidité, longueur moyenne, pas d'élevage ressenti. Bien fait. Excellent rapport q/p. B+.

 

 

Bodegas Paraguas *** - Ribeiro Finca la Cabrita Vino de Castes 2023 : (granit. 12,5%. caino, mencia, souson) couleur soutenue, nez un peu rustique, simple, des cépages teinturiers ? Bouche fraîche, juteuse, mieux que le nez, reste assez simple au final. B.

Bodegas El Paraguas, DO Ribeiro La sombrilla 2019 (majorité treixadura. Élevage cuves et fûts de 600L) : Couleur dorée, peut-être déjà un peu d'évolution. Joli nez fleurs blanches, fruits jaunes, pas mal de fruits exotiques au fur et à mesure que le vin se réchauffe, très miellé aussi, acacia. La bouche est grasse, fruitée, miellée, acidité moyenne, une certaine opulence mais qui reste contenue grâce au taux d'alcool assez bas (12,5%). Bonne longueur, pas de lourdeur sur la finale même si ce n'est pas spécialement salivant. Un joli vin, à son apogée je pense, et plutôt taillé pour la table. TB.

 

23 janvier 2021

Van Volxem (Allemagne - Sarre) ****

 Depuis que Roman Niewodniczanski a récupéré le domaine en 2000, bien aidé par l'arrivée de Domink Völk comme maître de chai en 2004, Van Volxem s'est aggrandi à 85 hectares et en même temps ne cesse de progresser. Les vins autrefois très mûrs et opulents ont gagné en finesse, grâce à un beau travail proche du bio à la vigne comme au chai : fermentations spontanées, faibles rendements, élevage en foudres Stockinger qui marquent de moins en moins les vins... Si ce sont les vins sucrés qui ont fait la réputation de Wiltingen (village d'Egon Müller également), Van Volxem montre qu'il est possible d'y faire des secs. Les vins ne sont pas encore les plus cristallins de la Sarre, mais sur les derniers millésimes ils ont vraiment gagné en tension et en minéralité  et deviennent très prometteurs.

 

Van Volxem - Riesling Scharzhofberger GG 2016 : (AP 14. 12% vol.) Couleur très claire, nez légèrement soufré/pierre à fusil à l'ouverture mais ça se dissipe très vite pour laisser place à du fruit, pamplemousse, zestes d'agrumes, fruits jaunes, résine, pas de pétrole, très "pur" pas de botrytis. Bouche sèche, très droite, minérale, sur les agrumes principalement avec un petit trait végétal, pas forcément un gros volume pour un GG, mais beaucoup de longueur. Finale saline, tendue, sur les amers qui font très zetes de pamplemousse toujours ce trait végétal qui m'évoque de plus en plus un sauvignon, ça en devient presque entêtant, on se dit qu'on est pas loin de la sous-maturité. Le lendemain le vin a pris du volume et aussi de la maturité, avec quelques notes de coing et d'ananas, une pointe de pétrole désormais, tout en gardant sa belle tension. Un vin à bien ouvrir à l'avance, voire à attendre quelques années supplémentaires dans l'idéal, bien dans l'esprit du nouveau style Van Volxem. TB+.

val volxem scharzhofberger 2016

 

riesling schiefer 2020 : superbe entrée de gamme, bonne acidité, fruit qui tire un peu sur l'exotique, pas très épais, mais rais et gourmand. TB.

riesling saar 2015 : dorée, nez évolué, miellé, fruits jaunes et exotiques, joli. Belle attaque avec de l'amertume, citron confit, la finale manque de peps par contre, presque grasse, on sent la chaleur du millésime ici. B+

 

 

Van Volxheim


Schiefer riesling 23 aromatique au nez, un peu de perlant mais tendu, nerveux, jolie bouche. Wiltinger riesling 22 frais et tendu, pas beaucoup de corps mais très bon frais, salin. Bockstein GG 2021 gourmand, un peu de SR peut-être, bon équilibre, jolie finale petits amers.  Schonfels riesling 2021 un peu de sucre, plus en rondeur, un peu trop.  Alte Reben 23 litchi, mou.   Volx GG 2023 black label litchi un peu mais quand même plus de peps en bouche, pas mal mais loin des Wittmann.  (pas de malo. 60% foudres le reste inox et fût, jolis entrées de gamme mais grosses cuvées un peu trop « travaillés »)

 

14 janvier 2021

Schäfer-Fröhlich (Allemagne - Nahe) *****

Tim Fröhlich dirige ce domaine familial de 21 hectares situé à Bockenau, au nord de la Nahe, sur les rives de l'Ellerbach. Arrivé en 1995 à la tête du domaine, les vins n'ont cessé de progresser : faibles rendements, levures "naturelles", vendanges manuelles, travail sur la "canopée" pour garder de l'ombre, macérations assez courtes par rapport aux voisins, pressurage lent, élevages courts en cuves et foudres sans malo... Le domaine a été élu n°1 d'Allemagne en 2010 par Gault&Millau. La caractéristique principale des vins est la tension. Ils sont parfois "extrêmes", austères en jeunesse, très salins et caillouteux, encore plus que chez Dönnhoff peut-être, l'illustre voisin. Les deux plus grands vins sont probablement le Stromberg GG (sols de prophyre) et surtout le Felseneck GG (sols d'ardoises bleues), mais les sucres sont aussi d'un excellent niveau.

 

 

Schäfer-Fröhlich - riesling Stromberg GG 2017 AP21 : (parcelle de 2 hectares sur sols de prophyre, roche volcanique très noire et très compacte. Vignes de près de 80ans. Exposition sud, très forte pente. Vendangé fin octobre, à un peu plus de 90° Oechsle pour 12,5% d'alcool et un peu moins de 4gr de SR) Couleur très claire, nez à peine pétrolé à l'ouverture, notes minérales de pierre-à-fusil, fruits blancs, pamplemousse, très pur, sans botrytis. De plus en plus fruité avec l'aération. La bouche est très tendue, très minérale, saline, mais avec beaucoup de volume aussi, du fruit, notamment pamplemousse rose, coing, melon. Finale très longue, saline, sur les agrumes, le sel, le silex, quelques amers nobles. Un très grand riesling, parfaitement équilibré, qui bien sûr est encore tout jeune et va encore gagner en complexité, mais déjà bien plus accessible que ce que je pensais. TB++.

Schafer frohlich stromberg

 

 

Felsenberg GG 2017 : nez un peu réduit, bien marqué pétrole, austère. Bouche droite, minérale, pétrole, caillou fumé, assez longue. TB+.

 

Stromberg GG 2020 : très clair en couleur, nez expressif, fin, pas vraiment de notes fumées ou de lies, poire, abricot, pêche, à peine sucré. Bouche qui semble avoir 5-6gr de SR assez ronde et facile au départ, aromatique cristalline, très pure, eau de roche, fruits blancs, finale assez longue, sans le côté citrique, nerveux, soufré des GG 2020 de Schonleber qui sont plus tartrique, plus salivants, plus tendus et encore plus longs. TB+.

 

 Schäfer-Fröhlich, Grosses Gewächs Stromberg riesling 2017 : (volcanique, 5,3gr SR) Couleur très claire, nez réduit à l'ouverture, mieux après une demi-journée de carafe, nez fumé, citronné, presque tourbé. Bouche plus légère en alcool, très droite, très citronnée, plus d'acide tartrique, austère, peu de fruit, encore jeune, très longue et salivante, belle énergie mais aromatique un peu en-dedans. TB.

 

Felseneck Kabinett 2020 : (AP 24. 8% vol) riesling kabinett, minéral, bien tendu, énergique, sur les agrumes surtout, pointe mangue, superbe équilibre, excellent rapport q/p ici. TB+.

 

 Schäfer-Fröhlich, Schiefergestein Bockenauer riesling trocken 2020 (AP 13)    Nahe :  (jeunes vignes du grand cru Felseneck, qui ont désormais 20-30ans tout de même, sols d’ardoises, un peu de volcanisme pas loin. Elevage foudre, sans malo)  Couleur claire, nez un peu pétrole, citron vert, très « riesling », bouche très droite, beau volume, noble, austère, citron, pétrole, classique, efficace, encore jeune, beau niveau, surtout pour une entrée de gamme. TB.

 

Schäfer-Frohlich, Felseneck riesling kabinett 2020 (AP 24)  Nahe : (8%. 50gr SR) robe très claire, nez un peu réduit, fumé, citronné, bouche tranchante, très droite, fraîche, grosse sensation minérale, très digeste et salivant. TB.

 

9 janvier 2021

Bindi (Australie) ****

Bindi est un petit domaine de 7 hectares créé en 1988 à Macedon Ranges (à 50km au Nord-Ouest de Melbourne), aujourd'hui géré par Michael Dhillon dans une philosophie proche de la biodynamie. Le style se veut sur la fraîcheur, avec des vins peu extraits et peu boisés, tout en finesse pour les pinots noirs, sur la tension et la minéralité pour les chardonnays.

 

Bindi - Pinot noir "Dixon" 2018 Macedon Ranges : (Cuvée plutôt placée comme "entrée de gamme" du domaine, assemblage de "Original Vineyard" planté en 1988 et "Block K" planté en 2001. 100% egrappé. Elevage 11 mois en fûts français dont 10à15% de fûts neufs. 60€)  Couleur rubis très claire, à peine orangée, nez très expressif dès l'ouverture, sur la rose, la confiture de fraise et de framboise, très élégant, très pur et très gourmand. La bouche semble plutôt légère, sur le fruit et peu tannique, les 14% se sentent en fait par la légère sucrosité du vin, très marqué confiture de fraise, pointe d'orangette, à nouveau de la rose, bonne acidité derrière. Finale de longueur moyenne où on reste un peu sur le côté sucré. Au final un vin au nez magnifique, mais avec une bouche un cran en-dessous, qui m'a paru de belle qualité au départ mais qui devient un peu lassante au second verre à cause de sa sucrosité un peu trop présente. A voir sur les parcellaires. Le style est proche de Giant Steps (Yarra Valley) par exemple. TB-.

 

6 janvier 2021

Joshua Cooper (Australie) ****

Josh Cooper, Doug’s vineyard pinot noir 2018 - Macedon Ranges (Victoria) : (premier millésime en 2012. Fils des Cooper-domaine Cobaw Ridge. Achat de raisins aux meilleurs "grape growers", ici la famille Newnham. Exposition nord-nord-est, 500m d'altitude. Sols de basalte. Forte proportion de grappe entière. Elevage fûts français dont une faible proportion de fûts neufs) Couleur rubis, trouble. Très beau nez expressif, envoûtant, sur la pivoine, la fraise, épices orientales, un côté grappes entières suffisamment mûres. Bouche très fraîche, fruitée, tannins fins, très pure aussi (peu sulfitée peut-être) dans un style proche des "IPOB" californiens avec ce très bel équilibre entre fruit confituré et végétal noble. Très belle longueur. Semble déjà à point en l'état. TB++.

 

Josh Cooper - Cope Williams chardonnay Macedon Ranges 2018 : belle tension, grosse fraicheur pour l'Australie, léger grs et légère autolyse, bien équilibré entre les deux, mais semble très soufré (pique presque le nez). B+.

 

3 janvier 2021

Philip Togni (USA) ****

Petit domaine d'à peine plus de 4 hectares situé à 600m d'altitude à côté du sommet de Spring Mountain (Nord-Ouest de la Napa). Philip Togni a fait ses classes au Château Lascombes à Margaux auprès d'Emile Peynaud dans les années 1950. Il a connu la gloire au domaine Chappellet dans les années 1960 et 1970, puis il a commencé à planter ses vignes en 1981 (cabernet sauvignon + cabernet franc, merlot, petit verdot). C'est désormais sa fille Lisa qui est en charge du domaine. Si le style des vins est bien sûr "moderne" avec des fruits mûrs, extraits et un boisé appuyé, Philip Togni a toujours eu la réputation de faire des vins relativement frais et parmi les plus fins de la Napa Valley.

 

Philip Togni - Tanbark Hill Cabernet Sauvignon 2015 AVA Napa valley : (Second vin du domaine. 99% cabernet, 1% merlot) Couleur très sombre, nez sur les fruits noirs confiturés, le cacao, le café, me fait d'abord penser à une shiraz de Barossa, petit fond mentholé derrière. Bouche très ronde, tannins bien gras, déjà bien arrondis, confiture et chocolat, gourmand, pas trop d'alcool. Le vin commence à devenir intéressant avec la finale qui est plus fraîche, plus mentholée, avec plus d'acidité et des notes de viande fumée. Avec ses 14% d'alcool il reste bien plus digeste qu'un Shafer à 15,3% bu récemment. Si ce vin, bien évidemment encore trop jeune, m'a paru quelconque au départ, la finale laisse présager une belle évolution et peut-être une vraie identité. A confirmer dans 10ans... B+.

 

2 janvier 2021

Kutch (USA) ****

Cet ancien trader new-yorkais a complètement changé de vie pour devenir vigneron en 2005. Il achète quelques ares de vignes sur des belles parcelles à Sonoma, qu'il travaille lui-même. Membre du IPOB, il cherche à faire des vins frais, digestes, sans trop d'alcool. Les raisins sont peu extraits, majoritairement travaillés en grappe entière, les vinifications sont peu interventionnistes, sans bois neuf, pour des vins aériens, tout en pureté de fruit, proches du terroir. Depuis 2021 les vins sont passés en 50% grappe entière plutôt que 90-100% avec encore moins de bois neuf.

 

 

 

Jamie Kutch - Sonoma coast pinot noir 2016 : Couleur très claire, nez plein de fruits rouges, fraise légèrement confituré, rose, ronce, un peu "sauvage", bien marqué grappe entière, très classe, proche du Josh Cooper bu récemment. Bouche légère, aérienne, pas de tannins, tout en fruit rouge, bonne acidité, pas trop confituré. Pour chipoter il n'y a pas une grosse ampleur ni une grande longueur mais ce n'est que le "village" du domaine, un village parfaitement réalisé, qui se boit tout seul, alors que chez les autres producteurs de Sonoma les villages ont tendance a manqué de fraîcheur (parcelles pas assez en altitude souvent). TB+.

 

Kutch - chardonnay sonoma coast 2016 : (Bohan vineyard, 12,5%) Couleur or pâle, nez beurré, fruits exotiques, annonce un vin assez riche et boisé mais finalement la bouche est tendue, minérale, sur le citron confit, avec un léger gras, bonne longueur, finale fraîche et salivante, très joli. TB.

 

Kutch Mc dougall ranch sonoma coast pinot noir 2016 : robe colorée par rapport au "régional", encore un peu d'élevage, très frais, beau fruité, pas confituré du tout, du volume, faible en alcool (12%), bourguignon, beau potentiel, à garder 2-3ans encore. TB.

 

6 Kutch - Pinot Noir Falstaff 2016 Sonoma Coast : (Californie. 100% grappe entière. 12%) On change de registre, un peu plus coloré, nez très marqué grappe entière, pétale de rose, fraise un peu sucrée, éclatant, gourmand. La bouche est très fraîche, équilibrée, pleine de fruits rouges mûrs, de floral, pot-pourri, assez longue. TB++.

 

Kutch, Sonoma Coast Bohan vineyard pinot noir 2021 : (achat de raisins à la famille Bohan qui fournit aussi Failla, Flowers, Sandlands, Arnot Roberts. 400m altitude. 4,5kms de l’océan. Vignes de 1972. Sols de grès, sable avec un peu d’argile « Goldridge ». 50% VE, fûts non neufs.) Couleur assez sombre pour un pinot, nez très fin et délicat, sur la cerise rouge principalement, très typé pinot, même s’il n’est pas encore parfaitement ouvert. La bouche est très belle, pinot à la fois fin et sérieux, fruité, acidulé, encore un peu de tannins mais de qualité, il demande un peu de temps, encore un peu jeune, mais beaucoup de fond et un équilibre parfait, sans aucune sucrosité, pas du tout « nouveau monde » là aussi. TB+.

 

29 décembre 2020

Egon Müller (Allemagne - Sarre) *****

Le domaine Egon Müller est désormais dirigé par Egon Müller IVème du nom. Il possède des vignes sur 2 parcelles classés grands crus par le VDP, toutes les deux dans le village de Wiltingen dans la Sarre, région au sud de la Moselle mais plus fraîche car plus en altitude. Le Scharzhofberg, dont Egon Müller possède 8,5 hectares sur 28 est légèrement en retrait du fleuve, montant jusqu'à 310m d'altitude, avec des sols d'ardoises grises et rouges. Le Braune Kupp (2,5 sur les 4 hectares) surplombe le fleuve, est exposé plein sud, plus bas en altitude (260m) sur des schistes rouges/bruns, donc plus solaire. Si Egon Müller rêve de faire un grand riesling sec comme le Clos Ste Hune, il a parfaitement conscience que c'est impossible à Wiltingen et ne cherche pas à forcer les choses. Il produit uniquement des rieslings allant du légèrement au très sucré. Ses vins sont probablement les plus cristallins et les plus fins de toute l'Allemagne. Ils sont toujours légers en alcool, d'une grande minéralité, semblant faciles et simples en jeunesse et révélant toute leur complexité et leur profondeur avec le temps. Les vins du Braune Kupp sont à peine plus opulents et plus rapides à se livrer que ceux du Scharzhof.

 

 

 

Egon Müller - Riesling Scharzhof 2011 : Couleur paille, presque translucide même. Le nez est assez ouvert, sur les agrumes, surtout le pamplemousse, un peu de citron aussi. Bouche très légèrement perlante, douce (11,5%), dans un esprit demi-sec mais avec une belle acidité, toujours sur le pamplemousse. Finale de bonne longueur, avec un bel équilibre sucre/acidité. Un vin assez simple, mais très frais, désaltérant et très dangereusement buvable. Note : 16/20.

P1020315

 

Vinexpo 2019

Egon Muller, Scharzhof 2018 : (AP 01) ultra aromatique, litchi et fruits blancs, ferait presque muscat, toute petite touche de sucre, bonne acidité, l’aromatique est vite lassante. A voir au vieillissement. B+.

Egon Muller, Scharzhof Kabinett 2018 : (AP 02) encore tout jeune, plus complexe, fruits blancs, notes florales, à peine plus de sucres, bonne acidité. A regoûter dans quelques années, probablement loin de son apogée. Même niveau longueur il y a eu mieux ce jour-là. TB.

 

 

Le Gallais/Egon Müller - Riesling Wiltinger Braune Kupp Kabinett 2018 : (AP n°4) Couleur presque translucide, nez à peine réduit au départ puis se développe sur les fruits blancs, pointe pétrole, citron vert, très pur, pas de botrytis. La bouche est un laser, tranchante, traçante, très belle acidité, très minérale, les quelques grammes de sucres (en fait probablement plus sur un kabinett) donnent un peu de fruit et rendent le vin facile à boire, surtout à 9% d'alcool. La finale est longue, minérale, acidulée, avec de jolis amers évoquant les zestes d'agrumes. Déjà délicieux, très frais et cristallin pour 2018, et bien sûr loin de son apogée. TB++.

 

Egon Scharzhof 2013 : (AP01, 10,5%) plus doré que le Keller, nez plus fruits exotiques, citron vert aussi, bouche avec un peu plus de sucres, demi-sec, peu d’alcool, beaux fruits exotiques, finale zestée, citron vert quelques jolis amers, fin, pas gros volume, mais très joli. TB+.

 

Scharzhof 2022 : (AP01  9%) proche du moelleux, très cristallin, bel équilibre, très citron vert, zestes, belle allonge, frais et tendu. TB+.

 

Egon Müller scharzof auslese 2023 Mag : très bel équilibre, déjà délicieux, jeune, mais accessible, top.

 

Egon Müller, Scharzhofberger spätlese riesling 1990 (AP 16)   Sarre : Couleur or profond, nez très complexe et changeant, encaustique, menthol, eucalyptus, plantes de montagne, fruits secs, très frais. La bouche a mangé pas mal de se sucres, elle goûte presque demi-sec désormais, plutôt en demi-corps au départ avec un bel équilibre sur les amers, puis elle gagne en volume avec une petite touche presque beurrée sur le fond de verre, très noble, digeste, frais et gourmand, un très grand vin pour tout le monde, même à l’aveugle. Merci Michel ! Exceptionnel.

 

28 décembre 2020

Thomas Studach (Suisse) ***

Thomas Studach a repris le domaine familial en 1988 mais ne s'occupe vraiment que de ses propres vignes à plein temps depuis 1998. Il est situé à seulement quelques kilomètres de son mentor et ami Gantenbein et cherche à travailler dans le même style. Selon Lobenberg, il est le numéro 2 du pinot suisse, justement derrière Gantenbein. Le style est moderne, pas forcément très extrait mais avec beaucoup de barrique neuve et de rondeur... Il faut les attendre longtemps si l'on est sensible à l'élevage.

 

Thomas Studach - Pinot Noir Malanser 2016 Grisons : (moitié grappe entière) Couleur rubis assez claire et en même temps orange/rouille, le nez s'ouvre sur la vanille, pointe de caramel, derrière des fruits rouges et une fine touche de ronce/grappe entière. La bouche est très ronde, tannins complètement lisses, peu d'alcool, en finesse, bonne acidité à l'attaque mais qui s'arrête assez vite laissant uniquement la place à la vanilline et quelques épices. Finale très courte. Un vin décevant, très boisé, tout en largeur, sans longueur ni profondeur. C'est un peu mieux le lendemain sur la cerise rouge légèrement confiturée, un peu moins de bois, dans un esprit toujours assez "nouveau monde". B-.

 

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