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Mon carnet Vin

27 janvier 2021

Tarlant (Oeuilly) ****

Benoît et sa soeur Mélanie Tarlant exploitent le domaine familial de 13 hectares (dot 9 de rouges) sur la rive gauche de la vallée de la Marne. Les vins sont en cours de certification Demeter. Les deux tiers des vinifications se font sous bois, les dosages sont généralement très faibles. Le domaine a toujours eu pour politique de garder longtemps les vins en cave, même sur l'entrée de gamme "Zéro Brut nature". Ce sont des champagnes avec du volume, de la maturité, de la vinosité et une belle profondeur.

 

 

Tarlant - Champagne "Zéro" brut nature en demi/bouteille : (1/3 chardo, 1/3 PN, 1/3 PM, base 2012 dégorgé en octobre 2016) robe or pâle, nez beurré, très typé chardonnay en fûts, un peu floral. Bouche avec une bulle assez fine, beurrée, sèche, bonne tension derrière, longueur moyenne. Comme souvent moins bien qu'en bouteille 75cl. B+. Une autre bouteille base 2010 bien mieux. TB.

Zéro brut Nature (base 2012, dégorgé en 2019) : un peu de gras, bulle très fine, surtout plus de profondeur que le précédent, belle longueur, superbe "entrée de gamme". TB+.

Tarlant Rosé zero : Très beau nez de fruits rouges et de framboise, bouche moins gourmande que ce à quoi on s’attendait, zéro dosage oblige, mais belle finesse et fraîcheur. TB.

Matinale 2003 : Beau champagne avec une grosse matière, beaucoup de longueur, bulle très fine, peut-être un peu chaud niveau aromatique avec des notes de noix à peine trop marquée à mon goût. TB-.

Blanc de meunier Vigne d’or 2003 : style très vineux, assez austère derrière Matinale 2003 même s’il a de la tension. B+.

Cuvée Louis : (1996 à 2000) doré miellé, rond, bulle ultra fie, pas d'oxydation. TB+.

 

 Tarlant - Champagne Cuvée Louis 2002-2003 : style différent, évolué, légèrement oxydatif, plus épais, vineux, plus complexe, mais moins de plaisir à l'apéritif, il a besoin de la table. TB.

 

 Argilité 2014 : style à la fois élégant, tendu, minéral, bulle ultra fine, pas de dosage mais reste confortable et très long. Très accessible en l'état. TB++.

 

Zéro Brut Nature blanc Base 2013 : bu en 2024, nez qui truffe évolué, bouche très fraîche encore, finale très umami, très longue, superbe. TB++.

 

Coteaux champ blanc 2019 version pinot noir : blanc de noirs tranquille, sent beaucoup l'autolyse, tendu, brioche, fumé, citronné, crayeux, presque tannique en finale, salivant. TB+.

 

Lutetienne 2005 : encore jeune, fringant, miellé, mûr, très umami, gastronomique. TB++.

 

Louis Tarlant 1996 (dég 2025) : zéro dosage, 28ans de lattes ! 50% chardo 50% pn.  Joli nez fruits jaunes mûrs, truffe, un côté beurré, évolution noble. Bouche avec du volume, de la maturité, heureusement qu'elle n'est pas dosée, ultra umami, très nourrie par les lies, très salivante, enveloppante, clairement gastronomique, avec une longueur exceptionnelle. Grand vin.

 

Tarlant Brut Zéro Base 17 très joli, umami, mûr, l’absence de dosage ne se sent pas, très long pour une entrée de gamme.  Argilité en amphore 2016 ? moins en place.  L’enclume 2013 plus opulent mais patiné par le temps.  La Vigne d’or 2009 très bon.  Vigne royale 2007 encore mieux.

 

24 janvier 2021

Descendientes de Jose Palacios (Espagne) ****

 Le domaine a été créé en 1998 par Ricardo Perez Palacios et son oncle Alvaro Palacios (du Priorat), renommé en hommage à leur père et grand-père José Palacios. Ce domaine de 45 hectares est conduit en quasi biodynamie, avec aussi une partie d'achat de raisins pour la petite cuvée "Petalos". Le domaine possède plus de 200 parcelles sur le village de Corullon, en altitude (500 à 900m), principalement avec le cépage mencia (+ quelques cépages blancs au milieu), sur des sols escarpés à base d'ardoises de schiste. Les vins sont travailés dans un style moderne, avec des élevages un peu appuyés, mais gardent toujours la fraîcheur du lieu et l'acidité naturelle du cépage. .  

 

 

Descendientes de José Palacios - DO Bierzo Villa de Corullon 2017 : (cépage mencia majoritaire, assemblage de parcelles. 13,5%) Couleur grenat, nez sur la violette, la cerise, la mûre, encore un léger élevage vanillé mais plutôt bien intégré, réglisse. Bouche qui combine un fruité gourmand, cerise rouge, mûre, à une belle fraîcheur, avec une bonne acidité, pas trop d'alcool, peu de tannins, élevage discret, fond minéral. Assez élégant mais reste un peu simple. Longueur moyenne, sur la cerise. Plutôt un bon vin, à condition de ne pas s'attendre à quelque chose de bourguignon comme on peut le lire parfois. On est plus proche d'un Languedoc frais, pas si moderne que ça (moins que les vins d'Alvaro Palacios en Priorat par exemple). Le rapport q/p est cependant moyen (40€). B+.

corrulon 2017

 

 Descendientes de J Palacios - Petalos del Bierzo 2015 : petit interlude vin rouge pour faire une pause. Le nez fait plutôt penser à une syrah, lardé, violette, poivre, fruits noirs, un peu animal, c'est très joli. La bouche est assez fraîche mais par contre la finale semble trop tannique, sèche, avec beaucoup d'amertume. Trop de sucres sur les papilles probablement, même après avoir rincé un peu. Le lendemain, joli nez aussi, bouche bien moins tannique, par contre la finale a gardé un côté amer et végétal un peu gênant. B+.

 


Petalos 22 fin floral assez clair, cassis violette, presque un peu light et lisse mais c’est bon. Las Lamas 21 léger, un peu maigre, fin, mais presque squelettique, finale qui serre un peu.

 

 

 

Adega Guimaro *** - Guimaro Ribeira Sacra 2020 : (100% mencia) Couleur sombre, nez un peu confituré, fruits noirs, violette, framboise, un peu lardé/fumé. Bouche qui reste assez ronde, facile, confiturée, pas trop haute en alcool (13%), peu tannique, facile à boire, manque un peu d'acidité, longueur moyenne, pas d'élevage ressenti. Bien fait. Excellent rapport q/p. B+.

 

 

Bodegas Paraguas *** - Ribeiro Finca la Cabrita Vino de Castes 2023 : (granit. 12,5%. caino, mencia, souson) couleur soutenue, nez un peu rustique, simple, des cépages teinturiers ? Bouche fraîche, juteuse, mieux que le nez, reste assez simple au final. B.

Bodegas El Paraguas, DO Ribeiro La sombrilla 2019 (majorité treixadura. Élevage cuves et fûts de 600L) : Couleur dorée, peut-être déjà un peu d'évolution. Joli nez fleurs blanches, fruits jaunes, pas mal de fruits exotiques au fur et à mesure que le vin se réchauffe, très miellé aussi, acacia. La bouche est grasse, fruitée, miellée, acidité moyenne, une certaine opulence mais qui reste contenue grâce au taux d'alcool assez bas (12,5%). Bonne longueur, pas de lourdeur sur la finale même si ce n'est pas spécialement salivant. Un joli vin, à son apogée je pense, et plutôt taillé pour la table. TB.

 

23 janvier 2021

Van Volxem (Allemagne - Sarre) ****

 Depuis que Roman Niewodniczanski a récupéré le domaine en 2000, bien aidé par l'arrivée de Domink Völk comme maître de chai en 2004, Van Volxem s'est aggrandi à 85 hectares et en même temps ne cesse de progresser. Les vins autrefois très mûrs et opulents ont gagné en finesse, grâce à un beau travail proche du bio à la vigne comme au chai : fermentations spontanées, faibles rendements, élevage en foudres Stockinger qui marquent de moins en moins les vins... Si ce sont les vins sucrés qui ont fait la réputation de Wiltingen (village d'Egon Müller également), Van Volxem montre qu'il est possible d'y faire des secs. Les vins ne sont pas encore les plus cristallins de la Sarre, mais sur les derniers millésimes ils ont vraiment gagné en tension et en minéralité  et deviennent très prometteurs.

 

Van Volxem - Riesling Scharzhofberger GG 2016 : (AP 14. 12% vol.) Couleur très claire, nez légèrement soufré/pierre à fusil à l'ouverture mais ça se dissipe très vite pour laisser place à du fruit, pamplemousse, zestes d'agrumes, fruits jaunes, résine, pas de pétrole, très "pur" pas de botrytis. Bouche sèche, très droite, minérale, sur les agrumes principalement avec un petit trait végétal, pas forcément un gros volume pour un GG, mais beaucoup de longueur. Finale saline, tendue, sur les amers qui font très zetes de pamplemousse toujours ce trait végétal qui m'évoque de plus en plus un sauvignon, ça en devient presque entêtant, on se dit qu'on est pas loin de la sous-maturité. Le lendemain le vin a pris du volume et aussi de la maturité, avec quelques notes de coing et d'ananas, une pointe de pétrole désormais, tout en gardant sa belle tension. Un vin à bien ouvrir à l'avance, voire à attendre quelques années supplémentaires dans l'idéal, bien dans l'esprit du nouveau style Van Volxem. TB+.

val volxem scharzhofberger 2016

 

riesling schiefer 2020 : superbe entrée de gamme, bonne acidité, fruit qui tire un peu sur l'exotique, pas très épais, mais rais et gourmand. TB.

riesling saar 2015 : dorée, nez évolué, miellé, fruits jaunes et exotiques, joli. Belle attaque avec de l'amertume, citron confit, la finale manque de peps par contre, presque grasse, on sent la chaleur du millésime ici. B+

 

 

Van Volxheim


Schiefer riesling 23 aromatique au nez, un peu de perlant mais tendu, nerveux, jolie bouche. Wiltinger riesling 22 frais et tendu, pas beaucoup de corps mais très bon frais, salin. Bockstein GG 2021 gourmand, un peu de SR peut-être, bon équilibre, jolie finale petits amers.  Schonfels riesling 2021 un peu de sucre, plus en rondeur, un peu trop.  Alte Reben 23 litchi, mou.   Volx GG 2023 black label litchi un peu mais quand même plus de peps en bouche, pas mal mais loin des Wittmann.  (pas de malo. 60% foudres le reste inox et fût, jolis entrées de gamme mais grosses cuvées un peu trop « travaillés »)

 

22 janvier 2021

Domaine Delaporte (Chavignol) ****

Depuis 2010 c'est Matthieu, le petit-fils de Vincent Delaporte, qui gère le domaine avec brio. Les vins progressent d'années en années. Les blancs passent en demi-muids ou fûts (sauf la petite cuvée) : ils sont parfois marqués par l'élevage en jeunesse, mais combinent ensuite largeur et longueur. Les rouges sont travaillés dans un style élégant, aérien. Une nouvelle cuvée, Côte d'Amigny (La grande côte), avec élevage wine globe/ballon en grès/fût, devrait voir le jour bientôt. L'avenir de l'appellation est ici !

 

 

Delaporte - Sancerre rouge 2018 : couleur sombre, nez de fruits noirs, on sent le millésime solaire, bouche fruitée, peu tannique, un peu confiturée, gourmande, fait pas vraiment pinot, manque un peu de minéral derrière. B.

 

Delaporte  - Sancerre rouge Silex 2017 : robe claire, nez cerise et bonbon anglais, pointe beurrée/lactique. Bouche toute en fruit, légère, peu de tannins, glisse toute seule. TB-.

 

Delaporte - Sancerre rouge cul de beaujeu 2017 : proche du précédent en l'état. TB-.

 

Sancerre bl 2018 : manque un peu de tension. B.

 

Delaporte sancerre bl 2019 : un peu variétal, facile, fruité. B+.

 

Silex 2018 : plus gras, moins variétal, pour la table, assez long, épais. TB.

 

Cul de Beaujeu rouge 2018 : un peu réduit à l'ouverture, plus noir et plus concentré que 2017, à attendre, mais jus prometteur. TB.

 

Sancerre bl 2020 : un peu moins variétal que 19, plus de volume. B+.

 

Blanc 2022 : pas trop variétal, floral, à peine mentholé, reste assez frais. B+.

 

Silex bl 2019 : du volume, du gras, sans être lourd, à attendre un peu, prometteur. TB.

 

Rouge 2020 : un peu moins solaire que 2019, léger, facile. B+.

 

Beaujeu 2019 : plus de profondeur que 2018, encore mieux. TB+.

 

Matthieu Delaporte, Sancerre Monts Damnés 2019 : couleur à peine plus marquée, nez sur des fruits blancs un peu plus mûrs, plus solaire sur ce terroir, quelques notes variétales de buis. La bouche est plus puissante, un peu plus chaleureuse. Une bonne acidité lui permet de rester équilibrée mais elle semble manquer un peu de finesse et de longueur en comparaison du précédent.  B+.

 

20 janvier 2021

Gangloff (Ampuis) ****

Yves Gangloff, alsacien d'origine, s'est installé dans le Rhône dans les années 1980. Les premières années il vend une grande partie de ses raisins, jusqu'en 1992, date à laquelle l'intégralité de la récolte est vinifiée au domaine. Yves et désormais épaulé par sa fille Elsa. Les vins sont à l'image du vigneron, "rock n' roll" mais avec une sensibilité certaine si on leur laisse du temps. Les blancs sont opulents, démonstratifs en jeunesse. Les rouges aussi sont dans un style qui en met plein la vue, un peu fou-fou en jeunesse, avec des élevages qui demandent du temps pour s'intégrer, même si les vins gardent toujours beaucoup de fruit.

 

 

Gangloff (salon d'Ampuis 2018, 2020 et 2014)

Condrieu 2016 : nez encore un peu marqué par un élevage grillé, très belle bouche grasse, fruitée, minérale dans le fond, belle longueur. TB.

Côte Rôtie Barbarine 2015 : nez encore plus toasté que le Condrieu, belle matière en bouche, fruits noirs, un côté à peine animal/sanguin, finale serrée en l’état. Un peu jeune mais bon potentiel si le bois s’intègre. Je ne connais que le 2011 qui était plus fin, moins solaire bien sûr. TB-.

 

Saint-Joseph Rg 2017 : un peu fou-fou, style opulent et très démonstratif de Gangloff, mais il a ce qu’il faut d’acidité dans le fond pour garder l’équilibre et au final on se régale bien. TB+.

 

Côte-Rôtie Barbarine 2017 : couleur bien noire, plus puissant que le St-Joseph, assez mûr, tannins encore très présents, un peu brutal, à attendre pas mal d’années mais ça sera sûrement excellent dans 10ans. TB.

 

(Condrieu 2009 : très fatigué, lourd, pas d'acidité, notes oxydées en finale. Moyen.

ganglof

 

 

Condrieu 2012 : nez moyennement expressif, bouche très fruitée, abricot, pêche, légères notes exotiques, très grasse, grosse matière, avec une belle acidité qui l'empêche de tomber dans la lourdeur. Très long. Excellent si l'on aime ce style de Condrieu bien épais. TB+ (+-18/20).

 

Cote Rôtie Barbarine 2011 : très fruité, un côté un peu confit, voire fruits cuits, cerise, un peu épicé, très fin, belle acidité, frais et fruité. TB (+- 17-17,5/20).

 

Gangloff, Côte-Rôtie La Barbarine 2017 : (assemblage Combard, Tupin = Blonde et Côte Rozier = Brune. Majoritairement egrappé. 5% viognier) Couleur assez sombre et brillante, nez "rock 'n roll", éclatant dès l'ouverture, plein de fruit, de notes fumées, un peu animal, léger boisé, il part dans tous les sens. La bouche est dans la lignée, mais avec une jolie texture, des tannins fins, beaucoup de longueur. Un petit côté aguicheur comme toujours avec les vins du domaine, mais c'est efficace, tout le monde prend une grande baffe et se régale. TB++.

 

Barbarine 2022 : encore trop jeune, un peu serré, élevage pas trop marqué, il y a du fond, aucune inquiétude particulière, bon potentiel.

 

Gangloff Condrieu 2018 : fruits jaunes et exotiques, violette, un peu de sucrosité, puissant, épais, 15°, finit un peu lourd, manque de fraîcheur. B.

 

Gangloff, Condrieu 2017 : nez pêche, abricot, floral, classique, bouche qui manque d’acidité. B.

 

 

14 janvier 2021

Schäfer-Fröhlich (Allemagne - Nahe) *****

Tim Fröhlich dirige ce domaine familial de 21 hectares situé à Bockenau, au nord de la Nahe, sur les rives de l'Ellerbach. Arrivé en 1995 à la tête du domaine, les vins n'ont cessé de progresser : faibles rendements, levures "naturelles", vendanges manuelles, travail sur la "canopée" pour garder de l'ombre, macérations assez courtes par rapport aux voisins, pressurage lent, élevages courts en cuves et foudres sans malo... Le domaine a été élu n°1 d'Allemagne en 2010 par Gault&Millau. La caractéristique principale des vins est la tension. Ils sont parfois "extrêmes", austères en jeunesse, très salins et caillouteux, encore plus que chez Dönnhoff peut-être, l'illustre voisin. Les deux plus grands vins sont probablement le Stromberg GG (sols de prophyre) et surtout le Felseneck GG (sols d'ardoises bleues), mais les sucres sont aussi d'un excellent niveau.

 

 

Schäfer-Fröhlich - riesling Stromberg GG 2017 AP21 : (parcelle de 2 hectares sur sols de prophyre, roche volcanique très noire et très compacte. Vignes de près de 80ans. Exposition sud, très forte pente. Vendangé fin octobre, à un peu plus de 90° Oechsle pour 12,5% d'alcool et un peu moins de 4gr de SR) Couleur très claire, nez à peine pétrolé à l'ouverture, notes minérales de pierre-à-fusil, fruits blancs, pamplemousse, très pur, sans botrytis. De plus en plus fruité avec l'aération. La bouche est très tendue, très minérale, saline, mais avec beaucoup de volume aussi, du fruit, notamment pamplemousse rose, coing, melon. Finale très longue, saline, sur les agrumes, le sel, le silex, quelques amers nobles. Un très grand riesling, parfaitement équilibré, qui bien sûr est encore tout jeune et va encore gagner en complexité, mais déjà bien plus accessible que ce que je pensais. TB++.

Schafer frohlich stromberg

 

 

Felsenberg GG 2017 : nez un peu réduit, bien marqué pétrole, austère. Bouche droite, minérale, pétrole, caillou fumé, assez longue. TB+.

 

Stromberg GG 2020 : très clair en couleur, nez expressif, fin, pas vraiment de notes fumées ou de lies, poire, abricot, pêche, à peine sucré. Bouche qui semble avoir 5-6gr de SR assez ronde et facile au départ, aromatique cristalline, très pure, eau de roche, fruits blancs, finale assez longue, sans le côté citrique, nerveux, soufré des GG 2020 de Schonleber qui sont plus tartrique, plus salivants, plus tendus et encore plus longs. TB+.

 

 Schäfer-Fröhlich, Grosses Gewächs Stromberg riesling 2017 : (volcanique, 5,3gr SR) Couleur très claire, nez réduit à l'ouverture, mieux après une demi-journée de carafe, nez fumé, citronné, presque tourbé. Bouche plus légère en alcool, très droite, très citronnée, plus d'acide tartrique, austère, peu de fruit, encore jeune, très longue et salivante, belle énergie mais aromatique un peu en-dedans. TB.

 

Felseneck Kabinett 2020 : (AP 24. 8% vol) riesling kabinett, minéral, bien tendu, énergique, sur les agrumes surtout, pointe mangue, superbe équilibre, excellent rapport q/p ici. TB+.

 

 Schäfer-Fröhlich, Schiefergestein Bockenauer riesling trocken 2020 (AP 13)    Nahe :  (jeunes vignes du grand cru Felseneck, qui ont désormais 20-30ans tout de même, sols d’ardoises, un peu de volcanisme pas loin. Elevage foudre, sans malo)  Couleur claire, nez un peu pétrole, citron vert, très « riesling », bouche très droite, beau volume, noble, austère, citron, pétrole, classique, efficace, encore jeune, beau niveau, surtout pour une entrée de gamme. TB.

 

Schäfer-Frohlich, Felseneck riesling kabinett 2020 (AP 24)  Nahe : (8%. 50gr SR) robe très claire, nez un peu réduit, fumé, citronné, bouche tranchante, très droite, fraîche, grosse sensation minérale, très digeste et salivant. TB.

 

13 janvier 2021

Leclerc-Briant (Epernay) ***

La maison Leclerc-Briant a été rachetée par un couple d'américain en 2012. Mark Nunnelly et Denise Dupré se sont donnés les moyens de leurs ambitions : ils engagent Frédéric Zeimett comme responsable, n'achètent que du raisin certifié biodynamie, réalisent des élevages partiellement sous bois, avec peu de sulfites, peu de dosage, pour des champagnes tendus et salins, qui progressent chaque année.

 

Leclerc-Briant - Champagne Brut réserve : (vendanges 2014, tirage en juillet 2015, dégorgé en 2018. 40% pinot noir, 40% meunier, 20% chardonnay, dosage 4gr) Couleur dorée, nez légèrement beurré, à peine vanillé, élevage bien intégré, bioché et sur les fruits jaunes. La bouche est à la fois vineuse, ronde, avec une belle minéralité dans le fond, une bulle très fine, pâtinée. Finale de belle longueur, plus tendue, presque saline. Du haut niveau pour l'entrée de gamme du domaine. TB.

 

11 janvier 2021

Vouette & Sorbée (Buxières-sur-Arce) ****

Petit domaine de 5 hectares créé par Bertrand et Hélène Gautherot dans les années 1980, certifié biodynamie depuis 1998. Grâce à un gros travail à la vigne, ils ont su mettre en avant les terroirs de la Côte des Bar, au sud de la Champagne. Leurs vins sont vinifiés en fûts, jamais dosés ni filtrés avec des doses de soufre relativement faibles. Ils présentent toujours une jolie profondeur minérale, mais peuvent être un peu stricts : ils aiment être carafés ou même être attendus quelques années supplémentaires en cave d'autant plus qu'ils sont commercialisés jeunes.

 

Vouette & Sorbée - Champagne Fidèle Zéro dosage : (100% pinot noir vinifié en blanc, dégorgé fin 2019) Couleur or profond, reflets à peine saumonés. Le nez est expressif, légèrement brioché, pointe de noisette, fruits jaunes, pomme, framboise. La bouche est à la fois droite et vineuse, sur les arômes du nez, encore un peu stricte et austère, meilleure le lendemain. Belle finale, longue et minérale, sensation presque tannique. A ouvrir à l'avance ou à garder un peu en cave. Un style moins fin, plus vineux et plus austère que le Roses de Jeanne pinot noir bu récemment, mais un jol fond là aussi. TB.

FIDELE VOUETTE

 

 

 Fidèle 2019 (deg fin 21) là aussi un peu moins austère que parfois sur ce millésime, vineux, belle largeur, garde sa tension. Top. Blanc d’argile 2018 (dég fin 20) blanc tendu, brioché, volume, bulle fine, frais, long. Top. Texture 18 pinot blanc, plus floral, moins de peps, moins intéressant.

 

9 janvier 2021

Domaine de la Côte & Sandhi Wines (Etats-Unis) ****

 Sandhi Wines (négoce) et Domaine de la Côte (domaine) sont les projets de Rajat Parr et Sashi Moorman dans les Sta Rita Hills.

 

Sandhi wines, Rita’s crown chardonnay 2014 AVA Sta. Rita Hills (Santa Barbara County)

Domaine créé en 2010 par Rajat Parr, « wine director » de Michael Mina Restaurants, et Sashi Moorman. Majeure partie en « négoce », et biodynamie. Rita’s Crown (couronne de Santa Rita) est située à la plus haute altitude de la région, de 600 à 1 000 pieds (=300m). Les sols de sables et de diatomées pures = coquillages fossilisés, caractéristiques de l'appellation, qui apportent la minéralité.

Couleur dorée, nez très marqué par l'autolyse (réduction bourguignonne, ou élevage sur lies sans oxygénation), ça sent l'allumette dans toute la pièce, on a du mal à trouver autre chose. En bouche on comprend mieux l'intérêt de cette vinification, très grosse énergie, c'est tendu, grosse longueur, parti pour durer longtemps, pas de gras, pas de beurré. On est exactement dans ce que l'on voit apparaître de plus en plus en Côte de Beaune. Il faut vraiment aimer ce parti pris. Certains ont adoré, d'autres détesté. TB-.

sandhi ritas crown

 

Sandhi Wines - Mt Carmel chardonnay 2014 : gouté sur un fond de bouteille, moins d'autolyse que le précédent, à peine plus gras, bonne longueur. TB.

Sandhi Wines - Pinot noir 2016 : nez orange sanguine, pamplemousse rose, éclatant. Bouche assez puissante, grosse matière, la finale manque un peu de frâicheur, encore un peu d'élevage. B+.

 

Sandhi Wines - Sanford & Benedict Pinot Noir 2014 Ste Rita Hills : (Un peu de gaz à l'ouverture, à secouer) Couleur très claire sans signe d'évolution, nez de petits fruits rouges, fraise sucrée, très pivoine, très floral et grappe entière, ronce, végétal, épices, éclatant dès l'ouverture de la bouteille. Bouche très fruitée, florale, peu de tannins, gourmande, éclatante, avec une petite sucrosité mais aussi une bonne acidité. Pas ultra longue mais très facile à boire. TB++.

 

13 Sandhi Wines - Mt Carmel chardonnay 2014 Santa Rita Hills : (sud Californie. 12%) Couleur dorée, nez très proche du précédent, très autolyse, grillée, un peu plus soufré ici. La bouche par contre montre plus de fond, plus de fraîcheur. Avec aération, le grillé s’estompe légèrement, beau floral, fruité, encore jeune, moins gras, moins d’alcool, plus d’acidité, belle longueur, salivante. TB+.

 

Sandhi, pinot noir 2022 : pinot aérien, infusé, floral, pas trop marqué vendanges entières non plus. Tannins très fins, frais, belle allonge. TB++.

 

 

 

Domaine de la Côte, Bloom’s field 2016 AVA Sta. Rita Hills (Santa Barbara County)

Créé par Rajat Parr et Sashi Moorman, vignes plantées en 2007, premier millésime en 2012. Domaine de 16 hectares, bio, tout en « propriété ». Philosophie du parcellaire et du « add nothing, take nothing away ». Bloom’s field : 3 hectares. Sols avec un peu de schistes et de fer. 100% grappe entière, environ 40% de fûts neufs.

Couleur très sombre pour un pinot, premier nez plutôt désagréable, légèrement animal et surtout marqué par un boisé toasté. Mieux en bouche, légèrement toasté, grosse matière, fruits noirs, cerises, olives, presque anchois, bonne acidité dans le fond qui permet de maintenir un certain équilibre. Belle longueur, mais ça ne fait pas dans la finesse. Le vin possède un gros caractère : il divise et fait beaucoup parler, il met une « vraie baffe » à certains, d’autres le trouvent vite écœurant. On a l’impression que par rapport aux autres nous ne sommes pas tout à fait dans le « add nothing »…  l’extraction est poussée, le boisé aussi, même si en effet il n’y a pas trop d’alcool et une bonne acidité. Il faudrait goûter d’autres vins du secteur pour en tirer des conclusions. A voir au vieillissement aussi. TB-.

domaine de la cote

 

9 janvier 2021

Bindi (Australie) ****

Bindi est un petit domaine de 7 hectares créé en 1988 à Macedon Ranges (à 50km au Nord-Ouest de Melbourne), aujourd'hui géré par Michael Dhillon dans une philosophie proche de la biodynamie. Le style se veut sur la fraîcheur, avec des vins peu extraits et peu boisés, tout en finesse pour les pinots noirs, sur la tension et la minéralité pour les chardonnays.

 

Bindi - Pinot noir "Dixon" 2018 Macedon Ranges : (Cuvée plutôt placée comme "entrée de gamme" du domaine, assemblage de "Original Vineyard" planté en 1988 et "Block K" planté en 2001. 100% egrappé. Elevage 11 mois en fûts français dont 10à15% de fûts neufs. 60€)  Couleur rubis très claire, à peine orangée, nez très expressif dès l'ouverture, sur la rose, la confiture de fraise et de framboise, très élégant, très pur et très gourmand. La bouche semble plutôt légère, sur le fruit et peu tannique, les 14% se sentent en fait par la légère sucrosité du vin, très marqué confiture de fraise, pointe d'orangette, à nouveau de la rose, bonne acidité derrière. Finale de longueur moyenne où on reste un peu sur le côté sucré. Au final un vin au nez magnifique, mais avec une bouche un cran en-dessous, qui m'a paru de belle qualité au départ mais qui devient un peu lassante au second verre à cause de sa sucrosité un peu trop présente. A voir sur les parcellaires. Le style est proche de Giant Steps (Yarra Valley) par exemple. TB-.

 

6 janvier 2021

Joshua Cooper (Australie) ****

Josh Cooper, Doug’s vineyard pinot noir 2018 - Macedon Ranges (Victoria) : (premier millésime en 2012. Fils des Cooper-domaine Cobaw Ridge. Achat de raisins aux meilleurs "grape growers", ici la famille Newnham. Exposition nord-nord-est, 500m d'altitude. Sols de basalte. Forte proportion de grappe entière. Elevage fûts français dont une faible proportion de fûts neufs) Couleur rubis, trouble. Très beau nez expressif, envoûtant, sur la pivoine, la fraise, épices orientales, un côté grappes entières suffisamment mûres. Bouche très fraîche, fruitée, tannins fins, très pure aussi (peu sulfitée peut-être) dans un style proche des "IPOB" californiens avec ce très bel équilibre entre fruit confituré et végétal noble. Très belle longueur. Semble déjà à point en l'état. TB++.

 

Josh Cooper - Cope Williams chardonnay Macedon Ranges 2018 : belle tension, grosse fraicheur pour l'Australie, léger grs et légère autolyse, bien équilibré entre les deux, mais semble très soufré (pique presque le nez). B+.

 

3 janvier 2021

Philip Togni (USA) ****

Petit domaine d'à peine plus de 4 hectares situé à 600m d'altitude à côté du sommet de Spring Mountain (Nord-Ouest de la Napa). Philip Togni a fait ses classes au Château Lascombes à Margaux auprès d'Emile Peynaud dans les années 1950. Il a connu la gloire au domaine Chappellet dans les années 1960 et 1970, puis il a commencé à planter ses vignes en 1981 (cabernet sauvignon + cabernet franc, merlot, petit verdot). C'est désormais sa fille Lisa qui est en charge du domaine. Si le style des vins est bien sûr "moderne" avec des fruits mûrs, extraits et un boisé appuyé, Philip Togni a toujours eu la réputation de faire des vins relativement frais et parmi les plus fins de la Napa Valley.

 

Philip Togni - Tanbark Hill Cabernet Sauvignon 2015 AVA Napa valley : (Second vin du domaine. 99% cabernet, 1% merlot) Couleur très sombre, nez sur les fruits noirs confiturés, le cacao, le café, me fait d'abord penser à une shiraz de Barossa, petit fond mentholé derrière. Bouche très ronde, tannins bien gras, déjà bien arrondis, confiture et chocolat, gourmand, pas trop d'alcool. Le vin commence à devenir intéressant avec la finale qui est plus fraîche, plus mentholée, avec plus d'acidité et des notes de viande fumée. Avec ses 14% d'alcool il reste bien plus digeste qu'un Shafer à 15,3% bu récemment. Si ce vin, bien évidemment encore trop jeune, m'a paru quelconque au départ, la finale laisse présager une belle évolution et peut-être une vraie identité. A confirmer dans 10ans... B+.

 

2 janvier 2021

Kutch (USA) ****

Cet ancien trader new-yorkais a complètement changé de vie pour devenir vigneron en 2005. Il achète quelques ares de vignes sur des belles parcelles à Sonoma, qu'il travaille lui-même. Membre du IPOB, il cherche à faire des vins frais, digestes, sans trop d'alcool. Les raisins sont peu extraits, majoritairement travaillés en grappe entière, les vinifications sont peu interventionnistes, sans bois neuf, pour des vins aériens, tout en pureté de fruit, proches du terroir. Depuis 2021 les vins sont passés en 50% grappe entière plutôt que 90-100% avec encore moins de bois neuf.

 

 

 

Jamie Kutch - Sonoma coast pinot noir 2016 : Couleur très claire, nez plein de fruits rouges, fraise légèrement confituré, rose, ronce, un peu "sauvage", bien marqué grappe entière, très classe, proche du Josh Cooper bu récemment. Bouche légère, aérienne, pas de tannins, tout en fruit rouge, bonne acidité, pas trop confituré. Pour chipoter il n'y a pas une grosse ampleur ni une grande longueur mais ce n'est que le "village" du domaine, un village parfaitement réalisé, qui se boit tout seul, alors que chez les autres producteurs de Sonoma les villages ont tendance a manqué de fraîcheur (parcelles pas assez en altitude souvent). TB+.

 

Kutch - chardonnay sonoma coast 2016 : (Bohan vineyard, 12,5%) Couleur or pâle, nez beurré, fruits exotiques, annonce un vin assez riche et boisé mais finalement la bouche est tendue, minérale, sur le citron confit, avec un léger gras, bonne longueur, finale fraîche et salivante, très joli. TB.

 

Kutch Mc dougall ranch sonoma coast pinot noir 2016 : robe colorée par rapport au "régional", encore un peu d'élevage, très frais, beau fruité, pas confituré du tout, du volume, faible en alcool (12%), bourguignon, beau potentiel, à garder 2-3ans encore. TB.

 

6 Kutch - Pinot Noir Falstaff 2016 Sonoma Coast : (Californie. 100% grappe entière. 12%) On change de registre, un peu plus coloré, nez très marqué grappe entière, pétale de rose, fraise un peu sucrée, éclatant, gourmand. La bouche est très fraîche, équilibrée, pleine de fruits rouges mûrs, de floral, pot-pourri, assez longue. TB++.

 

Kutch, Sonoma Coast Bohan vineyard pinot noir 2021 : (achat de raisins à la famille Bohan qui fournit aussi Failla, Flowers, Sandlands, Arnot Roberts. 400m altitude. 4,5kms de l’océan. Vignes de 1972. Sols de grès, sable avec un peu d’argile « Goldridge ». 50% VE, fûts non neufs.) Couleur assez sombre pour un pinot, nez très fin et délicat, sur la cerise rouge principalement, très typé pinot, même s’il n’est pas encore parfaitement ouvert. La bouche est très belle, pinot à la fois fin et sérieux, fruité, acidulé, encore un peu de tannins mais de qualité, il demande un peu de temps, encore un peu jeune, mais beaucoup de fond et un équilibre parfait, sans aucune sucrosité, pas du tout « nouveau monde » là aussi. TB+.

 

1 janvier 2021

Roses de Jeanne (Celles-sur-Ource) ****

 

Domaine créé en 2000 par Cédric Bouchard, sur la Côte des Bar (Aube), au sud de la champagne. Le domaine est minuscule (environ 2 hectares), avec un travail très poussé à la vigne, sur du parcellaire, des vinifications peu interventionnistes, sans dosage, en cuves. Les champagnes produits ici sont énergiques, avec de la tension, de la profondeur et toujours beaucoup de finesse. Ils sont commercialisés très tôt et méritent d'être gardés en cave quelques années supplémentaires.

 

 

Roses de Jeanne - Champagne Val Vilaine V17 : (100% pinot noir) : couleur or pâle, nez sur les fruits jaunes, à peine brioché et pain grillé, noisette, touche florale. Bouche pas forcément très vineuse pour un pur pinot, plutôt en finesse, bulle très fine, en tension, joli profondeur minérale sur les arômes du nez, avec une finale longue sur de jolis amers. Il pourra bien sûr gagner en complexité au vieillissement, mais c'est déjà bien en place, très fin et très digeste pour une base 2017. TB+.

 

 Roses de Jeanne, Cédric Bouchard - Champagne Val Vilaine 2017 : (100% pinot noir, parcellaire. Elevage cuves. Dégorgement en avril 2019. Non dosé) Couleur à peine saumonné, nez un peu réduit au départ, puis se développe sur des fruits rouges, frangipane. Bouche à la fois vineuse et tendue, maturité élevée, avec une certaine richesse à l'attaque puis une finale plus minérale. TB+.

 

29 décembre 2020

Egon Müller (Allemagne - Sarre) *****

Le domaine Egon Müller est désormais dirigé par Egon Müller IVème du nom. Il possède des vignes sur 2 parcelles classés grands crus par le VDP, toutes les deux dans le village de Wiltingen dans la Sarre, région au sud de la Moselle mais plus fraîche car plus en altitude. Le Scharzhofberg, dont Egon Müller possède 8,5 hectares sur 28 est légèrement en retrait du fleuve, montant jusqu'à 310m d'altitude, avec des sols d'ardoises grises et rouges. Le Braune Kupp (2,5 sur les 4 hectares) surplombe le fleuve, est exposé plein sud, plus bas en altitude (260m) sur des schistes rouges/bruns, donc plus solaire. Si Egon Müller rêve de faire un grand riesling sec comme le Clos Ste Hune, il a parfaitement conscience que c'est impossible à Wiltingen et ne cherche pas à forcer les choses. Il produit uniquement des rieslings allant du légèrement au très sucré. Ses vins sont probablement les plus cristallins et les plus fins de toute l'Allemagne. Ils sont toujours légers en alcool, d'une grande minéralité, semblant faciles et simples en jeunesse et révélant toute leur complexité et leur profondeur avec le temps. Les vins du Braune Kupp sont à peine plus opulents et plus rapides à se livrer que ceux du Scharzhof.

 

 

 

Egon Müller - Riesling Scharzhof 2011 : Couleur paille, presque translucide même. Le nez est assez ouvert, sur les agrumes, surtout le pamplemousse, un peu de citron aussi. Bouche très légèrement perlante, douce (11,5%), dans un esprit demi-sec mais avec une belle acidité, toujours sur le pamplemousse. Finale de bonne longueur, avec un bel équilibre sucre/acidité. Un vin assez simple, mais très frais, désaltérant et très dangereusement buvable. Note : 16/20.

P1020315

 

Vinexpo 2019

Egon Muller, Scharzhof 2018 : (AP 01) ultra aromatique, litchi et fruits blancs, ferait presque muscat, toute petite touche de sucre, bonne acidité, l’aromatique est vite lassante. A voir au vieillissement. B+.

Egon Muller, Scharzhof Kabinett 2018 : (AP 02) encore tout jeune, plus complexe, fruits blancs, notes florales, à peine plus de sucres, bonne acidité. A regoûter dans quelques années, probablement loin de son apogée. Même niveau longueur il y a eu mieux ce jour-là. TB.

 

 

Le Gallais/Egon Müller - Riesling Wiltinger Braune Kupp Kabinett 2018 : (AP n°4) Couleur presque translucide, nez à peine réduit au départ puis se développe sur les fruits blancs, pointe pétrole, citron vert, très pur, pas de botrytis. La bouche est un laser, tranchante, traçante, très belle acidité, très minérale, les quelques grammes de sucres (en fait probablement plus sur un kabinett) donnent un peu de fruit et rendent le vin facile à boire, surtout à 9% d'alcool. La finale est longue, minérale, acidulée, avec de jolis amers évoquant les zestes d'agrumes. Déjà délicieux, très frais et cristallin pour 2018, et bien sûr loin de son apogée. TB++.

 

Egon Scharzhof 2013 : (AP01, 10,5%) plus doré que le Keller, nez plus fruits exotiques, citron vert aussi, bouche avec un peu plus de sucres, demi-sec, peu d’alcool, beaux fruits exotiques, finale zestée, citron vert quelques jolis amers, fin, pas gros volume, mais très joli. TB+.

 

Scharzhof 2022 : (AP01  9%) proche du moelleux, très cristallin, bel équilibre, très citron vert, zestes, belle allonge, frais et tendu. TB+.

 

Egon Müller scharzof auslese 2023 Mag : très bel équilibre, déjà délicieux, jeune, mais accessible, top.

 

Egon Müller, Scharzhofberger spätlese riesling 1990 (AP 16)   Sarre : Couleur or profond, nez très complexe et changeant, encaustique, menthol, eucalyptus, plantes de montagne, fruits secs, très frais. La bouche a mangé pas mal de se sucres, elle goûte presque demi-sec désormais, plutôt en demi-corps au départ avec un bel équilibre sur les amers, puis elle gagne en volume avec une petite touche presque beurrée sur le fond de verre, très noble, digeste, frais et gourmand, un très grand vin pour tout le monde, même à l’aveugle. Merci Michel ! Exceptionnel.

 

28 décembre 2020

Thomas Studach (Suisse) ***

Thomas Studach a repris le domaine familial en 1988 mais ne s'occupe vraiment que de ses propres vignes à plein temps depuis 1998. Il est situé à seulement quelques kilomètres de son mentor et ami Gantenbein et cherche à travailler dans le même style. Selon Lobenberg, il est le numéro 2 du pinot suisse, justement derrière Gantenbein. Le style est moderne, pas forcément très extrait mais avec beaucoup de barrique neuve et de rondeur... Il faut les attendre longtemps si l'on est sensible à l'élevage.

 

Thomas Studach - Pinot Noir Malanser 2016 Grisons : (moitié grappe entière) Couleur rubis assez claire et en même temps orange/rouille, le nez s'ouvre sur la vanille, pointe de caramel, derrière des fruits rouges et une fine touche de ronce/grappe entière. La bouche est très ronde, tannins complètement lisses, peu d'alcool, en finesse, bonne acidité à l'attaque mais qui s'arrête assez vite laissant uniquement la place à la vanilline et quelques épices. Finale très courte. Un vin décevant, très boisé, tout en largeur, sans longueur ni profondeur. C'est un peu mieux le lendemain sur la cerise rouge légèrement confiturée, un peu moins de bois, dans un esprit toujours assez "nouveau monde". B-.

 

26 décembre 2020

Bass Phillip (Australie) *****

 

La légende du pinot noir australien. Créé par Phillip Jones en 1979, d’après le nom des explorateurs George Bass et Arthur Phillip, certifié biodynamie. Le domaine est situé dans la zone fraîche du Gippsland, à l'est de Melbourne, où Philipp Jones cultive pinot, chardonnay, gamay, nebbiolo et gewurz, plantés à haute densité. Le style des vins se veut très "bourguignon", sur la fraîcheur, peu extraits, égrappés, gardant toujours une certaine rondeur et de la gourmandise avec un côté légèrement plus confituré que les pinots français. En fonction des cuvées il est préférable d'attendre quelques années pour que les élevages soient pleinement intégrés. La qualité et la rareté des vins lui ont valu le surnom de DRC australien, même si les vins sont probablement plus proches de l'école Jayer. En 2020 Philipp Jones prend sa retraite et vend le domaine à Jean-Marie Fourrier ! 

 

 

 

Bass Phillip, Pinot noir estate 2015 - Gippsland (Victoria) : (La légende du pinot noir australien. Créé par Philipp Jones en 1979, d’après le nom des explorateurs George Bass et Arthur Philipp, certifié biodynamie. Le pinot noir "estate" est une parcelle de 4 hectares, en haute densité pour l'Australie (8500pieds/hectare), non irriguée, orientée nord-est, sur des sols limoneux et volcaniques, parfois assmblée avec la parcelle "Leongatha". Elevage en fûts français dont 60% de fûts neufs. 100% egrappé. Non filtré) Couleur encore plus claire que le précédent (un Josh Cooper), trouble aussi. Nez envoûtant, très pur aussi tout en étant différent, plus sur la fraise confiturée ici, la rose, plus gourmand, peut-être encore plus évident, sans trait végétal. Bouche toute en finesse, en gourmandise, ronde, peu tannique, belle épaisseur, juste ce qu'il faut de fraîcheur, tout semble évident et à la bonne place, du velours, il rappelle - ou appelle - le style du Gevrey le plus fin, avec en plus beaucoup de longueur. Son statut de légende locale n'est pas usurpé. TB++.

 

Bass Phillip - Gewurztraminer 2018 : couleur dorée, nez sur le litchi, les fruits jaunes, pêche, abricot, un peu de fruits exotiques, il peut faire penser à des cépages aromatiques comme le viognier, la petite arvine, ou le gewurz bien sûr. Bouche grasse, presque huileuse dans l'esprit d'un condrieu par exemple, sur les arômes du nez, gardant une fine acidité dans le fond qui l'empêche d'être lourd, même si on reste sur un vin plus en largeur qu'en longueur. Finale moyenne. Une interprétation originale du cépage, avec une aromatique identifiable mais une texture qui n'a rien d'alsacienne. B+.

 

Bass Phillip chardonnay estate 2018 : couleur dorée, nez sur le beurre, les fruits exotiques type ananas, pointe vainillée déjà bien intégrée, pas du tout de grillé. Avec l'aération de plus en plus de fruits exotiques. Bouche grasse, épaisse, beurrée, pas trop d'alcool, toujours ces fruits exotiques, dans le fond une belle acidité lui permet de pas être trop lourd. Finale sur les fruits exotiques. Proche du Liquid Farm californien bu récemment avec un peu plus d'acidité peut-être. Un style "mûr", assez riche, mais maîtrisé. A voir au vieillissement désormais. TB.

 

Bass Phillip Rosé 2020 : (pinot noir) couleur rose/orange, nez un peu réduit à l'ouverture, framboise, fraise et arômes de vins oranges (melon...). Bouche perlante, un peu de réduction, puis fruits rouges/roses, du volume, une texture travaillée, mais manque un peu de peps dès que le gaz est parti, finit court. B-.

 

Bass Phillip – Crown Prince pinot noir 2018 : couleur très claire, rose foncé et trouble, nez infusé, framboise, petits fruits rouges, fleurs, orangette. Bouche qui tire clairement sur le nature, mais propre, jus de fruit infusé, sans tannins, confiture de framboise, orangette, sucrosité un peu haute, pas une grosse acidité, un côté orangette sur la finale, rappelle L’Anglore ou Les grillons par exemple. TB-.

 

 Bass Phillip - Pinot noir Estate 2018 : (Gippsland, Australie. 100% egrappé. 13,7%) Couleur infusée, contours à peine orangés. Nez plus solaire, fraise écrasée, orangette, épices, impression de soleil et d’un peu de sucrosité. Ca se confirme en bouche, un peu fou-fou en l’état, sur la brêche du nature, semble encore jeune, un peu sucré, on tire sur l’Anglore ou ce genre de vin. La finale manque un peu de fraîcheur, un peu brouillonne aussi et de plus en plus avec l’aération. Un vin que j’ai déjà eu l’occasion de bien mieux goûter. B+.

 

Bass Phillip - Pinot noir estate 2020 : un peu de gaz à l'ouverture, couleur très claire, nez un peu sucré, orangette, fraise, framboise. Bouche aux tannins soyeux, infusée, belle matière, fruité éclatant, mais assez solaire, sucrosité, on sent bien le 14,2 d'alcool, belle longueur. TB. Une autre bouteille semblait avoir plus de sucrosité, un peu lourd. TB-.

 

Bass Phillip 2021 Estate : un peu moins de lourdeur que 2020 même si on sent une certaine sucrosité, fraise, floral, texture soyeuse, peu de bois, à boire quand même assez frais. TB.

 

Bass Phillip - Pinot noir Estate 2017 : couleur pinot, nez très expressif, plein de fruit, envoûtant, typé Côte de Nuits. Bouche soyeuse, dense, aérienne, fruitée, évidente, belle maturité, gourmandise et haute acidité. Grosse quille qui frise l'exceptionnel. TB++.

 

26 décembre 2020

Katharina Wechsler (Allemagne, Rheinhessen) ***

Katharina a quitté le monde des médias et Berlin pour revenir au domaine familial à Westhofen en 2010, après un stage chez Klaus-Peter Keller entre autres. Elle exploite aujourd'hui 17 hectares, majoritairement en riesling, puis avec un peu de pinots blancs, noirs, gris, de sylvaner et de scheurebe (parfois expérimenté en vin orange). Les cuvées phares sont les grands crus Kirchspiel et Morstein. Le style se veut élégant, minéral, sec et tendu. Les vins progressent d'année en année.

 

 

K. Wechsler - Riesling feinherb 2019 : Couleur très claire, nez sur les zestes d'agrumes, très citron vert, un peu de résine. Bouche droite, légèrement perlante, peu épaisse mais très énergique, tendue, les quelques grammes de sucres lui permettent de ne pas être austère. Finale de bonne longueur, sur le citon vert avec une légère amertume. Excellent rapport q/p (9€). TB.

 

20 décembre 2020

Barrat-Masson (Villenauxe-la-Grande) ***

Petit domaine de 7 hectares situé dans le Sézannais, certifié bio. Loïc Barrat et Aurélie Masson vendaient leurs raisins à Lebrun de Neuville jusqu'en 2010 avant de voler de leurs propres ailes. Depuis, le domaine progresse année après année grâce à un gros travail à la vigne. Le style se veut principalement sur des chardonnays tendus, crayeux, très peu voire pas dosés, entre austérité et élégance. Parmi les domaines les plus prometteurs de la région...

 

Barrat-Masson - Champagne Grain d'Argile Extra-Brut 2014 : (70% chardonnay, 30% pinot noir, dosage 2gr/L, malo partielle, élevage fûts et cuves) Couleur or pâle, nez très agréable plutôt gourmand, sur la frangipane, les fruits jaunes, légèrement floral. Bouche plus tendue que ce que laissait présager le nez, plus sur les agrumes, toujours une pointe de frangipane dans le fond, bulle très fine. Finale de bonne longueur avec de fins amers. Belle découverte, surtout pour l'entrée de gamme du domaine. Note : 16,5/20.

barrat masson

 

Barrat-Masson - Champagne Fleur de craie Extra Brut : (100% chardonnay, 2015 dégorgé en novembre 2018, non dosé) Champagne très tendu, minéral, même crayeux, sec, bulle fine, finale longue et saline, un style pour les amateurs avertis. Très bonne gestion de ce millésime 2015 difficile en champagne. Un bon cran au-dessus du grain d'argile. TB+.

 

13 décembre 2020

Frédéric Savart (Ecueil) ****

Depuis que Frédéric a repris le domane familial, les vins ne cessent de progresser. Situé à Ecueil, à 10km à l'Ouest de Reims, le domaine est spécialisé dans le pinot noir. Les champagnes font leur fermentation en demi-muids, la malo est généralement faite, apportant de la rondeur à ces champagnes de terroir, "identitaires" comme le dit le vigneron, assez mûrs dans l'aromatique mais gardant toujours une bonne tension, avec un gros travail à la vigne et peu d'interventions à la cave, sans aller jusqu'au nature. Comme souvent avec cette nouvelle génération de vignerons, les bases sont assez jeunes, n'hésitez pas à les laisser vieillir un peu plus en cave.

 

 

 

Frédéric Savart - Champagne Premier cru L'Accomplie Extra-Brut : (sur Ecueil et Villers-aux-noeuds, 80% pinot noir, 20% chardonnay. Dosage 4gr. Dégorgement octobre 2020) Couleur foncée, or-orangé avec des reflets roses. Nez expressif, assez mûr, beaucoup de pommes bien mûres, compotés, pommes rouges de la fête foraine, pommes canada, petite pointe de volatile, frangipane, praline, très gourmand. Bouche à la fois confortable, aromatique mûre, qui fait penser à un chenin moelleux sur la pomme, le coing, le pâtissier, et bel équilibre grâce à une vraie trame minérale dans le fond, belle finale assez longue et tendue. Joli champagne qui combine gourmandise, largeur et longueur. A voir ce qu'il va donner avec quelques années de cave supplémentaires. TB.

 

Frederic Savart - Champagne Les Noues 2016 Extra-Brut : (sur Ecueil, 100% pinot noir en fût sans malo, dosage 2gr, dégorgé en juin 2020) Couleur or profond, encore plus foncée que l'accomplie. Nez plus "classique", de fruits secs, brioche, avec une légère touche oxydative. Bouche vineuse, minérale, bulle fine, toujours cette petite note oxydative, meilleur le lendemain, il a sûrement besoin d'encore un peu de temps en cave. Moins charmeur que l'accomplie, moins de plaisir immédiat, mais plus de fond. TB.

 

Fred Savart - Champagne Mont Benoit 2014 Mag : TB.

 

Frédéric Savart - Champagne Blanc de Blancs : (dég déc 2023. Chardonnay sur Ecueil et Trepail. 2 gr) On termine sur une note de légèreté, un blanc de blancs à la bulle très fine, très facile, élégant, dont la sucrosité fait un peu plus que 2gr, c’est gourmand en même temps. Parfait pour finir en beauté. TB.

 

Savart, Expression rosé 2019 (pinot noir dég nov 2023) : rosé clair, pas un gros volume, tout sur le fruit et la tension, belle fraîcheur et belle allonge, élégant. TB.

 

 

 

Visite au domaine Frédéric Savart à Ecueil

savart premier cru

 

 

savart vignes

Vignes d'Ecueil

 

 

Les jus clairs 

Pinot noir Mont Benoit 2020

Pinot de Verzenay en Wine globe 220L (en phase de test) : très tendu, "réducteur" car privé d'air, avec le petit grillé des lies, un peu étriqué, manquant un peu de volume et de "vie" par rapport au suivant. Probablement intéressant pour être assemblé ensuite à un fût, ou pour élever des vins manquant un peu d'acidité, ce qui était pas le cas ici.

Le même en fût : plus de volume, plus vivant, garde suffisamment d'acidité pour paraître tendu. Mieux.

Meunier sur craie (+10% chardo complanté sur la même parcelle)

Chardonnay négoce sur Cramant

etc...

Des jus clairs intéressants, prometteurs, présentant tension, volume, salinité, peut-être plus en largeur que chez Chartogne-Taillet le matin, avec plus de vinosité aussi. Ici aussi les tailles sont souvent gardées car elles sont de qualité.

savart wine glob

 

 

En bouteille (tous extra-brut, tout juste dégorgés)

Ouverture : (dégorgé en janvier 2021, base 2018 + 2017 et 2016) finale un peu chaleureuse, goûte moins bien que la bouteille dégorgée l'année précédente. Mais à revoir dans quelques mois. B+.

Mont des chrétiens 2017 : (sur Ecueil) chardonnay assez beurré, large, encore un peu sur l'élevage. TB-.

Mont Benoit 2017 : (95% pinot noir, sur Villiers aux Noeuds) plus tendu que les précédents, avec un peu de vinosité, large et long à la fois. TB+.

Haute Couture 2016 : (Mesnil sur Oger, chardonnay) chardonnay assez large, belle longueur. TB.

Noues 2016 : (pinot noir sur Ecueil, dégorgé en décembre) pinot noir, tendu, belle finale saline, pas le côté oxydatif de la bouteille bue récemment sur un dégorgement plus précoce. TB+.

Bulle de rosé : (2018, 55% chardonnay) clair en couleur, très mandarine, orange, petits fruits rouges acidulés, pas très épais, tendu, fruité. TB+.

Expression rosé brut nature 2016 : (pinot noir, chardonnay) bien plus coloré, très vineux, pointe oxydative, plus de matière et de longueur que le précédent mais moins élégant. TB.

savart champagne

 

 

On termine par quelques afters de la cave personnelle de Fred Savart : Arnaud Ente, Comtes Lafon, Raveneau... (voir Message "Les offs")

 

Seconde visite et second coup de coeur. Un grand merci pour cet accueil d'une générosité incroyable !