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Mon carnet Vin

20 mars 2021

Grands Jours de Bourgogne en cave 2021

Les millésimes : si tous les vignerons ne sont pas forcément du même avis, et qu’il faudrait affiner par secteur, la tendance générale est que 2018, 2019, 2020 sont trois millésimes très solaires, avec des rendements faibles sur 2019 et 2020.Les 2019 nous ont paru encore plus confiturés et concentrés que les 2018, il va vraiment falloir aller chez les meilleurs producteurs, ceux qui ont su préserver de la fraîcheur. La tendance pour 2020, même s’il faudra attendre la fin des malo, est bien plus positive (pour les rouges comme pour les blancs) avec des vins certes solaires, colorés et élevés en alcool mais avec de meilleures acidités et de meilleurs équilibres (surtout qu’il y a souvent peu d’acides maliques et plus d’acides tartriques).

La situation Covid : d’après les quelques infos que nous avons recueillies, plus que jamais la Bourgogne avance à deux vitesses. Les 1ou2% des domaines phares n’ont aucun problème et vendent toujours aussi bien leurs vins. Par contre pour les autres ça peut être très compliqué, bien sûr beaucoup moins en Côte de Nuits et si l’on a des grands crus que dans la Mâconnais ou la Côte chalonnaise. De nombreux domaines, plus qualitatifs que jamais, ont du stock à vendre…

 

 

Mongeard-Mugneret

Vosne-Romanée rouge 2019 : (embouteillé il y a qqs semaines) Elevage vanille caramel, fruit sucré, peu d’acidité. Moyen.

Vosne-Romanée 1er Cru En Orveaux rouge 2019 : plus coloré, plus épicé, un peu plus de fraîcheur (parcelle dans une combe). Finale marquée caramel. B.

Echezeaux Grand Cru rouge 2019 : (prélevé sur fûts, une partie de grappe entière, comme les suivants) là aussi marqué par le caramel, très confit, sucré. Enfin un peu d’acidité sur la finale. Les tannins sont complètement lissés par le bois comme sur toutes les cuvées. B.

Clos de Vougeot Grand Cru rouge 2019 : bien plus sombre, sur les fruits noirs et le café, vite lourd. B-.

Grands Échezeaux Grand Cru rouge 2019 :  plus fermé mais élevage mieux intégré, grosse matière, là aussi un peu trop confit et manquant d’énergie. B.

Vosne En Orveaux 2017 : robe tout de suite plus claire, nez un peu évolué, kirsché, grillé, bouche plus tendue et saline, avec des notes d’anchois et de pain grillé, plus d’acidité et de fraîcheur. B+.

Grands Echezeaux 2017 : couleur claire, nez plus floral, pivoine, fruits rouges, tannins fins, une bonne longueur avec une finale minérale et fraîche. On termine sur une bonne note. TB.

Des 2019 assez faibles, qui sont tombés dans l'écueil du millésime avec un côté très confit. C'était mieux sur les 2017. Les vins manquent globalement de pureté et surtout de profondeur. Les élevages nous ont paru souvent trop poussés. Accueil au top par contre.

mongeard

 

 

Anne Gros

Les Vins sont 100% égrappés, tout a été embouteillé en décembre. Les vins sont clairs en couleur, ils restent frais pour des 2019, tous sur des fruits rouges très purs et très gourmands, déjà délicieux à boire en l’état. Les 2018 sont soi-disant plus marqués fruits rouges encore, moins concentrés, encore plus faciles à boire en ce moment. Les 2020 devraient par contre être plus concentrés encore que les 2019 et encore plus mûrs, plus fruits noirs.

Crémant de Bourgogne : (pinot majoritaire) assez rond, très floral, violette, vite écœurant.

Bourgogne Hautes Côtes de Nuits blanc cuvée marine 2019 : (fût 500L) Très gras, rond, un peu anisé. B-.

Bourgogne blanc 2019 : (dans la plaine, vignes entre NsG et Flagey, sols + argileux que le précédent) Semble plus vif, plus tendu que le précédent, les jeunes vignes donnent du peps, reste assez frais. B+.

Hautes Côtes de Nuits rouge 2019 : petits fruits rouges, épices, simple, léger, facile, mais assez court. B+.

Bourgogne rouge 2019 : (vignes en NsG et Flagey aussi) plus concentré, plus puissant, sur la cerise rouge croquante, beau volume et belle longueur, les vignes sont plus vieilles que dans le Hautes Côtes, du niveau d’un beau village. TB+.

Chambolle-Musigny Combe d’orveau 2019 : très frais, très élégant, sur la rose, les petits fruits rouges, manque un peu de volume peut-être, très aérien. TB+.

Vosne-Romanée Les Barreaux 2019 : plus mûr, beaucoup plus concentré, mais on garde de la fraîcheur, de beaux fruits rouges gourmands, framboise à peine confiturée, finale longue et fraîche. Du niveau d’un beau 1er cru. TB++.

Echezeaux Grand Cru Les Loachausses rouge 2019 : on sent une pointe d’élevage contrairement au précédent, l’attaque semble plus ronde, beau volume, tannins fondus, la finale épicée et acidulée est plus tendue et prometteuse. TB+.

Clos de Vougeot Grand Cru rouge 2019 : (vignes de 80ans) Couleur assez claire comme tous les vins du domaine, on sent un fruit un peu plus confituré, plus de matière, un peu plus de tannins que dans les autres cuvées, pour la garde. TB+.

Richebourg Grand Cru rouge 2019 : un peu plus fermé, à aller chercher, mais il combine les qualités des autres, finesse des tannins, fruité très pur et très frais, notes florales, déjà buvable et gourmand, avec une bonne longueur. TB++.

Cinso 2019 : difficile de passer derrière les bourgognes... Cinsault très fruité, facile, léger, fruits rouges sucrés et épices, peut-être un poil trop de sucrosité. B.

L’O de la Vie 2019 : (syrah) lardé, assez frais et relativement léger. B+.

Ciaude 2019 : (syrah, carignan, grenache) encore un peu d’élevage, attaque ronde, mais finale assez longue et saline, prometteur pour l’avenir. TB-.

Combettes 2019 : (marselan) toujours un peu de mal personnellement avec ce cépage rustique et épicé…

Grenache 2019 : clair en couleur, facile, fruité, assez léger. B.

 

 

Heresztyn-Mazzini

Bourgogne rouge 2017 : (parcelle champ franc, bas de Gevrey. Egrappé ici) clair en couleur, beau fruité, encore quelques tannins sur la finale, mais belle concentration et de la longueur pour le niveau d’appellation. B+.

Gevrey-Chambertin Les Jouises Vieilles Vignes rouge 2017 : (Jouises et fourneaux. 50% grappe entière, 25% fûts neufs) Coloré, tannins encore un peu serrés, petit élevage toasté, rafle bien maîtrisée, finale assez longue et saline. TB-.

Gevrey-Chambertin 1er Cru La Perrière rouge 2017 : couleur un peu évoluée, ferreux, animal, un peu dur, à l’ancienne. Moins mon style. B.

Gevrey-Chambertin 1er Cru Les Goulots rouge 2017 : beau volume, les tannins restent assez fins par rapport aux autres cuvées du domaine, il combine fruits noirs et fraîcheur de la rafle. TB.

Morey-Saint-Denis 1er Cru Les Millandes rouge 2017 : (60% grappe entière) noir, concentré, café, kirsch, déjà un peu évolué, plus solaire (raisins millerandés) que les gevreys. B-.

Bourgogne rouge 2018 : beaucoup de matière, plus concentré que le 2017, encore un peu dur, à attendre. B.

Gevrey VV 2018 : (50% grappe entière, dans l’ensemble plus de rafles que dans les 2017 pour aller chercher de la fraîcheur, mais moins d’extraction) marqué rafle, végétal, un peu grillé aussi. B-.

Gevrey 1er cru Goulots 2018 : plus serré que le 2017, mais là aussi il semble plus frais, ce climat est plus à mon goût. TB.

Gevrey 1er cru Champonnets 2018 : (100% grappe entière) très noir et concentré, belle acidité, mais tannins fermes, à attendre impérativement et longtemps. B+.

Morey-Saint-Denis 1er Cru Les Millandes rouge 2018 : (100% grappe entière) très noir, toast, anchois, solaire, dur, à attendre. B-.

Des vins avec des qualités (concentration, bonnes acidités sur 2018), un gros travail à la vigne en biodynamie depuis la reprise du domaine par Florence et son mari en 2012 qui commence à se faire sentir, mais qui doivent encore progresser à mon sens au niveau finesse surtout.

(FDGV 2015 : Heresztyn-Mazzini Gevrey 1er cru Les goulots 2014 : très épicé, puissant, un peu chaud. B.)

herezstyn

 

 

Pierre Damoy

Bourgogne blanc Les Raveries 2017 : (vignes sur Fixin, chardonnay, pas de malo) nerveux, tendu, citronné, floral, levure, un petit côté brioche, me rappelle les Bouzeron de De Villaine. B+.

Bourgogne rouge 2017 : belle couleur rouge rubis, brillante, fruits rouges très purs à peine confiturés, belle acidité, tannins encore un peu serrés mais belle longueur pour le niveau d’appellation. Je trouve un petit côté nebbiolo dans certains de ses vins. TB-.

Fixin Les Mogottes rouge 2017 : on retrouve cette couleur et cette « brillance aromatique » (le vigneron tient à ce terme), c’est épuré, un peu confituré mais sans tomber dans la lourdeur, finale tendue et un rien serrée. TB.

Gevrey-Chambertin Clos Tamisot 2017 : (30% grappe entière) comme le précédent, mais un peu plus épicé et plus de profondeur. TB+.

Chapelle-Chambertin Grand Cru rouge 2017 : on garde la même profondeur, la même pureté, mais la matière est plus épaisse, plus arrondie à l’attaque, avec des tannins fins, un petit côté fraise sucrée et le vin se retend sur la finale. Magnifique. TB++.

Chambertin-Clos de Bèze Grand Cru rouge 2017 : là aussi c’est mûr, sur la fraise confiturée, mais peu extrait, avec une superbe profondeur minérale, aussi large que long, un peu plus fermé en l’état que le précédent peut-être, mais encore plus long. TB++.

Gevrey Clos Tamisot 2015 : proche du 2017, encore jeune, plein de fruit, mûr, mais parfaitement équilibré. TB+.

Chambertin Clos de Bèze 2018 : plus sombre en couleur, plus fruits noirs, plus fermé, un peu plus concentré, mais la fraicheur est là. A attendre absolument, pas encore tout à fait en place nous dit Pierre Damoy mais tout à fait normal à ce stade. A regoûter dans quelques années. TB+.

Des vins et un vigneron paradoxaux, avec des méthodes qui ne sont pas forcément celles couramment admises, vendanges très tardives qui permettraient d’obtenir des vins ni trop colorés ni trop alcooleux, une fois passé le pic de « pigmentation », (ça m’a tout de suite évoqué Reynaud) puis élevages très longs, etc... Lorsqu’on demande à Pierre Damoy s’il a changé de style car ses vins semblent s’être affinés, il répond qu’il n’a jamais cherché à faire des vins durs mais qu’il a aujourd’hui un meilleur matériel (pressoir, micro-collage…). Les millésimes solaires de ces dernières années lui conviennent parfaitement. On ressort pleinement convaincu par les vins, et complètement désorientés par ces méthodes de vinification. Une rencontre passionnante !

 

 

Jérôme Castagnier

Les 2019 ont été embouteillés il y a 4-5 jours environ. Comme nous étions en retard, nous n’avons pu faire qu’une partie de la gamme. Les vins nous ont semblé fins, gourmands, pas trop confits, prometteurs, moins durs que ce que j’avais goûté sur salon par le passé et plus convaincants. Il faudra regoûter d’autres millésimes pour mieux m’imprégner du style du domaine.

Bourgogne aligoté blanc 2019 : (vignes sur Morey) simple, vif, rafraîchissant. Bien fait. B+.

Coteaux bourguignons pinot noir 2019 : léger, plein de fruits rouges, juteux, pas très long mais glisse tout seul. TB-.

Chambolle-Musigny Aux Echanges rouge 2019 : plein de fruits rouges, à peine sucré, facile, très rond, manque un peu de profondeur, à peine vanillé. TB-.

Clos Saint-Denis Grand Cru rouge 2019 : (100% egrappé, 40% fûts neufs) couleur assez sombre, c’est mûr et un peu confituré à l’attaque avec des tannins déjà fondus et un beau volume, la finale est par contre longue et saline, nous laissant sur une impression de bonne fraîcheur. TB+.

 

 

Rossignol-Trapet

Beaune 1er Cru Les Teurons rouge 2018 : beaux fruits rouges assez purs et acidulés, assez tendu, frais, finit un poil serré (les vins sont servis à température de cave donc un peu froids pour les tannins) B+.

Gevrey-Chambertin rouge VV 2018 : (environ 60% de grappe entière sur la gamme des 2018) beaux fruits rouges plus mûrs et plus confiturés que dans le Beaune, manque un peu de vivacité, finale encore un peu serrée. B+.

Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos Prieur rouge 2018 : nez un peu poussiéreux au départ et ferrugineux, bouche assez fine, mieux que le nez, bon équilibre, tannins fins. TB-.

Gevrey-Chambertin 1er cru Corbeaux 2018 : plus fruits noirs, quelques notes animales, un peu trop de sucrosité. B+.

Gevrey-Chambertin 1er Cru Petite Chapelle rouge 2018 : nez plus sur la terre, le fer, pointe de pruneau, mieux en bouche, grosse matière, plus d’acidité que dans le précédent, encore un peu serré, pour la garde. Beau potentiel. TB.

Latricières-Chambertin Grand Cru rouge 2018 : assez rond et épicé, élevage encore présent qui le rend rondouillard, un peu pataud par rapport au précédent. TB-.

Chapelle Chambertin 2018 : plus puissant, plus concentré, plus solaire, plus fruits noirs, un peu confituré, encore un peu de tannins, à attendre, mais plus prometteur que le précédent. TB.

Chambertin Grand Cru rouge 2018 : couleur sombre, très concentré, épicé, assez mûr à l’attaque mais finit frais. Clairement à garder longtemps, mais prometteur. TB+.

Gevrey Clos prieur 2017 : bien sûr plus clair en couleur, plus maigre, plus d’acidité, plus « classique » dans l’équilibre, avec pas mal d’épices, c’est assez long, encore un peu serré. TB.

De vrais gevreys, terriens, avec de la concentration, des tannins (mais de qualité, rien d’inquiétant pour la garde), quelques cuvées nous ont paru un poil trop confiturée, mais à voir dans le temps. Accueil au top par un vigneron humble et passionnant.

 

 

 Georges Noëllat 

Tous les vins sont 100% égrappés. Les 2019 seront mis en bouteille au printemps a priori. Si les 2018 s’en sortent pas trop mal, les 2019 nous ont semblé très confits en l’état. Maxime Cheurlin n’aime pas trop ce millésime (2018 non plus d’ailleurs), il est par contre très confiant sur l’équilibre de ses 2020.

Hautes côtes rouge 2018 : clair en couleur, plein de fruits rouges à peine sucrés, gourmand, juteux, facile, quand même du volume. Ca commence bien. TB-.

Vosne-Romanée rouge 2018 : (assemblage de 4 parcelles) proche du précédent, un poil plus long. TB.

Gevrey-Chambertin 1er cru Le Fonteny 2019 : bien plus noir, confiture de fruits noirs, épices, solaire, un peu lourd. B.

Morey St Denis 1er cru Monts Luisants rouge 2019 : très confituré presque sucré, crème de cassis. B-.

Vosne-Romanée 1er Cru Les Petits Monts rouge 2019 : sur cette parcelle de haut de coteau, déjà un peu plus d’acidité et de fraîcheur, même si ça reste bien mûr. TB.

Vosne-Romanée 1er Cru Les Beaux Monts rouge 2019 : plus mûr et plus concentré, bien confituré aussi, enfin quelques tannins alors que jusqu’à présent les vins semblaient très ronds. B+.

Grands-Echezeaux rouge 2019 : très sombre, là aussi, beaucoup de confiture, peu d’acidité, grosse matière toute ronde. A voir dans le temps s’il retrouve un meilleur équilibre. B+.

 

 

Hubert Lignier

Gevrey Chambertin Seuvrées 2019 : (sera embouteillé en juin comme la plupart des 2019. Jeunes vignes) Encore un peu d’élevage caramel au nez, sur la prise des bois en ce moment, la bouche présente une belle matière, des tannins fins et un bel équilibre sucre/acidité, sans avoir le fond des vins suivants. B+.

Pommard chanlins 2019 : (vignes de 2013) un jus assez pur, sur les fruits noirs, avec plus d’acidité et de profondeur que le précédent, on sent un peu la rafle ici sans que ce soit gênant. TB.

Chambolle-Musigny Les Bussières rouge 2019 : (environ 20% fûts neufs) un peu sur la prise de bois aussi, caramel au nez, belle attaque en bouche, florale, aérienne, la finale chauffe un peu. TB-.

Morey-Saint-Denis Trilogie rouge 2019 : (Parcelles Porroux, Clos solon, Chenevery. Vignes plus âgées) on rentre dans le sérieux à partir de ce vin-là, avec des fruits noirs, beaucoup de tension, une vraie colonne vertébrale minérale, des tannins qui donnent de l’allonge et une finale saline, le style me rappelle de suite Dujac. TB+.

Chambolle 1er cru Chabiots 2019 : très floral, très différent, petits fruits rouges, très aérien, de de la dentelle, un peu moins d’acidité dans le fond, plus facile à boire en l’état. TB+.

Morey St Denis 1er cru VV 2019 : (Faconnières et Chenevery) proche du Morey trilogie, mais plus de tout, surtout une finale encore plus tendue et plus saline. TB++.

Clos de la roche 2019 : il combine la noble austérité du Morey VV, sa minéralité, avec en même temps la finesse, le côté floral de Chabiots, déjà délicieux en l’état, mais aussi d’une profondeur incroyable. Le vin de la journée pour tout le monde, sans discussion. Exceptionnel.

Chambolle 1er cru Chabiots 2018 : (à l’ouverture de la bouteille) il réussit le tour de force de passer derrière le Clos de la Roche, très floral, très aérien, comme le 2019, peut-être un peu plus sur le noyau de cerise. TB++.

Nous terminons donc en beauté avec les vins de Laurent Lignier, qui au final sont probablement ceux qui nous ont le plus émerveillés par leur profondeur surtout. Quand en plus ils sont servis par un vigneron généreux et passionnant, qui tâtonne constamment, et se remet toujours en question (à la manière d’un Thibault Liger-Belair par exemple) que demander de plus !

 

13 mars 2021

Pierre Peters (Le Mesnil-sur-Oger) ****

Domaine historique d'une vingtaine d'hectares, aujourd'hui dirigé par Rodolphe Peters, possédant de belles vignes de chardonnay sur la Côte des Blancs, au Mesnil-sur-Oger, Oger, Avize et Cramant. Les vins sont ici élevés en cuves, les malos faites en partie seulement depuis quelques années. Les champagnes sont tendus, crayeux, très purs, reflétant bien les terroirs de la Côte des blancs.

 

 

Pierre Peters - Champagne Blanc de blancs Brut Cuvée de Reserve : (100% chardonnay, dosage 6-7gr/L. 20 années assemblées. Pas de date de dégorgement indiquée) Couleur très claire, nez classique d'un blanc de blancs, citron, brioche, fleurs blanches, amande. La bouche est crayeuse, sur les agrumes, la brioche, la noisette, un peu austère, semble moins dosée que les 6-7gr annoncés, avec un peu d'amertume, bulle moyennement fine. Elle reste assez simple et d'une longueur moyenne. Bonne entrée de gamme mais pas plus, qui ne devra pas dépasser les 35€. B+.

 

13 mars 2021

Domaine du Vieux Donjon (Châteauneuf-du-Pape) ****

Le Vieux Donjon appartient à la famille Michel depuis plus d'un siècle. C'est aujourd'hui Claire Michel (depuis 2008) et son frère François (depuis 2013) qui gèrent ce domaine de 17 hectares (dont 1 ha de blanc). Les vignes sont situées majoritairement sur Pied Long, puis Cabrières, Rayas, Cristia, Pied de Baud, Bois de Boursan, La Mourre de Gaud... Les vins sont vinifiés en cuves béton puis élevés en foudres, avec une partie de grappe entière, généralement autour de 70% grenache, mourvèdre et syrah. Ce sont parmi les vins les plus fins et aériens de l'appellation.

 

 

Le vieux Donjon - Châteauneuf du Pape rouge 2010 : Couleur rubis aux contours tuilés, nez de cerise à l'eau de vie, fraise écrasée, prune, cuir, fruits des bois, figue. La bouche est élégante, pas très épaisse, ni très ronde, mais fraîche et en longueur, avec un beau fruité encore assez jeune, cerise à l'eau de vie, cerise, fruits des bois, un peu de cacao, bonne acidité derrière. La finale est de bonne longueur, l'aromatique fait un peu chaleureuse (fruits à l'eau de vie) mais c'est compensé par une bonne fraîcheur et des tannins très fins. TB+.

 

Vieux Donjon - Châteauneuf 2018 : joli nez typé grenache sur la finesse, bouche avec la finesse du domaine, mais un peu trop de sucrosité en l'état, les 15% se sentent par le sucre, tannins fins sinon. A attendre un peu. TB.

 

10 mars 2021

Chanin wine Co. (USA) ***

Domaine fondé par Gavin Chanin en 2007, après avoir fait ses classes chez Qupé et Au Bon Climat. Le domaine achète principalement des pinots et des chardonnays dans les Sta Rita Hills (Sanford & Benedict Vineyard), Sta Barbara County (Los Alamos Vineyard) et Sta Maria Valley (Bien Nacido Vineyard), ne produisant ensuite que du parcellaire. Les raisins achetés sont généralement bio, le travail à la cave est peu interventionniste avec une recherche de l'élégance et de la fraîcheur (memebre du IPOB). Les vins peuvent être marqués par l'élevage en barriques.

 

 

Chanin - Sanford & Benedict Pinot noir 2015 : Couleur sombre pour un pinot, nez un peu chaleureux, fruits noirs et épices et marqué par un élevage vanillé. La bouche est assez ronde, confiturée, manquant de peps, vite lourde et finissant sur l'élevage. Le lendemain, l'élevage semble mieux intégré, le nez est plus élégant, mais ça manque toujours d'acidité. Une déception pour une première rencontre avec le domaine. B-.

 

Chardo los alamos 2020 beau fruité, fruits jaunes, agrumes, tendu, salivant, peu de bois, sur le fruit. TB. Pinot noir 2020 assez pur, belle matière, peu boisé, bien fait. Los Alamos pinot 2019 très clair, à peine fumé salin, garrigue, 13% vol, long, très bon. Zotovich pinot 2020 ultra clair, proche, à peine moins salin, plus dense et plus soyeux, à peine boisé. Sanford & Benedict 2019 pinot (13,5%) à peine plus coloré, (clair quand même) plus de tannins, plus de puissance, plus de grappe entière, moins salé, très long, taillé pour la garde, s’annonce vraiment superbe. Belle gamme !

 

10 mars 2021

Tolpuddle (Australie) **** et Shaw & Smith ***

Tolpuddle est un vignoble d'une vingtaine d'hectares planté en chardonnay et pinot noir à Coal River (sud de la Tasmanie), région la plus fraîche d'Australie. Les vignes ont été plantées en 1988 par Tony Jordan et Gary Crittenden avant d'être rachetées en 2011 par Shaw & Smith (domaine des Adélaïde Hills). Les vins sont travaillés "à la bourguignonne", avec un élevage en barriques françaises (1/3 neuves dans les deux couleurs) et une partie de grappes entières sur le pinot noir. Le style est plutôt moderne avec un peu d'élevage mais gardant une bonne fraîcheur sans trop de sucrosité.

 

 

Tolpuddle - Coal River chardonnay 2019 : Couleur or pâle, nez expressif dès l'ouverture, sur un élevage bourguignon "à la Colin-Morey" grillé, cacahuètes, noisette, beurré, sans être outrancier non plus, mêlé à des notes florales, des fruits blancs assez mûrs et quelques fruits jaunes, un peu de soufre. Au réchauffement l'élevage se fait un peu plus marqué, plus vanillé, un peu trop peut-être. La bouche reste assez légère (13°), avec de la rondeur, du gras, mais aussi une très bonne acidité (certains se posent la question du tartrique), le tout est déjà bien équilibré, sur la même aromatique qu'au nez avec un peu d'ananas en plus. Finale de bonne longueur, avec un peu d'élevage mais aussi des notes d'agrumes et de citron confit qui permettent de rester sur la fraîcheur. Au final un vin très "Côte de Beaune", avec beaucoup de fraîcheur pour l'Australie, encore un peu marqué par l'élevage mais ça devrait s'intégrer d'ici quelques années. Un futur beau pirate ! TB.

 

Tolpuddle – chardonnay Tasmanie 2019 : toujours ce nez très allumette, autolyse, très bourguignon nouvelle génération, bouche avec une belle énergie, longue, salivante, certes marqué par l’élevage sur lies, mais bien faite. TB+.

 

Tolpuddle (Tasmanie), Coal River valley chardonnay 2022 : (sols silice et grès)  chardonnay travaillé sur lies avec un tiers de fûts neufs, très bourguignon dans l'esprit, très porté allumette et autolyse à l'ouverture. Bouche fraîche, elle acidité, toujours ce côté grillé des lies, léger beurré en se réchauffant, c'est long et salivant, encore jeune, un peu plus soufré que le précédent. Il y a de l'umami mais un peu moins. TB.

 

 

 

Shaw & Smith (Australie) – Sauvignon 2020 Adélaïde Hills : nez un peu réduit au départ, pas variétal. Bouche avec du peps, minérale, un peu plus sauvignon qu’au nez mais sans tomber dans le trop exubérant, fin et tendu. TB.

Shaw & Smith MMad vineyard blewitt springs Grenache 2021 : grosse cuvée de grenache, pas trop chaud, beau fruité rouge confituré, attaque assez ronde, gros volume, finale encore tannique, imposante, taillée pour la garde, mais reste frais, très chateauneuf dans l'esprit. TB.

M3 Chardonnay Adelaide Hills 2022 : nez boisé toasté, un peu mieux en bouche, pas de lourdeur, mais le toasté boisé domine. B.

Lenswood Vineyard chardonnay 2021 : touche beurrée avec un léger boisé au nez, bouche vive peu d'élevage, fraîche, bien faite, assez sage, assez long, bien fait, pas typé nouveau monde. TB.

Balhannah Shiraz 2019 : assez fin, avec de la rondeur, pas trop lourde, entre grenache et syrah. TB.

 

10 mars 2021

Laherte Frères (Epernay) ****

Domaine de 11,7 hectares, géré par les frères Laherte, Thierry et Christian, et depuis 2005 par Aurélien (le fils de Thierry). Situé au coeur de la Champagne, le domaine possède des meuniers dans la vallée de la Marne, des chardonnays sur le nord de la Côte des Blancs mais assez peu de pinots noirs. Les trois quarts des vins sont ici vinifiés en barrique, sans que ce ne soit jamais trop marqué, une petite partie fait la malo. Les champagnes sont peu voire pas dosés, plutôt orientés vers la tension.

 

 

Laherte Frères - Champagne Blanc de blancs Brut nature : (Coteaux sud d'Epernay et Côte des blancs. 50% vins de réserve. Foudres et fûts. Malo partielle. Dégorgé 09/2020) Couleur or pâle, nez brioché puis sur le citron, le pamplemousse. Bouche droite, stricte, pas une grosse matière, avec une légère amertume, sur les arômes du nez. Finale de longueur moyenne, citronnée, légèrement crayeuse, petite amertume. Un Champagne un peu trop austère en l'état, même si c'était un peu mieux le lendemain, à voir sur une bouteille avec un peu plus de temps en cave. B+.

 

7 mars 2021

Yarra Yering (Australie) ****

Domaine d'une trentaine d'hectares, planté en 1969 par l'horticulteur visionnaire Dr Bailey Carrodus, au centre de la Yarra Valley, à 60kms à l'est de Melbourne. Inspiré par les vins français, il crée en 1973 les Dry Red n°1 (assemblage bordelais) et n°2 (assemblage rhodanien) dans un style relativement frais et fin pour l'Australie, avec des vignes non irrigués, des faibles rendements... Il a toujours été entouré d'excellents winemakers comme Mark Haisma. Depuis la mort du Dr Bailey Carrodus en 2008 le domaine a été repris par Kaesler (Barossa) gardant la même philosophie. Les vins sont aujourd'hui vinifiés par la talentueuse Sarah Crowe (vigneronne de l'année en 2017)

 

 

Yarra Yering - Pinot Noir 2016 Yarra Valley : (Vignes d'environ 40ans. egrappé. Elevage 10 mois fûts français dont 30% fûts neufs.) Couleur rubis, claire et brillante. Nez très expressif dès l'ouverture, plein de fraises et de cerises rouges confiturées, rose, orangette, petit côté végétal (ronce), pas d'élevage ressenti. La bouche est très ronde, peu tannique, bonne épaisseur, sur la confiture de fruits rouges, les 14° sont bien intégrés mais se sentent par la petite sucrosité du vin. Ca semble très gourmand et facile sur le premier verre, flatteur, mais la finale manque de peps, on reste sur la sucrosité et des notes de bâton d'orangette. On se lasse dès le second verre. Au final, un pinot noir très classique du nouveau monde, j'ai l'impession d'avoir écrit le même CR sur certains pinots australiens (Bindi...) ou sud-africains. Les pinots de Timo Mayer ou Josh Cooper m'ont paru plus frais (effet grappe entière ?). Dans ce très beau domaine qu'est Yarra Yering, mieux vaut se tourner vers les Dry Red n°1 ou 2.  B.

 

Underhill shiraz 2013 : couleur noire, nez fruits confiturés, très boisé vanillé coco, eucalyptus, début de sous-bois, cigare. Bouche avec du fruit, très ronde, bonne acidité dans le fond, mais finale très marquée vanille. A voir dans le temps. B.

 

Dry red n°1 2016 : couleur sombre, nez encore marqué par l'élevage vanille, coco, fruits noirs. Bouche assez lissé par l'élevage, pas trop haute en alcool, ni trop lourde, mais clairement sur l'élevage vanille, coco. Sans grande surprise à revoir dans 10 ou même 20ans. B+.

 

Yarra Yering, Underhill shiraz 2016 : encore un peu d'élevage et petite sucrosité, il y a du fond derrière, juste un peu jeune, à attendre sereinement. TB-.

 

 

3 mars 2021

Adrien Renoir (Verzy) ****

En 2014 Adrien Renoir a repris le domaine familial Vincent Renoir, à Verzy (Montagne de Reims) et a aussi pu aquérir 2,5ha de vignes supplémentaires, d'où les étiquettes Vincent Renoir/Adrien Renoir. Le domaine entier est en cours de conversion bio (pour 2020), avec un travail plus pointu à la vigne, une mise en place du parcellaire, des levures indigènes, peu de dosage, des élevages en partie sous bois et des malo généralement faites. Les champagnes se veulent élégants et gourmands, bien qu'ils soient peu dosés, pas très vineux pour la Montagne de Reims.

 

 

Adrien Renoir - Champagne "Le Terroir" Grand cru Extra-Brut : (50% chardonnay, 50% pinot noir sur le grand cru Verzy. Base 2016, 20% vins de réserve élevés en foudres. dégorgement déc. 2019. Dosage 2,5gr. Malo faite.) Couleur or pâle, reflets saumonés. Nez élégant, sur les agrumes, les fruits rouges, la frangipane, petite touche beurrée vanillée bien intégrée, pas de notes grillées ni oxydatives. Bouche bien équilibrée avec de la tension, de la minéralité, peu de dosage et en même temps un côté "confortable" apporté par la malo et les foudres. Finale de longueur moyenne qui garde une bonne fraîcheur et ne sature pas. Une belle entrée de gamme dans un style élégant et gourmand mais sans jamais tomber dans le rondouillard, qui plaira au plus grand nombre. TB.

 

 

Adrien Renoir - Champagne Le Terroir chardonnay-pinot noir : (vendange 2019) joli champagne assez facile d'accès et rond pour un extra brut, semble juste très simple par rapport au suivant. TB-.

 

Adrien Renoir - Champagne Le Cépage Pinot noir : (1,6gr. Vendange 2019 dégorg mai 2022) Très beau blanc de noirs dans un style minéral, tendu, crayeux, long, belle maturité des raisins, le peu de dosage passe facilement, pas d'austérité. TB+.

 

1 Adrien Renoir, Vignes Goisses 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot meunier. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur à peine saumonnée, nez fruité, fruits roses, frangipane, gourmand, bouche avec un joli fruit, très fraîche, tension et gourmandise à la fois, pas du tout d'austérité pour le faible dosage, c'est long, avec du fond. Super pour commencer. TB++.

 

2 Adrien Renoir, Les Epinettes 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot noir. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur bien plus foncée et un peu plus rosée, nez plus vineux, plus fruits rouges. Bouche plus vineuse, plus dense, avec un côté crémeux, large à l'attaque, la finale est très longue, sur un côté presque tannique, crayeux, amers nobles, a besoin d'un peu plus de temps probablement. Taillé pour la table, mais quel vin ! TB++.

 

Adrien Renoir, Les Montants Grand cru Verzy 2019 : (100% chardonnay. Elevage fût. Dég 06/2023. Dosage 1gr) nez de chardonnay toasté, bouche assez droite, avec une très belle longueur, finale crayeuse. TB+.

 

Terroir 2021 encore un peu jeune. Epinettes 2019 vineux, encore un  peu d'élevage. Solera pinot noir 2013-2021 vineux, bien fait. Coteaux blanc 2020 manque un peu de tension, citron confit, petite vol. Pas le meilleur jour pour les goûter.

 

Adrien Renoir, Coteaux Champenois rouge Verzenay 2022 : couleur soutenue pour un pinot, nez très cerise, voire sirop à la cerise, bouche très gourmande, ronde, fruitée, presque une petite sucrosité, assez peu d’acidité pour un pinot, reste assez simple mais très efficace. TB.

 

27 février 2021

Chartogne-Taillet (Merfy) ****

Alexandre Chartogne a repris le domaine familial d'environ 11 hectares, sur la Montagne de Reims, en 2006. La qualité progresse d'année en année grâce à un beau travail des sols, une mise en place du parcellaire... Au chai les vins sont élevés majoritairement en fûts. Les champagnes combinent à la fois vinosité et tension, dès l'excellente entrée de gamme qu'est Sainte-Anne.

 

 

Chartogne-Taillet - Champagne "Les Alliées" 2007 Extra-Brut (100% pinot meunier, 1,4g/L) : couleur or pâle, très beau nez expressif sur la pomme bien mûre, un peu de brioche et de noisette. Beaucoup de bulles mais très fines en bouche, très belle tension, beaucoup de fraîcheur. Même aromatique qu'au nez. Finale de bonne longueur, un peu de noix. Très beau champagne, qui fait déjà un peu évolué pour 2007, prêt à boire. Ca commence très bien. TB.

photo 1(1)

Chartogne-Taillet – Champagne Extra-Brut Couarres Château : (100% pinot noir, vendange 2010, mise en bouteille juillet 2011, 4gr/L) robe assez foncée, nez expressif à l’ouverture, avec de la poire, de la pomme granny, un côté légèrement oxydatif de noix/noisette. Très bien en bouche, avec des bulles très fines, une bonne matière, un peu trop de gaz à l’ouverture mais parfait après quelques minutes, on retrouve l’aromatique très légèrement oxydative de Chartogne, une belle tension derrière, de la longueur. Beau champagne. TB.

Chartogne-Taillet - Sainte-Anne : entrée de gamme un peu plus dosée, vineuse, ronde, bulle fine, finit sur les agrumes et assez frais. TB-.

Chartogne-Taillet Heurtebise (base 2016) vineux avec une belle tension derrière. TB.

Chartogne-Taillet, Champagne Sainte-Anne Extra-Brut : (4 gr. Base 2020) Nez très pomme à l’ouverture, un peu d’agrumes, peu de lies. Bouche à la bulle fine, fruitée, facile, un peu de sucre mais un joli fond minéral et de l’allonge. TB.

 

Chartogne-Taillet - Champagne Les Couarres 2017 : (60% chardonnay, 40% pinot noir sur Merfy. Elevage fûts 228L. Mise en bt en juillet 2018.  Dégorgement novembre 2021. Dosage 5gr/L) Couleur à peine saumonnée, nez brioché, floral, maturité élevée. Bouche encore un peu austère, plus d'effervescence que dans les précédents, encore un peu fermé, a besoin d'une bonne aération en l'état. On sent que le dégorgement est un peu trop récent. Mais une finale crayeuse, tendue, prometteur. A attendre au moins un an. TB-.

 

Chartogne-Taillet, Les Barres 2017 (100% pinot meunier. Franc de pied. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 4gr) Couleur or, nez plus évolué, plus brioché. Bouche avec un beau volume, attaque assez large avec un dosage plus haut que les Renoir mais la finale d'étire sur une acidité plus haute, avec beaucoup de minéralité et d'élégance. TB++.

 

Avize 2019 (deg 2024) : un côté beurré, très chardo, assez large, un peu jeune encore. Pas la tension des pinots. TB.

 

Chemin de reims 2017 : (chardonnay) un chardo avec une belle tension, du fond, mais moins le coup de coeur que sur les pinots. TB.

 

 

Visite chez Alexandre Chartogne (domaine Chartogne-Taillet)

chartogne taillet

 

chartogne

On commence par une dégustation comparative Montagne de Reims/Côte des Blancs. En Zalto Universal, bouteille ouverte 1h à l'avance, 12° : l'idéal pour les jeunes champagnes qui ont de la matière et une bonne maturité, comme un grand vin blanc. Ailleurs nous avons été servis en Zalto Bordeaux, Zalto Universal ou Riedel Superleggero.

Saint-Thierry Extra Brut base2016 : (parcelle Grands champs, 90% chardonnay. Sur une craie très compacte, typique de la montagne de Reims) Très droit, très salin, avec une grosse profondeur minérale. TB++.

Avize Extra Brut base2015 : (sera appelé Hors série en 2015 car il contient aussi un peu de Merfy, ce sera "Avize" à partir de 2016. Sur une craie beaucoup plus tendre et friable typique de la Côte des blancs) L'opposé, bien plus large, rond, beurré, même élevage pourtant, sans non plus tomber dans le trop lourd grêce à une bonne fraîcheur dans le fond. Plus pour la table. TB+.

 

 

chartogne vignes

 

 

Les jus clairs sur fût

Avize bas de coteau parcelle "chemin de chalon" 2020 

Avize haut de coteau en foudre 2020 

Avize parcelle "Pierre Vaudon" et "Mont de Cramant" 2020

St Thierry (chardonnay Montagne de Reims) 2020

Couarre sur un fût neuf (pinot noir)

Orizeaux : toujours le plus compliqué, différent d'un jour à l'autre, parfois tirant savagnin.

Tailles d'Avize : pour des tailles (fin de la seconde presse) d'un beau niveau. On comprend pourquoi elles ne sont pas forcément jetées chez les bons vignerons.

Heurtebise

Exercice difficile au sens où il est difficile de se projeter sur ce que les jus seront après la seconde fermentation en bouteille, mais des blancs qui se goûtaient très bien, avec surtout une impression de minéralité, de salinité et de profondeur impressionnante.

chartogne le chai

 

 

En bouteille

Couarres 1996 : très évolué, champignon, difficile au milieu de jeunes champagnes. Le niveau n'était aussi probablement pas le même en 1996 qu'aujourd'hui quand on voit le travail à la vigne depuis quelques années.

Saint Thierry : (90% chardo, 10% meunier, base 2016 Extra brut) Toujours très droit, salin, même si on l'avait mieux goûté le matin un poil plus chaud et avec plus d'aération. TB+.

Orizeaux : (pinot noir, base 2015, extra brut) Moins compliqué que sur fût, il se livre bien, profond, pointe oxydative, finale tendue, saline. TB+.

Les Barres : (meunier extra brut 2016) Vraiment un joli meunier, où on retrouve le côté droit, précis et long du domaine. Les terroirs sont plus facilement lisibles que les cépages chez Alexandre Chartogne. TB+.

Les Couarres : (60% chardo, 40% pinot. Extra Brut 2016) semble un peu plus massif dans la série. TB.

 

Première rencontre et premier coup de coeur. Accueil d'une générosité incroyable au domaine. Un grand merci à Alexandre !

 

27 février 2021

Dhondt-Grellet (Flavigny) ***

Adrien Dhondt a repris le domaine familial principalement situé sur la Côte des blancs, en 2012, à 22ans. Depuis les vins progressent chaque année, dans une philosophie proche du bio, inspirée de la Bourgogne. Ce sont principalement des chardonnays crayeux, tendus, élégants, avec beaucoup de minéralité. Un futur grand.

 

 

Dhondt-Grellet - Champagne "Dans un 1er temps" Assemblage extra-brut : (dosage 5gr) couleur clair, nez très gourmand fruité et pâtissier. Bouche un peu trop dosée peut-être mais gourmande, facile, ronde. Belle entrée de gamme. TB-. Une autre bouteille avec un peu plus de temps en cave semblait plus tendue, gardant cependant gourmandise et un beau fruité. TB.

Dhondt-Grellet - Chamapgne Gd Cru Blanc de Blancs Cramant Extra-Brut : (dosage 4 gr, 70% récolte 2015, mis en bouteille mai 2016, dégorgé en avril 2018, élevage barrique) Couleur claire, nez sur les agrumes, floral, boisé insensible. Bouche tendue, crayeuse, bulle fine, peu de gras pour un élevage barrique, belle longueur, un peu austère, pourrait sûrement vieillir encore un peu en bouteille. TB.

 

 

Visite au domaine Dhondt-Grellet à Flavigny avec Adrien Dhondt

 

Adrien Dhondt a repris le domaine familial d'environ 5 hectares principalement situé sur la Côte des blancs (et un peu sur le Sézannais), en 2012, à 22ans. Depuis, le domaine progresse d'année en année grâce à un gros travail à la vigne, sans recherche de certification. Les vins sont principalement vieillis en fûts avec malo, avec aussi un peu de cuves inox. Peu à peu les champagnes contiennent une bonne partie de vins de réserve même si Adrien aimerait aller encore plus loin, et surtout aussi allonger le temps sur lattes. Si le niveau est déjà élevé, la marge de progression est encore importante.

le bateau dhondt grellet

Ici, la parcelle le Bateau, à Cramant, où des piquets viennent d'être plantés afin de palisser plus haut, de faire grimper la canopée pour avoir plus d'ombre sur cette parcelle très solaire. Le réchauffement climatique est l'un des grands sujets qui préoccupe la Champagne.

 

dhondt grellet fut

Les jus clairs

Ici aussi, nous trouvons des jus clairs intéressants, avec un bon équilibre entre acidité et richesse du millésime 2020, un profil plutôt orienté sur la tension.

 

 

En bouteille : que des extra-brut, sur des dégorgements récents, parfois un peu trop récents peut-être, avec un bon potentiel d'amélioration après un an ou deux de cave.

Dans un premier temps base 17 : (50% chardonnay sur Sézanne, 30% pinot noir Avenay val d'or, 20% meunier Cuis) bulle un peu grosse, moins de tension qu'une bouteille bue récemment à la maison sur le même dégorgement bizarrement. Le froid dans la cave n'aide probablement pas. B+.

Terres fines base 17 : (chardonnay, sur le premier cru Cuis) un peu plus de tension, la bulle reste un peu plus grosse que d'habitude là aussi. TB-.

Cramant base 17 : (chardonnay sur Cramant) Cramant est déjà plus en place, bulle fine, tension, crayeux, finale saline. TB+.

Les Nogers 2014 ? : (chardonnay sur Cuis) Un gros cran au-dessus dans la finesse de bulles, on sent le temps sur lattes supplémentaire, tendu, large à la fois. TB++.

Le Bateau 2015 ? : (chardonnay, vieille vigne plantée en 1951) dégorgé récemment, semble pas tout à fait en place. TB-.

Terres fines base 18 : dégorgé il y a quelques jours à peine, il a besoin de temps, mais l'équilibre est là, pas trop chaleureux pour une base 2018. TB-.

dhondt grellet degustation

 

On termine sur la terrasse avec quelques jolis bonus, servis un peu plus chauds, où on sent de suite l'importance du temps sur lattes puis du temps en bouteille après dégorgement.

Nogers 12 : beaucoup de finesse, tension, crayeux, bulle fine. TB++.

Bateau 12 : plus solaire, plus large. TB+.

Bateau 16 : montre plus de profondeur, plus d'énergie, on sent les progrès accomplis à la vigne et dans le chai en quelques années. TB++.

 

Merci à Adrien pour la générosité de l'accueil. Nul doute que se trouve ici un futur grand de la Côte des blancs.

 

 

Dhondt-Grellet, Champagne "Dans un premier temps" chardonnay Extra-Brut : (base 2017) Entre les deux précédents, légèrement moins sur la tension que le Sélèque, un peu moins de largeur que Larmandier, style peu dosé mais bonne maturité, bulle fine, finale crayeuse. TB+.

 Dhondt-Grellet, Grand cru Cramant : (100% chardonnay. 70% 2018 + 30% réserve perpétuelle. Elevage fût. Dég. 05/2021. Dosage 2gr) chardonnay très gras, beurré, large, un peu trop, manque un poil d'allonge. TB.

 

17 février 2021

Philippe Darioli (Suisse) ***

Philippe Darioli est l'un des nombreux élèves de Marie-Thérèse Chappaz. Il se lance à son compte en 2003 avec 3 hectares de vignes et 11 cépages, principalement sur Leytron et Chamoson (même si le chai est à Martigny). Sa vigne est conduite en agriculture "raisonnée" comme il le dit lui-même mais pas en bio. Si les secs manquent parfois de profondeur sur certaines cuvées par rapport aux vins de son mentor, il fait partie des tout meilleurs producteurs de liquoreux valaisans.

 

Philippe Darioli - Vent d'Anges Grains Nobles 2012 Valais : (capége malvoisie/pinot gris, ermitage/marsanne et petite arvine. Elevage fût 2ans. 8% vol. 50cl) Couleur or profond, superbe nez sur les fruits exotiques type mangue, passion, puis miel, cire, acacia, abricot, ananas, encore tout jeune, il me fait de suite penser aux pinots gris SGN de Zind-Humbrecht. La bouche est sirupeuse, épaisse, probablement très riche en sucre sur ce millésime (on doit approcher les 300gr ?), peu d'alcool, sur la pâte de fruits exotiques et le miel, le tout bien équilibré par une acidité élevée, mais il faut bien ça vu le taux de sucre. Finale très longue, on reste sur de la mangue et de la passion acidulées. Excellent liquoreux, dans un style très riche, mais l'équilibre est là, reste plus qu'à attendre quelques années pour gagner encore en complexité. TB+.

 

17 février 2021

Pyramid Valley (Nouvelle-Zélande) ****

Domaine de la partie Nord de Canterbury (côté est de l'île du sud) créé par Mike et Claudia Weersing en 2000. Ces californiens sont passés chez De Montille, La Pousse d'Or, Deiss, Loosen, Calera, Neudorf... avant de trouver ce qui leur a paru être le lieu parfait, avec des sols argilo-calcaires de qualité et un climat relativement frais pour pouvoir planter du chardonnay et du pinot noir (premiers millésimes sur ces parcellaires en 2006). Le regretté Mike Weersing, décédé fin 2020, est un élève de Claude et Lydia Bourguignon. Il a été parmi les premiers en Nouvelle-Zélande à produire des vins de terroir, en biodynamie, dans un style très frais, peu extrait, peu sulfité, avec un énorme travail à la vigne, plantée à haute densité (10-12 000 pieds/hectare). Une petite activité de négoce dans le même esprit leur permet de compléter cette toute petite production. Le domaine a été vendu en 2017.

 

Pyramid Valley - Howell Family Hawke's Bay Cabernet franc 2012 (Growers collection) : (achat de raisins à la famille Howell, île nord, 12,5%) Couleur très claire, à pene rouillée sur les bords, très joli nez dès l'ouverture, principalement de petits fruits rouges, groseille, cranberry, pointe végétale type pivoine, ronce, qui fait plus penser à un pinot en grappe entière qu'à un cabernet franc, on trouve aussi quelques notes d'évolution (cuir, fumé). Bouche très élégante, légère, aérienne, peu tannique, pas très épaisse, toute en longueur, petits fruits rouges et pivoine, très épurée, jusqu'à la finale de longueur moyenne, acidulée, presque saline, très "évidente", qui donne envie d'y revenir sans cesse. TB+.

 

Pyramid Valley, Field of fire chardonnay 2014 (Canterbury) : (Planté à haute densité (10-12 000 pieds/hectare).  Parcelle argilo-calcaire plantée en 1999. Elevage demi-muids. Malo faite.)   Couleur or profond, nez un peu réduit, avec du grillé, du caramel, puis de plus en plus complexe, jasmin, verveine, léger beurré, fruits jaunes, noisette, devient très complexe et intéressant. Bouche par contre un peu plate, manquant d’intensité et d’acidité, un peu fatiguée, finit sur le caramel. Etrangement plus d’acidité et de fraîcheur le lendemain.  B+.

 

13 février 2021

Jacques Lassaigne (Montgueux) ****

Petit domaine de 5,75 hectares (dont 2 d'achat de raisins) dirigé par Emmanuel Lassaigne sur la Côte des Bar à une dizaine de kms de Troyes. Le domaine est spécialisé dans le chardonnay, avec des champagnes de terroir, peu dosés, peu sulfités, élevés partiellement en fûts, à la recherche de tension et minéralité mais le climat du sud de la champagne apporte plus d'exotisme que sur la Côte des blancs.

 

Lassaigne - Vignes de Montgueux Extra brut : (chardonnay) champagne à la bulle fine, pas très tendu, plutôt mûr et facile tout en restant bien sec, pointe d'autolyse peut-être, à l'ouverture surtout. TB-.

Lassaigne - Colline inspirée extra-brut : (chardonnay, en fûts) couleur dorée, nez de pomme, fruits jaunes, à peine beurré, pointe d'ananas en se réchauffant. Bouche bien sèche, à la bulle fine, très tendue, minérale, fruits jaunes, citron, un côté lambic de bois sec, pas de beurré ni de gras en bouche, c'est tout droit. Finale longue, tendue, citronnée et acidulée. Un beau champagne, dans un style austère, pour la table (fruits de mer notamment). TB.

 

12 février 2021

Caymus vineyards (USA) ***

Domaine familial du district de Rutherford, créé en 1972 par Chuck Wagner, d'abord de petite taille puis désormais proche de 140 hectares. Ses trois enfants, Charlie, Joe et Jenny ont désormais rejoint le domaine. Le style est très moderne, "nouveau monde", boisé et confituré.

 

Caymus - Napa Valley Cabernet sauvignon 2016 : (en 1/2 bt, assemblage de parcelles provenant de 8 des 16 sous-régions de la Napa) Couleur très noire, nez de crème de cassis, fruits noirs sucrés, gros élevage cacao, vanille. La bouche est presque sucrée, toujours sur la crème de fruits noirs, le cacao, la vanille, toute en rondeur avec des tannins complètement lissés par le fût, aucune sensation de terroir derrière, finale lourde et écoeurante dès le premier verre. Un vin inintéressant au possible, en plein dans le stéréotype cabernet de Napa boisé sucrailleux. Moyen.

 

11 février 2021

Hans & Anita Nittnaus (Autriche) ****

Domaine historique du Burgenland d'environ 45 hectares, situé à Gols, dirigé depuis les années 1980 par Hans Nittnaus et sa femme Anita. Ces derniers ont d'abord été parmi les premiers à tenter l'introduction de cépages bordelais pour la reconnaissance à l'international, avant de se tourner dans les années 1990 vers les cépages locaux (blaufränkisch, zweigelt...) avec la création du groupe Pannobile aux côtés de Paul Achs, Heinrich... Depuis 2013 le domaine est certifié en biodynamie. La philosophie ici est de laisser chaque terroir s'exprimer, avec des vins purs, pas trop extraits ni trop boisés, élégants, mais aussi capables de bien vieillir sur les meilleures parcelles.

 

Hans & Anita Nittnaus - Blaufränkisch Kalk & schiefer 2018 Burgenland : (100% blaufrankisch, élevage fûts de 500L, 12,5% vol) Couleur grenat, contours encore un peu violacés, pas trop foncé pour un Blaufränkisch d'un millésime mûr comme 2018, le nez est à peine réduit à l'ouverture, parfait après 1h de carafe, plein de fruit, très pur, sur la framboise, la mûre, un peu typé gamay puis en se réchauffant de plus en plus proche d'une syrah sur le cassis, le poivre, et des notes fumées, élevage parfaitement intégré. La bouche est juteuse, avec une très belle matière pour une entrée de gamme, des tannins fondus, texture agréable, pas beaucoup d'alcool, beau fruité assez mûr comme au nez, le tout bien équilibré par une belle acidité et une impression minérale de graphite. La finale est de longueur moyenne, elle reste fraîche, sur les fruits noirs, un peu de poivre, ronce, fumé, un petit côté sanguin aussi, très gouleyante, on y retourne facilement. Du très haut niveau pour cette cuvée (11€) qui en plus du côté facile à boire possède une vraie profondeur et une vraie personnalité. TB.

 

10 février 2021

Bodegas Zarate et Eulogio Pomares (Espagne, Galice) ***

Domaine familial de 6,5 hectares créé en 1707 et situé dans la vallée de Salnès, Zarate est aujourd'hui géré par Eulogio Pomares et son épouse Rebecca, dans une philosophie proche de la biodynamie. Ils ont été parmi les premiers à parier que les blancs de Galice pouvaient être plus que des vins de l'année avec notamment la création de l'Albarino festival dans les années 1950. Les vins sont travaillés sur la minéralité, l'expression du terroir, mais avec parfois un peu trop d'opulence par rapport aux meilleurs vignerons du moment (Nanclares, Forjas del Salnes...)

 

 

Bodegas Zarate - Rias Baixas El Palomar 2019 : (100% albarino, vignes d'environ 150ans franches de pied, 2000pieds/hectares, en pergola. Sols granitiques. Rendements 38hL/ha. Elevage un an sur lies en foudre de 2200L, malo faite en règle générale. 27€) Couleur dorée, nez exubérant dès l'ouverture, citron confit, poire, abricot, anis, fenouil, puis en se réchauffant brioche, léger grillé des lies, il fait beaucoup plus sud de la France (grenache blanc ou rolle) que Galice. La bouche est opulente, matière épaisse, avec l'aromatique exubérante du nez, un côté brioché encore plus marqué, grosse acidité (dur de dire si la malo a été faite ou non sur ce millésime), ça ne fait pas dans la finesse. La finale est longue, plus intéressante que le début de bouche, plus tendue, saline, avec de jolis amers, une sensation presque tannique, des notes de zestes d'agrumes, on arrive enfin à Galice. Mais en l'état ça reste un vin "too much" sur lequel on a du mal à enchaîner un second verre. A voir si il s'affinera avec le temps. Petite déception car on est loin du côté cristallin de Nanclares ou Forjas del Salnes par exemple. B.

 

 

Eulogio Pomares, Sal da Terra 2023 Rias Baixas : (albarino. Eulogio Pomares est l'oenologue de Zarate même si ce ne sont pas les mêmes vignes ici)  Couleur or, nez très mûr, exotique, presque goyave papaye, mangue, des notes beurrées. La bouche est très exotique aussi, on sent l'alcool, pas une grosse acidité, c'est sûr l'opulence. Le côté salin annoncé dans le titre n'y est pas du tout. B-.

 

10 février 2021

Bodega Maranones (Espagne) *** Daniel Jimenez-Landi et Comando G ****

Domaine créé en 2008 par l'homme d'affaires J. Fernando Cornejo et l'oenologue Fernando Garcia Alonso. Ce domaine d'une vingtaine d'hectares, en bio, est situé à 70kms à l'Ouest de Madrid, en altitude, entre la Sierra de Gredos et la Sierra de Guadarrama. Le style se veut peu extrait, majoritairement à base de grappes entières, en foudres, toujours à la recherche de l'élégance, de la fraîcheur et de l'expression du terroir, à l'instar de Comando G ou Jimenez Landi.

 

 

Bodega Maranones - 30 000 Maravedies 2016 DO Vinos de Madrid : (90% grenache + 10% variétés locales, grappe entière, élevage foudres) Couleur très claire, pas si loin du rosé, nez exubérant, grenadine, fraise écrasée, framboise, pivoine, il donne envie de se plonger dans le verre quoique le côté sucré laisse présager la suite. La bouche est malheureusement un peu écoeurante, avec une sucrosité trop marquée, des notes de sirop de grenadine et sirop de fraise, peu d'épaisseur, des tannins encore un peu durs. Finale un peu courte et sucrailleuse. Une entrée de gamme qui me laisse sur ma faim, à voir sur les cuvées au-dessus, plus en altitude. B-.

 

 

 

 

Comando G (pour Grenache et Gredos) a été créé en 2008 par 3 amis : Marcel Isart Pinos (qui n'est plus dans le projet aujourd'hui), Fernando Garcia Alonso de Marananos et Daniel Jimenez-Landi. Le domaine travaille en biodynamie, sur des parcellaires, moyenne de 1000m d'altitude, principalement du granite, avec des vinif peu interventionnistes, des grenaches infusés, en grappe entière, levures indigènes, fûts de 500 à 1500L. Juste un peu de SO2 à la mise. A noter aussi un blanc à base d'albillo.

 

 

Comando G **** (Vinos de Madrid - au salon La Dive)

Matabarricos 2018 très clair en couleur, style épuré, tout en fraîcheur et en longueur, petits fruits rouges, tire sur le pinot avec un peu plus de tannins. Bruja de Rozas 2018 grenache très peu coloré aussi, peu extrait, avec des notes de fruits blancs, peu d’épaisseur tout en longueur, finit sur des tannins serrés. Rozas 1er cru 2018 grenache toujours dans ce style épuré, frais, peu d’épaisseur, long, minéral, un peu serré. Travail très intéressant. Mais on se pose la question de savoir si on ne va pas un peu trop loin dans la quête de fraîcheur, un poil plus de concentration ferait peut-être du bien. A regoûter sur des vins servis un peu plus chauds et avec un ou deux ans de plus de bouteille.

 

(Comando G - Bruja de Rozas 2015 : style épuré du domaine mais un peu d'alcool et de sucrosité en bouche. B.)

Comando G (Sierra de Gredos), DO Vinos de Madrid La Bruja de Rozas 2021 :    Couleur très claire, nez très réduit à l’ouverture, bien mieux après 5h de carafe. Grenache infusé, très framboise, fraise, pivoine, aromatique élégante, mais fin de bouche encore très serrée, qui semble un peu jeune. B+.

Comando G (Madrid), DO Vinos de Madrid La Brena 1er cru 2020 : (parcellaire, 1060m d'altitude, expo nord, sur granite, avec des vinif peu interventionnistes, 100% grenache de 60ans, grappe entière)       Couleur ultra claire, de l’infusion extrême, superbe nez sur la rose, la fraise, la framboise, presque des fruits exotiques à la manière d’un blanc. La bouche attaque sur la finesse, le fruit, la fraîcheur, très peu de volume, elle s’étire longuement, sur des tannins serrés mais de qualité qui donnent de l’allonge, sensation minérale fortement présente pour ce vin d’esthète, qui peut être difficile à comprendre. TB++.

 

 

 

Il existe 2 domaines Jimenez Landi : le vieux domaine familial Jimenez-Landi (dans lequel Daniel a travaillé de 2007 à 2012) puis à partir de 2012 le domaine de Daniel Jimenez-Landi ici en solo. Le travail est dans le même esprit que Comando G. Là aussi les vins sont classés à la "bourguignonne" en Vino de pueblo (village), Vino de Paraje (premier cru), Vino de parcela (grand cru). 

 

 

Daniel Jimenez Landi **** - DO Mentrida Las Uvas de la Ira 2017 : (grenache. En foudre. 800-900m d'altitude Sierra de Gredos)  Couleur ultra claire, pas très loin du rosé, avec des contours orangés, couleur "Anglore". Nez plein de fruits rouges, framboise, très floral, pivoine, touche de grappe entière. Bouche qui semble d'abord légère, pleine, de fruit, pas de tannins, assez ronde, très juteuse, un peu sucrée, en se réchauffant l'alcool se sent un peu, une chaleur plus sudiste apparait. L'équilibre reste bon grâce à une finale légèrement amère/grappe entière pas trop sucrée. TB+.

 

5 février 2021

Etienne Sauzet (Puligny-Montrachet) ****

Le domaine d'une quinzaine d'hectares est dirigé par Emilie Boudot (arrière petite-fille d'Etienne Sauzet) et son mari Benoît Riffault qui a quitté Sancerre pour la Bourgogne en 2002. Les vins sont certifiés en bio depuis 2006 et en biodynamie depuis 2009. Le style parfois un peu opulent avant l'arrivée de la nouvelle génération est aujourd'hui sur la finesse et la pureté.

 

 

Etienne Sauzet - Puligny-Montrachet 2017 : Joli nez expressif dès l'ouverture, très floral, beurre frais et fruits jaunes acidulés. La bouche est décevante, très alcooleuse, avec beaucoup d'amertume. A voir dans quelques années s'il trouve un autre équilibre, ou peut-être une mauvaise bouteille. B-.

 

Hautes côtes de Beaune Clos du calvaire 2019 : (vigne derrière la Rochepot, proche du Bout du Monde de Colin-Morey) Couleur claire, nez très citron, pas de trace de beurré ni de grillé. Bouche toute en tension, citronnée, simple, taillée pour fruits de mer, longueur moyenne, salivante, fraîche. B+.

 

Etienne Sauzet : Puligny 22 très fin et épuré, pas du tout de gras, frais, mais ça manque presque un peu de vin, idem avec Puligny sous le Puits 22 va un peu loin dans l’épuré, Champ Canet 22 a le volume qu’il manquait aux autres, petit élevage autolyse présent sans aller trop loin, très réussi.

 

 

FDGV 2015

Etienne Sauzet Puligny 1er cru Les Perrières 2015 : très expressif, plein d’amande, de brioche, tendu et gras à la fois, très long. TB+.

 

4 février 2021

Fumey Chatelain (Montigny-lès-Arsures) ***

Raphaël Fumey et Adeline Chatelain ont commencé la viticulture dans les années 1980, puis ils se sont mis à vinifier suite à lépisode de gel de 1991. Ils sont à la tête d'un domaine de 17 hectares, désormais épaulés par leur fils Marin Fumey qui après des stages en Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du sud, a fait progressé les vins du domaine. Les blancs ouillés et les rouges sont vieillis en cuves inox et vieux foudres.

 

 

Fumey-Chatelain - Arbois savagnin ouillé 2019 : B+.

Trousseau 2019 : un peu de couleur pour un trousseau, beaux fruits rouges et épices, finale un poil chaleureuse. B+.

Chardonnay 2018 : (ouillé) Première bouteille bouchonnée. La seconde est propre, citronnée, très tendue, pas très épaisse, minérale, assez longue, fraîche surtout pour 2018. TB.

 chardo 19 : fait légèrement oxydatif au nez, bouche assez tendue. TB.

pinot noir 2019 : fraise, très facile, frais, léger. TB-.

 Crémant : très élégant, léger, facile, frais. TB.

Trousseau 2020 : clair en couleur, très fin, juteux, frais, élégant. TB+.

Pinot noir remonte en ligne 2020 : gaz, volatile très haute. Moyen.

Vin de Paille 2015 : très haut en alcool, lourd. Une autre bouteille plus tard semblait plus en finesse, avec un beau fruité, sans lourdeur.

 

 

Fumey-Chatelain - Arbois Trousseau 2020 : beaucoup de gaz, couleur claire et brillante, nez de fruits roues un peu sucrés, bouche bonbon, un peu de sucrosité, tannins souples, manque un poil de peps, facile à boire. B+.

Fumey-Chatelain - Poulsard 2020 : beaucoup de gaz, couleur ultra claire, clairement nature infusé, jus de fruit, peu de matière, léger, acidulé, petite volatile. B.

Trousseau bastard 2023 : beaucoup de gaz à l'ouverture, puis joli vin, aérien, fruité, floral, léger, peu tannique. B+.

 

1 février 2021

Veyder-Malberg (Autriche) *****

Peter Veyder-Malberg incarne la nouvelle génération de la Wachau. Basé à Spitz de puis 2008, il cultive en biodynamie son petit domaine de 6ha. Il refuse de s'inscrire dans le Codex Wachau auquel il reproche de "forcer" les vignerons à faire du Smaragd à tout prix, donc des vins trop opulents vendangés trop mûrs, masquant les terroirs. Car la clé est là pour lui, chaque vin doit représenter son terroir, peu importe le degré d'alcool final. Force est de constater que par rapport à ses voisins, ses vins sont bien plus tendus, minéraux, avec beaucoup de profondeur.

 

 

Peter Veyder-Malberg - DAC Wachau Bruck riesling 2017 : (12% vol., hors codex) couleur paille, nez très minéral, notes de citron vert, zestes d'agrumes, pas de pétrole. Bouche perlante, tendue, ultra minérale, grosse impression de pureté et de caillou, dans le style d'un Pichler-Krutzler voire d'un Prager, à l'opposé de Knoll ou FX Pichler, finale très longue, saline, pointe d'amertume, zestes citron, mandarine. Superbe. Hâte de voir ce qu'il donnera dans quelques années. TB+.

 

Riesling Blümchen 2018 : (entrée de gamme, capsule vis) mou, semble presque fatigué, heureusement léger en alcool (11,5%) ce qui le sauve un peu. B.

 

Riesling Elsarner Ried Brandstatt 2019 : couleur dorée, nez d'agrumes, tilleul, légèrement fruits exotiques. Bouche avec un beau volume, garde tension et énergie, plus mûr et solaire que le Bruck 2017 mais il réussit à rester très bien équilibré, très long et subtil avec encore un bon potentiel de garde. TB+.