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Mon carnet Vin
30 novembre 2023

Bouchon Family Wines (Chili) ***

 

Bouchon Family, Block series semillon 2021 DO Maule : (à Batuco, vignes de 80ans, 30kms océan, 187m altitude, sols de granit. 50% cuves sur lies et 50% barriques 6mois. Vieux domaine familial. Presque 160ha sur 3 vignobles.) Couleur claire, nez très marqué par les lies, grillé, pétard. Bouche citronnée, lies, légère en alcool (12,5%), un peu diluée, pas grand fond derrière l'autolyse. Par contre c'est frais et digeste. Travaillé en légère sous-maturité façon semillon de la Hunter Valley en Australie. B.

 

Bouchon Family, País salvaje blanco 2022 DO Maule Secano Interior : (Vignes sauvages dans les arbres, très petits rendements. Vendanges avec des échelles, jusqu’à 6m de haut début avril. On suppose que des oiseaux ont semé des raisins depuis les parcelles voisines. A Mingre, 45kms du Pacifique. 193m altitude. Vignes d’environ 120ans. Il y aurait eu une mutation de certains país rouges en país blancs, premier millésime des rouges en 2015 et des blancs en 2016. Sols granits et limons sableux. Fermentation en levures indigènes. Elevage en amphore. Bio. Non filtré. 11,5.) Clair en couleur, nez sur la poire, les agrumes, floral. Bouche légère en alcool, fraîche, bonne acidité, très rafraîchissant et facile à boire, fruitée et florale, pas très complexe ni très long, mais parfait pour commencer. B+.

 

Bouchon, País salvaje 2022 DO Maule Secano Interior : (vignes sauvages comme sur le blanc, égrappage et pressurage avec la "zaranda" traditionnelle en bambou qui permet un pressurage doux convenant bien au cépage) Couleur très claire, nez très fruité de framboise, groseille, pivoine, quelques épices. Bouche légère, 12%, infusée, peu tannique, fruitée et florale, assez simple mais facile à boire et très plaisante. TB.

 

Bouchon (Chili) - El Pais viejo 2019 : (région maule, cepage pais) Couleur assez claire, nez d'orangette, un peu bonbon, cerise, vernis. Bouche épicée, légère en alcool, fruit un peu sucré, orangette, vernis. B-.

 

Bouchon - Salvaje tinto Pais 2020 : (vignes sauvages poussant le long des arbres, vendanges avec des échelles) couleur très claire, infusée, nez de petits fruits rouges, floral, épices. Bouche infusée, petits fruits rouges, fraise sucrée, à peine quelques tannins qui donnent de l'allonge. Quelque part entre un domaine des tours, un Anglore ou un Comando G... TB+.

 

Salvaje blanc 2021 (pais blanc) frais, floral, fruits blancs, pas de bois, pas une grosse acidité, mais pas lourd non plus. Intéressant, mais moins que le Salvaje rouge.

 

Bouchon - Granito Semillon 2020 Batuco Estate : nez marqué réduction sur lies, bouche avec un gros volume peut-être un peu de temps contre les lies, à peine tannique, frais, énergique, pas boisé, pas trop soufré, long, pointu, sérieux, beau potentiel de garde, citronné. TB.

 

28 novembre 2023

Chris Alheit (Afrique du Sud) ****

 

Domaine créé en 2010 de 21ha basé à Walker Bay, mais travaillant dans différentes régions, une partie en négoce et une partie en vignes personnelles. Spécialisé dans le chenin, plutôt autour du Cap, mais aussi dans le Swartland. 

 

 

 

Chris Alheit, WO Western Cape Hereafter here chenin 2022 : (100% chenin. Jeunes vignes du Swartland, Piekenierskloof, the Bottelary, Polkadraai, Paardeberg et Tygerberg. Pressurage grappes entières. Fermentation et élevage barriques anciennes 12 mois, puis 6 mois en cuves sur lies fines.1,6gr SR. 13,2% vol. ph 3,4)  Couleur dorée, nez de fruits exotiques et fruits jaunes, miel. La bouche est bien équilibrée entre le fruité mûr et un travail sur la fraîcheur, avec de la vivacité, pas vraiment de gras, pas trop d’alcool ni trop de volume. Belle entrée de gamme, pas très complexe mais quand même un peu de longueur, le vin reste frais, fruité, facile à boire, parfait pour commencer. TB.

 

 

Chris Alheit, WO Paardeberg (Swartland) Fire by night 2022 (chenin) : (à Nuwedam, Paardeberg, 300-350m alt. Sols granits décomposés. Plantées entre 1972 et 1985. Non irrigué. 2 500 Pieds / Ha, taille gobelet. Pressurage grappes entières, fermentation et élevage en barriques neutre et cuves ciment ovoïde. 12,5%) Couleur claire, nez discret, agrumes, miel, floral. La bouche est très fraîche, très minérale, très élégante, encore un peu fermée, mieux après carafage, elle manque d’un peu de volume, mais c’est long, salivant, caillouteux, très joli style, juste un peu trop austère en l’état. TB+.

 

 

Chris Alheit - Nautical dawn 2018 : (100% chenin, à False Bay, sols granitiques) : Couleur très claire, nez très élégant, fruits jaunes, floral, pas du tout de boisé. Bouche pure, tendue, fruitée, avec une finale minérale assez longue. Très fin et élégant. Un des meilleurs chenins d'Afrique du sud. TB+.

 

Chris alheit  :   Cartology 2023 blanc un peu trop lourd.

 

28 novembre 2023

Per Se (Argentine) ****

 

Petit domaine récent (6 hectares) très qualitatif, créé par David Bonomy (domaine Norton) et Edy del Popolo (Dominio del Plata). Vignes de malbec principalement avec un tout petit peu de cabernet franc, sur des sols calcaires, à environ 1500m d'altitude. 


Un petit article ici par exemple : https://www.7canibales.com/beber/del-popolo-per-se/

 

 

 

Per Se, Inseparable malbec 2021 Gualtallary, Valle de Uco, Mendoza : (Projet récent d’Edy del Popolo et David Bonomi. Vignes plantées en 2013 en haut de Gualtallary, vers le « Monastère », haute altitude et sols calcaires. « Notre vignoble compte 4,2 hectares subdivisés en 5 parcelles : au-dessus des collines il y a 2,2 hectares qui se subdivisent 3 secteurs : Iubileus, La Craie et Uni, d'où nous fournissons les raisins pour PerSe. En bas se trouvent deux petites « casernes » d'où provient le Malbec d'Inséparable ». Egrappé. Elevage béton)  Couleur grenat, relativement claire pour un malbec argentin, nez élégant, pas trop « noir », cerise, framboise, floral, réglisse. Bouche élégante aussi sur ce millésime pourtant pas spécialement frais, très pure, beau fruité, tannins fins, sensation de tension et de profondeur voie de minéralité, belle allonge. Très beau vin. TB++.

 

Per Se - Inseparable 2019 Gualtallary Valle de Uco Mendoza : couleur sombre, nez fruits noirs, un côté graphite. Bouche avec à la fois une certaine puissance et une acidité élevée, pas de bois, pas de sucrosité, très pure, avec une impression caillouteuse, finale assez longue, racée, sur une acidité élevée et des tanins qui allongent, encore un peu jeune, mais on sent le joli travail sur terroir d’altitude. TB+.

 

 

27 novembre 2023

Simon Bousquet (Corent) **

 

Simon Bousquet fait partie de cette nouvelle génération de jeunes vignerons tout fraîchement installés en Auvergne (avec Bastien Migeon 2022, Les Bariolés 2022, L'eau qui dort-Coteau libre 2022, Chlo d'Auzit 2022, Lapilli 2023, L'Arbre blanc 2.0 2023, Elementaires 2023, V. Legrand...). 

 

 Lorsque l'on cotoie beaucoup la Bourgogne, la Champagne, le Bordelais... on ne se rend pas toujours compte de ce que signifie "s'installer" pour un jeune vigneron qui débute sans hériter du domaine familial. Ici, on y est pleinement confronté : le végétal n'est pas toujours parfait, le chai pas adéquat, l'équipe de vendangeurs pas assez nombreuse pour rentrer la vendange rapidement, il faut se débrouiller pour louer ou se faire prêter du matériel, faire avec des produits, des bouchons, du verre, des cartons, etc... à prix raisonnable et bien sûr travailler à côté pour vivre. Enfin, faire comprendre qu'il faudra bien vendre les bouteilles un certain prix pour rembourser l'emprunt initial... ll faut tirer un grand coup de chapeau à tous ces vignerons courageux, qui acceptent de tâtonner, de faire au mieux avec les moyens du bord, d'être toujours dans le provisoire, en attendant d'avoir les moyens de trouver mieux.

 

 

Après un BTS viti-oeno de 2016 à 2018 et plusieurs stages (notamment au domaine des Trouillères), Simon a repris des vignes en Mars 2022 : 2,18ha sur la face sud de Corent. 4 petites parcelles proches les unes des autres, 2 en chardonnay et 2 en gamay, plantées en 2,50 * 0,90m. Ici, les sols sont argilo-calcaires, avec un peu de basalte sur la parcelle de chardonnay la plus haute sur le coteau (550m d'altitude). En parallèle, il est employé à la vigne chez Henri Chauvet.

 

coteau sud corent

 

 

 Le problème c'est que sur les 4 parcelles, 2 sont bonnes à arracher ! Il reste plutôt l'équivalent d'1,18ha en fait ! Les vignes appartenaient à un coopérateur qui vendait à St Verny et qui travaillait n'importe comment : les sols n'ont jamais été travaillés, ça a toujours vu le glyphosate, les vignes ont été mal greffées et surtout sur des porte-greffes mal adaptés, la taille également était très imprécise. Il y a pas mal de manquants aussi. Et énormément de pieds touchés par l'esca. Le problème c'est que la vigne est devenue faignante, elle trouvait tout ce dont elle avait besoin en surface. Par endroits on peut sûrement rattraper, à d'autres il faudra arracher. Mais on ne peut pas changer complètement de viticulture du jour au lendemain, il faut quelques années de transition, sinon la vigne ne le supportera pas.

 

Pourquoi donc rester ici ? "Déjà, il n'y avait que ça de disponible !" Mais, ce terroir a un beau potentiel. Il a l'avantage d'être entre deux couloirs de grêle, "ça ne tombe jamais ici. Le gel ne reste pas trop aussi. L'inconvénient par contre, c'est que c'est très solaire, le gamay tient bien, le chardonnay c'est plus compliqué si tu recherches des vins sur la fraîcheur". "En 2022 je m'en sors avec presque 30hL, en 2023 avec 30-35 hL avec une qualité plutôt bonne après tri". Il y a un projet de plantation sur Plauzat, en face de l'autre côté de l'autoroute (" c'est basaltique juste en face, et de l'autre côté plutôt argilo-calcaire avec une influence plus forte du Sancy ")

 

 

chardo du bas

La parcelle de chardonnay "du bas", en mauvais état.

 

 

chardo du haut

 

La parcelle de chardo "du haut", en bien meilleur état. Un peu de basalte ici, mais surtout une veine d'eau qui lui a permis de mieux survivre. Les sols sont très différents ici, le résultat aussi, beaucoup plus de fraîcheur. Le petit coin en bas à droite pourrait être replanté en plus. Peut-être en chardo, peut-être en gamay d'Auvergne, mais sur des porte-greffes vigoureux, du fercal ou du SO4. "Sinon le melon, ça me tenterait bien, j'adore ce cépage" !

 

 

En attendant, les sols sont travaillés/enherbés un rang sur deux. Vu le peu de surface, tout est taillé tard, en mars, ça limite l'esca ici. Pour nourrir les sols progressivement, sont ajoutés de la plume, de l'herbe à cochon, potasse, phosphore, surtout oligo-éléments, "il en manque beaucoup". L'idée c'est aussi de renforcer la plante. Dans quelques années on pourra aller plus loin, surtout avec l'aide de Mikaël Hyvert, le taulier du coin pour tout ce qui est travail à la vigne. En 2023, 6 traitements cuivre/soufre ont été passés, en demi-dose. Tout est bio désormais. La conversion sera demandée dès que le domaine sera bien installé.

 

 

 

A la cave !

 

Simon a trouvé une cave vigneronne dans le village en 2023. Parfaite au niveau température, son inconvénient c'est qu'elle n'est pas accessible pour les camions. Là aussi, c'est du provisoire. Les 2022 ont été pressés en partie au domaine des Trouillères, puis vinifiés à Aulnat dans un entrepôt. L'inconvénient c'est qu'il était loin. L'avantage c'est qu'on pouvait tout faire en gravité, tout a été fait avec des gaz neutres, rien n'a eu besoin d'être sulfité en 2022. Tout a été élevé en cuves. Une partie de la récolte avait été vendue faute de place pour tout garder. En 2023, tout est fait ici à Corent, le travail est toujours en levures indigènes, pas de collage ni de filtration, une seule cuve a eu besoin de SO2. Simon essaye au maximum de travailler sans sulfites, mais ne s'interdit pas d'en mettre si vraiment nécessaire. Tous les vins sortent en Vin de France, au moins pour le moment, "on verra par la suite". L'agrément est payant et pas toujours simple pour les vins non filtrés malheureusement

 

pressoir

Le pressoir à l'ancienne, vraiment très pratique pour des pressurages doux et lents, si on n'a pas de gros volumes bien sûr...

 

cuves fibres

 

 

Les 2023 en cuves fibres pour le moment. Peut-être qu'une cuvée verra la barrique... Attention, si le matériel semble "sommaire", Simon fait d'autant plus attention à l'hygiène, à la rigueur. Tout est extrêmement précis. Toutes les FA sont terminées, il reste quelques malos à finir sur certaines cuves. Les analyses sont envoyées dans le Beaujolais. "Il n'existe pas de labo en Auvergne, juste une sorte de bus pendant les vendanges. On envoie tout dans le Beaujolais, certains à Montpellier. C'est sérieux. Tu as les résultats le soir-même. Indispensable pour moi pendant les fermentations. Par contre on est à 40€ l'analyse..."

 

 

2023 blanc chardo du haut + un peu de gamay : (le but est de donner du peps) Pour un 2023 c'est très frais, le gamay a bien marqué, on tire vraiment sur le blanc de noirs, précis et tendu, avec une finale sur des amers nobles, très joli.

 

2023 chardo du bas 2semaines et demi de macération (en vraie carbo) : pas d'autres choix que la macération pour donner du peps, enlever de l'alcool avec la grappe entière. Le nez est superbe, très pêche, même ananas, fruits exotiques, ça attaque bien en bouche, ça finit par contre un peu court, manquant un poil de relance. Mais c'est bon. Surtout pas pataud pour un 2023. On verra plus tard si les deux seront assemblés ou non.

 

2023 Elohim : (Dieu multiple en hébreu, 80% gamay en grappe entière + 20% chardonnay ajoutés en pleine fermentation semi-carbonique) donne un vin clair, plein de fruits, tannins souples, frais, facile à boire, je trouve qu'il pinote un peu, petits fruits rouges acidulés, groseille, framboise, on a déjà envie de le mettre en bouteille !

 

2023 Haceldama : (=champ du sang, à cause des herbes coupantes sur la parcelle. La petite parcelle de gamay, 2 semaines de semi-carbo, grappe entière donc) plus coloré, attaque sur un fruit plus noir et plus confituré, mais la finale reprend de l'acidité et de la fraîcheur. Ca manque juste un peu de longueur, mais là aussi c'est bon, dans un style plus gourmand. C'est ce que veut Simon, faire des vins frais, digestes.

 

2023 Viligate : (30% gamay + 70% pinot noir achetés à Mikaël Hyvert sur Corent sud aussi. Travaillé de plusieurs façons en millefeuilles) Belle aromatique qui pinote bien, plus de volume, acidité élevée, par contre les tannins sont serrés. C'est lui qui verra probablement la barrique.

 

2023 Cyrene : (grande parcelle de gamay, en semi-carbo, mais a patiné, c'est lui qui a été sulfité à 20mg pour l'instant) "Lui c'est l'enfant rebelle, on ne sait pas trop ce qu'il nous fait", très changeant en plus. Ce jour-là en effet, il y a beaucoup de volatile, très compliqué. On verra dans quelques mois...

 

 

En bouteille

 

Koumi blanc 2022 : on ouvre 2 bouteilles différentes, la première est très exotique au nez mais présente une bouche étrange un peu diluée. La seconde présente un nez plus frais, plus réducteur, différent, la bouche ne semble pas dans son meilleur jour. "Rien à voir avec le mois dernier".

 

Héloïm 2022 : même recette que 2023, gamay avec 20% de chardo, clair en couleur, léger, aérien, petits fruits rouges, avec l'ouverture il part sur des notes de thé noir, de zan. Il est léger, tendu, mais avec un vrai fond. Un vin d'esthète. Réussir ça dès le premier millésime, chapeau !

 

Haceldama 2022 : (il y avait une cuve à 12,5° et une à 14° qui ont été assemblés à la fin) gamay un peu plus mûr, joli nez cerise, mûre. La bouche attaque ronde, gourmande, fruits un peu sucrés, puis se retend par la suite, avec des tannins un peu plus marqués que dans le précédent, même si on garde un style plutôt fin et frais.

 

haceldama

 

 

Un grand merci à Simon pour le temps passé dans les vignes et à la cave. Bravo pour son courage et son abnégation : bien sûr que tout n'est pas parfait ici, mais quand on voit tout ce qui est relaté plus haut, il faut un sacré talent pour sortir de tels jus sur ses 2 premiers millésimes. Rendez-vous est pris pour l'avenir !

 

 

Malheureusement, face aux difficultés d'être vigneron en 2025, de cumuler plusieurs emplois, au gel et au mildiou de 2024, etc... l'aventure s'arrête là pour Simon. Le peu de 2024 a été vendangé par Henri Chauvet. En 2025 les vignes seront reprises par Landry du domaine Elémentaires. Une situation qui nous invite une fois de plus à prendre conscience de l'ampleur de la tâche pour ces jeunes néo-vignerons, et à profiter pleinement des bouteilles que nous possédons. En espérant revoir Simon un jour dans une nouvelle aventure...

 

 

 

 

Simon Bousquet (Jus'vénil 2024)

 

Koumi 2022 blanc : s'est bien retendu, frais et floral, pointe souris en finale.

Elohim 2022 : un peu plus réducteur et un peu étriqué ce jour-là par rapport à la dernière dégust

Haceldama 2022 : au contraire lui s'est mis en place, s'est affiné en bouteille, plus fruits rouges, très élégant, juteux. TB+.

 

Simon Bousquet, Vin de France Héloïm 2022 (80% gamay, 20% chardonnay, à Corent) On commence par la nouvelle mode du blouge (mélange de blanc et de rouge). La couleur est entre rose et rouge, un nez un peu réduit qui a besoin de temps, animal, puis il s’ouvre sur des fruits rouges acidulés et des notes de rose. La bouche est très légère, peu de corps, mais une belle acidité, très fraiche, un petit vin d’apéritif qui glisse tout seul, une aromatique de pinot sur un équilibre de vin blanc. B+.

 

Les 2023 à Eruption : Koumi blanc compliqué, mieux sur Elohim léger fruité, Haceldama tjs sur son registre plus concentré. Viligate encore jeune concentré, plus marqué par le bois à attendre encore un peu.

 

26 novembre 2023

Ata Rangi (Nouvelle-Zélande) ****

 

Domaine certifié bio, planté en 1980 par Clive Paton. Parti de 5 hectares, le domaine fait 48ha aujourd’hui. 

 

 

Ata Rangi - Pinot noir Crimson 2017 Martinborough : couleur claire un peu orangée sur le bords, nez ultra expressif, flatteur, pinote clairement, plein de cerise, fruits rouges, à peine ronce et humus, déjà à peine évolué, pointe de sucrosité, pas de bois, donne envie d'y aller. Bouche facile, beaucoup de fruit, légère, un peu sucrée, pas beaucoup de fond ni d'acidité mais très gourmande, longueur moyenne, mais on y retourne facilement. Très bonne entrée de gamme, assez typée "nouveau monde". TB.

 

Ata Rangi, pinot noir 2016 (Wairarapa-Martinborough) : (Vigne irrigué. 4100pieds/ha. 30% grappe entière. MPF. Elevage fûts français 11 mois 35% neufs. Sols argiles, limons, galets « greywackes ».)     Couleur rubis, nez très éclatant dès l’ouverture de la bouteille, fraise confiturée, cerise rouge, pivoine, très fleuri, grappe entière, fait de suite penser aux Ipob de Californie, petite touche orangette quand il se réchauffe. La bouche est un peu moins évidente, elle garde du fruit mais aussi un petit trait végétal, qui à l’avantage de lui donner de la fraîcheur mais rend la finale un peu dure. TB.

 

Crimson 22 rond sucré un peu de gaz. Martinborough pinot 2020 un peu évolué rose pivoine, rond, fraise écrasé, sucré, façon Sonoma, pas d'alcool ressenti, très gourmand, limite un poil trop pour chipoter (trop en rondeur), mais nez fantastique. Mc Crone 2020 pinot plus argileux, plus structuré, moins floral, un peu moins gourmand, un peu plus boisé.

 

26 novembre 2023

Soirées champagne

Montagne de Reims

 

1 Adrien Renoir, Vignes Goisses 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot meunier. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur à peine saumonnée, nez fruité, fruits roses, frangipane, gourmand, bouche avec un joli fruit, très fraîche, tension et gourmandise à la fois, pas du tout d'austérité pour le faible dosage, c'est long, avec du fond. Super pour commencer. TB++.

 

2 Adrien Renoir, Les Epinettes 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot noir. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur bien plus foncée et un peu plus rosée, nez plus vineux, plus fruits rouges. Bouche plus vineuse, plus dense, avec un côté crémeux, large à l'attaque, la finale est très longue, sur un côté presque tannique, crayeux, amers nobles, a besoin d'un peu plus de temps probablement. Taillé pour la table, mais quel vin ! TB++.

 

3 Chartogne-Taillet, Les Barres 2017 (100% pinot meunier. Franc de pied. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 4gr) Couleur or, nez plus évolué, plus brioché. Bouche avec un beau volume, attaque assez large avec un dosage plus haut que les Renoir mais la finale d'étire sur une acidité plus haute, avec beaucoup de minéralité et d'élégance. TB++.

 

4 Egly-Ouriet, 1er Cru Les Vignes de Bisseuil : (70% chardonnay, 15% P.Noir, 15% P.Meunier. Base 2017 + 40% 2016. Dég 07/2022. Elevage fût. Pas de malo. Dosage 2gr) Couleur dorée, nez très chardonnay, presque bourguignon, léger beurré, toasté. Bouche crémeuse, arrondie par l'élevage, peu de bulles (encore moins que les précédents, qui semblaient ne pas en avoir beaucoup), beau champagne de gastronomie, déjà un peu évolué, commence à truffer presque, manque un poil de tension en finale où on reste un peu trop sur la rondeur pour chipoter. TB+.

 

SELEQUE ET EGLY

 

 

Vallée de la Marne

5 JM Sélèque, Soliste chardonnay 1er cru Pierry Les Tartières et les Porgeons 2016 : (100% chardonnay. Dég 01/2021. Elevage fût. Dosage 3gr) Couleur bien plus claire, nez très élégant, fruits blancs, floral, encore jeune. Bouche toute en finesse et élégance, attaque avec un peu de confort mais très vite tout en tension et en minéralité, sans austérité, bulle très fine, pousse loin. TB++.

 

Bonus René Muré, Crémant d'Alsace Grand millésime 2010 : (dég 2014, chardonnay et riesling) plus évolué dans la série, plus brioché, noisette, quand même un beau volume, moins crayeux en finale bien sûr, plutôt bon. Mais si son rouge a largement surclassé bon nombre de Chambolle la dernière fois, ici ce n'est pas le cas. TB.

 

 

 

Côte des Blancs

6 Bérêche, Grand Cru Cramant 2017 : (100% chardonnay. Parcelles Le Bateau et Chemin de Chalons. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 3gr) Couleur or, nez qui a besoin d'un peu de temps, certains le trouvent un peu vineux pour un chardo mais très joli, avec l'ouverture il tire sur des fruits presque exotiques, la bouche est incroyable, très large, gros volume, mais aussi très longue, peut-être le plus long de la série, à l'équilibre parfait, plus marqué chardonnay que le nez, grosse maturité sans manquer d'acidité. On peut juste lui reprocher d'être encore tout jeune. Exceptionnel.

 

 

7 Krug, Grande cuvée n°169 : (Dég. 2021 ? Base 2013 + 40% de vins de réserve. 43% PN, 35% chardo. 22% PM. 146vins de 11années différentes de 2000 à 2013) Couleur or pâle, nez plus brioché, plus pain grillé, complètement différent. La bouche est plus ronde, plus sucrée, plus simple, moins dense, un peu plus de bulles, encore jeune, sur les arômes du nez, grillé, brioché, fruits secs, la finale semble un peu plus courte et plus simple, manque d'allonge. Rien de mauvais, mais assez quelconque finalement, et donc assez décevant dans la série en comparaison. TB+.

 

8 Gonet-Médeville, Coteaux Champenois Grand Cru Ambonnay Athénaïs 2017 (100% pinot noir, égrappé) pinot coloré pour un coteaux champenois, encore un peu d'élevage au nez, un côté lacté, bouche mûre, sérieuse, joli fruit, encore quelques tannins, commence juste à rentrer dans une bonne phase, dans un style très Côte de Nuits, mûr, sérieux. TB+.

 

9 François Feuillet (David Duband), Gevrey-Chambertin 2017 : pour comparer, nez plus marqué grappe entière, un peu plus végétal, bouche un peu plus élégante, plus en finesse, finale un peu plus courte, un peu plus arrondie, plus facile à boire. TB+.

 

 

 

Soirée n°2

 

 

Côte des Blancs

1 Les Frères Mignon, L’Aventure 1er cru : (100% chardonnay sur Avize, Cramant, Cuis. Base 2019. Elevage cuve et fût. Pas de malo. Dég. 10/2022. Dosage 1,6gr) Bulle qui semble un peu plus grosse, a eu besoin de plus d'ouverture, encore jeune, mais frais, fruité, aérien, peu de gras, très élégant. Le lendemain le fond de bouteille est encore meilleur. TB+.

 

2 Dhondt-Grellet, Grand cru Cramant : (100% chardonnay. 70% 2018 + 30% réserve perpétuelle. Elevage fût. Dég. 05/2021. Dosage 2gr) chardonnay très gras, beurré, large, un peu trop, manque un poil d'allonge. TB.

 

3 Suenen, C+C Grand Cru Cramant + Chouilly : (100% chardonnay. Base 2019. Elevage cuve, fût et œuf. Dosage 3gr) style très austère, encore jeune, tout droit, ciselé, finale jolie sur des amers, un peu tannique, crayeuse. TB+.

 

 

Montagne de Reims

 

4 Adrien Renoir, Les Montants Grand cru Verzy 2019 : (100% chardonnay. Elevage fût. Dég 06/2023. Dosage 1gr) nez de chardonnay toasté, bouche assez droite, avec une très belle longueur, finale crayeuse. TB+.

 

5 Egly-Ouriet, Grand Cru : (Ambonnay, Bouzy, Verzenay. 70% Pinot noir 30% chardonnay. Base 2016. Elevage fût. Pas de malo. Dég. 09/2021. Dosage 1gr) changement de style, coloré, vineux, plus marqué par le fût, concentré, opulent, mais garde du fond, très long. TB++.

 

6 Bérêche, Aÿ Grand Cru 2014 : (75% pinot noir, 25% chardonnay. Elevage fût. Dég 11/2021. Dosage 4gr) Couleur or foncé, nez qui commence pinot vineux, puis prend des fruits presque exotiques, très mûr mais sans excès. Bouche crémeuse, très mûr, concentré, de loin le plus mûr et dense de la série, mais l'acidité est suffisante, longueur énorme. Exceptionnel.

 

 

Vallée de la Marne

 

7 JM Sélèque, Soliste Meunier 1er cru Pierry Les Gouttes d’or 2016 : (100% pinot meunier. Elevage fût. Dég. 03/2021. Dosage 2gr) Couleur saumonnée, nez petits fruits rouges sympa, bouche qui souffre de l'ordre de service derrière le Bérêche, semble plus maigre et moins mûr. Après quelques minutes mieux, tendu, frais, assez long. TB+.

 

 

Bonus

 

Françoise Bedel, Entre ciel & Terre (base 2015) : style assez austère, vineux, tendu. TB.

 

Veuve Devaux et M. Chapoutier, Sténopé 2008 : très beau nez, début d'évolution, bouche encore jeune, plus de dosage que les précédents, joli, à peine trop sucré sur la finale. TB.

 

 

Côte des Bar

 

8 Pierre Gerbais, Coteaux Champenois rouge 2020 : (100% pinot noir. Moitié grappes entières. Elevage cuve) jus de fruit clair en couleur, tannins très souples, juteux, groseille, framboise, pivoine, glisse tout seul, frais, évident. TB+.

 

25 novembre 2023

Hirsch (USA) *****

 

Domaine créé et planté par David Hirsch en 1979. Vente de raisins, « Hirsch Vineyards » à Littorai, Williams Selyem, Kistler, Failla… Puis en 2002, premier millésime vinifié par David puis par sa fille Jasmine Hirsch. 2014 : les 72 acres (=30 hectares) sont certifiés biodynamie. San Andreas Fault : cuvée d’assemblage, la plus représentative du domaine, une trentaine de parcelles, sols divers. Air frais provenant de la faille de San Andreas, quelques centaines de mètres au sud.  Environ 10% grappe entière. Elevage environ 18mois fûts français, dont 30% fûts neufs.

 

 

 

Hirsch, San Andreas fault pinot noir 2014 AVA Sonoma Coast (Sonoma County)

Robe très claire, nez assez ouvert, tout en élégance, framboise, rose, fraise. Bouche en dentelle, qui ne met pas une claque mais où tout est à la bonne place, pas très épaisse, très fraîche, fruitée, peu tannique, belle trame minérale derrière, peu d’alcool, très bourguignon lui aussi. Bonne longueur. Semble prêt à boire. TB++.

 

hirsch

 

Bohan Dillon pinot noir 2018 : goûté à l'ouverture, très bourguignon, fin, racé, tendu. TB+

 

San Andreas Fault 2016 : beau pinot, frais, à point avec un début de tertiaire, fin et gourmand. TB+.

 

Block 8 pinot noir 2015 : encore jeune et très fringant, "bourguignon", fruits noirs et rouges, épices, élevage bien intégré, très belle acidité derrière, joli fruité, grosse longueur avec une belle allonge. TB++.

 

25 novembre 2023

Felton Road (Nouvelle-Zélande) ****

 

Domaine de 32 hectares en biodynamie acheté par Nigel Greening à la fin des années 1990.  

 

 

Felton Road, Cornish point pinot noir 2016 (Central Otago) : (Cornish Point : 8ha sur la partie nord-est de Bannockburn, solaire, sols lœss sur granit, planté en 2000 à 4000pieds/ha, non irrigué, 250-300m d’altitude, 25% VE, 10% fûts neufs.)      Couleur sombre là aussi, un nez boisé toasté, fruits noirs, assez proche du précédent. La bouche est très ronde, peu d’acidité, tannins gommés par le bois, là aussi c’est très « international » dans le style, pas forcément une grosse longueur. C'est un peu moins toasté que Valli mais encore plus arrondi. Plusieurs participants ont apprécié Valli, bien plus que Felton il me semble. B.

 

 

 

Felton Road – Pinot noir “Bannockburn” 2011 (Central Otago - Nouvelle-Zélande) : (11mois fûts, assemblage de 3 parcelles, biodynamique). Le nez est un peu discret, mais plutôt agréable, là aussi sur un fruit assez noir pour du pinot. La bouche est vive, plus tendue que les précédents, plus fine que le Nelles, fruitée. Longueur moyenne. B+.

 

Bannockburn pinot noir 2023 assez rond boisé, Cornish point 23 site en péninsule, plus frais, moins boisé, épicé, un peu plus de fond et d’allonge. Mc Nuir 23 puis Cavert 23 assez moderne, rond et boisé. Idem Block 3. Block 5 pinot noir 2023 plus noir, à attendre, un peu plus serré et massif.

 

24 novembre 2023

Ceritas (Etats-Unis) ****

 

Domaine de John et Phoebe Raytek. Réputé pour être l'un des plus frais et infusés de Sonoma, qui va loin dans le Ipob (In pursuit of balance)

 

 

Ceritas - Pinot noir "Costalina" Sonoma Coast 2015 : (Costalina est une entrée de gamme d’assemblage de plusieurs parcelles. Environ 15% grappes entières)

Couleur rubis aux reflets marrons, nez très gourmand, sur la cerise rouge un peu sucrée, façon bonbon. Bouche légère, très élégante, peu de tannins, belle matière avec une texture agréable, pas de bois ressenti, impression de rondeur grâce à une pointe de sucrosité et une acidité assez basse. On se régale, mais au second verre on se rend aussi compte que le vin manque un peu de profondeur, de minéralité et d’acidité dans le fond pour l’étendre un peu plus. Un peu moins emballé que par le Anthill Farms 2015 bu récemment, même si ça reste un joli vin, surtout pour la cuvée d'assemblage du domaine. Note : 16,5/20.

 

Ceritas, Cuvee Chloe pinot noir 2021 : (achat à Dumol O'Connell, sols de grès, 40% VE, 1an élevage fûts dont 25% neufs. 10mille pieds/ha) couleur un peu soutenue pour Ceritas, très beau nez assez exubérant, fraise, floral, petite sucrosité, pot-pourri, épices. Bouche avec beaucoup de gaz à l'ouverture, très bien après carafage, encore une petite sucrosité marquée malgré les 12,5% d'alcool, du corps, tannins très fins, élevage déjà parfaitement intégré, pas une grosse acidité, plutôt gourmand et en rondeur, manque un poil d'allonge, à attendre. Ou à servir assez frais sinon. TB.

 

24 novembre 2023

Timo Mayer (Australie) ****

 

Timo Mayer - Pinot noir Dr Mayer 2017 Yarra Valley : (cuvée Close Planted, haute densité. 50% grappe entière) couleur rubis foncé à peine brunie sur les bords, bouche très bourguignonne, fruits rouges, cerise, petite note de vendange entière florale/épicée, ronce, pointe toasté dans le fond. Bouche avec une belle matière, fraîche, sur le noyau de cerise, le végétal noble, la ronce, avec une finale à peine astringente/amère pour chipoter que j'attribue principalement à la rafle. Un pinot classe, sérieux, frais, qui peut vieillir sans problème. TB+.

 

Timo Mayer Sangiovese 2021 : (carbo, comme toutes ses cuvées, BioD) couleur très claire, nez fraise écrasée, un peu truffe à l'ouverture, pivoine, pas très marquée carbo (juste un début de carbo ?). Bouche très suave, ronde, fruits rouges écrasée, pas de tannins, floral, ultra gourmande, rappelle une pialade ou un rayas, avec quand même du fond. TB++.

 

23 novembre 2023

Etienne Bodet (Montreuil-Bellay) ***

Etienne Bodet s'est installé en 2017, d'abord avec sa femme sur le négoce spécialisé dans les bulles Herold-Bodet, puis à partir de 2020 sur son propre domaine avec le Clos Durandière. Après 3ans passés au Clos Rougeard (mais aussi Pataille, Guiberteau, Gerbais), Etienne vinifie ce clos de 1,3ha planté en 1983 sur un sol très vite calcaire, et un calcaire très dur ici, celui du Bathonien. Après un gros travail à la vigne, les vins sont élevés 2 ans dans des fûts ayant contenu la cuvée Le Bourg pour certains, entre 20-30% VE, pas d'extraction (mis à part 1 pigeage en 2020), sulfitage 10mg en cours d'élevage + 10mg à la mise.

Très beau reportage ici : https://buveurdevin.com/portfolio-item/etienne-bodet/

 

 

Etienne Bodet - Saumur rouge Clos Durandière 2020 : (premier millésime de cet ancien employé du Clos Rougeard, vin vieilli dans des fûts du Bourg. Clos d'1,3ha, planté en 1983, sols très calcaires...) Couleur sombre, noire avec des contours encore un peu violacés, nez très cabernet mûr, cassis, fruits noirs et des notes d'élevage caramel/vanille encore bien présentes. Une bouche mûre, boisée aussi, mais une bonne matière et ce qu'il faut d'acidité derrière. Finale astringente en l'état avec des tannins très serrés. Peut-être un très joli vin dans 10ans car il y a maturité/acidité/matière, mais en l'état c'est compliqué... B.

 

 

Etienne Bodet - Graippeaux Saumur blanc 2022 : ("chenins de 70ans à Ternay. Sols de craie avec une couche argilo-limoneuse. Elevage 22 mois fûts d'1à2 vins de 228 à 600L. Sulfites moins de 20mg à la mise" d'après Buveur de Vin) Couleur or profond très soutenue pour un jeune chenin, nez aux arômes très mûrs de pomme au four, fruits secs, miel, notes pâtissières. On a l'impression d'un vin déjà prêt à boire avec un peu d'évolution. Vu le taux d'alcool assez bas je suppose qu'il y a eu un travail avec oxygénation du moût. Beaucoup d'extraits secs. La bouche reprend ces arômes mûrs, mais complètement sèche, elle est très dense, pas vraiment de gras ni d'élevage, beaucoup de peps et d'énergie, grosse acidité, seulement 12,5% d'alcool, aucune chaleur du millésime, c'est long avec pas mal d'amers. Le style mûr/énergique me rappelle certains Richard Leroy avec un peu d'âge mais sans réduction allumette ici. Par contre c'est prêt à boire et dès l'ouverture de la bouteille. Je me demande si ça va vieillir... Mais peu importe je préfère dans ce sens-là. TB++.

 

 

21 novembre 2023

Mullineux et Leeu Passant (Afrique du Sud) ****

 

« Moulin à eau ». Créé en 2007 par Chris et sa femme Andrea. Ils se sont rencontrés lors de stages en France (Rhône sud, Bandol, champagne). Membre de la Swartland Revolution. Achat de raisin juste sur la gamme Kloof Street.

 

 

 Mullineux, WO Swartland Granite syrah 2021 : (Granit sur la montagne de Paardeberg. 100% grappe entière, fermentation et macération longue en 500L.  Puis élevage 12mois en 500L dont 25% neufs, puis 9 mois de foudres)  Couleur très noire, nez de syrah noble, cassis, mûre, violette, graphite, élevage parfaitement intégré. La bouche a beaucoup de volume, belle acidité, noble mais encore très jeune, avec des tannins serrés en finale, beaucoup de fond et de longueur mais clairement trop jeune en l’état. Probablement un grand vin dans 10ans. TB+.

 

 

Mullineux Swartland Old Vines White 2017 : (majorité chenin + grenache blanc, clairette, viognier) gras, beurré, boisé trop marqué.

 

Kloof street chenin 2023 : très gras, glycérol, fruits jaunes mûrs mais très gourmand il y a de l’acidité, belle entrée de gamme, dans un style un peu opposé à Sécateurs.

Old vines white 2023 : (chenin, sémillon et rhône blend) finale un peu boisée vanillée, sinon belle attaque avec du gras.

Single terroir chenin schist 2023 : du gras, belle allonge, style mûr, mais il y a de l’acidité, bosé mieux intégré que dans le précédent.

 

Leeu Passant   -   Franschhoek semillon 2022 : travaillé sur lies, petit grillé, tout en tension, pas de gras, presque tannique, intéressant.

 

 

 

Draaiboek *** - Onskuld Chardonnay 2022 Hemel & Aarde Ridge : (45% fûts neufs sur lies 10 mois. 13,5%) chardonnay beurré, boisé, très bourguignon classique dans l'esprit, aucun excès de chaleur, reste frais, bonne acidité dans le fond, encore un peu trop sur l'élevage à ce stade, mais bien fait dans son style. TB-.

 

 

Wolf & Woman *** - Pinotage 2023 WO Swartland : (vignes de 1973. 12,5%) Couleur rubis foncé, nez sur le fruit, la cerise principalement, petite touche primeur, floral aussi. Bouche légère, juteuse, tannins souples, c'est gourmand, assez simple mais efficace. On n'a pas du tout la lourdeur, ni la sucrosité ni l'élevage qu'on rencontre souvent sur le pinotage. Le revers de la médaille c'est que pour des vieilles vignes sur un beau terroir on a l'impression d'avoir juste un bon petit vin facile à boire. Mais à voir avec un peu de gare peut-être. B+.
 

 

Minimalist, No Place Like Home Elgin 2023 : (100% syrah, fermage, plantation de 2006. Grès et schiste, 1/3 VE. Fermente cuve. Elevage vieux fûts 228 et 300L) Couleur sombre, nez bien syrah, fruits noirs, olives, notes un peu plus nouveau monde d'orange sanguine, Bouche assez légère, en rondeur, peu tannique, frais, et facile à boire, élégant. TB.

 

18 novembre 2023

Vins des Côtes d'Auvergne : Essai de synthèse et Visites de domaine

 

Vins des Côtes d'Auvergne : Essai de synthèse et Visites de domaine

 

paysage auvergne

 

 

Tout a commencé lorsque quelqu'un me demanda « Ca ressemble à quoi un Côtes d’Auvergne ? ». Je me suis alors rendu compte que j’étais incapable d’apporter une réponse précise. Bien sûr, pour les autres régions et les autres AOC, la réponse est tout aussi complexe et toujours multiple. Mais il y avait là quelque chose de différent : est-ce que je connais si bien que cela les vins de ma propre région ? Si j’ai suivi des cours, lu des bouquins, assister à des masterclass sur les grandes régions du monde, ça n’a jamais été le cas pour l’Auvergne. Est-ce que je ne connais pas mieux la Grèce, le Portugal, la Suisse... où je n’ai jamais mis les pieds, que l’Auvergne où je vis ? On se dit qu’on est dedans, que ce n’est pas loin, qu’on connait déjà, et au final on ne finit jamais le travail.

 

Je déguste des vins d’Auvergne régulièrement, je connais les vignerons que je croise souvent, les villages, le relief… Mais les dégustations sont souvent rapides, les discussions aussi, puis elles ne tournent pas toujours autour du vin à proprement parler. J’ai finalement passer peu de temps avec les vignerons chez eux et dans leurs vignes.

 

Voici ce à quoi je voudrais absolument remédier, en prenant le temps d’aller visiter tous les vignerons qui voudront bien me recevoir, avec comme point d’orgue une dégustation des meilleurs vins au printemps 2024.

 

Mais avant cela, revenons sur les bases des vins d’Auvergne, en suivant le même protocole que sur les autres régions.

 

 

 

Côtes d'Auvergne : Essai de Synthèse

carte rvf côtes d'auvergne

 

 

Le site officiel de l'AOC nous donne les chiffres suivants :

  • Superficie totale : 400 hectares sur 53 communes (80kms de long par 15 kms de large)
  • 45000 hectares vers 1895 ! (Source Le R&B n°106) 
  • Appellation AOC Côtes d’Auvergne : 267 hectares
  • IGP : 71 hectares
  • Vin de France (VSIG) : 50 hectares
  • Parcelles familiales en amateur : 50 hectares
  • 40 caves particulières et 70 apporteurs à la coopérative de Saint-Verny
  •  

L'AOC a été obtenue en 2010. Elle autorise 5 Dénominations géographiques complémentaires : Madargue, Châteaugay, Chanturgue, Boudes en rouge, et Corent en rosé uniquement.

 

Cépages : chardonnay obligatoire pour les blancs. En rouge et rosé : Gamay (50% minimum) + pinot noir comme cépage accessoire. L’INAO permet des expérimentations à hauteur de 5% de l’encépagement et 10% des assemblages. (Source RVF n°669)

 

Production : 66% de rouge, 17% rosé, 17% blanc.  Rendement max 55HL/ha (52 pour les DGC). (Source RVF n°669)

 

Climat : semi-continental. Hivers rudes, été chauds, avec une forte amplitude thermique entre le jour et la nuit (bonne maturation des baies tout en préservant de l'acidité). Les côtes d'Auvergne sont en plein "effet de Foehn" : la chaîne des Puys forme une barrière protectrice contre les pluies de l’Ouest. Précipitations moyennes à Clermont-Ferrand : 650 mm/an (faibles) et ensoleillement moyen de 2000heures/an.     

 

Géologie (Source COAM) : 

Ere primaire : création du socle ancien de granit (refroidissement du magma sous l’eau).

Eres secondaire et tertiaire : sédiments marins et détritiques qui se déposent donc du calcaire et de l'argile.

Eres tertiaire et quaternaire : plissement alpin avec soulèvement du Massif Central et création des plaines.  L’activité volcanique crée des coulées de lave et des sols de basalte. Les rivières creusent les vallées et déposent des alluvions. Dans certaines zones l’érosion ramène le granit en surface.

 

      

les unites geologiquesSource COAM

 

 

Donc des sols sédimentaires dans les plaines, argilo-calcaire, favorables au pinot noir.

Plutôt granitique ou basaltique en coteaux. favorables au gamay.

 

Le basalte a une certaine porosité, il laisse filtrer l’eau, donc moins de stress hydrique. Sa couleur noire attire le soleil d'où une meilleure maturation des baies.

 

On distingue généralement le basalte (issu d'un magma refroidi rapidement), les pépérites (lorsque le magma remonte et rencontre les eaux souterraines, il forme une roche aux grains brunâters), la pouzzolane (alvéoles rouges ou noirs issues de projection de lave) et la pierre ponce (roche volcanique très poreuse).

 

Les plus belles parcelles sont sur les coteaux (350-550m) : la pente engendre un meilleur ensoleillement et un meilleur drainage de l’eau.

 

Attention que les sols volcaniques ne sont pas majoritaires en Auvergne.

 

 

Les 5 Dénominations Géographiques du Nord au Sud (Source: Site officiel de l'AOC) :

- Madargue : (350-420m d'altitude. Gamay et pinot noir) Sol à tendance silicieux, affleurement granitique, terres blanches (calcaires) pauvres en humus.

 

- Châteaugay : (Gamay et pinot noir. Exposition Sud-Est) Sol constitué par une coulée basaltique, cendres volcaniques (pépérites) sur sol argilo-calcaire.
 

- Chanturgue : (Gamay et pinot noir) "Cantalo" en celtique signifie brillant et bien visible. Fortes pentes (plus de 25%). Flancs argilo-calcaires protégés de l'érosion par les coulées basaltiques.

 

- Corent : (Gamay et pinot noir. 400-500m d'altitude) Vignoble sur les flancs d'un volcan. Sol argilo-calcaire au sud et basaltique au nord avec des affleurements de pouzzolane.

 

- Boudes : (Gamay, pinot noir) Vaste coteau calcaire protégé à son sommet par une coulée basaltique.

 

 

 

A noter aussi l'excellent travail du Conservatoire des Cépages d'Auvergne qui abrite : • Canari Noir (Damas noir) • Chanis gris • Chatus Noir • Corbeau Noir • Epinou Noir • Gamay Bouze Noir • Gamay Fréaux Noir • Gamay Noir à jus blanc • Gouais Blanc • Grec rouge • Inconnu des roussilles (à préciser) • Limberger Noir • Mondeuse Noir • Muscat à petits grains blanc • Noir Fleurien Noir • Petite Syrah Noir • Pinot Noir • Portugais Bleu Noir • Sauvignonasse Blanc • St-Pierre Dore Blanc • Valdiguie Noir • Syrah

 

 

Bibliographie :

- RVF n°669 avril 2023

- Le Rouge et le Blanc n°106 (2012)

- Site officiel Côtes d'Auvergne.com

- Cours du COAM sur les vins d'Auvergne

- Entre les Vignes n°2 avec les Vignerons nature d’Auvergne

- Le Vignoble des Côtes d'Auvergne, une nouvelle AOC. Denis Couderc et Pierre Soissons

 

 

18 novembre 2023

Soirée mystère

1 Domaine Vaccelli - Ajaccio blanc Aja Donica 2021 : un peu jeune et sur la retenue, miellé, floral, fruits jaunes, belle texture sans être très boisé, frais, élégant, bonne acidité pour un vermentino. Prometteur, à voir s'il ne devient pas trop exubérant quand même. TB.

 

2 Gros Ch. Père & Fils - Ladoix 1er cru Les Gréchons blanc 2018 : nez toasté, encore un peu marqué par l'élevage, très chardonnay classique. La bouche garde un peu de toasté, pas très beurrée, un peu de noisette et brioche, pour la table. La finale manque un peu de tension en comparaison avec le suivant. B+.

 

3 Bouzereau - Puligny 1er cru Le Cailleret 2018 : moins toasté, un peu plus beurré, fin, élégant, finale plus minérale et plus longue. TB+.

 

4 Pierre-Henri Rougeot - Pommard Clos des roses 2021 : (sans sulfites ajoutés) Explose de fleurs et de petits fruits rouges, tout en finesse, très élégant, pas un gros volume, mais évident, beaucoup de plaisir. TB++.

 

5 L'Anglore - Véjade 2019 : dans une bonne phase, superbe nez, éclatant, bouche en finesse, jus de fruit là aussi très propre et gros plaisir immédiat. Manque un poil d'acidité en finale pour le relancer. TB+.

 

celis chauvet

 

6 Les Bérioles - IGP Val de Loire La Chabanne 2019 : (pinot noir, à St Pourçain) coloré, assez puissant et mûr pour un pinot de St Pourçain, mais du volume, de la longueur, un joli vin, que certains auraient mis plus au sud, sauf PN qui a trouvé bien sûr. TB.

 

7 Château Mazeyres - Pomerol 2018 : un Pomerol nouvelle génération, peu boisé, fruits noirs assez mûrs et gourmands avec une belle trame acidulée derrière. Beaucoup sont dans le Languedoc à l'aveugle ! Belle surprise. TB+.

 

8 Henri Chauvet - Vie Ordinaire 2022 : (pinot noir) pinot éclatant, avec des fruits rouges presque exotiques, un fond fumé, une bouche fraîche et texturé à la fois. TB++.

 

9 Cassagne & Vitailles - Les Célis Vin de France 2021 : (100% grenache) grenache rond, infusé, soyeux, ultra gourmand, fleuri, déjà superbe en l'état. Pour chipoter peut-être un peu lissé par l'élevage, un brin d'acidité en finale aurait aidé. TB+.

 

10 Xubialdea - Irouléguy blanc Ardan Harri 2020 : on ressort les blancs pour le fromage, nez un peu noisette, déjà évolué, bouche très fraîche, minérale, énergique, belle finale salivante. TB+.

 

11 Bordaxuria - Irouléguy blanc Erotik 2021 : semblait un peu plus mûr et chaleureux derrière, mais beau potentiel de garde ici. TB.

 

12 Scagliola - Brachetto d'Acqui : on termine par une petite douceur, une bulle rose légère (l'équivalent du Moscato d'Asti en rouge), sucrée, simple, qui glisse comme un bonbon. B.

 

18 novembre 2023

Valentini (Abruzzes) ****

Situé à Loreto Aprutino, l’Azienda Agricola Valentini est probablement une des plus anciennes caves des Abruzzes. Ce domaine très discret et traditionnel est devenu légendaire grâce à Edoardo Valentini (qui a vinifié de 1956 jusqu'à sa mort en 2006). Depuis son fils Paolo Francesco et son petit-fils Gabriele ont pris la relève. Si la propriété est grande, seuls 5 à 10% des raisins sont conservés pour être vinifiés en blanc (bombino bianco, un ancêtre du trebbiano), en rosé et en rouge (montepulciano). Ce sont des vins très traditionnels, quasi naturels, qui vieillissent admirablement.

 

 

 

Valentini - Trebbiano d'Abruzzes 2015 : (cépage bombino bianco, parent proche du trebbiano pour certains, cépages identiques pour d'autres) Couleur dorée, nez un peu oxydatif (noix) à l'ouverture, mais de moins en moins avec l'oxygénation, probablement fondu dans d'autres arômes. Le nez est miellé, un peu de cire, de pomme blette, beaucoup de fruits secs, pas facile à "attraper", assez changeant et intrigant, de mieux en mieux, ce qui s'en rapproche le plus est probablement un chenin un peu nature du secteur Anjou/Savennières. La bouche a une belle épaisseur, pas beaucoup d'alcool, une acidité correcte sans qu'on puisse non plus parler de vin tendu, arômes de miel, fruits secs, noisette. Finale de longueur correcte, sur une légère amertume, qui manque un peu de minéral et d'acidité à mon goût. Un vin intrigant, qui nécessite du temps, mais je dois dire que c'est une relative déception pour une première rencontre avec la légende Valentini car au final il n'y a pas eu un gros plaisir. A voir dans quelques années si ce vin censé très bien vieillir retrouve un équilibre sur les amers. TB-.

 

 

Valentini, Trebbiano d’Abruzzes 2018 : (100% bombino bianco par la légende des Abruzzes) Couleur dorée, nez marqué par les lies, grillé/fumé, avec aussi des notes citronnées, brioche, épices, floral. La bouche est aussi marquée par les lies, plutôt en finesse et tension sur ce millésime, on sent que c’est encore jeune bien sûr, mais déjà noble et distingué, avec du fond, juste un peu trop en réduction sur lies pour le moment. TB+. Autre bouteille, des lies aussi, un côté finement oxydatif, pas beaucoup d'alcool, ni beaucoup d'acidité, jolis amers, assez long et noble. TB+.

 

14 novembre 2023

Domaine des Trouillères Mikael Hyvert (Martres-de-Veyre) **

 

A la retraite de Jean-Pierre Pradier en 2017, le domaine des Trouillères a été repris par Mikael et Camille Hyvert.

 

 

Ils sont tous les deux sur le domaine désormais + un employé à temps partiel, et une vingtaine pour les vendanges.

 

Les 5,5 hectares sont situés : en grande partie autour du domaine sur le Puy de Tobize, sur la face Nord de Corent, quelques ares sur la face sud de Corent, sur le "Chemin des Martres" à Veyre Monton.

(Pour rappel la face Nord de Corent est basaltique, l'Ouest très riche en pouzzolane, l'Est et le sud très argilo-calcaires)

 

- Sur Corent gamay et pinot noir. Quelques vignes de gamay d'Auvergne datent de 1948, les autres de la fin des années 1980. Climat très frais sur Corent Nord, vendanges 1 semaine plus tard.

corent face nord

  

- Autour du domaine, les sols sont très argileux, avec quelques veines calcaires. On parle parfois de "dépotoir" car il y a aussi un peu de granit etc... Cépages gamay, pinot noir et 1,24ha de chardonnay. Des gamays de Bouze viennent d'être replantés, cépage légèrement teinturier mais qui garde une bonne acidité pour un teinturier. Du gamay St Romain vient d'être planté aussi, ainsi que du pinot noir en 2017. Les autres vignes ont une trentaine d'années. Assez solaire ici.

vignes des trouilleres

  

 

- A Veyre-Monton la parcelle est très calcaire. Moitié pinot, moitié gamay. Exposition sud-est. Solaire.

 

 

Toutes les vignes sont plantées à 5500 pieds/ha, en 2m * 0,90m. Avant elles étaient taillées en Cordon, mais Jean-Pierre les a retaillées en guyot à la fn des années 1980. Mikael continue en guyot simple ou mixte, mais toujours avec un flux de sèce de chaque côté.

 

Jean-Pierre a eu la bonne intuition de planter sur des porte-greffes vigoureux : 330EM pour les blancs, SO4, fercal..., Mikael a aussi mis des 1103 paulsen... Avant on mettait des porte-greffes faibles dans le basalte pour faire des petits rendement et des vigoureux dans l'argilo-calcaire pour faire des gros rendements. Mais avec le réchauffement climatique, la sécheresse, les sols calcaires...on se rend compte que les porte-greffes vigoureux sont mieux adaptés aujourd'hui.

 

 

Le travail à la vigne

Le domaine est cerfifié bio depuis 2009. Quelques essais de biodynamie sont en cours, notamment des préparations faites en collaboration avec Yvan Bernard avec qui Mikael échange le matériel, et les résultats.

 

Les sols sont enherbés 1 rang sur 2, travaillés 1 rang sur 2, pas trop souvent et juste en surface. Peu de travail sur le cavaillon car difficile d'accès avec les machines disponibles. Un peu de débrousailleuse, un peu de pioche si nécessaire. 

 

Une partie des vignes est tressée (les moins vigoureuses), le reste est rogné le plus tard possible.

 

Traitements le plus "légers" possibles, au soufre systématiquement contre l'oïdium, pas beaucoup de cuivre car pas beaucoup de mildiou en général. En moyenne 800gr/ha en 4 fois environ (dons loin des 4kgs autorisés). Pas mal de prêle, d'osier et d'autres plantes pour renforcer la vigne.

 

 

 

2023 : très particulier ici, deux canicules : une en août et surtout une en septembre qui a tout accéléré très vite. La vigne a souffert du manque d'eau aussi, pourtant il y a eu plus de pluie ici que dans le sud des Côtes d'Auvergne. Les vendanges ont été avancé à la dernière minute. Les raisins été mûrs 30 jours après véraison. Vers le 10 septembre +0,5° d'alcool potentiel par jour. Il a fallu aller très vite puis bien trier. Certains raisins étaient à 15,5 potentiel ! Heureusement ils pourront être assemblés avec ceux de Corent Nord beaucoup plus bas. Bien sûr avec ces degrés potentiel et des pH élevés il faut être très vigilant aux bactéries, bretts..., d'autant plus en nature. Les vins sont bien plus colorés qu'en 2022, plus puissants, plus tanniques aussi, même s'il y a très peu d'extractions ici (pas de pigeage...). Mikael s'en sort tout de même avec environ 38hL/ha contre 40-45 en moyenne ces dernières années.

 

 

Vente : 30% d'export, surtout Japon, Scandinavie, Pays-Bas, Suisse, Etats-Unis. Encore que le Japon a beaucoup stocké, ça se calme un peu. C'est une volonté de ne pas faire plus, car il y a la demande sinon...

 

 

 

Les vins

amphores et jarres

Les amphores en grès vs les petites jarres en terre cuite qui respirent beaucoup plus (idéal pour les blancs de macération notamment)

 

cuves trouilleres

 

Pas de collage, ni de filtrage, depuis 2020 volonté de faire du 0 sulfites, mais dès qu'il sent qu'il sent qu'il peut y avoir des bactéries Mikael ne s'interdit pas de mettre entre 1 et 2 gr/hL en cours d'élevage si c'est vraiment nécessaire.

 

- Annolium blanc 2023 sur cuves (70% chardo, 30% gamay travaillé en blanc pour donner du peps. Certaines années ça peut être du pinot aussi) Bon équilibre entre des chardo à 15,5 et des gamay à 11, fermentation alcoolique et malo sont déjà finies. Un blanc avec du gras à l'attaque, du volume, ça devient plus vineux en fin de bouche, sur l'amande, portée par des amers, pas spécialement chaleureux, ça a gardé une bonne acidité pour un blanc 2023.

 

- Gamay Corent Nord 2023 sur cuve (11;5%, égrappé lui. Sera sûrement assemblé) très frais mais sans être maigre ni en sous-maturité, goûte un peu comme un pinot sur des petits fruits rouges, groseille, serre un peu en finale encore mais c'est joli.

 

- Gamay des Trouillères 2023 sur amphore en grès : (13,8% Carbo. Entrera dans la cuvée Eruption. Eruption : gamays de Bouze et d'autres types de gamay proches du domaine) Coloré, un peu chaleureux, encore serré. Manque un peu d'acidité. A voir dans quelques mois.

 

- Pinot Noir Larrivas-Corent Nord Bouche à Z'oreilles 2023 sur amphore en grès : (13%. En grappe entière - 2022 était égrappé) élevages avec peu de lies chez Mikael. Ici comme dans le précédent, c'est coloré, puissant, manque un peu de fraîcheur et un peu serré encore. Mais à voir en fin d'élevage.

 

- 2022 cuve pinot léger Larrivas + petites trouillères + Veyre (tous les pinots légers et un peu de gamay. Sera la cuvée Les Zones Vignes) c'est très clair, acidulé, léger, perlant, légère volatile, frais, juteux, devrait faire un bon vin de soif dans quelques semaines.

 

- Pinot Noir 2022 de Larrivas : (égrappé, a eu 1 an d'amphore. Remis en masse en cuve) un peu plus concentré que le précédent mais garde un profil très différent des 2023, plus acidulé, plus clair, petite volatile, légère souris en finale. 

 

- Montagne de Strass 2022 rouge : (un peu de fût et un peu de jarre, assemblage 50% gamay 50% pinot que de l'argilo-calcaire. Une cuvée phare de JP Pradier qui sera peut-être arrêtée à l'avenir) Fait plus pinot que gamay, le fût ne marque pas du tout, là aussi petits fruits rouges, typé nature, volatile, cerise, tannins encore un peu serrés.

 

- Le clan sous l'arbre 2022 en bouteille : (chardonnay avec 20% de macération carbo + 80% de presse, en jarres en fûts. Sans sulfites) Couleur saumonnée, nez un peu amande, frangipane, presque un peu typé blanc de noirs. Bouche avec du gras à l'attaque, pas une grosse acidité, la finale est étirée assez loin par des tannins et des amers mais de qualité, la macération a donné un peu de peps à la finale. Plutôt joli, mais il peut surprendre, un vin de gastronomie.

 

(Non goûté dans la gamme : le rosé Courant alternatif. Le Pet' nat' rouge To Bize or not no bize 100% gamay pour le prochain - le 2023 qui sortira en 2025. Il n'y en a pas eu en 2022. Le précédent avait un peu de pinot).

 

 

Un grand merci à Mikael pour le temps accordé et surtout pour toutes ses explications à la vigne comme à la cave !

 

 

 

 

Les vieilles dégustations

Jean-Pierre Pradié (Martres de Veyre) ** - Côtes d'Auvergne "Annolium" 2012 : (100% chardonnay cuves), vif, frais et fruité (citron, poire), pas une grosse matière, simple mais très sympa. B+.

 

Jean-Pierre Pradié ** - Côtes d'Auvergne "Montagne de Strass" 2011" : (même base que le précédent, passage en fûts), vif, frais mais de la vanille du début à la fin. Moyen.

 

Domaine des Trouillères Mikael Hyvert ** - Côtes d'Auvergne Annolium rouge 2018 : (changement de propriétaire en 2015-2016, Camille et Mikaël Hyvert prennent la succession de JP Pradier, les vins changent de style devenant quasi "nature") Couleur rubis pour cet assemblage gamay/pinot, nez de fruits rouges, de poivre, bouche sur le fruit, épices, légère en alcool, fraîche, tannins un peu serrés encore en finale. Bien fait, propre sur cette cuvée, au bon rapport q/p. B+.

 

Domaine des Trouilleres Mikael Hyvert - Bouche à zoreilles pinot noir 2018 : couleur sombre, beaucoup de fruits noirs, assez mûr, fait un peu plus gamay que pinot, très juteux, petite sucrosité, gourmand, avec du fond quand même et une bonne longueur, tire sur le nature mais pas de défauts. TB.

 

14 novembre 2023

Domaines familiaux de Bourgogne 2023

Domaines familiaux de Bourgogne

 

Dégustation des 2021

 

J’ai pris beaucoup de plaisir sur ces 2021, en blanc comme en rouge, probablement plus que sur les 2019 et les 2020. Un millésime frais, avec des vins très fins, déjà accessibles, plein de fruit, peu colorés, peu concentrés. Très peu d'entre eux étaient en sous-maturité, très peu présentaient un excès d'acidité, les blancs n’étaient pas si tendus que ça (même si bien plus que 2018-2019-2020), Très peu de vins aux tannins trop serrés également, signe que ces vignerons-là ont bien géré et n'ont pas cherché à trop extraire. Par contre quelques boisés un peu moins bien absorbés que les autres années. Pas mal de producteurs qui d'habitude font des vins concentrés ont sorti des "jus de fruits" cette année-là, allant parfois peut-être un peu trop loin. Mais c'était peut-être la meilleure solution ? Parmi ceux-là, seul Dujac a vraiment fait du Dujac avec des vins sérieux, nobles, racés, 80% de grappe entière... il fallait oser, et c'est réussi !

 

Quelques notes par producteur, à prendre avec des pincettes comme toujours car ce sont des conditions de salon…

 

 

 

Raveneau

Chablis Montée de tonnerre : style un peu austère, droit, citronné, très chablisien, pas forcément beaucoup plus tendu que le 2020 l’an dernier. TB.

Chablis Butteaux : plus expressif ce jour-là, plus large, plus « argileux », petite touche de citron confit, beau volume, dans une phase éclatante. TB++.

Chablis Les Clos : il combine la largeur du précédent, avec la finale plus caillouteuse et noble du premier. Boisé déjà intégré, pas spécialement beurré. Confirme que les vins du domaine se goûtent très bien en jeunesse depuis quelques années. TB++.

raveneau

 

 

Rousseau

Gevrey : très clair, rond, facile, manque un peu d’acidité, finale un peu vanillée. B+.

Charmes-Chambertin : très clair, nez un peu plus violette et fruits noirs, un peu lacté aussi. Plus de volume en bouche avec une finale plus épicée et plus longue. TB+.

Chambertin : plus foncé, nez toasté, bouche un peu plus serrée avec une bonne acidité ici, joli fond, à attendre un peu plus. TB+.

rousseau

 

 

Roumier

Chambolle : couleur clair, nez un peu toasté, à peine réduit, bouche ronde, facile, peu tannique pour les vins du domaine, facile à boire. TB.

Morey Bussière : très clair en couleur, fruité un peu plus noir au nez cependant, pas de boisé ressenti, la finale allonge plus, avec une trame épicée, noble, un peu plus de tannins que le précédent (mais beaucoup moins que les 2020). TB+.

Bonnes Mares : très clair, très floral, pas forcément plus de volume mais plus de tension, finale un peu plus serrée et végétale, noble. TB+.

roumier

 

 

Trapet

Gevrey 1859 : (30% VE) Couleur très clair, superbe nez très griotte, noyau, petits fruits rouges, bouche très fine mais avec une belle allonge acidulée. TB+.

Gevrey Aux Combottes : (50% VE) un peu plus serré, pas forcément plus de volume, plus austère. TB.

Chambertin : (60% VE, contre près de 100% les derniers millésimes) pas un gros volume non plus, très clair, tout en finesse et en élégance, avec une belle tension et une sensation minérale en finale. TB++.

 

 

 

Mugnier

Chambolle : le village parfait, clair en couleur, bouche pleine de fruit (plutôt petits fruits rouges), tannins très fins, velours, sans être marqué par l’élevage, il y a quand même un beau volume et de la longueur. TB++.

Chambolle Amoureuses : très proche mais un peu plus de tout, la finesse absolue, de la soie, sans manquer de concentration ni de longueur pour autant. Exceptionnel.

Bonnes Mares : nez un peu poussiéreux, plus austère, pas causant ce jour-là, pas forcément un gros volume. B+.

NSG Maréchale : très différent, plus sombre, avec des tannins un peu plus marqués, une acidité un peu plus élevée aussi, plus pointu, mais noble, avec une superbe longueur. TB++.

mugnier

 

 

Leflaive

Puligny : nez un peu fermé par rapport aux suivants, mais belle bouche, tendue, citronnée. TB.

Puligny Clavoillon : très tendu, pas de gras ni de beurré, travail en autolyse, gros volume pour 2021, sacrée longueur. TB++.

Puligny Pucelles : un peu plus austère, mais une finale qui allonge encore plus, presque tannique, bien dans le style du domaine, et finalement pas si différents des 2020. TB++.

 

 

 

Marquis d’Angerville

Volnay 1er cru : (tout égrappé comme tous les ans. Mitans et Pitures ici) très très clair, très léger, maire, pas de tannins, simple. B.

Volnay 1er cru Taillepieds : très maigre voire un peu diluée, finale un peu plus longue et tendue que le précédent. B+.

Volnay 1er cru Champans : ultra clair et infusé aussi, quand même un peu plus de volume que les précédents, acidité un peu plus élevée qui allonge la finale. TB.

 

 

 

Domaine Dujac

Morey : (80% VE sur les rouges en moyenne cette année, contre 90% l’an dernier, donc presque autant. « Les rafles étaient mûres chez nous, le problème c’est aussi la proportion par rapport au jus. A 80% on ne voyait que des rafles ») Couleur plus marquée que la moyenne comme souvent chez Dujac, fruité plus « noir », notes de ronce, style sérieux, avec beaucoup d’allonge, en tension. Très noble. TB+.

Morey 1er cru : un peu plus sombre, plus serré, beau volume, plus épicé, sérieux, à attendre, mais gros potentiel. Très « Dujac ». TB++.

Clos de la Roche : proche du précédent mais avec encore plus de volume. La grande classe. TB++.

dujac

 

 

Bruno Clair

Marsannay Longeroies : (moyenne 25% grappe entière donc bien oins que les autres années) plus coloré que la moyenne, élevage toasté marqué, finale trop arrondie. B-.

Savigny La Dominode : boisé marqué aussi, finale plus longue, encore un peu serré, à attendre. B.

Bonnes-Mares : là aussi marqué par un boisé vanillé insistant. B.

 

 

 

Jean Grivot

Vosne Bossières : (tout égrappé sur les rouges, comme d’habitude) Clair en couleur, un peu de gaz, léger et fruité, facile. B+.

NSG Boudots : très clair, joli nez fruité, petits fruits rouges, assez rond, mais très gourmand, très différent des autres années. TB+.

Vosne Beaux Monts : semble plus mûr, un peu plus noir, beaucoup plus de volume, belle allonge. TB++.

Clos Vougeot : encore un petit élevage lacté, attaque plus large, mais finale quand même longue et épicée. TB+.

 

 

 

Comtes Lafon

Meursault Clos de la Barre : nez floral, un peu anisé, pas de beurré. Bouche acidulée, pas très épaisse, pas vraiment de gras, assez simple. B+.

Meursault Charmes : on saute un cap, plus gras, plus mûr, plus de volume, très léger beurré, boisé déjà intégré, la finale est plus longue, elle garde une bonne acidité. TB++.

Monthelie Les Duresses : très fin, aérien, subtil, offre beaucoup de plaisir maintenant. TB+.

Volnay Santenots milieu : semble plus chaud, un peu kirsché, un peu serré en finale. B+.

comtes lafon

 

 

 

De Montille

Racines - Santa Barbara pinot noir : clair en couleur, fruité gourmand, sur la fraise, à peine plus de sucrosité que les bourgognes, mais pas plus d’alcool, garde une bonne acidité en finale. TB+.

Pommard Pézerolles : plus clair en couleur que le Santa Barbara cette année, un peu de gaz et de réduction, semble un peu végétal derrière, pas une gros volume, belle acidité. B+.

Volnay Taillepieds : vin en tension, à peine végétal, finale qui allonge beaucoup, à peine serrée, mais noble. TB+.

Racines - Santa barbara chardonnay : floral, léger beurré, pas beaucoup d’alcool, bonne acidité mais un côté un peu trop exubérant. B+.

Chassagne-Montrachet : citronné, tendu, pas de gras, pas un gros volume, assez simple. B+.

Puligny Folatières : bien plus de volume, très tendu, marqué par les lies aussi, peu de gras, finale très longue, très minérale. TB++.

 

  

 

Alex Moreau

Chassagne rouge cardeuse : très beau fruité, fraise, pivoine, très élégant, gourmand, la bouche est bien moins serrée que sur les millésimes précédents, déjà accessible. TB+.

Chassagne blanc : assez simple, floral, citronné, pas de gras, peu boisé. B+.

Chassagne Maltroie : bien plus de volume, un peu citron confit, gourmand à l’attaque, belle finale tendue. TB++.

Chassagne blanc 2017 : très noisette, brioche, pas beaucoup de gras, semble déjà bien évolué. B+.

 

 

 

Chandon de Briailles

Savigny Les Lavières : (zéro sulfites en 2021 car « non nécessaire cette année ». 50% grappe entière, moins que les années précédentes donc) Très clair, trouble, marqué pot-pourri, pivoine, très différent des autres, plus floral, c’est joli, un peu plus serré que les autres en finale. TB+.

Pernand Ile des Vergelesses : belle souris en finale. Autant je comprends que ça puisse arriver, autant je ne comprends pas pourquoi le laisser à la dégustation…

Corton Bressandes : souris aussi, mais je ne sais pas si ça vient de ce vin ou si c’est à cause du précédent.

 

 

 

Mugneret-Gibourg

Vosne : couleur plus violacée que la moyenne, beau fruité gourmand, sucré, finale un peu boisée vanillée. B+.

NSG Chaignots : beau fruité, violet, un peu sucré, Elevage mieux intégré, finale épicée plus longue. TB.

Chambolle Feusselottes : très boisé, vanillé, très arrondi, un peu sucré, manque d’acidité. B.

Echezeaux : (15% grappe entière ici, les autres 0%) très différent, un peu plus austère, plus en tension, moins sucré, moins boisé, allonge intéressante en finale. TB+.

 

 

 

Vieux Millésimes

 

domaines familiaux de bourgogne

 

Rousseau - Gevrey Lavaux St Jacques 2017 : un peu compliqué derrière les 2021, ça fait bien sûr moins frais, un peu kirsché, lacté, épicé. B+.

Méo-Camuzet - Vosne 1er cru Les chaumes 2017 MAG : plus coloré, plus gourmand, dans le style assez rond du domaine, facile à boire, pas une grosse longueur. TB.

Roumier - Chambolle Les Cras 2018 : très sombre en couleur, très crème de cassis, confituré. B+.

Grivot - Vosne Beaux Monts 2015 : il combine un fruit noir assez mûr mais sans impression de sucrosité avec une bonne acidité, des épices, de l’allonge, une texture soyeuse. TB++.

Trapet - Chambertin 2019 : très beau sur un joli fruit rouge un peu confituré, type fraise écrasée, mais là aussi un équilibre magistral, beaucoup de longueur, ça finit frais et minéral. TB++.

Faiveley - Corton Clos des Cortons Faiveley 1998 : pour 1998 encore fringant, avec une structure tannique marquée, clairement le style Faiveley à l’ancienne, c’est noble et racé, peut encore vieillir. TB+.

Drouhin - Musigny 2011 MAG : très porté sous-bois, champignon, semble déjà bien évolué, manque un peu de fraîcheur. B+.

De Montille - Pommard Pézerolles 2010 MAG : plus fin, plus fringant que le précédent. TB.

Dujac - Gevrey Combottes 2019 MAG : fruits noirs, épices, comme le Trapet ou le Grivot, pas de sensation de sucre, gros volume, tannins fins, beaucoup d’allonge et de fraîcheur en finale. On termine fort. TB++.

 

11 novembre 2023

Granges Paquenesses - Loreline Laborde (Tourmont) ***

 

Granges Paquenesses, Côtes du Jura Chardonnay La Mamette 2016 : couleur plus claire, nez sur la pomme blette, la poire, avec des notes pâtissières, pourrait faire penser à un chenin. Bouche légère, plutôt vive et tendue, mais très courte par comparaison avec le suivant. B.

 

8 novembre 2023

Gravner (Frioul) *****

A Oslavia, dans l’appellation Collio. Climat presque méditerranéen, protégé par les Alpes, influencé par l’adriatique. Josko Gravner est l'un des fondatuers du vin orange dans le Frioul, il est désormais épaulé par sa fille Mateja. Sols de "ponca", grès sédiments, marnes et sables compacts. Sols caillouteux, bien drainés, pauvres en matière organique mais riches en éléments minéraux. Environ 6 mois de macération en amphore + 6ans en foudres. Travail en biodynamie. Sulfitage léger à la mise uniquement.

 

 

 

Goûtés à la Dive

Ribolla 2010 est un vin orange, très propre, très fin, plus précis que chez Princic et Radikon, mieux maitrisé, tannins fins, très digeste. Ribolla 2011 plus riche, plus concentré, au nez magnifique, qui devrait pouvoir très bien vieillir. Hâte de regoûter.

 

Ribolla gialla 2013 vin orange toujours très propre, complexe, fruité, épicé, pas trop tannique, long, semble plus fin et aérien que les précédents millésimes.

 

Gravner (Italie), IGT Venezia-Giulia Ribolla Gialla 2014 : (à Oslavia, dans le Collio. Légende du vin orange. 6 mois de macération suivis de 6ans d’élevage en foudres) Couleur orange aux reflets roses, nez complexe mais moyennement expressif pour un vin orange, encore tout jeune, abricot, melon, réglisse, pin, rose, touche fumée… La bouche présente des tannins fins pour une macération, sur les arômes du nez, élégant, très propre, mais presque trop, il manque un peu d’intensité, impression que le vin ne se livre pas encore totalement par rapport aux meilleures bouteilles du domaine. Le fond regoûté le lendemain à température ambiante semblait justement plus intense. TB+.

 

8 novembre 2023

Clos des Brétèches (Bellevigne en Layon) ***

Mélanie Grenouilleau et Romain Nicolas s'installent en 2021 sur 1.20ha en Anjou en parallèle de leurs job principaux (Mélanie au Domaine de la Sansonnière et Romain au domaine Terra Vita Vinum). Ils récupèrent 1.2 ha de vignes anciennement aux Deboutbertin (Achillé et Picrocholle), sur lesquelles ils réalisent 2 cuvées : Les Bélouines et les Jauges." Source : Le passeur de vin

 

Clos des Brétèches - Les Bélouines Vin de France 2021 : (chenins de 30ans, parcelle de 80 ares sols de spilites et rhyolites à Beaulieu-sur-Layon. "Pressurage direct en pressoir vertical 2000kg champenois à la ferme de la Sansonnière. Entonné directement en fûts sur lies puis mise en bouteille après assemblage en masse. Non filtré, sans intrants autre que 1g/hl de So2 volcanique à la mise. 2402 Bouteilles)   

Couleur dorée, à peine trouble, à l'ouverture petite note de réduction sur lies grillée qui part vite pour laisser sa place à un fruit mûr, citron confit, avec une volatile élevée (vinaigre blanc), un côté miellé, un peu de fruits blettes, vite exubérant. Bouche avec pas mal de gaz à l'ouverture, typée nature mais propre, juste une volatile assez élevée qui donne beaucoup de peps, c'est mûr pour 2021, très citron confit, rappelle des Labet, Lajibe etc..., l'acidité est élevée, le vin est énergique et reste bien équilibré, taux d'alcool moyen (13%). La finale est  assez longue, précise, salivante, encore très volatile/agrumes bien mûrs, quelques amers. Le lendemain ça n'a pas bougé. C'est plutôt très bon, même si en l'état la vinif prend un peu le dessus et qu'il semble être dans l'éxubérance de la jeunesse. A attendre un peu si possible. TB.

 

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