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Mon carnet Vin

20 octobre 2023

Holdvölgy (Hongrie) ****

 

Holdvölgy (Tokaji)

 

Hold and hollo dry Tokaji 2016 : servi trop froid, très vif, caillou fume, minéral, sur les amers, zestes d’agrumes, bonne longueur. TB-.

 

Signature Tokaji 6 puttonyos 2007 : miel, pèche, abricot, bien confit et concentré, bonne acidité derrière, plus court que les Disznoko mais très bon. TB.

 

Holdvolgy sweet 2011 : superbe nez typé riesling miel, cire, pointe pétrole. Bouche qui manque un peu de peps, à ne pas attendre plus longtemps. B+.

 

Vision tokaji dry 2017. B+.

 

Hold & hollo dry 2016 : grosse réduction soufré, élevage sur lies très marqué, plutôt tendu, caillou fumé. Peu de changement par rapport à la dernière degust. TB-.

 

Eloquence Edes szamorodny 2010 : bel équilibre avec une bonne acidité, concentré, un peu fermé niveau aromatique entre deux âges peut-être. TB-.

 

Harslevelu 2009 expression becsek : superbe nez typé riesling miel, résine, noisette, fruits jaunes, complexe... bouche avec de l'amertume, résine, miel, manque un poil d'énergie, probablement 6-7gr de SR un peu mangés, peut encore tenir quelques années. Assez long. TB+. 

 

Holdvoldgy (Hongrie) – Tokaji sec Vision 2017 : (furmint, harslevelu, kabar) toujours ce côté cire, miel, floral, zestes d’agrumes, résine, bonne acidité, amers nobles, assez long. TB.

 

Holdvoldgy - Meditation 2017 Kiraly vineyard : (furmint. Fût hongrois 228L) un peu plus coloré, toujours une aromatique miellé, résine, zestes, mais plus de volume, du gras, tout en gardant beaucoup de tension, élevage parfaitement intégré, pas de notes boisées, très long, salivant. TB++. Une autre bouteille plus tard très jolie aussi mais des amers marqués en finale qui appellent la table. TB++.

 

2016 : manque un peu de peps par rapport à 2017. TB.

 

Intuition n°3 Furmint 2018 : un peu plus alcooleux que les précédents. TB-.

 

Holdvoldgy - Expression 2017 Becsek vineyard : (harslevelu) proche du précédent, peut-être un peu plus en largeur, plus floral/miellé encore mais pas trop variétal, élevage bien intégré aussi. Très long, amers nobles. TB++.

 

Signature 2007 : manque d'acidité. B.

 

Culture 6putt 2013 : belle liqueur, manque un poil d'acidité. TB.

 

18 octobre 2023

Domaine des Murmures - Emmanuel Lançon (Les Arsures) ****

 

Domaine des Murmures - Poulsard 2016 : couleur très claire, presque rosée, nez réduit, compliqué, bouche légère, juteuse, de mieux en mieux avec l'aération, petits fruits rouges et pivoines, très fraîche et pure. B+.

 

17 octobre 2023

Veronica Ortega (Espagne) et B. Estevez ****

Originaire de Cadix, Veronica Ortega a beaucoup voyagé avant de s'installer en 2012 à Valtuille, Bierzo en Galice. Elle a travaillé chez Clos Erasmus, A Palacios, Comte Armand, DRC, Combier, Burn Cottage, Niepoort puis chez celui qui deviendra son mentor Raul Perez. Elle possède désormais 5ha avec une majorité de rouge. Les vignes sont conduites en biodynamie non certifiée, les vins sont travaillés avec très peu d'intrants, doses minimes de SO2 à la mise, généralement en grappe entière avec très peu d'extraction.

 

 

"Verónica aime les terroirs pauvres et sablonneux de Valtuille, où sont situées la plupart de ses parcelles. Mais elle possède aussi d'autres parcelles, sur des terroirs très particuliers comme celui de San Juan de la Mata - une vigne à 650 m d'altitude, sur calcaire pur; c'est ici qu'elle produit sa cuvée de blanc "Cal" - dernier millésime en 2020. Ou encore, à Cobrana (près de Bembibre), où elle produit le vin éponyme à partir de 8 parcelles différentes, à 700 m d'altitude. Le sols est constitué de schiste bleu et d'argile, ce qui préserve l'acidité dans les raisins. Il s'agit d'ardoises très différentes de celles que l'on trouve à Corullón, par exemple.

 

 

 

Veronica Ortega - Cobrana 2021 DO Bierzo : (79% mencia + cépages blancs complantés godello, dona blanca, palomino. Vendangé 2 semaines plus tard qu'à Valtuille où les vins sont très rhodaniens. Ici 8 parcelles à Cobrana, 700m altitude sur ardoises bleues et argiles. Grappe entière macération dans un grand foudre de 3000L puis élevage de 15mois en jarres et fûts de 228L non neufs)  Couleur rubis, très claire, nez très pivoine, grenadine, fraise, framboise, ça pinote, très élégant. Bouche légère en alcool (12,5%), de corps moyen, aux tannins très fins, toute en élégance et en pureté, pas de bois ressenti, quelques épices, une bonne acidité dans le fond avec pas mal d'allonge. Ne fait pas du tout nature. Juste encore un peu simple aromatiquement mais le temps devrait y remédier. Très belle découverte. TB+.

cobrana

 

Veronica Ortega (Castille-et-Leon), DO Bierzo Cal 2020 : (domaine de 5ha bio créé en 2012. 100% godello. 650m d’altitude sur calcaire. Elevage 14mois vieux fûts et amphores)      Couleur or pâle, moins brillante que le précédent, nez qui fait penser à un chenin, sur la poire, la pomme au four, le citron. Bouche énergique, peu d'alcool (12,5°), en fraîcheur, travaillée plutôt en réduction, un peu nature mais parfaitement propre, pas un gros volume, mais une finale fraîche et minérale, citronnée, zestée. TB.

 

 

 

Bernardo Estevez **** - Chanselus Castes Brancas 2021 DO Ribeiro : (Disciple de Fukuoka, permaculture et biodynamie. vin naturel. Vallée de Arnoia. Granite avec schistes et argiles. Cépages albillo, godello, lado, loureira, treixadura, verdelho, vignes de 20 à 100ans. Elevage foudres puis cuves) Couleur or pâle à or, nez expressif dès l’ouverture, citron légèrement confit, fleurs blanches, toute petite touche volatile qui s’intègre bien dans l’équilibre du vin. Le lendemain il développe des notes de fruits exotiques, mandarine, tilleul. Bouche légère en alcool, avec du volume, vive à l’attaque, joli pep’s emmené par la légère volatile, toujours cette aromatique citron, fleur, herbe, paille, puis de plus en plus fruits mûrs avec l’aération. Pour chipoter la finale manque un poil de tension et de relance pour être vraiment grand. Mais on sent un beau travail avec du fond, et il devrait encore gagner en complexité avec un peu d’âge. Belle tenue à l’air, le vin est parfaitement propre le lendemain. TB+.

 

16 octobre 2023

Soirée Vins du Portugal - Les trésors enfouis

Soirée Vins du Portugal - Les trésors enfouis

carte portugal

 

 

Quelques chiffres

Surface : 195 000 hectares plantés en 2020 (230 000 en 2012). 9e puis 10e Mondial, en baisse. = 2,7% du monde.

50% caves coopé. Mais aussi énormément de viticulteurs avec moins d’1 ha. Moyenne nat autour d’1 ha.

Cépages : Environ 300 cépages.  Dans l’ordre : tempranillo ou aragonez, touriga franca, castelao, fernao pires ou maria gomes, touriga nacional, trincadeira, baga, siria, arinto, syrah, loureiro.

Rendement moyen : 33 HL/ha, un des plus faibles du monde

Répartition rouge/blanc : 70% rouge pour 30% blanc. Le blanc est encore plus en baisse.

31 DOC, 14 Vinho regional (ou IGP), et vinho (Vin de Table)

Export 35% (le Porto 64%). 10e mondial. Destinataires : France, Angola, Royaume-Uni, Etats Unis, Belgique-Allemagne.

Portugal = 70% du liège mondial

Comme souvent sur le bassin méditerranéen, nous voyons que la production est en baisse, car moins de consommation, travail des vignes très difficile, qui rapporte peu. Beaucoup de vignes sont à l'abandon, certaines sont arrachés au profit d'agricultures qui rapportent plus : oliviers et depuis peu amandiers dans le sud du pays.

 

 

Les principales régions

Vinho Verde : au Nord du Portugal, sous la Galice, le Vinho Verde bénéficie d'une forte pluviométrie et d'un climat frais par rapport au reste du Pays. Idéal pour produire des blancs frais, pas forcément pétillants, il y a aussi d'excellents vinho verde. Les sols sont grnitiques et schisteux. La vigne est parfois plantée en pergola, on y trouve aussi quelques vignes grimpantes. Les cépages : le très fruité alvarinho, les plus secs loureiro et arinto. uelques rouges légers également.

vinho verde

 

Le Douro : région du Porto, mais pas que ! Sur les pentes en terrasse, le long du fleuve, l'ensoleillement est bien plus marqué que dans le vinho verde, avec une pluviométrie de plus en plus faible lorsque l'on rentre dans les terres. En allant vers l'est on trouve des Douro rouges non mutés souvent puissants. Au Nord du fleuve par exemple de nombreux Douro blancs très frais montrent qu'il s'agit en fait d'une région variée. Sols de schistes et granits, cépages très variés.

douro

 

Dao et Bairrada : régions centrales du Portugal, au climat relativement frais, car atlantique sur Bairrada où l'on produit aussi bien des blancs, des rouges que des bulles. A Dao c'est surtout l'altitude qui apporte de la fraîcheur, notamment vers la Serra de Estrela (Montagne de l'Etoile) qui culmine à 1993m. L'amplitude thermique entre le jour et la nuit permet une onne maturité tout en préservant de belles acidités. Beaucoup de granit. Cépages variés, citons tout de même le bical en blanc et le baga en rouge.

serra de estrela

 

Lisbonne et Setubal : la région bénéficie d'un climat atlantique qui permet de produire des vins relativement frais. Les petites appellations Colares (rouges avec du ramisco et quelques blancs avec de la malvoisie), Bucelas (en blanc, arinto) ou Carcavelos (VDN blancs) sont des pépites en voie d'extinction. De très jolis blancs sont aussi produits à Setubal avec entre autre le Galego Dourado.

lisbonne

 

Alentejo : région du sud, très sèche et très solaire, où il faut absolument chercher les quelques massifs pour trouver un peu de fraîcheur. Cépages autochtones variés comme souvent.

alentejo

 

Madère et Les Açores : deux archipels très intéressants, produisants surtout des VDN à Madère (et quelques ovnis..) et plutôt des vins blancs volcaniques sur les Açores.

madere et acores

 

 

 

La dégustation - Les trésors enfouis de Portugal

Plutôt que de choisir des vins représentatifs du Portugal, ou des bons rapports qualité/prix (certes très nombreux), la dégustation mettait l'accent sur le patrimoine exceptionnel de vieux cépages, de vieilles vignes et de beaux terrois malheureusement en voie d'extinction, qui fait à mon sens tout l'attrait du pays. Ce sont donc des cuvées rares, plutôt haut de gamme, qui nous prouvent que le potentiel est là pour faire de grands vins, à condition de s'en donner les moyens bien sûr.

 

 

Les Blancs

1 Marcio Lopes, Vinho verde Pequenos rebentos Selvagem 2020 : (Winemaker qui a débuté en 2010, se considérant plutôt comme un explorateur à la recherche des cépages et terroirs oubliés du nord du Portugal et de la Galice. Cépage 100% azal, vigne sauvage qui grimpe le long des arbres, plantée en 1932 à Amarante proche de la rivière Tamega. Sols de granit. Egrappé, fermenté 30jours en amphore puis élevé 9mois en fûts non neufs avec les lies)  Couleur à peine orangée, nez d'agrumes, un peu de cire, puis des notes de melon qui font penser à une légère macération. La bouche est vive, toute en fraîcheur, basse en alcool (12%), très digeste, fruitée, acidulée, ça manque juste un peu de corps. La longueur est moyenne, mais le côté frais, salivant avec quelques amers donne envie d'y retourner. TB.

 

2 Companhia dos profetas e dos Villoes, Porto Santo Listrao dos Profetas 2021 : (Tout nouveau domaine du winemaker Antonio Maçanita et du restaurateur Nuno Faria qui viennent de redécouvrir les vins de l'île de Porto Santo, petite île au nord-est de Madère. Cépage 100% listrao ou palomino fino. Vignes de 80ans sur calcaires limons et sables. Elevage 10mois fûts non neufs) Couleur or pâle, nez qui s'ouvre sur une petite réduction grillée sur lies, puis des notes citronnées, des agrumes, une imperssion d'embruns marins aussi. La bouche est très énergique, avec beaucoup de tension, donnant une impression de salinité, légère en alcool mais sans manque de volume, la finale très longue le pousse très loin. Superbe. TB++.

vigne porto santo

 

 

3 Antonio Maçanita, Douro As Olgas Letra F 2019 : (Winemaker sur plusieurs régions du Portugal, Antonio Maçanita a commencé dans les années 2000 ayant toujours pour but de mettre en avant les grands terroirs oubliés du pays, à l'instar de Telmo Rodriguez ou Raul Perez en Espagne. Ici vignes de 90-110ans avec une quinzine de cépages complantés à Carlao 440m d'altitude, sur granit, 20kms au nord du fleuve. Fermentations à froid, élevage 12mois barriques "neutres". Vignoble classé F en 1932 dans la notation Moreira da Fonseca car pas assez chaud, inadapté pour du porto et par conséquent oublié) Couleur dorée, nez très expressif, beurré, brioché, fruits jaunes, déjà évolué, un côté champagne blanc de blancs sans les bulles. Idem en bouche c'est gras, beurré, brioché, déjà prêt à boire, plutôt sur l'opulence, mais le taux d'alcool moyen (13%) et l'acidité élevée lui permettent de rester équilibré. Très belle longueur. Joli vin, taillé pour la table. TB+.

 

4 Wine & Soul, Douro Guru 2016 : (Cépages viosinho, rabigato, codega, gouveio) Couleur or pâle, nez fruité, agrumes, buis, rappelle un sauvignon, très marqué par le viosinho donc, encore jeune. La bouche rappelle un peu Sancerre aussi, très minérale, fruitée, jeune, énergique, légère en alcool, pas construite sur le volume, mais une belle tension, c'est long et salivant. Très joli aussi, dans un style très différent du précédent. Merci Bertrand ! TB+.

 

5 Antonio Madeira, Dao vinhas velhas 2019 : malheureusement une bouteille avec un défaut, dommage pour cet excellent petit producteur qu'on regoûtera un jour...

 

 

 

Les rouges

6 Azores Wine Company, A proibida 2018 : (Vignes sur les sols volcaniques de l'île de Pico. Cépage Isabella donc un cépage hybride (HPD) interdit, issu du croisement d'une vitis labrusca et de petit meslier, naturellement résistant au phylloxéra, à l'oïdium...) Couleur étonnamment claire pour un cépage hybride, un nez exubérant, très bonbon à la fraise, un peu chimique, quelques notes végétales, le côté animal de l'anthranylate de méthyle des hybrides n'est pas trop marqué. On sent que c'est "soft" pour un hybride ! La bouche est exubérante aussi, fruitée bonbon et végétale, seulement 11% d'alcool, c'est donc frais, mais l'aromatique peut quand même vite écoeurer. Un vin qui était surtout là pour évoquer le sujet bouillonnant des hybrides et qui en ce sens à rempli son rôle. B.

 

7 Adega Regional de Colares, Colares Arenae ramisco 2014 : (Appellation qui jadis faisait 1800ha, tombée aujourd'hui à 15ha sous l'effet de la pression immobilière. Cépage 100% ramisco. Vignes franc de pied dans du sable à moins d'1km de l'océan. Elevage long en foudres de bois exotiques puis en fût et en bouteille. 50% grappe entière) Couleur rubis, le nez évoque un nebbiolo, sur la fraise, la cerise, un côté cuir, goudron. La bouche est légère en alcool, fruitée, fraîche, avec une belle acidité, en longueur, avec des tannins qui donnent de l'allonge. Très élégant. TB.

vigne colares

 

 

8 Viuva Gomes, Colares reserva 1969 : (emb en 1973, reconditionné en 2000. 100% ramisco. 100% grappe entière. Fermenté en cuve bois puis élevage en fûts d'acajou et de châtaignier) Couleur claire et tuilée, nez très tertiaire, sous-bois, humus, café, fumé, champignon, kirsch... La bouche est encore en forme avec une belle acidité, du corps, surtout pour un vin à 11,5% d'alcool, des tannins encore présents peut-être un peu secs pour chipoter, bien sûr plus sur le tertiaire que sur le fruit frais, mais avec beaucoup de charme. TB.

 

9 Fitapreta, Alentejo Os Paulistas Chao dos Eremitas 2019 : (Cépages tinta carvalha, castelao, moreto, alfrocheiro, trincadeira. Vignes de 1970 sur granit et sable, dans le massif de Serra d'Ossa 260m d'altitude. 30% grappe entière. Elevage 18mois fûts de chêne non neufs. Deuxième millésime de cette cuvée) Couleur rubis foncé, nez très fruité, cerise un peu sucrée, très floral aussi, gourmand. La bouche confirme, c'est rond, gourmand, beaucoup de fruit, alcool modéré (13,5%) surtout pour l'Alentejo, ça reste digeste, tannins soyeux avec une belle texture travaillée sans être marquée par le bois. Manque juste un peu d'allonge si on compare au suivant. TB+.

 

10 Quinta da Pellada, Dao Muleta 2017 : (Domaine familial de 60ha aujourd'hui sur 3 lieux. Ici vignes centenaires sur la Serra de Estrela à 450m d'altitude sur granit. Cépages jaen, baga, touriga nacional, bastardo, alfrocheiro etc… Elevage fûts non neufs) Couleur grenat, nez très élégant de cerise noir, de goudron, de pin, balsamique, de ronce... La bouche est à la fois fruitée, floral, avec un végétal noble, quelques épices, un côté graphite marqué, surtout une finale portée très loin par une belle acidité, et des tannins présents mais fins dignes des plus beaux barolos. La longueur est impressionnante. L'équilibre puissance/fraîcheur aussi. C'est déjà bon et avec un gros potentiel de garde aussi. On termine en beauté. TB++.

 

 

Les vins mutés

11 Andresen, Porto blanc 40ans (50cl, codega, rabigato, arinto, malvasia. Muté à 77°) Couleur ambre clair, nez assez proche du Madère qui suivra, sur le café, la noisette, l'amande, la datte, fruits secs, encaustique. La bouche est parfaitement équilibrée, avec une attaque sucrée et une finale plus sèche, puissant, intense, long. La preuve qu'il peut y avoir de grands portos blancs. Merci Michel ! TB+.

 

12 D'Oliveiras, Madère verdelho 1986-2016 : (cépage verdelho donc demi-sec. Muté à 96°. Chauffage en canteiro puis élevage en "pipas" demi-muids avec une part des anges qui stagne autour des 10%) Couleur acajou, nez encore plus marqué café, noix, toffee, cannelle, sucre brun... La bouche est comme souvent incroyable de puissance, d'intensité, combiné à une acidité très élevée (bien plus que sur le porto blanc) et une finale d'une longueur stratosphérique, avec une impression de salinité. Le tour de force est de réussir à rester très digeste, faire saliver, avec la même buvabilité qu'un riesling. Exceptionnel.

 

listrao dos profetas

colares

 

 

Au final, une dégustation de très haut niveau. Tout le monde est pleinement convaincu par le niveau global des vins, avec une forte impression des vins blancs secs notamment. Je dois bien avouer qu'en travaillant sur les vins portugais depuis plusieurs mois maintenant, je ne m'attendais pas à tomber sur des vins aussi frais et aussi variés. Plein d'autres pépites n'ont malheureusement pas pu être retenues pour cette soirée. Le patrimoinde vieilles vignes et de grands terroirs semble ici sans limites. Nul doute qu'il faudra aller explorer chaque région encore plus en détail à l'avenir.

Merci à tous les participants de cette belle soirée, qui en appellera forcément d'autres.

 

 

16 octobre 2023

Miolanne (Neschers) **

Le domaine Miolanne a été repris en 2012 par Jean-Baptiste Deroche et sa compagne Laure Cartier, tout en conservant le nom de l’ancien propriétaire. Ils se sont rencontrés du côté de St Tropez. En cherchant à s’installer dans une région où l'on peut acheter à prix décent, le hasard les a menés en Auvergne où ils ont eu une vraie impression de terroir en goûtant les vins de l’ancien domaine Miolanne.

chai miolanne

 

Le travail a été de suite Bio, la cerfitication obtenue en 2016. Un chai plus moderne, spacieux et écologique a été construit au milieu des vignes (le chai de Miolanne était dans le village), il est en cours d’agrandissement. Un bar à vin a aussi été créé pour les étés depuis 5ans environ, mais il est fermé cette année à cause des travaux d’agrandissement justement.

Des vignes ont été plantées dès leur début, afin de passer le domaine de 6ha à 12ha.

Mis à part quelques petites parcelles sous le plateau de Gergovie, toutes les vignes sont à Neschers autour du domaine.

A Gergovie ce sont de vieux gamays plantés à 10 000 pieds/ha sur basalte.

Lorsqu’on est face au domaine on trouve à gauche des vignes sur sols volcaniques (pierre ponce), de chardonnay, pinot gris, pinot noir, gamay…

à droite des vignes sur argilo-calcaire en chardonnay, pinot noir, syrah…

et sous le domaine les Gewurztraminer sur argilo-calcaire ainsi que d’autres gamay.

Mais beaucoup plus d’argile que de calcaire, finalement assez peu présent sur Neschers…

sous le domaine

vignes au dessus domaine

Les syrahs sont des clones de Côte-Rôtie, les chardonnays des massales de Chassagne-Montrachet… sur divers porte-greffes. Achat chez le pépiniériste Mercier. Densité à 4400 pieds/ha ici 2m40/90cm pour pouvoir passer les machines. A Gergovie tout était déjà planté à 10 000 pieds/ha, tout y est fait à la main du coup.

Les sols sont travaillés. Le plus souvent à la « griffe » donc pas trop en profondeur. Enherbement 1 rang sur 2 en général. Quelques préparations comme de l’orties et autres. Tout est taillé en Poulsard, palissé assez haut, vendanges en vert quand nécessaire.

Le domaine est sous le massif du Sancy, il a une influence montagnarde plus importante qu’ailleurs dans les Côtes d’Auvergne. La vigne débourre ici plus tard (presque 10jours plus tard qu’à Boudes), et finit son cycle à peu près en même temps. Il y a donc mois de problèmes de gel de printemps, même si malheureusement ça commence à arriver quand même… Le vent y est plus fort, donc moins de maladies cryptogamiques, moins besoin de traitement au cuivre contre le mildiou, l’oïdium…

En 2023 cependant besoin de traiter 7-8fois, alors que les autres années 3-4 passages suffisent, avec des doses très loins des 4 kg/ha/an autorisés.

Des filets anti-grêle ont été installés, prêts à être déployés au printemps et en été.

filets anti grele

 

 

Les cuvées :

Seules les cuvées disponibles à l'heure actuelle ont été goûtées, seulement 3 donc : la rançon du succès (mérité)... 

vins goutes

Rouges

Volcane rouge (sur pierre ponce, à gauche du domaine, gamay et pinot noir)

Pinot noir 2022 : (sur pierre ponce et argilo-calcaire, vignes de 35ans moyenne. Elevage 9mois en 228L Taransaud, Seguin et Chassin qui ont 5ans environ. En moyenne 1/3 grappe entière mais variable suivant le millésime. Sur les pierres ponces peu de couleur, beaucoup de finesse)  Couleur claire, nez sur la cerise, fruits rouges, poivre, léger fumé, pas de notes vanillées et toastées. Bouche assez ronde, avec un beau volume, acidité et alcool moyens (13%), belle texture soyeuse, sans que l’élevage ne se sente aromatiquement, finale assez longue, légèrement poivrée. Très joli. Le style me semble plus fin que le 2021 bu récemment dans un autre contexte.

Syrah 2022 : (1/2 ha sur ponce et ½ ha sur argilo. 30% fût, 70% cuve. Environ 1/3 grappe entière suivant le millésime) Couleur sombre, nez très fin, pivoine, violette, un peu lardé, très syrah, bouche aérienne, très juteuse, peu de tannins, avec une finale légèrement acidulée, un peu salée et salivante. Glisse tout seul. Très joli là aussi.

Haka : 2022 sera le premier millésime, vieux gamays de 90ans sur Gergovie, 40% fût, 60% cuve. Fûts de 228, 300 et 400L. Sortira fin 2023.

Ephémère : achat de gamays centenaires sur Châteaugay. 2023 sera le dernier millésime, le domaine voulant arrêter tout négoce.

Hors Piste : était une expérience, gamay sans sulfites.

 

Blancs

Blanc 2022 : (anciennement cuvée volcane blanc). 50% chardo, 45% gewurz, 5% pinot gris.  Gewurz sur argilo-calcaire. Chardonnay et Pinot gris sur pierre ponce. Le chardonnay passe en fûts d’environ 10ans (certains récupérés chez Yquem) sur lies, parfois bâtonné parfois non. Les pinots gris sont vieux, Miolanne en faisait une VT. Légère macération d’environ 6h sur le gewurz, parfois sur le chardonnay. Egrappé quand il y a macération, sinon pressé grappe entière. Pas de malo.    Nez aromatique, pas trop marqué gewurz, plutôt chardonnay avec un côté très floral, fruits du verger. La bouche est ronde, assez grasse, aromatique, précise, par contre manque légèrement de tension sur ce millésime. Mais comme la plupart des blancs des Côtes d’Auvergne...

Chardonnay : un chardonnay 100% est produit en plus sur les millésimes qui le permettent.

Marc de gewurz.

 

Les 2023 seront plus tendus sur les blancs. Ici le chardonnay n’a pas trop souffert de la sécheresse contrairement aux rouges. Les pinots seront solaires en 2023. 25hL/ha à cause de la sécheresse contre 45hL/ha en moyenne au domaine. 65000bts en 2022. Plutôt 45000 environ sur 2023…

Tous ces vins ont des doses de SO2 entre 20 et 40 mg total selon les cuvées et les millésimes. Les élevages de 6mois sont filtrés. Les élevages qui sont passés à 9mois ne sont plus filtrés. Levures indigènes sur la gamme (sauf une cuvée qui a eu besoin de levures Bayanus une année pour finir la fermentation).

 

Bulles

Aujourd’hui une bulle méthode trad mais non faite au domaine. Elle devrait disparaître.

Lahars : (Les Lahars sont des coulées de boues volcaniques) bulle de gamay, VV sur pierre ponce, méthode trad, non dosé sans soufre, non filtré, 1an sur lattes. Premier millésime en 2021.

Lahars blanc en chardo devrait voir le jour bientôt. Le but est de tout faire au domaine.

 

Je n'avais pas goûté les vins du domaine depuis longtemps et je suis très heureux de voir de tels progrès. Mais rien de surprenant : entre les vignes qui commencent à prendre de l'âge, le travail en viticulture, le parc à fût qui s'agrandit, les élevages qui ont été rallongés, la petite partie négoce qui s'arrête doucement... Tout est là pour obtenir des vins de qualité, sur de beaux terroirs, vinifiés par des gens très compétents. Et ce n'est que le début de l'aventure finalement. J'ai hâte de voir où en sera le domaine dans 10ans.

 

 

 

 

Vieilles dégustations :

Miolanne - Pinot noir 2021 : Couleur rubis, brillante. Nez un peu fumé boisé, fruits rouges et noirs, épices, poivre, cuir. Bouche avec une certaine puissance et chaleur pour 2021, un peu extraite, boisé fumé, très poivré, épicé, quelques fruits rouges un peu confiturés, bonne acidité, finale assez longue quand même, poivrée. Plutôt bien fait, mais dans un style qui manque un peu de finesse à mon goût, qui rappelle plutôt des pinots d’Oregon ou d’Otago que de France. Le lendemain le vin semble vite fatigué (trop travaillé ?). B+.

sur le salon Vinora :

Bl 2019 : (prélevé sur cuve, chardo, gewurz, pinot gris) très fruité, vif, très prometteur. TB.

Volcane rg 2019 : (sur cuve, pinot, gamay) plein de fruit, juteux, prometteur aussi. TB.

Ephemere 2018 : (gamay carbo) notes de vin blanc et brioche, un peu réduit. B-.

Ancien propriétaire

Miolanne - Brut traditionnel : effervescent assez léger, frais, fruité, idéal pour l'apéritif. 14,5/20.

Miolanne - Volcane rouge 2011 : assemblage gamay/pinot, le fruité du Gamay ressort, vin léger, finale assez courte. 14/20.

 

Miolanne, Haka 2023 : un style très noir, 15% d’alcool, épicé, confituré, grain de tannins assez fin plutôt bien fait mais dans un registre qui fait très sudiste.


Miolanne, Lahars : pet nat rosé, finale brouillonne. 


Miolanne Volcane 2024 rouge : léger, juteux, fruité, bien fait.


Miolanne, IGP Puy-de-Dôme syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli. TB+.

 

15 octobre 2023

Forstmeister Geltz Zilliken (Allemagne - Sarre) **** et Karthäuserhof ****

Forstmeister Geltz Zilliken - Saarburg Riesling trocken 2017 : (AP 14) Couleur or pâle, nez sur la pomme granny, un peu de pamplemousse et de melon, pas du tout de pétrole ou de résine. Bouche pas du tout perlante, qui ne fait pas très riesling, sur les fruits du nez, florale, peu de sucres résiduels même pour un trocken, il me manque surtout le côté cristallin des vins de la Sarre. Pas mauvais, surtout pour le prix (11€) mais j'ai connu mieux dans cette gamme. Note : 14/20. 

Zilliken - Saarburger Rausch Riesling Spätlese 2014 : (AP 04, en 1/2 bt, 7,5% alc) couleur claire, nez citronné, fruits blancs, surtout une bouche très tendue, aérienne, sur le citron vert, belle longueur, superbe équilbre. TB++.

 

 

Dégustation Zilliken vs Karthäuserhof

Zilliken butterfly riesling 2022 : très fruité, demi sec, léger, facile, simple. B+.

Karthäuserhof Bruno riesling dry 2021 : un peu réduit, fumé, perlant, mais très long très tartrique en finale. TB.

Zilliken trocken 2022 : moins long, fruits blancs, 8gr de SR, léger et facile, simple. B+.

Karthäuserhof schieferkristall trocken 2021 : très porté sur les amers, zestes, pamplemousse, un peu réduit, très tendu, finale qui claque, très longue et très tartrique. TB+

Zilliken Sarbourg trocken 2021 : fruité, facile au départ, fruits exotiques, une pointe de sucre, la finale allonge bien quand même, avec une belle relance acidulée. TB+.

Karthäuserhof Alte Reben riesling trocken 2021 : assez mûr, ouvert de la veille il semble s'être un peu écroulé bizarrement...

Zilliken Rausch GG 2022 : fruits blancs, verveine/menthe, gros volume, pointe de sucre, beaucoup de fruits en bouche, gourmand et épais, belle acidité derrière qui tient le tout, c'est long, déjà du plaisir, style accessible jeune. TB+.

Karthäuserhofberg GG 2022 : moins de volume, plus en tension, plus sec, un peu réduit, pétrole, acidité plus intégrée que sur les cuvées précédentes mais ça reste long, plus par l'aromatique que par le tartrique ici. TB+.

Zilliken Rausch et Bockstein Kabinett 2022 : un peu plus exotique sur Rausch. Les deux manquent un peu de peps dans ce millésime. B+.

Karthäuserhofberg spätlese 2020 : toujours ce côté réduit, pétrole, mais tout en tension, laser, sucre très bien intégré. TB.

zilliken und karthauserhof

 

 

Maximin Grünhäuser (Von Schubert) *** - Riesling Abtsberg GG 2015 : (AP 21, 1/2bt) couleur dorée, nez pas trop mûr et minéral, peu de pétrole mais malheureusement léger bouchon. La bouche semblait bien droite et tendue, mais malheureusement bouchonnée. A regoûter.

 

9 octobre 2023

Roagna (Piémont) ****

Domaine familial d'une quinzaine d'hectares, dans un style traditionnel (élevages longs en foudres), travail en biodynamie non certifié. Luca a succédé à son père Alfredo en 2001. Les vignes sont situées sur Barbaresco, Barolo avec aussi 2 blancs (en timorasso et chardonnay/nebbiolo).

 

 

Luca Roagna - Barbaresco Pajè 2011 : (domaine familial de 15ha poursuivi par Luca depuis 2001. Biodynamie, peu sulfité. Macérations de 2à3 mois en chapeau immergé. Elevages près de 5ans en foudres.  Pajè : 1,8ha sud-ouest riche en calcaire et en calcium. Bas en altitude mais ouvert sur le fleuve Tanaro) Couleur très brique aussi, semble un peu réduit au départ, puis fruits noirs, là aussi un peu oxydatif, figue, kirsch, puis de plus en plus végétal avec l’oxydation. La bouche semble un peu dissociée, avec de l’amertume, des notes végétales, puis une oxydation qui arrive rapidement, des tannins serrés. Très peu de plaisir sur cette bouteille. Moyen.

 

Roagna - Derthona Montemarzino 2018 : (100% timorasso. Quelques heures de macération contre les peaux) Couleur or pâle, nez très résine, cire, zestes d'agrumes, limite sous-maturité, pas du tout de bois ressenti. Bouche avec une acidité élevée, peu de corps, alcool bas (12,5%), clairement sur la tension, avec des amers marqués, très cire, résine, zestes d'agrumes, sensation minérale. Finale fraîche et salivante, vin très digeste, d'autant plus pour du timorasso. Ca ne ressemble pas aux vins de Walter Massa. Il me fait penser aux sémillons de Tyrell par exemple, je ne connais rien en France dans ce style. TB.

 

8 octobre 2023

Soirées Monts

1 Taille aux loups, Montlouis-sur-Loire Clos Michet 2019 : couleur or, nez brioché, légère touche vanillée, pomme au four, fruits jaunes presque exotiques avec l’aération. Bouche avec un léger gras à l’attaque, belle acidité qui étire le vin très loin. Finale longue et salivante. Un classique, toujours très bon pour commencer. TB.

2 Bachelet-Monnot, Puligny-Montrachet 2020 : couleur or pâle, nez plutôt sur un élevage grillé encore un peu marqué, notes florales et fruitées. Bouche plutôt sur la tension, léger grillé, minérale, peu de gras, assez longue, salivante. Joli vin, encore un peu jeune dans l’idéal. TB.

3 Les Bruyères David Reynaud, Crozes-Hermitage Beaumont 2021 : Couleur sombre, nez très typé syrah, violette, poivre, lard… Bouche toute en finesse, légère, tannins souples, ça glisse tout seul, beaucoup de plaisir en l’état. TB+.  

comtes lafon

 

4 Castello Tricerchi, Brunello di Montalcino 2018 : Couleur rubis claire, nez plein de fruits rouges, pivoine, beaucoup pensent pinot noir, puis cinsault, en se réchauffant quelques épices, tomates séchées. La bouche est très fine, pure, fruitée, avec une belle acidité, tout en élégance. Très joli piège. TB+.

5 Abbatucci, Monte Bianco Vin de France 2019 : (100% sciaccarellu) Couleur très claire là aussi, nez de fruits rouges un peu plus sucrés, badiane. Bouche plus puissante que le précédent, un peu plus d’alcool et de sucrosité, mais aussi plus de volume, plus intense, plus sudiste, tannins très fins là aussi, grosse longueur. Tout le monde est séduit, une fois de plus lorsque ce cépage est bien travaillé. TB+.

6 Arnaud Lambert, Saumur-Champigny Montée des Roches 2020 : pour le St-Nectaire on revient à un vin plus sombre en couleur, mais plus frais, avec des notes de cassis, un peu de poivron au nez. La bouche est finalement assez mûre et fine, avec des tannins soyeux, une finale qui reste fraîche, ça semble déjà prêt à boire. Il réussit finalement très bien à passer derrière le Monte Bianco, ce qui n’allait pas de soi. TB.

7 Dagueneau, Sancerre Le Mont damné 2014 : la seule déception de la soirée, un nez très marqué H2S (sulfure d’hydrogène) avec un mélange de pierre à fusil/pétrole/œuf pas très agréable, derrière des notes de buis bien marqués, avec l’aération léger fruit exotique mais qui reste timide. C’est mieux en bouche, avec une bonne minéralité, un côté salivant en finale et de la longueur. Mais on en attendait un peu plus. B.

8 L’Ancienne Cure, Monbazillac Jour de fruit 2021 : couleur dorée, nez sur les fruits exotiques, l’ananas, le miel, assez fin et frais, beaucoup pensent plutôt à du manseng. La bouche est fraîche, pas trop sucrée, acidulée, très ananas, loin du stéréotype vin lourd de Monbazillac. La dégustation à l’aveugle a encore frappé. Très joli pour finir. TB.

grand mont 2018

 

Domaine du Bel-Air, Bourgueil Grand Mont 2018 : couleur sombre, fruits noirs, léger poivron mais plutôt mûr dans l’ensemble. Bouche avec un gros volume, encore des tannins un peu serrés, frais, long. Joli vin mais encore jeune. TB.

JC Bachelet, Puligny-Montrachet Les Aubues 2019 : couleur doré, nez encore marqué par l’élevage un peu grillé et vanillé. Bouche avec du gras, du volume, encore un peu d’élevage mais belle tension pour un 2019. Millésime bien géré. Très beau vin, mais à attendre encore. TB+.

Comtes Lafon, Monthélie 1er cru Les Duresses 2019 : couleur assez sombre pour pinot, nez avec un peu d’élevage grillé mais joli fruit aussi. Bouche assez ronde, suave, très soyeuse, en largeur, élevage classe, manque un peu d’acidité pour l’allonger. Très joli dans son style « moderne ». TB.

G. Boulay, Sancerre Monts Damnés 2013 : nez un peu brioché, lies, pas du tout variétal, légère évolution, bouche très fraîche, tendue, minérale, pas variétale, longue, salivante, encore jeune pour 2013. TB+.

Belluard, Ayze Perles du Mont Blanc 2016 : nez oxydatif, souris en finale.

Faivelay & Hospices de Beaune, Monthélie cuvée Lebelin 2018 : (adjugé à oenolife) Couleur sombre, nez assez fruits noirs et un peu café, mûr. Bouche à la fois puissante, un peu sudiste avec des tannins extraits mais une très bonne acidité qui maintient la fraîcheur, Grain un peu sec en finale. B+.

 

6 octobre 2023

Marie et Vincent Tricot à Orcet ***

 

Marie et Vincent Tricot sont des historiques du vin naturel en Auvergne. Comme Jean Maupertuis par exemple, ce sont des vins réguliers, toujours propres, vendus à prix sages, par des vignerons qui sot restés humbles et discrets, malgré le succès que peuvent rencontrer leurs vins dans certains pays.

 

 

Domaine d'un peu moins de 5ha, quasiment d'un seul tenant, à Orcet, sur la route des Martres-de-Veyre, sur des sols sédimentaires avec des dépôts volcaniques. Vincent et Marie se sont rencontrés dans le Beaujolais. Après un stage au Chili et au Château de Nages en Costières de Nîmes, ils se sont installés en 2002 en Auvergne, récupérant un domaine entièrement bio depuis 1971, entouré de céréaliers bio. Le domaine est bien sûr bio depuis le début, intégralement sans sulfites depuis 2011. Les élevages se font en cuves, fûts (pas mal de fûts d'occasion chauffe très douce de chez Louis Latour) ou amphores en grès de Limoges (porosité légère).

 

2025 a été un millésime solaire, avec deux épisodes de canicule coup sur coup, et beaucoup de sécheresse. Chez les Tricot la vigne a bien résisté, les rendements restent corrects, et le tri un peu moins drastique que dans les secteurs les plus chauds de l'appellation. Les réserves emmagasinés en hiver au début du printemps ont joué un rôle important, et le travail des sols également.

 

Les 2024 seront embouteillés en novembre 2025 soit un peu plus tard que d'habitude (sauf les petites cuvées "de fruit" qui ont déjà été mises en bouteilles).

 

 

Blancs

 

Rasséréné 2023 sur fût (il reste un fût qui sera assemblé avec les 2024 probablement) : sauvignon avec un peu de muscat, marqué par une légère macération, énergique, pas trop aromatique, belle allonge avec de beaux amers.

2024 : sauvignon plus marqué, un peu plus pamplemousse rose, les deux devraient bien s'assembler.

 

Escargot chardonnay 2024 : chardonnay assez classique, gras, encore un peu d'élevage, manque un poil d'allonge.

 

Désiré 2025 aligoté : cette année solaire, suivie de pluies qui ont dilué les raisins, l'aligoté a un profil aromatique manquant un peu de peps. Plutôt bon, mais ce n'est pas le profil habituel de la cuvée, elle sera probablement assemblée.

 

White Light 2025 : chardonnay/muscat et du coup aligoté cette année, pour voir ce que donnerait cette assemblage, le muscat domine encore, on reste donc sur le profil des années précédentes, aromatique, apéritif, pas trop écœurant non plus, car vif, peu d'alcool et plutôt fin pour du muscat.

 

Désiré 2023 en bouteille : en effet un profil plus vif et citronné, pas très long, mais frais.

 

 

Rosé

Rosé 2025 : encore un peu de sucres, coloré cette année, plutôt gourmand, plein de fruit.

 

 

Rouges

petites fleurs 2025 gamay d'auvergne en carbo : carbo sur le fruit, gourmande, on pourrait déjà le sortir comme ça en primeur.

 

plusieurs pinots 2024 sur fûts et amphores, plus ou moins égrappés et plus ou moins extraits, mais tous d'un beau fruité, frais, avec de belles acidités sur ce millésime. Ils rentreront dans l'assemblage des 3 Bonhommes et dans l'assemblage des Milans.

 

syrah 2025 (vigne plantée en 2020, syrah du Rhône) syrah vendangé plus tard que les gamays et les pinot ici en Auvergne, syrah foncée, mais tout est plus foncé en 2025, florale, très violette, plutôt fraîche, pas très élevée en alcool, tannins fins. Encore une preuve que le cépage se plaît bien ici. Il rentrera probablement dans l'assemblage de la Côte Ouest.

 

parcelle des Marcottes 2024, vieux pinots en pente, plus solaire, plus puissant et un peu plus extrait, rentre dans l'assemblage de la Côte Ouest désormais, cuvée faite avec les raisins les plus mûrs en général.

 

 

Non goûtés ce jour-là MC (avec du pineau d'aunis), Rouge lux (gamay), bulleversante (pet' nat blanc) et le vin paillé (non produit depuis plus de 10ans)

 

 

Comme souvent, il n'y a pas de vins disponibles au domaine. Il faudra attendre la prochaine mise...

 

 

 

 

anciennes dégustations

 

Marie et Vincent Tricot (Orcet) ** - Désiré 2011 Vin de France : (chardonnay et muscat ottonel, élevage en fûts de plusieurs vins, très légèrement soufré 15mg/L) nez moyennement expressif mais prometteur, brioché avec des fruits mûrs (fruits jaunes, poire), du miel, peut-être un côté eucalyptus. Belle matière en bouche, avec des fruits très mûrs (fruits jaunes), c'est gourmand, l'attaque manque un peu d'acidité mais pas la fin de bouche ce qui l'empêche d'être écoeurant. La finale n'est pas très longue, elle manque un peu de tension, mais elle a un côté salin qui fait saliver et donne envie de se resservir. Bon vin de soif et bon rapport q/p (7,50€), la bouteille ne fait pas long feu. Note : 15,5/20.

 

Marie et Vincent Tricot - L'Escargot 2011 Vin de France : (100% chardonnay) couleur or assez foncée, très beau nez sur l'ananas beurrée, pointe de vanille, élevage parfaitement intégré. Bouche vive, minérale, beaucoup d'ananas, menthe, réglisse, très fraîche. Seule la finale est légèrement alcooleuse. Mais ça reste un très bon vin. La référence du Puy-de-dôme en blanc. 15,5/20.

 

Marie et Vincent Tricot - L'Escargot 2015 Vin de France : robe très trouble, nez très discret, une pointe de pomme blette, mieux en bouche, très vive, tendue, puissante, citronnée, florale, pas de bois ressenti, belle matière et belle longueur. Très bon dans un style plus nature que le 2011, moins consensuel. TB.

 

Marie et Vincent Tricot - Rosé 2015 : (goûté à Chassignoles) foncé, assez vineux, fruité, perlant. Pas mauvais, mais loin du niveau de leurs blancs ou de leur vin de paille, malheureusement déjà épuisés. B.

 

Marie et Vincent Tricot - Les Milans rouge 2015 : très trouble, nez très marqué noyau de cerise, bouche légère, noyau de cerise et pointe balsamique, légère, facile. B. Trois ans plus tard, jus nature très fin, très pot-pourri, légère volatile, mais très juteux, frais, évident. TB+.

 

Tricot - Marcottes 2014 : (gamay) robe trouble et évoluée, nez très animal réduit au départ, un peu lardé, mieux avec aération, bouche avec une petite volatile, bonne acidité, léger en alcool, tannins souples, mais joli fond acide. TB.

 

Marie & Vincent Tricot - Vin Paillé n°10 : (100% gamay, raisins séchés 3 mois sur paille, 2010) couleur ambrée, trouble. Nez très marqué par la fraise, mais aussi de la prune, pruneau, raisins de Corinthe. L’attaque en bouche est perlante, le vin est reparti en fermentation, mais le gaz part très vite dans le verre, le vin est léger, sucré, mais frais, aussi proche d’un jus de fraise que d’un vin tant il y a de fruit. Finale de longueur moyenne. Très facile à boire. J’aime beaucoup, mais le vin divise l’opinion autour de la table. Une curiosité. TB.

 

3 octobre 2023

Buçaco - Antonio Rocha (Portugal) ****

Le Palazzo Buçaco, hôtel 5 étoiles, est une véritable institution au Portugal. En 1917 Alexandre de Almeida, après de nombreux voyages sur la Côte d'Azur notamment, décide de copier le principe de la Cave hôtelière de luxe. D'abord réservés à l'élite, puis aux seuls clients de l'hôtel, les vins sont désormais disponibles au public mais en faible quantité. Le palais se trouve entre Dao et Bairrada, les vins sont des assemblages des deux régions : Baga et touriga nacional pour le rouge, baga pour le rosé, encruzado, bical et maria gomes pour le blanc. Les vinifications sont très traditionnelles, un peu dans l'esprit des Tondonia et co, désormais gérées par Antonio Rocha...

 

 

Buçaco - Branco reservado 2019 : (Encruzado de Dao, Bical et maria gomes de Bairrada. Fermentation et Elevage 12mois fûts de chêne français. Malo pas toujours faite. 13,5%) Couleur or pâle, reflets verts. Nez expressif, avec des notes de cire, de citron vert, zestes pamplemousse, petite touche noisette, assez peu marqué par l'élevage finalement, puis avec l'aération menthol, quelques fruits jaunes et exotiques. La bouche surprend par sa fraîcheur et son acidité élevée, d'un beau volume, sur les zestes, toujours un peu cire et noisette, alcool moyen, avec une finale longue, tannique, sur des amers marqués, très zestes citron vert pamplemousse. Un vin taillé pour la garde et pour la table mais qui finalement offre déjà du plaisir en l'état, dans un style original et très intéressant. TB.

bucaco

28 septembre 2023

Château de Plaisance (Rochefort-sur-Loire) ***

Domaine de 25ha (dont 4 de rouge) qui appartenait jadis à la famille Rochais, en bio et biodynamie, repris en 2019 par la jeune angevine Vanéssa Cherruau, bien épaulée à la cave par Guillaume Kieffer. Si auparavant une grosse partie de la gamme était en liquoreux, la dominante est aujourd'hui en sec. Le travail à la vigne est bien plus poussé, vinifications sans intrants; micro-doses de SO2 à la mise uniquement...

 

Château de Plaisance - Anjou Ronceray 2021 : (schistes, spilite et grès sur la butte de Chaume. Elevage barrique, foudre et amphore, pendant un an. Malo partielle. 13,5%) Couleur or, nez expressif, avec une vinif marqué à l'ouverture, petite touche d'autolyse grillée, touche vanillée aussi, citron confit, légère volatile. La bouche est bien perlante, c'est mieux après secouage, mêle un beau volume et une belle maturité pour 2021 à une acidité élevée, toujours ce côté nature, mais propre, avec une finale, précise, longue, l'élevage n'est pas gênant, sur des amers un peu trop marqués le jour de l'ouverture, mieux le lendemain. Un style là aussi nouvelle génération, entre un Leroy et un Labet. L'aération a clairement fait du bien au vin. A attendre encore un peu dans l'idéal. TB.

 

 

Goûté à Vinidôme

Château Plaisance  - Savennières 2010 : Moyen-

Château Plaisance  - Savennières le clos 2010 : Moyen

Château Plaisance  - Chaume 2009 : B

Château Plaisance  - Chaume Les Charmelles 2010 : B+

Château Plaisance - Chaume Les Zerzilles 2010 : B+

Château Plaisance  - Quarts de Chaume 2010 : TB-

Château Plaisance  - Quarts de Chaume Confidence 2007 : TB-

 

27 septembre 2023

Thierry Renard - Renards des côtes (Clermont-Ferrand) **

Visite au domaine Thierry Renard - Clermont-Ferrand

 

 

Premier millésime en 2002 avec des vignes à St Georges sur Allier. En 2005 premier millésime sur Clermont.

 

 

- Cuvée Le Crapaud, location d'une parcelle d'environ 1ha sur les Coteaux de Clermont. Vigne plantée en 1904, à 10 000 pieds/ha "voire un peu plus", quelques vignes sont peut-être en franc de pied... Vieux gamays d'Auvergne "de plusieurs sortes" avec quelques teinturiers. Environ 1000 pieds ont été replantés en sauvignon, viognier, chardonnay, pinot noir... Exposition Sud mais plus frais qu'à Sayat, les Côtes de Clermont font de l'ombre le soir. Sols argilo-calcaires avec quelques petits cailloux de basalte. Taille principalement en guyot simple. Pas de travail des sols, herbe juste coupée. 

renard coteaux de clermont

 

 

- Cuvée Cheire de Poule, en location depuis 2018. Environ un demi hectare à Sayat. Gamays d'Auvergne de 65ans. Quelques endroits en marcottage. Là aussi dur de savoir ce qu'il y a exactement, peut-être quelques francs de pied. Environ 10 000 pieds/ha. Exposition est, beaucoup moins de pente qu'à Clermont. Au soleil toute la journée. Sols que du caillou (basalte). Taille guyot simple, pas de labour non plus.

vigne sayat

 

 

- A suivre : Une parcelle est en location au Puy de Var (Clermont-Nord) avec près de 7000 pieds plantés en 2021 cépages divers, secteur solaire. Et quelques massales de chardonnay de Roulot dans le jardin d'un particulier plantées en 2019 pour les premières.

Puy de Var

 

 

 

Chardonnays (massales Roulot)

 

 

 

2023 : les oiseaux ont tout dévoré sur Clermont (quelques renards, chevreuils aussi au Puy de Var). Aucun dégât à Sayat. Pas mal de coulures sur les pinots. Un peu de mildiou. Seulement 2 traitements au cuivre, commencés très tôt cette année (juin). Volumes limitées à venir donc... En 2023 tout devrait être assemblé dans la cuvée Danse avec le Moût, qui avait déjà existé en 2013 par exemple, réalisée lorsque tout est est assemblé avec aussi les raisins provenant d'une parcelle d'un ami sur Blanzat avec des cépages variés... et réalisé si le profil est assez mûr.

 

Vinifications : Le mini "chai" est dans la cave sous la maison. Rouges tout égrappés. Blancs non égrappés. Elevages en cuves et fûts. La plupart des fûts d'occasion proviennent de Rauzan-Ségla aujourd'hui, (il y a eu une période Camille Giroud aussi). Aucun intrant, non collé, non filtré, sans sulfites. Mise en bouteille personnelle sans gaz neutre. Tous les vins sortent en Vin de France. Pas de certif.

 

 

 

 

 Les dégustations (certaines datent un peu...)

 

Renards des Côtes - Vin de France blanc 2015 : robe dorée, qui tire presque sur l'ambrée, nez exubérant sur le miel, le tilleul, envoûtant mais il pourrait devenir écoeurant assez vite. Bouche puissante, grasse, épaisse, pleine de miel et de tilleul, manque un peu de tension derrière. Très original, il doit permettre des accords culinaires intéressants. B+.

 

 

Blanc 2009 chardonnay  : miellé, acacia, semble avoir fait une petite macération pelliculaire, la bouche est encore là avec de la fraîcheur 11ans plus tard. Bravo. TB.

 

Renard des Côtes Rouge 2016 : Couleur claire, nez de griotte, poivre fruits rouges. Bouche fraîche, avec une certaine puissance alcoolique, fruitée, poivrée, pas très épaisse, plutôt en longueur. Un nature maîtrisé, surtout qu'il a été bu sans aération et probablement trop jeune pour donner son maximum. B+.

 

Renard des Côtes rosé 2018 : (sur cuve) couleur claire, nez de pâte d'amande, fruits rouges, agrumes, bouche avec du volume et de la tension, texture proche d'un rouge, notes aromatiques d'un blanc de macération, assez long. TB.

 

Chaire de Poule 2020 : (gamay sur Sayat, sols de basalte) Assez clair en couleur pour gamay, le nez a besoin de se mettre en place, un peu fou-fou, mais il pinote un peu, fruits rouges, notes florales. Bouche juteuse, beaucoup de fruit, mûr (14%) mais bien équilibré par une acidité élevée. TB-.

Crapaud 2020 : Encore plus clair en couleur, moins en place que le précédent, pointe d'oxydation, mêmes qualités en bouche de jus peu extrait, juteux, mûr mais très digeste, acidité élevée, tannins fins, à peine plus présents que dans le précédent. Peut-être un plus gros potentiel, mais moins immédiat. TB-.

 

 

Renards des Côtes, Vin de France Cheire de Poule 2022 (100% gamay, à Sayat) : dès l’ouverture de cette bouteille c’est très marqué vernis à ongle (acétate d’éthyle) et encore pire avec l’ouverture, le vin ne sera pas bu. Etonnant, car d'autres bouteilles de la même cuvée se goûtaient très bien.

 

 

Thierry Renard (Renards des côtes) *** - Danse avec le moût 2013 Vin de France : (Vignes de 110 ans. Assemblage de Gamay d'Auvergne, Pinot Noir, Syrah, Grolleau... sur des sols volcaniques et calcaires. Macération de l'ensemble des raisins pendant 4 mois, zéro intrant oenologique. Elevage 8 mois en vieux fûts. Pas de soufre) Légèrement réduit à l'ouverture, avec un peu de volatile, des arômes de cerise aigre, proche du Cornelissen bu récemment. Le lendemain le vin se présente bien mieux. Robe rubis, superbe nez de vieux pinot avec de la confiture de fraise, de la griotte, un peu de kirsch, une touche fumée dans le fond avec un peu de tertiaire, plus du tout de volatile. Belle matière en bouche, toujours ce côté pinot sur la confiture de fraise, très gourmand, manquant peut-être d'un peu de tension, on a l'impression d'être sur un millésime chaud. Finale de bonne longueur, tannins un poil secs. Note : 16,5/20.

Renard danse avec le mout gougis

 

 

 

 

Jean-Baptiste Gougis (Aubière) *** - "La cuvée du plateau Gergovie" 2015 Vin de France : (cépage gamay N) Couleur assez sombre avec des contours violets, le nez confirme qu'il s'agit d'un vin mis en bouteille récemment, on sent bien la gamay avec une belle maturité, de la mûre, de la cerise noire, de la violette, un petit côté bonbon moins agréable à peine chimique dans le fond. La bouche est juteuse, bien concentrée, avec des tannins présents mais de qualité, une bonne acidité, un peu simple par rapport au vin de T. Renard. Longueur moyenne, finale qui reste fraîche et fruitée. Note : 15/20.

 

Jean-Baptiste Gougis - rouge puy de joie 2016 : (goûté brut de fûts, à un mois de la mise. 100% gamay élevage 1an en fûts de plusieurs vins) Robe plus claire que le 2015, ça se confirme au nez où on est plus sur des fruits rouges croquants, moins de matière que 2015 mais un fruité plus facile, plus frais, plus gouleyant. B+. En bouteille, le nez est proche, peut-être un peu plus mûr, tannins un peu plus présents en finale mais de qualité avec de belles notes poivrées. TB.

 

Jean-Baptiste Gougis, Vin de France Puy de Joie 2017 : (quasi 100% gamay sur le plateau de Gergovie) Couleur soutenue, nez de cerise, cassis, poivre, réglisse. Bouche puissante, un peu rustique avec des épices et un côté presque "ferrugineux", tannins encore serrés. Beau potentiel, à attendre quelques années si possible.

 

Jean-Baptiste Gougis - blanc Noces volcaniques 2016 : (chardonnay, tout juste mis en bouteille) Robe légèrement dorée, nez très marqué poire qui fait penser à un chardonnay en début d'élevage. Bouche sur la même aromatique mais avec une très belle matière, du fruit, une bonne fraîcheur, assez puissante et longue. Devrait faire un très bon vin dans quelques mois. B+. En bouteille, le vin s'est refermé, il semble manquer de tension. B-.

 

Blanc 2018 : un peu réduit, peu sulfité, plus vif que l’an passé. B.

Rouge 2018 : (80% gamay, 20% pinot noir) juteux, croquant, avec de la matière. TB.

 

25 septembre 2023

Patrick Piuze (Chablis) ****

Québecois d'origine, Patrick Piuze a d'abord travaillé en sommellerie, puis a vinifié en Australie, Af sud, chez Olivier Leflaive, JM Gufens, JM Brocard... avant de s'installer à Chablis en 2008. S'il s'agit sur le papier d'une maison de négoce, en réalité Patrick suit de près le travail à la vigne et réalisé les vendanges. Il met toujours les terroirs en avant, avec un travail sur la tension et la minéralité, utilisant peu de fûts neufs. Ses expériences passées font que ses vins partent majoritairement à l'export où il fait partie des grands noms de l'appellation, mais sont finalement peu médiatisés en France.

 

 

Piuze Patrick, Chablis 1er cru Vaillons Les Minots 2021 : couleur or pâle, nez avec un joli fruité et qui semble gourmand pour un 2021, la bouche combine ce fruité avec beaucoup de minéralité et de tension, c'est long et déjà bien en place, très salivant. Ca commence fort. TB+.

 

Piuze - Bourgogne cotes d'auxerre 2020 : léger, tendu, citronné, élevage cuve, qui sent un peu la réduction sur lies, peu de volume, sur la fraîcheur. B+.

 

23 septembre 2023

Soirée Chablis

Soirées Chablis

carte chablis

La plupart des informations suivantes proviennent de l'excellent site monocépage.com : http://monocepage.com/concept-des-chablis/

 

Située au Nord de la Bourgogne, dans l'Yonne, l'AOC Chablis bénéficie d'un climat très froid et humide. L'AOC Chablis a été aggrandie au fil du temps, jusqu'à atteindre 6800 hectares (103 en Grands crus, 735 en Premiers crus, 4400 en Chablis ! et "seulement" 1550 en Petit chablis).

Chablis est une AOC très "mécanisée", avec un bon espacement entre les rangs (densité à 5 500 pieds/ha minimum), des vignes palissées taillées le plus souvent en guyot double (14 yeux par pieds maximum), des rendements autorisés élevés (60hL/ha en Chablis avec un butoir poussé à 70hL certaines années, 54hL/ha butoir à 64 en Grand cru) et un taux d'alcool minimum autorisé très bas (10° en Chablis, 11° en Grand cru). La chaptalisation y est bien sûr autorisée.

 

Géologie

roche chablis

Deux types de roches composent les sols chablisiens : le calcaire du Barrois de l'ère Portlandienne (en haut) et le fameux calcaire à exogyra virgula "fossiles d'huîtres" de l'ère Kimméridgienne. La première repose sur la seconde en suivant une pente de 2à3%. Si bien qu'au sud de l'AOC on trouve principalement du kimméridgien, au nord de l'AOC du Portlandien. Quant au secteur central (celui des premiers crus et grands crus), la vigne est plantée dans du Portlandien allant de 35cm à 1m environ, avec en-dessous une roche mère kimméridgienne. Or, nous savons aujourd'hui que ce sont bien dans les premières dizaines de centimètres que tout se joue : "Une autre idée reçue doit être mise en perspective : l'origine des nutriments dont le cep a besoin. Dans la roche mère les minéraux ne sont pas immédiatement disponibles pour les racines... Le microbiote et le complexe argilo-humique jouent alors un rôle clé dans le biodisponible de ces éléments pour la plante. Ce dernier est un peu le coffre-fort" (Mille Vignes, Pascaline Lepeltier). Bref, la légende du chablis kimméridgien est en bonne partie usurpée.

 

D'où provient alors ce fameux arôme "coquille d'huître" toujours associé à Chablis ? D'abord, de notre cerveau, car nous avons été conditionné depuis de nombreuses années à appeler un certain arôme "coquille d'huître". Mais conditionné par quoi/qui ? Il faut bien comprendre que sur cette grande AOC, l'INAO a longtemps eu beaucoup de vin à vendre, ce qui était loin d'être évident à une époque où les vins étaient très acides, maigres, en sous-maturité, parfois sans malo... Si le Muscadet avait pour lui la proximité de la mer pour l'accord huître/citron, le Chablis devait trouver une justification pour cet accord facile. Avec ces petits fossiles dans le sous-sol, l'accord sur le "pont aromatique" était une aubaine. Et voilà qu'on forme les futurs vignerons, les sommeliers, les consommateurs... à cette légende pendant que l'on vend sur toutes les tables parisiennes puis du monde entier du Chablis avec les douzaines d'huîtres. Demandez à un Raveneau si ses belles cuvées s'accordent bien avec l'huître ! Sancerre, par exemple, tout aussi kimméridgien n'a pas pu bénéficier de la même "typicité de son AOC" (heureusement, le silex fera bien l'affaire !). Ensuite, comprenons bien aussi que le goût particulier que l'on trouve parfois à Chablis commuément appelé "coquille d'huître" n'est guère étonnant pour un chardonnay sur climat froid, dans un sol calcaire, donc issu de sédiments marins...

Heureusement pour la qualité des vins de Chablis, dans les années 1980, deux domaines précurseurs, Raveneau et Dauvissat, ont eu l'ambition de montrer que de grands vins pouvaient être issus de ces terroirs, à condition de limiter les rendements, de vendanger à la main, de travailler les sols, de rallonger les élevages, de passer les vins en fûts, de faire les malos... Ils sont désormais suivis par une nouvelle génération de vignerons très talentueux.

 

Les expositions

 Ce n'est donc pas vraiment la géologie qui distingue les différentes parcelles du centre du village (attention tout de même aux différences géologiques entre les bas et hauts de coteaux), mais plutôt les expositions. Ce qui ne veut pas dire qu'un climat possède une homogénéité dans son exposition ici (voir le cas de Valmur par exemple). Globalement, la rive droite du Serein est exposée Ouest Sud-Ouest et bénéficie donc du soleil chaleureux du soir, alors que la rive gauche orientée Est Sud-Est bénéficie de la lumière plus fraîche du matin. Les grands crus sont donc en règle générale plus solaires et plus opulents que les premiers crus de la rive gauche. Les vallées possèdent souvent un "adroit" et un "envers", l'envers étant souvent trop dans l'ombre et "déclassé en simple" Chablis.

chablis expositions

 

 

 Soirée n°1

1 Moreau Christian & Fabien, Chablis 1er cru Vaillons 2017 : (assemblage de plusieurs climats du regroupement Vaillons. Elevage cuves et fûts) Couleur or pâle, joli nez, classique, fruits jaunes, notes minérales, floral. Bouche qui combine un léger gras confortable à l'attaque puis s'étire ensuite grâce à une belle acidité sur des des notes d'agrumes, avec une finale assez longue et salivante. On commence très bien. TB.

vaillons et montmains

 

2 Vocoret Yvon & Laurent, Chablis 1er cru Fourchaume 2017 : (élevage cuves. Vignes sur Fourchaume même) Couleur qui tire sur le doré, nez plus mûr que le précédent, presque sur la mangue, la goyave, on sent le terroir plus solaire. La bouche est un peu plus simple avec moins de fond et de longueur. B.

 

3 Grossot Corinne & Jean-Pierre, Chablis 1er cru Mont de Milieu 2017 : (élevage cuves) Couleur or pâle, nez proche du Vaillon de Moreau, fruits jaunes... Bouche plus en tension, un peu moins de gras à l'attaque, semble du coup un peu plus minéral, jolie longueur pour un premier cru. TB.

 

4 Dauvissat Vincent, Chablis 2012 : (élevage fûts) Couleur guère plus évoluée, nez très minéral, la fameuse "coquille d'huître", un peu croûte de fromage, miel. Bouche toute en tension, encore jeune, énergique, pas un gros volume, mais une finale vraiment salivante, qui porte le vin très loin, très digeste et très fraîche, impressionnante pour le niveau d'appellation. Un vin pile à point, pas le plus complexe, mais celui qui offre le plus de plaisir. TB++.

 

5 Raveneau Bernard & Jean-Marie, Chablis 1er cru Butteaux 2016 : (élevage fûts) Couleur un peu plus dorée, nez un peu plus mûr, petite touche d'élevage, plus jeune. Bouche avec plus de volume, léger gras à l'attaque, plus d'opulence, plus de complexité, la trame minérale est bien là dans le fond, beaucoup de longueur, encore un peu trop jeune dans l'idéal, comme souvent avec Raveneau, mais la densité est impressionnante. A peine moins de plasir immédiat que le Dauvissat mais plus de potentiel. TB++.

 

6 Pattes Loup (Thomas Pico), Chablis 1er cru Butteaux Mise Tardive 2018 : (élevage demi-muis puis cuves) couleur plus foncée, qui tire sur le doré, plus trouble aussi. Nez très typé "nature", réduction sur lies, volatile haute, citron confit, poires mûres, notes de malt/whisky. Bouche très énergique pour 2018, avec du volume, des fruits mûrs, du citron confit, portée loin par une volatile élevée. Un style très différent des autres, on adore ou on déteste. TB-.

 

7 Bessin Jean-Claude & Romain, Chablis Grand cru Valmur 2013 : (élevage cuves et fûts. Vignes dans l'envers de Valmur, la partie fraîche) Couleur dorée, nez qui semble bien mûr. La bouche semble un peu alcooleuse, manquant d'acidité. Il semble avoir vieilli un peu vite. Etrange pour cette cuvée sur ce millésime, et pas représentatif de la qualité du domaine. NN

valmur chablis

 

8 Droin Jean-Paul & Benoît, Chablis Grand cru Les Clos 2013 : (élevage cuves et fûts) Couleur encore assez claire pour un 2013, très joli nez, à peine fumé/grillé, miellé, fruité. Bouche qui combine un beau volume et des notes minérales, longue et tendue, où on sent plus la fraîcheur de 2013 que l'opulence des Clos. Très belle bouteille pour finir les blancs. TB+.

 

9 Lavantureux Roland, Bourgogne Epineuil rouge Les Fauconniers 2020 : Couleur rubis, nez sur la framboise et la pivoine à l'ouverture, puis de plus en plus de fumé voire tabac et cendre, de poivre, de notes animales. Bouche plus sur le fruit que le nez, très juteuse, tannins fins, gourmande et très digeste. On termine bien avec ce joli rouge. TB.

Chablis dauvissat raveneau

 

 

Soirée n°2

1 Piuze Patrick, Chablis 1er cru Vaillons Les Minots 2021 : couleur or pâle, nez avec un joli fruité et qui semble gourmand pour un 2021, la bouche combine ce fruité avec beaucoup de minéralité et de tension, c'est long et déjà bien en place, très salivant. Ca commence fort. TB+.

 

2 Domaine de l’Enclos (Romain & Damien Bouchard), Chablis 1er cru Montmains 2017 : Bien plus coloré, nez plus mûr, pommes au four, ananas. La bouche est plus puissante (1,5% de plus), plus opulente, moins de finesse, mais elle garde une bonne acidité. C'est bon, dans un style opposé au précédent. B+.

 

3 Droin Jean-Paul & Benoît, Chablis 1er cru Montée de Tonnerre 2018 : On revient à une couleur plus claire, un nez plus végétal, presque des notes de buis, agrumes, citron. Bouche minérale, avec un beau volume, qui manque un peu d'acidité sur la finale. B.

 

4 Pattes Loup (Thomas Pico), Chablis 1er cru Butteaux Mise Tardive 2018 : couleur plus foncée, qui tire sur le doré, plus trouble aussi. Nez très typé "nature", réduction sur lies, volatile haute, citron confit, poires mûres, notes de malt/whisky. Bouche très énergique pour 2018, avec du volume, des fruits mûrs, du citron confit, portée loin par une volatile élevée. Un style très différent des autres, on adore ou on déteste. TB-.

 

5 Dauvissat Vincent, Chablis 1er cru Vaillons 2014 : couleur dorée, nez très complexe, croûte de fromage à l'ouverture, mousseron, caillou, puis du fruit, presque de l'ananas. Bouche très tendue, sans enrobage, très minérale, salivante, avec une finale qui claque d'une longueur exceptionnelle. TB++.

 

6 Raveneau Bernard & Jean-Marie, Chablis 1er cru Forêt 2014 : couleur assez proche, un nez un peu plus simple, encore sur le fruit, une touche de miel, de beurre, de caillou. Bouche avec plus de rondeur, un peu plus puissante et opulente, un peu d'élevage, mais là aussi beaucoup de longueur, très belle acidité avec du volume autour, à peine moins salivant en finale, on sent qu'il peut encore vieillir très longtemps. TB+.

 

7 Bessin Jean-Claude & Romain, Chablis Grand cru Valmur 2013 : couleur qui tire sur l'ambrée, nez très évolué de fruits très mûrs et presque une petite touche oxydative. C'est beaucoup mieux en bouche où le vin a gardé une bonne acidité. Ca reste nénamoins étrange pour cette cuvée sur ce millésime, et pas représentatif de la qualité du domaine. NN

 

8 William Fèvre, Chablis Grand cru Vaudésir 2008 : couleur bien plus claire que le précédent, nez relativement simple, sur un fruit mûr et miellé. Bouche par contre de grande qualité qui combine volume, tension, pureté, avec une finale très minérale, encore en pleine forme. TB+.

 

9 Lavantureux Roland, Bourgogne Epineuil Les Fauconniers 2020 : Couleur rubis, nez sur la framboise et la pivoine à l'ouverture, puis de plus en plus de fumé, de poivre, de notes animales. Bouche plus sur le fruit que le nez, très juteuse, tannins fins, gourmande et très digeste. Avec l'aération les notes fumées, de tabac voire de cendrier prenent de plus en plus de place. B+.

chablis 2

 

21 septembre 2023

Soirée club n°8

Mas delmas - IGP Cotes catalanes Dona Lisa 2014 : (grenache gris) Couleur évoluée, nez brioche, élevage poussé mais intégré, pointe oxy noisette, puis poire, citron confit, très Catalan, voire Rioja blanc. Bouche avec une bonne acidité pour le sud, pas trop lurde, du volume, taillée pour la table, finale avec des amers bien marqués, peut-être un peu trop, mais joli fraîcheur sur ces vieilles vignes d’altitude. TB.

 

Huet - Vouvray sec le haut lieu 2012 : couleur or, nez très typique du domaine, agrumes, puis de plus en plus de fruits exotiques, ananas surtout. Bouche qui combine fruits exotiques, gourmandise, 4-5gr de SR probablement, encore jeune, avec une acidité très haute de l’attaque jusqu’à la finale, porte le vin très loin, très frais, salivant. TB++.

 

Chidaine - Montlouis Les Bournais 2017 : couleur presque ambrée, nez qui semble évolué, fruits mûrs, poire, miel. Bouche avec du volume, de l’opulence, beau fruité, peut-être une pointe de SR, la finale chauffe un peu. Plusieurs pensent jurançon sec par exemple. TB.

 

Chidaine - Montlouis Les Bournais Franc de Pied 2017 : couleur un peu plus claire, nez plus élégant, moins mûr, plus jeune, plus fringant. Idem en bouche, plus frais, plus minéral, plus tendu, impression qu’il y a moins d’alcool, finale plus salivante. TB++.

 

bournais franc de pied

 

Ardoisières - Argile rouge 2018 : (gamay, mondeuse, persan) couleur assez sombre pour cette cuvée, moins infusée que sur d’autres millésimes, fumé, fruits noirs, poivre, un peu austère, avec des tannins un peu serrés, pas un gros volume. Mais alcool bas et bonne acidité, ce qui le rend très digeste. B+.

 

Stéphane Magnien - Morey 1er cru Faconnieres 2021 : couleur assez sombre pour un pinot 21, nez fruits noirs, poivre, élevage toasté. Bouche assez mûre, sérieuse, boisée, extraite, étonnante pour 2021, clairement taillée pour la garde. B.

 

Faurie - Hermitage 2019 (greffieux bessards) : Couleur noire, intense. Nez très violette, poivre, lard, vanille, sent la syrah à plein nez. Bouche massive, trop jeune, étonnamment très boisée vanillée pour le domaine. A regoûter dans 20ans. B-.

 

Ornellaia Serre Nuove 2013 : bouchon.

 

Per Se - Inseparable 2019 Gualtallary Valle de Uco Mendoza : couleur sombre, nez fruits noirs, un côté graphite. Bouche avec à la fois une certaine puissance et une acidité élevée, pas de bois, pas de sucrosité, très pure, avec une mpression caillouteuse, finale assez longue, racée, sur une acidité élevée et des tanns qui allongent, encore un peu jeune, mais on sent le joli travail sur terroir d’altitude. TB+.

 

Nekowitsch - Schilfwein 1998 Neusiedlersee : (1/2 bt) Couleur marron foncé, nez un peu typé PX, café, caramel, pruneau, figue, coca. La bouche est concentrée, sirupeuse, manque d’acidité. B.

 

Wenzel - Ruster Ausbruch Am fusse des berges 1999 : (1/2 bt. 227gr SR) Couleur ambrée, nez très pâte de coing, abricot, miel, Bouche concentrée, bien plus d’acidité que le Nekowitsch, plus long, plus frais, même si ça reste un liquoreux très concentré. Encore un peu plus d’acidité n’aurait pas fait de mal. TB.

 

14 septembre 2023

Smögen (Suède) ***

 

Smögen - 100proof 6ans 57,1% batch 2 : (sherry cask) Couleur or profond, nez légèrement fumé, viande fumée, noisette, je m'attendais à plus tourbé, marqué par le sherry, chocolaté, viandé, abricot. Bouche puissante, épaisse, un côté gourmand aussi, noisette, abricot, léger fumé, épices, très long, un peu d'alcool, bien fait pour un 6ans, même si je m'attendais à mieux par rapport aux notes du précédent batch (91 Serge, 90 Angus). Note : 86/100.

 

Smögen 2014-2025 DRFS for Wu Dram Clan Ex Bourbon Barrel n°13 59,1% : bien tourbé, puissant, encore jeune, assez violent, plutôt bien fait dans son style sans concession. 87/100.

 

8 septembre 2023

Moric (Autriche) ****

Domaine créé en 2001 par Roland Velich à Grosshöflein, à l'Ouest du lac Neusiedl dans le Burgenland. Il n'a eu de cesse de mettre en avant le Blaüfankisch et les terroirs de la région, à l'opposé de la mode internationale de l'époque. Le travail est sur la finesse, avec des vignes âgées et à haute densité (souvent 8000pieds/ha) faibles rendements, en levures indigènes, élevages longs dand des grands contenants bois pour garder la pureté du fruit et ne pas masquer le terroir... Quelques Grüner sont aussi produits.

A noter aussi les Moric Hidden projects, des collaborations avec de jenes vignerons autrichiens ou hongrois, dans le but de mettre en avant des terroirs oubliés.

 

 

Moric - Blaufränkisch 2013 : couleur rubis foncé, nez sur les fruits rouges avec aussi des notes de mûre et de cerise et une légère touche végétale dans le fond, il peut faire penser à un gamay sur un terroir ou sur une année fraîche. La bouche est assez légère, fruitée, avec une belle tension, pas une grosse matière, quelques tannins bien fondus. Finale de longueur moyenne, fraîche, sur les fruits rouges. Une belle entrée de gamme. Note : 15/20.

moric blaufrankisch

 

 

Moric - Blaufränkisch reserve 2015 : robe grenat, encore des reflets violets. Nez assez mûr en 2015, cassis, fruits noirs légèrement confiturés, un côté sanguin, poivre, violette, petites notes herbacés, pas de boisé ressenti. Bouche avec une grosse matière, fruits mûrs bien équilibrés par une grosse acidité, des tannins de qualité à peine poudrés qui allongent le vin, belle longueur sur des fruits noirs acidulés. Joli bouteille, encore toute jeune, avec un beau potentiel de garde, dans un style mûr et gourmand sur 2015. TB.

 

Moric Hidden projects n°3 - Balaton 2020 with Villa Tolnay : (50% riesling 50% furmint, sols volcaniques basalte et sédiments à la pointe nord-ouest du lac Balaton. Cépages élevés séparément en grands contenants bois. 13%) Couleur paille, nez sur l'anis, réglisse, girofle, notes végétales, citron confit, petite touche fumée. Bouche à peine perlante, aromatique, vive, pas très épaisse, un peu trop aromatique et mûre mais l'équilibre reste bon grâce à l'acidité élevée, longueur moyenne. On se lasse quand même assez vite. B.

 

 

Moric chez Valade


NR3 Villa tolnay 2022 sec, vif à l’attaque, manque un peu de longueur et presque de tension pour lui qui est présenté comme ça. NR2 Kis Tamas 22 sur les amers, un peu mou, noisette.  Moric blaufrankisch 23 un peu réduit mais ouche bien juteuse aux tannins fins. Reserve blaufrankisch 2020 un peu sous-bois évolué, tannins fins, fruits noirs, finale un peu arrondie qui manque un poil d’acidité. Lutzmanns Burg alte reben 2018 évolué, truffe un peu, mais bouche plus fraîche, salé, longue, tannins fins, très bon.

 

6 septembre 2023

Domaine 7 Abel Benmaamar (Bellevigne-en-Layon) ***

 

Amateur de vin, Abel Benmaamar a créé son propre domaine en 2018, dans le secteur de schistes de Martigné-Briand, non loin de chez Stéphane Bernaudeau. Après des stages chez Thillardon ou Corbineau il a pu reprendre quelques hectares au domaine des Roches Sèches avec des vignes certifiées bio depuis 2010. Abel poursuit le travail bio à la vigne, des vinif en levures indigènes, élevages en cuves et fûts peu marqués, léger sulfitage à la mise.

 

 

Abel Benmaamar Domaine 7 - Vin de France La Nouette 2020 : (100% chenin, pressurage direct en pressoir hydrolique vertical, sols de schistes sur Martigné-Briand, élevage 15 mois cuves inox et fûts. Pas de bâtonnage. 20mg SO2 à la mise uniquement. 12,5% vol) Robe proche du doré, limpide. Nez expressif, mûr, pomme et poire au four, miel, verveine, puis avec l'ouverture citron confit, ananas, coing. C'est plutôt joli. Pas spécialement typé nature, pas d'élevage ressenti. La bouche attaque avec un gros volume et une bonne acidité, on retrouve la maturité aromatique du nez, on a l'impression qu'il y a plus que 12,5% d'alcool, la fin de bouche chauffe un peu. La finale est longue au niveau des arômes, quelques jolis amers, mais ça manque un peu de relance et d'énergie. On a finalement l'impression que l'acidité, même si elle est plutôt élevée, a du mal à contenir cette matière riche et imposante jusqu'au bout, alors que ça commençait très bien. On reste plutôt sur une sensation d'opulence que de finesse. A voir avec le temps désormais... B+.

 

 

Domaine 7, Abel Benmaamar - Nuage blanc 2023 Vin de France :
(Assemblage de Guimardiere et Nouette sur ce millésime compliqué en Loire. Vendu presque moitié prix que les parcellaires 2022. 10%) Je m'attendais à un "jus de citron" en voyant le taux d'alcool, eh bien pas du tout. La couleur est dorée, au nez l'aromatique est mûr avec des notes de fruits jaunes et de coing. Un peu de perlant à l'attaque en bouche, pas un gros volume, sur l'aromatique du nez, bien sûr un poil aqueux à ce taux d'alcool, mais c'est très digeste, pas forcément une grosse acidité, la finale a quand même une assez bonne longueur. Ça reste précis et propre sur deux jours. Il a parfaitement rempli son rôle sur les beaux jours d'été. Bon rapport qualité prix. TB.

 

4 septembre 2023

Thomas Boccon (Meursault) ***

Thomas Boccon a commencé à travailler chez Mikulski en 2011. Tout juste la trentaine il crée en parallèle en 2016 son micro-négoce Thomas Boccon, travaillant lui aussi sur la tension avec peu de bois neuf.

 

Thomas Boccon - Bourgogne Côte d'Or chardonnay 2020 : Couleur soutenue, qui tire sur le doré, nez assez mûr avec du miel, de la poire, des fruits exotiques surtout le lendemain, aucune trace d'élevage, ça ne fait pas chardonnay bourguignon, aucun beurré ni grillé. La bouche contraste avec le nez, très énergique, avec une grosse acidité, un gros volume, ça semble un peu dissocié, mieux en place le lendemain, la finale est de bonne longueur mais avec des amers très marqués, pas un gros plaisir. Un vin assez déroutant, qui ne me convainc pas pour une première avec le domaine. A voir si tout se met en place ceci dit, car il y a un gros volume et une belle longueur pour un régional. B.

 

30 août 2023

Simon Colin (Chassagne-Montrachet) ***

Simon Colin est le fils du producteur Philippe Colin. Il se lance en solo en 2017 avec une structure de négoce, puis récupère quelques vignes en propriété à partir de 2021. Le domaine de 9ha est en cours de certification bio. Après un passage chez Etienne Sauzet, Simon Colin est plutôt partisan du "travail sur lies, fûts usagées et doses modérées de soufre" (source RVF)

 

Simon Colin - Bourgogne chardonnay 2021 : Couleur or pâle, nez expressif dès l'ouverture, assez classique, chardonnay légèrement beurré, petite touche grillé, encore un peu d'élevage mais plutôt classieux, à mi-chemin entre réduction et oxygénation, aussi du fruité, du floral, sans notes de sous-maturité. La bouche attaque large et confortable avec un peu d'élevage, beau volume pour un Chardo 21, puis s'étire assez vite sur une belle acidité, un côté plus minéral et citronné, ça finit assez long pour un "régional" et salivant, pas d'élevage ressenti sur la finale. On y retourne facilement avec une impression d'élégance. Très belle entrée de gamme, qui donne envie de voir le reste. TB+.