D'Oliveiras (Portugal) *****
D'Oliveiras est l'un des producteurs historiques de Madère. Fondée en 1820, ils conservent actuellement plus d’1 millions de litres de Madère dans leurs caves de 1619 situées à Funchal. Le style est de loin le plus salin et le plus tendu des producteurs de l'ile, avec beaucoup de fraîcheur.
Madère 10ans dry : construit sur la tension, très salin, long, très bon.
10ans doux : attaque un peu caramel, fruité, se retend sur la fin, un peu trop sucré à mon goût mais bien fait pour un "sweet".
10ans demi doux : très bel équilibre, attaque un peu sucrée, "enrobante", finale longue, saline, plus sèche.
Malvazia 2005 : assez sucré, manque un peu de tension, un peu trop caramel.
Boal 1992 : bien plus noble, plus oxydatif, sur la noix, très salin, umami, finale très longue, excellent.
(emb de 2022 pour la plupart ?) Malvoisie 2003 assez sombre et assez sec pour malvoisie, très café, chocolat noir, noisette, vieux meuble, excellent. Boal 2006 un peu plus faible encore jeune, Boal 1988 très tendu, salin, exceptionnel. Verdelho 2007 très punchy, assez sec, très salin aussi, déjà excellent. Sercial 1989 tout en tension, fruits secs, goudron, longueur interminable surtout, exceptionnel. Terrantez 1988 assez puissant, un côté vieux Speyside, goudron, fruits secs, toffee, ample, long, salin, exceptionnel de complexité.
Oliveira's Madère : Verdelho 2007-2022 toujours aussi punchy et salin, Terrantez 1988-2022 plus coloré plus complexe, très intense, interminable, toujours aussi exceptionnel.
Malvoisie 1996-2018 : sur le caramel, fruits secs, un peu plus chaleureux. TB+.
Oliveira's Terrantez 1899-2021 : plus sombre en couleur, nez très chocolat, café, un peu pruneau, très typé whisky sherry. Bouche assez sèche pour un madère annoncé demi-doux, chocolat, épices, le verre vide plus caramel, sirop pour la toux, sirop d'érable, encore très jeune, très punchy, long, umami. Exceptionel.
Terrantez 1977-2022, toujours au top, un style assez puissant sur cette cuvée, mais ultra long et salivant.
Oliveiras - Madère Malvoisie 2002-2020 : grand Madère, puissant, intense, avec une attaque sucrée noisette chocolat mais surtout une finale très fraîche, saline, plus sèche, longueur énorme. Le vin de méditation par excellence. Exceptionnel.
Oliveiras - Boal 2001-2022 : nez encore plus complexe que le malvoisie 2002, bouche qui attaque avec un bel équilibre sucre et salinité déjà présente dès l'attaque, un côté caramel salé très gourmand, la finale me semble par contre un peu plus courte que le précédent. TB++.
Oliveiras - Boal 1987-2018 : nez un peu caramel, toffee, noisette. Bouche avec un bel équilibre, assez longue, manque un peu de complexité par rapport aux meilleurs. TB+.
Boal 2006-2023 : manque un poil de tension. TB.
Verdelho 2004-2022 : verdelho qui tire un peu sur le boal en sucrosité, qui combine gourmandise et tension finale. TB++.
Verdelho 2003-2023 : pas très sucré, grosse tension, finale un poil trop noisette peut-être. TB++.
Malvoisie 2002-2022 : semble avoir un peu plus d'acidité que la version embouteillée en 2020, style tendu, punchy pour une malvoisie pas si sucrée. TB++.
Malvoisie 1992-2022 : malvoisie punchy, avec un peu d'amertume, semble moins sucré que certains boal presque, très long, très frais. TB++.
Malvoisie 2005-2023 : très porté noisette, manque un peu de peps. TB-.
D'Oliveiras, Madère verdelho 1986-2016 : (cépage verdelho donc demi-sec. Muté à 96°. Chauffage en canteiro puis élevage en "pipas" demi-muids avec une part des anges qui stagne autour des 10%) Couleur acajou, nez encore plus marqué café, noix, toffee, cannelle, sucre brun... La bouche est comme souvent incroyable de puissance, d'intensité, combiné à une acidité très élevée (bien plus que sur le porto blanc) et une finale d'une longueur stratosphérique, avec une impression de salinité. Le tour de force est de réussir à rester très digeste, faire saliver, avec la même buvabilité qu'un riesling. Exceptionnel.
D’Oliveiras, Madère Malvoisie 2009-2024 : toujours ce style D’Oliveiras d’une fraîcheur et d’une intensité exceptionnelles, le sucre est parfaitement contrebalancé, l’oxydatif est présent sans prendre trop le dessus, finale interminable. TB++.
Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) : couleur ambrée, nez très différent du précédent, beaucoup plus chocolat noir, café, noix, cannelle, date… Bouche très punchy, pas très riche en sucre, avec une très belle acidité, peut-être pas le plus complexe de la soirée mais l’équilibre est parfait, avec une sensation de fraîcheur et de vin digeste malgré les 20%, l’ampleur et la longueur des grands Madère.
Madère Sercial 1969 emb. 2018 (sec) : couleur acajou, nez plus marqué par le temps en fût, encore plus « noir », proche d’un vieux whisky du Speyside en fût de sherry, peu de fruit, mais très riche en café, encaustique, polish, cire, tabac, boîte à cigare, girofle. La bouche est légèrement plus sèche que le verdelho 2007, mais de peu, un peu plus en rondeur avec un peu moins d’acidité, plus complexe, mais un peu moins aérien, il demande plus de temps, longueur exceptionnelle là aussi.
Madère Boal 2006 emb. 2024 (demi-doux) : un boal qui semble encore un peu fermé, compact, puissant et riche, probablement encore un peu jeune pour un boal, en tout cas dans cette séquence-là.
Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : couleur acajou, très beau nez sur le café, la noisette, la noix, un côté menthol/eucalyptus. Comme le Verdelho 2007 c’est surtout l’équilibre qui est parfait sur cette version. La bouche est assez riche en sucre, mais avec une acidité très élevée, beaucoup de fraîcheur, et presque un côté aérien sur ce Madère, sans perdre en intensité et en longueur. Une nouvelle grande bouteille. Signe que les Verdelho et les Malvoisie nécessitent moins de temps que les Boal ou les sercial réputés plus nobles.
Madère Tinta Negra 1998 emb. 2021 (doux) : robe acajou, quelques reflets rouges, nez de chocolat noir, café, un côté fruits rouges également. Bouche sucrée, avec un peu moins d’acidité que la malvoisie, un peu plus vineuse et en rondeur avec un peu moins d’allonge.
Madère Sercial 1990 emb. 2022 (sec) : très belle bouteille dans un style austère, qui a semblé plus sec et punchy que le 1969 de la précédente soirée.
Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) : derrière le Sercial 1990, le vin a d'abord semblé un peu alcooleux. Mieux sur la fin de la dégustation. Mais un peu moins de plaisir pris que sur la bouteille de la semaine précédente.
Madère Boal 1988 emb. 2018 (demi-doux) : très belle bouteille, pas trop sucrée pour un Boal, équilibre parfait entre gourmandise sucrée et tension acidulée, longueur interminable.
Madère malvoisie 2003 emb. 2020 (doux) : une belle bouteille mais qui aura été surclassée par la suivante, un peu plus de fruit et de rondeur ici mais moins d'intensité.
Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : comme lors de la soirée précédente, une très grande bouteille qui a fait l'unanimité.