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Mon carnet Vin

6 décembre 2023

Roederer (Reims) ****

 

Grande maison possédant 245 ha de vignes. Depuis quelques années, sous l'impulsion de l'œnologue et agronome Jean-Baptiste Lécaillon, le domaine est passé en bio et biodynamie. Autrefois basés sur des hauts rendements avec de la sous-maturité compensée par un excès de sucre, comme bien d'autres, les vins de Roederer sont parmi les premiers des grandes maisons à s'être reconcentré sur le travail à la vigne. Les derniers millésimes sont d'un très grand niveau, avec finesse, tension, profondeur et la patine des années sur lattes. S'il fallait autrefois attendre les Cristal une bonne quinzaine d'années pour avoir un joli champagne pas trop engoncé dans son sucre (qui lui permettait de très bien vieillir cependant), c'est bien moins le cas aujourd'hui (7 gr tout de même). S'il reste un champagne de garde, il est bien plus accessible et fin en jeunesse, et enfin au niveau de sa réputation.

 

 

 

GT 2014

Cristal 2006 : bulles très fines, bien équilibré, légèrement vineux, bonne acidité, fruité, encore un peu jeune. TB.

Brut premier : (GT 2013) très vif, vineux, bulles un peu grosses, plus fruité que le BSA de Ruinart. Je l'ai mieux goûté que l'an passé. B+.

Brut premier : (GT 2012) B

Brut 2006 : (GT 2013) très vif, très toasté (boisé ?), bulles fines. Le Cristal était malheureusement terminé quand j'y suis passé. Moyen+.

 

Théophile brut : généreusement dosé, bulle assez fine, gourmand, parfait pour le dessert. B+.

 

Stark 2012 Brut nature (dégorgé en 2019) : sur Cumières, 55% PN, 20% chardo, sans malo, 15% en fûts. Très beau champagne, bulle fine, patinée, fait plus chardo qu'il ne l'est vraiment avec un côté un peu crémeux, pas de sucre, mais jamais austère, reste tendu en finale. TB+.

 

4 décembre 2023

Château Beychevelle (Saint-Julien) ****

 

"Avec une proportion de merlot plus élevée que ses voisins, Beychevelle montre beaucoup de charme et se montre accessible assez jeune avec des tannins soyeux" RVF.

 

 

Beychevelle - St Julien 2009 (au GT 2012), tout est là, fruité très mûr, fraîcheur, grosse matière, parfait équilibre puissance/finesse, tannins soyeux et longueur. Un coup de cœur pour moi. (+- 18,5/20).

 

Beychevelle 22, plus noir et marqué cassis (alors qu’il n’y a pas plus de cabernet sur le papier), moins d’élevage, tannins très fins. TB+.

 

4 décembre 2023

Fonseca (Portugal) ****

 

Créé en 1822, appartenant aussi au groupe Taylor Fladgate. Style en "richesse et complexité". Bruce Guimaraens et depuis 1992 son fils David sont à la tête de la maison. Le chai de vieillissement est à Vila Nova de Gaia (Porto). Les vins proviennent de :

 

- Quinta do Panascal : 44ha achetés en 1978 dans la vallée de Tavora.

- Quinta de Sao Antonio : 12ha, vallée de Pinhao dans le Cima Corgo.

- Quinta do Cruzeiro : 13ha, vallée de Pinhao également.

 

 


Fonseca - Porto Bin 27 : (assemblage de ruby, élevage jusqu'à 4ans, touriga nacional, touriga franca, tinta roriz, sousao) Couleur noire, nez de fruits noirs confiturés, crème de cassis, chocolat. Bouche très sucrée, aucune fraicheur, aucun intérêt en dégustation... B-.

 

3 décembre 2023

Benoît Montel (Riom) ***

 

Portes Ouvertes fin 2023

 

Les vins sont goûtés un peu froid en température, ce qui peut faire ressortir les tannins, mais globalement ce sont des vins sur le fruit, assez peu tanniques. Très belle réussite en 2022 qui combine maturité avec de bonnes acidités sur les gamays et les syrahs.

 

montel 2022

 

La faille 2022 : (syrah, fût enterré dans les vignes, sans SO2) léger, fruité, facile, ne fait pas très syrah. B+.

 

En aparté 2022 : (syrah en cuve, même parcelle, achat à P. Heyraud à Cormède) syrah facile, tannins souples, mais plus de couleur ici, plus poivré, plus typé syrah. TB.

 

GPS 2022 : (gamay pinot syrah) un peu réducteur ce jour-là, semble un peu végétal. B-.

 

Madargue 2022 : gamay léger, simple, fruité, facile, manque un peu de concentration par rapport aux autres. B.

 

L’esprit des Papilles 2022 : (pour le club Les Papilles) syrah légère, facile, fruitée, légèrement poivrée, entre La faille et En Aparté. TB-.

 

Game Over 2022 : (gamaret, jeunes vignes, Benoît le présente comme un cépage fruité, moins rustique que le gamay) aromatique sur des fruits rouges mûrs, acidité élevée qui équilibre bien le tout, avec une finale encore un peu serrée, on sent qu’on est encore sur des vignes assez jeunes, mais prometteur. B+.

 

Coulée de Lave 2022 : (gamay) plus coloré, fruits noirs un peu confiturés et poivrés, assez rond et gourmand, sans manquer de fond, déjà parfaitement en place. TB+.

 

Châteaugay Bourrassol 2022 : coloré, un peu moins confituré que le précédent, donc tannins qui ressortent à peine plus, c’est frais, fruité, quand même assez long. TB.

 

Châteaugay VV 2022 : (en fût) en pleine prise de bois, très vanillé. A revoir dans quelques mois.

 

Sang des volcans II 2022 : (petite syrah ou serine. fût, amphore et cuve ? achat à P. Heyraud à Cormède) style un peu austère mais noble, serine avec une acidité élevée, tendue, un peu serré, plus végétale que le suivant, mais finale qui allonge loin, presque saline (umami). TB+.

 

Sang des Volcans I 2022 : (syrah, à St Bonnet près Riom) un peu plus mûr et plus en largeur, plus gourmand et plus accessible tout de suite, joli fond aussi, un peu moins salin en finale. TB+.

 

Lueurs 2022 : (syrah viognier) semble moins mûr et un peu serré, le côté « blanc » semble un peu dissocié. B.

 

Châteaugay Bourrassol MAG 2020 : nez assez évolué, fruits noirs un peu sous-bois et chocolat, bouche encore jeune, fruitée, souple, facile. TB.

 

Châteaugay VV MAG 2020 : plus d’acidité, tannins encore serrés, encore un peu jeune. TB-

 

Grand jour famille Laurent Rémi Lamerat Bordeaux rouge 2022 : bordeaux classique, fruits noirs, un peu confiturés et marqué par son élevage. B.

 

 

 

Les Blancs : le même vin, 100% chardonnay issu de Châteaugay Bourrassol, fermenté en cuve puis élevage de 9mois dans 6 contenants différents. Exercice très intéressant. Bien sûr chardonnay + 2022 + Bourrassol (parcelle solaire exposé sud) = vins aux acidités assez basses. Justement Benoit cherche le meilleur contenant pour l’avenir.

 

montel inedit

 

I (en cuves inox) : chardonnay rond et fruité, manque un peu de tension, déjà un peu évolué, mûr. B.

N (amphore porcelaine) : (un petit œuf en fait) semble plus gras, avec une attaque plus large mais il a gardé plus de peps, plus de longueur, fruité mûr presque exotique mais gourmand, très accessible dès maintenant, sans tomber dans la lourdeur. Comme s’il avait les avantages du bois sans les inconvénients.

E (amphore grès) : plus fermé, demande plus de temps, mûr aussi, avec de la matière, moins d’acidité, plus sur les amers, avec une finale très intéressante, un contenant intéressant mais pour la garde.

D (amphore terre cuite) : assez rond, beau fruité, un peu moins mûr, manque un peu de peps. Facile.

I (fût d’acacia) : le fût marque un peu avec des notes très exotiques, un côté rhum mais dans le bon sens, gourmand, vanille, goyave, ça garde une bonne acidité, le plus gourmand de tous, sans tomber dans la lourdeur, déjà prêt.

T (fût de chêne) : très marqué boisé vanillé, gras, rond, manque d’acidité.

 

Très intéressant, car les deux contenants les plus répandus, cuve inox et fût de chêne, ne sont clairement pas les meilleurs…

 

 

Expression 2022 : (l’assemblage des 6 contenants) fruité, facile, proche de l’élevage cuve. B.

 

Avenir 2022 : (vin orange, chardonnay 2mois macération) joli vin orange, élégant, fin, pas trop tannique, propre, joli fruit, du peps en bouche, amers nobles en finale. TB.

 

Double face : (méthode trad chardonnay) très fruits exotiques, brut assez sucré, rond, facile. B.

 

Pet Nat viognier : non goûté.

 

 

 

 

Vieilles dégustations :

 

Benoît Montel ** (Riom) - Madargues Côtes d'Auvergne 2011 (100% gamay) : A l'aveugle je pars tout de suite dans le Beaujolais, vin très doux, très fruité, avec de la cerise très croquante, c'est gourmand et facile à boire. Un peu simple et manque de longueur par contre. 15/20.

 

Benoît Montel - Madargues 2013 : proche du 2011, léger et fruité, simple et facile à boire, une valeure sûre. 15/20.

 

Benoît Montel - Côtes d'Auvergne Chateaugay Bourrassol 2014 : (gamay) robe rubis, plus proche du pinot que du gamay, nez de petits fruits rouges très agréable, bouche sur le fruit, fraîche, légère, on peut hésiter entre pinot et gamay, bonne matière, légers tannins, longueur correcte avec une pointe de poivre. Un cran au-dessus des Madargues. 15,5/20.

 

Benoit Montel - Coulee de Lave Blanc : (NM) Robe dorée, nez très tilleul, miel, thé vert, bergamote, complexe et original. Bouche grasse, épaisse, quelques grammes de sucres, construite sur l'amertume (roussanne et marsanne ???) beaucoup de miel, de fleur, de thé, finale assez longue, très joli. 16,5/20.

 

Benoît Montel - Côtes d'Auvergne blanc 2017 : robe légèrement dorée, nez à peine beurré, sur l'anis, un peu pêche/abricot, presque provençal. Bouche grasse, épaisse, sans être très boisée, puissante, vive à l'attaque, toujours sur l'anis, l'abricot, un peu chaude sur la finale. Plutôt taillé pour la table. 13/20.

 

Cotes d'Auvergne bourrassol blanc 2018 : gras, peu d'acidité, à peine moins chaleureux que le précédent, pataud quand même. 13,5/20.

 

Benoit Montel - Pinot Noir Groslières 2017 : robe très sombre pour du pinot, le nez fait gamay, mûre, fruit des des bois. Bouche avec une acidité mordante et des tannins qui demandent à se fondre, belle matière sinon, à attendre un peu peut-être. 13/20.

 

Pinot Noir 2018 : plu clair, plus léger que 2017, plein de fruit, facile. 14,5/20.

 

Blanc Bourrassol chardonnay 2018 : couleur dorée, nez miel et fruits jaunes, plein de pêche notamment. Bouche sur le fruit, assez grasse, facile, bien plus fraîche que la cuvée normale. TB-.

 

Benoit Montel - Côtes d'Auvergne Châteaugay Bourrassol 2018 : (gamay) couleur sombre encore violine, nez de violette, fruits noirs, confiture de cassis, cerise noire, un peu de poivre. Bouche avec du volume, du fruit, bonne acidité, tannins fins, assez longue, encore sur un fruit primaire, qui a ce qu'il faut pour bien vieillir. On sent le millésime très solaire. Belle progression pour cette cuvée. TB.

 

Benoit Montel - Madargues 2018 : couleur à peine moins sombre que Bourrassol, nez un peu moins confituré même si on reste sur des fruits noirs, de la cerise. Bouche un peu plus légère, plus d'acidité, peu voire pas d'épices, sur le fruit, un peu plus simple. Longueur moyenne. TB-.

 

Chanturgue 2018 : beaucoup de fruit, moins confituré que Madargues et Bourrassol, plus d'acidité, plus frais, tout en restant gourmand avec un joli fond. Excellent rapport q/p là encore à moins de dix euros. TB.

 

Benoit Montel - Sang des volcans syrah 2018 : couleur encore très violine, nez de fruits noirs, un peu de poivre. Bouche sur le fruit, tannins fins, assez mûre, à peine poivrée, bonne acidité dans le fond, on sent que c'est encore tout jeune, un peu trop, prometteur. TB.

 

Madargue 2021 : couleur violine, nez bonbon anglais, cerise, bouche sur le fruit, légère, peu d'alcool sur ce millésime, simple, acidulée, gourmande. B+.

 

GPS 2022 : (gamay, pinot, syrah) croquant, bien poivré, tannins fins. TB.

 

Bourrassol blanc 2022 : un peu mou, anisé, floral. B.

 

A l’endroit a l’envers 2022 : (assemblage) un peu plus exotique, gourmand. B+.

 

En aparté chardonnay 2024 : le nez aromatique sauvignonne un peu, bouche vive, fruitée, simple mais efficace. B.

 

Châteaugay VV 2021 : léger sur ce millésime, poivré, tannins fins, pas gros volume belle allonge. B+.

 

Benoît Montel, IGP Puy-de-Dôme Sang des volcans 2020 (100% syrah, à St Bonnet-près-Riom) : couleur très sombre aussi, un nez sur les fruits noirs, le cacao, petite touche d’élevage vanillé. La bouche est légèrement plus puissante et plus dense que le précédent, l’élevage fût a bien arrondi les tannins, un style plus civilisé et plus en rondeur, la finale a quand même gardé une bonne acidité qui donne une allonge bienvenue. Jolie syrah là aussi, qui profite bien de ses deux ans de plus en bouteille. TB.

 

B. Montel : Bourrassol rouge 2023 coloré, fruits noirs, encore un peu serré mais bon potentiel, pour la garde sur ce millésimé solaire.

 

Pins Red 2025 nouveau pinot noir (de chez P Heyraud) qui remplace En Aparté pinot noir, fin très sympa. GPS 25 et Coulée de Lave plus serrés. Game Over 25? aussi. Excellent Lueurs 2023 syrah viognier façon Côte Rôtie en plus aérien, éclatant en ce moment. Bourrassol blanc 25 manque un peu de tension, Expression 23 joli vin avec de la largeur, manque un poil de tension.  L'Avenir vin orange (2022 ?) très joli nez presque liquoreux, bouche sèche, avec du peps, joli.

 

2 décembre 2023

Bel Air Marquis d'Aligre (Soussans) ****

 

Petit domaine de 13ha situé à l'Ouest de Margaux. Jean-Pierre Boyer vinifie uniquement en cuves béton, et commercialise régulièrement de vieux millésimes. Les vins ne ressemblent à aucun autre Margaux, moins colorés, moins de volume, moins de rondeur, plus d'acidité et des tannins serrés qui demandent du temps pour se fondre, du fait de l'absence de bois. Avec un peu d'âge ils obtiennent par contre une pureté et un raffinement inégalables.

 

 

Bel Air Marquis d'aligre - Margaux 2000 : nez cuir, animal noble, sous-bois, fumé. Bouche en dentelle, encore du fruit, beaucoup cuir, peu de tannins et de volume, mais tout en longueur, tendu, joli fond, frais. TB+.

 

Margaux 2009 : robe encore jeune, nez tabac, cuir, fruits rouges et noirs. Jolie bouche, en tension, avec une belle acidité et beaucoup de fraîcheur pour 2009, aucun trait végétal ici, le grain de tannins est fin, pas beaucoup de rondeur, mais une belle allonge. TB+.

 

1 décembre 2023

Visite chez Jean Maupertuis à St Georges s/ Allier

Visite chez Jean Maupertuis à St Georges s/ Allier

 

Jean Maupertuis fait partie des historiques de la région, c'est la valeure sûre en nature, les vins sont toujours propres, frais, digestes, faciles à boire, et ils sont restés très raisonnables en prix malgré leur succès.

La visite fut un peu plus rapide faute de temps... mais on peut trouver un excellent reportage ici par exemple : https://www.wineterroirs.com/2010/11/jean_maupertuis.html

 

vignes st georges

 

Jean s'est installé en Auvergne vers 1995/1996. Il a fait partie de 1999 à 2006? du domaine de Peyra, devenu légendaire dans le monde du nature, avec Stéphane Majeune (aujourd'hui restaurateur à Sens) et Eric Garnier.

Il possède environ 5,5ha : un peu plus de 2ha à côté du domaine et environ 3ha à Madargue (moitié pinot, moitié gamay). Approchant la soixantaine, Jean et sa compagne veulent peu à peu diminuer la surface à Madargue pour se concentrer sur les vignes de St Georges.

Madargue c'est très solaire. En 2023 ça a été compliqué, comme au sud à Boudes, le secteur "central" s'en est mieux sorti. Les 5 crus, comme souvent, ce sont les endroits historiques où le raisin murissait, des coteaux plein sud en général. Aujourd'hui ce ne sont plus forcément les meilleurs endroits. Un pinot de Madargue est mûr 3 semaines avant un vieux gamay de St Georges. Et encore il aura moins d'acidité. Les vieux gamays d'Auvergne reviennent fort, ils sont bien adaptés au réchauffement.

Sur Madargue, Jean possède une vigne de 1927, en pleine forme, aux rendements minuscules par contre. Il possède aussi des vignes des années 1990 taillées en lyre, à 3000pieds/ha ! "Tous ceux qui sont mécanisés n'en voulaient pas ! Tant mieux ". Ce sont les rares vignes en lyre avec celles de L'Arbre Blanc à Saint-Sandoux. Sur Madargue, Il y a des pinots, des gamays d'Auvergne mais aussi pas mal de gamays Beaujolais.

Ici il y a principalement des vignes de 70-80ans, Jean possède une parcelle de chaque côté du village de St Georges. Ce sont souvent des vieux gamays d'Auvergne, mais c'est complanté avec beaucoup de choses : des teinturiers, du mirefleurien, du chasselas...

 

 

Tous les 2023 sont goûtés sur cuve inox. Jean fait désormais les fermentations et macérations en cuves béton voire cuves fibre puis les élevage en inox. Peut-être qu'une cuvée ira en fût par la suite, mais c'est rare. Tous les rouges sont grappe entières, en semi-carbo, "à la beaujolaise". Très peu d'extraction chez Jean. Les malo sont finies depuis un bon moment, désormais elles se finissent toujours avant les fermentations alcooliques. Depuis longtemps il n'y a aucun intrant, et pas du tout de sulfites, même à la mise.

Lave Grise rosé 2023 : (principalement des gamays, sur lave grise, assez proche de la pouzzollane. Fait les années où il y a assez de jus comme 2022 ou 2023, sinon ça rentre dans le Pink bulles) Rosé très clair, juste pressé, proche d'un blanc de noirs, sur la vivacité, un peu vineux, frais.

Puy Long chardonnay 2023 : (à Gimeaux, au nord de Riom, sur granit et calcaire) chardo travaillé sur la vivacité, simple mais plutôt réussi, même si en 2023 bien sûr il ne faut pas attendre beaucoup de tension.

Pierre Noire 2023 : (en bas du village, base d'argile avec débris basaltiques, vieux gamays et quelques cépages complantés) Pas mal de couleur en 2023, joli fruité plutôt sur des fruits noirs, la bouche a gardé une belle acidité, c'est frais, digeste, facile à boire, assez long quand même, déjà très joli.

La Plage 2023 : (gamays de Madargue, sur sables. Cuvée créée en 2011) c'est plus mûr, tannins souples là aussi, facile à boire, un peu de réduction à ce stade.

Neyrou 2023 : (Neyrou = ancien nom du pinot noir. A Madargue. Cuvée créée en 2011 aussi. Très pentu, plein sud) pinot coloré, mûr en 2023, la bouche a quand même gardé de l'acidité, tannins encore un peu serrés. Quelques épices. C'est bon, mais à ce stade ça ne pinot pas vraiment.

En bouteille

Puy Long 2022 : ouvert de la veille, début souris.

La Plage 2022 : un peu de gaz et de réduction, dans une phase compliqué avec le froid, pas le meilleur moment pour lui.

Pierres Noires 2022 : ouvert de la veille, ça n'a pas bien tenu, début de souris. Il faut les finir le jour de l'ouverture.

Neyrou-Plage 2019 : (assemblage des deux en 2019 comme en 2021 faute de volume) Gamay avec un début d'évolution au nez, un côté cacao, très gourmand, la bouche combine largeur, maturité sur ce millésime, à une belle acidité, ça reste frais et digeste. Quelques années de bouteille lui ont fait du bien. Excellent.

Pink Bulles 2021 : (pét nat' légèrement rosé de gamay. Autrefois avec pas mal de sucre, désormais sec. "Ca correspond plus à notre goût d'aujourd'hui, c'est plus digeste comme ça. Auparavant quand les vins étaient très acides un peu de sucre ça faisait du bien mais ce n'est plus le cas aujourd'hui... Sauf 2021 bien sûr, c'était un peu raide quand c'est sorti, deux ans après c'est parfait. Il faut le dire aussi, c'est plus facile à gérer les pet' nat' sans sucres". Mise en bouteille en cours de fermentation lorsqu'il reste environ 25gr de SR. Ca finit de travailler 3 mois. On tape sur un pneu pour envoyer les lies et les dépots tartriques contre le bouchon et on met sur pointe 3 mois supplémentaires avant dégorgement. On fait le plein sans dosage.") Une bulle qui a perdu un peu de couleur, à peine saumonnée aujourd'hui, vive, fraîche, le temps en bouteille a aroondi un peu les angles, seulement 11° d'alcool cette année, contre 12 d'habitude, ça glisse tout seul, redoutable !

 

Un grand merci à Jean et Magalie pour le temps accordé et toutes les anecdotes autour du tonneau. Pour eux, le vin c'est ça avant tout !

 

 

 

Vieilles dégustations :

Jean Maupertuis (St Georges sur Allier) ** - Pink Bulles XIV : (rosé effervescent, 100% gamay, Vin de France) couleur or pâle aux reflets roses, nez sur les agrumes avec de la framboise et des petits fruits rouges dans le fond. Bouche légère, aux bulles fines, acidulée, vineuse (un peu trop à mon goût), peu de sucre (4-5gr ?), manquant un peu de gourmandise, sur les agrumes surtout avec un peu de framboise. Longueur moyenne. Note : 14/20.

jean maupertuis pink bulles

 Plage 21 (50% pinot, 50% gamay) léger, frais, juteux, pas encore embouteillé, mais prometteur. Pierres noires 21 lui aussi frais et juteux, dans ce millésime frais on sent des vins de fruit qui ont pas une grosse matière mais très accessibles en jeunesse. Pink bulles rosé pet nat sec, rafraichissant, bien fait.

 

30 novembre 2023

Bouchon Family Wines (Chili) ***

 

Bouchon Family, Block series semillon 2021 DO Maule : (à Batuco, vignes de 80ans, 30kms océan, 187m altitude, sols de granit. 50% cuves sur lies et 50% barriques 6mois. Vieux domaine familial. Presque 160ha sur 3 vignobles.) Couleur claire, nez très marqué par les lies, grillé, pétard. Bouche citronnée, lies, légère en alcool (12,5%), un peu diluée, pas grand fond derrière l'autolyse. Par contre c'est frais et digeste. Travaillé en légère sous-maturité façon semillon de la Hunter Valley en Australie. B.

 

Bouchon Family, País salvaje blanco 2022 DO Maule Secano Interior : (Vignes sauvages dans les arbres, très petits rendements. Vendanges avec des échelles, jusqu’à 6m de haut début avril. On suppose que des oiseaux ont semé des raisins depuis les parcelles voisines. A Mingre, 45kms du Pacifique. 193m altitude. Vignes d’environ 120ans. Il y aurait eu une mutation de certains país rouges en país blancs, premier millésime des rouges en 2015 et des blancs en 2016. Sols granits et limons sableux. Fermentation en levures indigènes. Elevage en amphore. Bio. Non filtré. 11,5.) Clair en couleur, nez sur la poire, les agrumes, floral. Bouche légère en alcool, fraîche, bonne acidité, très rafraîchissant et facile à boire, fruitée et florale, pas très complexe ni très long, mais parfait pour commencer. B+.

 

Bouchon, País salvaje 2022 DO Maule Secano Interior : (vignes sauvages comme sur le blanc, égrappage et pressurage avec la "zaranda" traditionnelle en bambou qui permet un pressurage doux convenant bien au cépage) Couleur très claire, nez très fruité de framboise, groseille, pivoine, quelques épices. Bouche légère, 12%, infusée, peu tannique, fruitée et florale, assez simple mais facile à boire et très plaisante. TB.

 

Bouchon (Chili) - El Pais viejo 2019 : (région maule, cepage pais) Couleur assez claire, nez d'orangette, un peu bonbon, cerise, vernis. Bouche épicée, légère en alcool, fruit un peu sucré, orangette, vernis. B-.

 

Bouchon - Salvaje tinto Pais 2020 : (vignes sauvages poussant le long des arbres, vendanges avec des échelles) couleur très claire, infusée, nez de petits fruits rouges, floral, épices. Bouche infusée, petits fruits rouges, fraise sucrée, à peine quelques tannins qui donnent de l'allonge. Quelque part entre un domaine des tours, un Anglore ou un Comando G... TB+.

 

Salvaje blanc 2021 (pais blanc) frais, floral, fruits blancs, pas de bois, pas une grosse acidité, mais pas lourd non plus. Intéressant, mais moins que le Salvaje rouge.

 

Bouchon - Granito Semillon 2020 Batuco Estate : nez marqué réduction sur lies, bouche avec un gros volume peut-être un peu de temps contre les lies, à peine tannique, frais, énergique, pas boisé, pas trop soufré, long, pointu, sérieux, beau potentiel de garde, citronné. TB.

 

28 novembre 2023

Chris Alheit (Afrique du Sud) ****

 

Domaine créé en 2010 de 21ha basé à Walker Bay, mais travaillant dans différentes régions, une partie en négoce et une partie en vignes personnelles. Spécialisé dans le chenin, plutôt autour du Cap, mais aussi dans le Swartland. 

 

 

 

Chris Alheit, WO Western Cape Hereafter here chenin 2022 : (100% chenin. Jeunes vignes du Swartland, Piekenierskloof, the Bottelary, Polkadraai, Paardeberg et Tygerberg. Pressurage grappes entières. Fermentation et élevage barriques anciennes 12 mois, puis 6 mois en cuves sur lies fines.1,6gr SR. 13,2% vol. ph 3,4)  Couleur dorée, nez de fruits exotiques et fruits jaunes, miel. La bouche est bien équilibrée entre le fruité mûr et un travail sur la fraîcheur, avec de la vivacité, pas vraiment de gras, pas trop d’alcool ni trop de volume. Belle entrée de gamme, pas très complexe mais quand même un peu de longueur, le vin reste frais, fruité, facile à boire, parfait pour commencer. TB.

 

 

Chris Alheit, WO Paardeberg (Swartland) Fire by night 2022 (chenin) : (à Nuwedam, Paardeberg, 300-350m alt. Sols granits décomposés. Plantées entre 1972 et 1985. Non irrigué. 2 500 Pieds / Ha, taille gobelet. Pressurage grappes entières, fermentation et élevage en barriques neutre et cuves ciment ovoïde. 12,5%) Couleur claire, nez discret, agrumes, miel, floral. La bouche est très fraîche, très minérale, très élégante, encore un peu fermée, mieux après carafage, elle manque d’un peu de volume, mais c’est long, salivant, caillouteux, très joli style, juste un peu trop austère en l’état. TB+.

 

 

Chris Alheit - Nautical dawn 2018 : (100% chenin, à False Bay, sols granitiques) : Couleur très claire, nez très élégant, fruits jaunes, floral, pas du tout de boisé. Bouche pure, tendue, fruitée, avec une finale minérale assez longue. Très fin et élégant. Un des meilleurs chenins d'Afrique du sud. TB+.

 

Chris alheit  :   Cartology 2023 blanc un peu trop lourd.

 

28 novembre 2023

Per Se (Argentine) ****

 

Petit domaine récent (6 hectares) très qualitatif, créé par David Bonomy (domaine Norton) et Edy del Popolo (Dominio del Plata). Vignes de malbec principalement avec un tout petit peu de cabernet franc, sur des sols calcaires, à environ 1500m d'altitude. 


Un petit article ici par exemple : https://www.7canibales.com/beber/del-popolo-per-se/

 

 

 

Per Se, Inseparable malbec 2021 Gualtallary, Valle de Uco, Mendoza : (Projet récent d’Edy del Popolo et David Bonomi. Vignes plantées en 2013 en haut de Gualtallary, vers le « Monastère », haute altitude et sols calcaires. « Notre vignoble compte 4,2 hectares subdivisés en 5 parcelles : au-dessus des collines il y a 2,2 hectares qui se subdivisent 3 secteurs : Iubileus, La Craie et Uni, d'où nous fournissons les raisins pour PerSe. En bas se trouvent deux petites « casernes » d'où provient le Malbec d'Inséparable ». Egrappé. Elevage béton)  Couleur grenat, relativement claire pour un malbec argentin, nez élégant, pas trop « noir », cerise, framboise, floral, réglisse. Bouche élégante aussi sur ce millésime pourtant pas spécialement frais, très pure, beau fruité, tannins fins, sensation de tension et de profondeur voie de minéralité, belle allonge. Très beau vin. TB++.

 

Per Se - Inseparable 2019 Gualtallary Valle de Uco Mendoza : couleur sombre, nez fruits noirs, un côté graphite. Bouche avec à la fois une certaine puissance et une acidité élevée, pas de bois, pas de sucrosité, très pure, avec une impression caillouteuse, finale assez longue, racée, sur une acidité élevée et des tanins qui allongent, encore un peu jeune, mais on sent le joli travail sur terroir d’altitude. TB+.

 

 

27 novembre 2023

Simon Bousquet (Corent) **

 

Simon Bousquet fait partie de cette nouvelle génération de jeunes vignerons tout fraîchement installés en Auvergne (avec Bastien Migeon 2022, Les Bariolés 2022, L'eau qui dort-Coteau libre 2022, Chlo d'Auzit 2022, Lapilli 2023, L'Arbre blanc 2.0 2023, Elementaires 2023, V. Legrand...). 

 

 Lorsque l'on cotoie beaucoup la Bourgogne, la Champagne, le Bordelais... on ne se rend pas toujours compte de ce que signifie "s'installer" pour un jeune vigneron qui débute sans hériter du domaine familial. Ici, on y est pleinement confronté : le végétal n'est pas toujours parfait, le chai pas adéquat, l'équipe de vendangeurs pas assez nombreuse pour rentrer la vendange rapidement, il faut se débrouiller pour louer ou se faire prêter du matériel, faire avec des produits, des bouchons, du verre, des cartons, etc... à prix raisonnable et bien sûr travailler à côté pour vivre. Enfin, faire comprendre qu'il faudra bien vendre les bouteilles un certain prix pour rembourser l'emprunt initial... ll faut tirer un grand coup de chapeau à tous ces vignerons courageux, qui acceptent de tâtonner, de faire au mieux avec les moyens du bord, d'être toujours dans le provisoire, en attendant d'avoir les moyens de trouver mieux.

 

 

Après un BTS viti-oeno de 2016 à 2018 et plusieurs stages (notamment au domaine des Trouillères), Simon a repris des vignes en Mars 2022 : 2,18ha sur la face sud de Corent. 4 petites parcelles proches les unes des autres, 2 en chardonnay et 2 en gamay, plantées en 2,50 * 0,90m. Ici, les sols sont argilo-calcaires, avec un peu de basalte sur la parcelle de chardonnay la plus haute sur le coteau (550m d'altitude). En parallèle, il est employé à la vigne chez Henri Chauvet.

 

coteau sud corent

 

 

 Le problème c'est que sur les 4 parcelles, 2 sont bonnes à arracher ! Il reste plutôt l'équivalent d'1,18ha en fait ! Les vignes appartenaient à un coopérateur qui vendait à St Verny et qui travaillait n'importe comment : les sols n'ont jamais été travaillés, ça a toujours vu le glyphosate, les vignes ont été mal greffées et surtout sur des porte-greffes mal adaptés, la taille également était très imprécise. Il y a pas mal de manquants aussi. Et énormément de pieds touchés par l'esca. Le problème c'est que la vigne est devenue faignante, elle trouvait tout ce dont elle avait besoin en surface. Par endroits on peut sûrement rattraper, à d'autres il faudra arracher. Mais on ne peut pas changer complètement de viticulture du jour au lendemain, il faut quelques années de transition, sinon la vigne ne le supportera pas.

 

Pourquoi donc rester ici ? "Déjà, il n'y avait que ça de disponible !" Mais, ce terroir a un beau potentiel. Il a l'avantage d'être entre deux couloirs de grêle, "ça ne tombe jamais ici. Le gel ne reste pas trop aussi. L'inconvénient par contre, c'est que c'est très solaire, le gamay tient bien, le chardonnay c'est plus compliqué si tu recherches des vins sur la fraîcheur". "En 2022 je m'en sors avec presque 30hL, en 2023 avec 30-35 hL avec une qualité plutôt bonne après tri". Il y a un projet de plantation sur Plauzat, en face de l'autre côté de l'autoroute (" c'est basaltique juste en face, et de l'autre côté plutôt argilo-calcaire avec une influence plus forte du Sancy ")

 

 

chardo du bas

La parcelle de chardonnay "du bas", en mauvais état.

 

 

chardo du haut

 

La parcelle de chardo "du haut", en bien meilleur état. Un peu de basalte ici, mais surtout une veine d'eau qui lui a permis de mieux survivre. Les sols sont très différents ici, le résultat aussi, beaucoup plus de fraîcheur. Le petit coin en bas à droite pourrait être replanté en plus. Peut-être en chardo, peut-être en gamay d'Auvergne, mais sur des porte-greffes vigoureux, du fercal ou du SO4. "Sinon le melon, ça me tenterait bien, j'adore ce cépage" !

 

 

En attendant, les sols sont travaillés/enherbés un rang sur deux. Vu le peu de surface, tout est taillé tard, en mars, ça limite l'esca ici. Pour nourrir les sols progressivement, sont ajoutés de la plume, de l'herbe à cochon, potasse, phosphore, surtout oligo-éléments, "il en manque beaucoup". L'idée c'est aussi de renforcer la plante. Dans quelques années on pourra aller plus loin, surtout avec l'aide de Mikaël Hyvert, le taulier du coin pour tout ce qui est travail à la vigne. En 2023, 6 traitements cuivre/soufre ont été passés, en demi-dose. Tout est bio désormais. La conversion sera demandée dès que le domaine sera bien installé.

 

 

 

A la cave !

 

Simon a trouvé une cave vigneronne dans le village en 2023. Parfaite au niveau température, son inconvénient c'est qu'elle n'est pas accessible pour les camions. Là aussi, c'est du provisoire. Les 2022 ont été pressés en partie au domaine des Trouillères, puis vinifiés à Aulnat dans un entrepôt. L'inconvénient c'est qu'il était loin. L'avantage c'est qu'on pouvait tout faire en gravité, tout a été fait avec des gaz neutres, rien n'a eu besoin d'être sulfité en 2022. Tout a été élevé en cuves. Une partie de la récolte avait été vendue faute de place pour tout garder. En 2023, tout est fait ici à Corent, le travail est toujours en levures indigènes, pas de collage ni de filtration, une seule cuve a eu besoin de SO2. Simon essaye au maximum de travailler sans sulfites, mais ne s'interdit pas d'en mettre si vraiment nécessaire. Tous les vins sortent en Vin de France, au moins pour le moment, "on verra par la suite". L'agrément est payant et pas toujours simple pour les vins non filtrés malheureusement

 

pressoir

Le pressoir à l'ancienne, vraiment très pratique pour des pressurages doux et lents, si on n'a pas de gros volumes bien sûr...

 

cuves fibres

 

 

Les 2023 en cuves fibres pour le moment. Peut-être qu'une cuvée verra la barrique... Attention, si le matériel semble "sommaire", Simon fait d'autant plus attention à l'hygiène, à la rigueur. Tout est extrêmement précis. Toutes les FA sont terminées, il reste quelques malos à finir sur certaines cuves. Les analyses sont envoyées dans le Beaujolais. "Il n'existe pas de labo en Auvergne, juste une sorte de bus pendant les vendanges. On envoie tout dans le Beaujolais, certains à Montpellier. C'est sérieux. Tu as les résultats le soir-même. Indispensable pour moi pendant les fermentations. Par contre on est à 40€ l'analyse..."

 

 

2023 blanc chardo du haut + un peu de gamay : (le but est de donner du peps) Pour un 2023 c'est très frais, le gamay a bien marqué, on tire vraiment sur le blanc de noirs, précis et tendu, avec une finale sur des amers nobles, très joli.

 

2023 chardo du bas 2semaines et demi de macération (en vraie carbo) : pas d'autres choix que la macération pour donner du peps, enlever de l'alcool avec la grappe entière. Le nez est superbe, très pêche, même ananas, fruits exotiques, ça attaque bien en bouche, ça finit par contre un peu court, manquant un poil de relance. Mais c'est bon. Surtout pas pataud pour un 2023. On verra plus tard si les deux seront assemblés ou non.

 

2023 Elohim : (Dieu multiple en hébreu, 80% gamay en grappe entière + 20% chardonnay ajoutés en pleine fermentation semi-carbonique) donne un vin clair, plein de fruits, tannins souples, frais, facile à boire, je trouve qu'il pinote un peu, petits fruits rouges acidulés, groseille, framboise, on a déjà envie de le mettre en bouteille !

 

2023 Haceldama : (=champ du sang, à cause des herbes coupantes sur la parcelle. La petite parcelle de gamay, 2 semaines de semi-carbo, grappe entière donc) plus coloré, attaque sur un fruit plus noir et plus confituré, mais la finale reprend de l'acidité et de la fraîcheur. Ca manque juste un peu de longueur, mais là aussi c'est bon, dans un style plus gourmand. C'est ce que veut Simon, faire des vins frais, digestes.

 

2023 Viligate : (30% gamay + 70% pinot noir achetés à Mikaël Hyvert sur Corent sud aussi. Travaillé de plusieurs façons en millefeuilles) Belle aromatique qui pinote bien, plus de volume, acidité élevée, par contre les tannins sont serrés. C'est lui qui verra probablement la barrique.

 

2023 Cyrene : (grande parcelle de gamay, en semi-carbo, mais a patiné, c'est lui qui a été sulfité à 20mg pour l'instant) "Lui c'est l'enfant rebelle, on ne sait pas trop ce qu'il nous fait", très changeant en plus. Ce jour-là en effet, il y a beaucoup de volatile, très compliqué. On verra dans quelques mois...

 

 

En bouteille

 

Koumi blanc 2022 : on ouvre 2 bouteilles différentes, la première est très exotique au nez mais présente une bouche étrange un peu diluée. La seconde présente un nez plus frais, plus réducteur, différent, la bouche ne semble pas dans son meilleur jour. "Rien à voir avec le mois dernier".

 

Héloïm 2022 : même recette que 2023, gamay avec 20% de chardo, clair en couleur, léger, aérien, petits fruits rouges, avec l'ouverture il part sur des notes de thé noir, de zan. Il est léger, tendu, mais avec un vrai fond. Un vin d'esthète. Réussir ça dès le premier millésime, chapeau !

 

Haceldama 2022 : (il y avait une cuve à 12,5° et une à 14° qui ont été assemblés à la fin) gamay un peu plus mûr, joli nez cerise, mûre. La bouche attaque ronde, gourmande, fruits un peu sucrés, puis se retend par la suite, avec des tannins un peu plus marqués que dans le précédent, même si on garde un style plutôt fin et frais.

 

haceldama

 

 

Un grand merci à Simon pour le temps passé dans les vignes et à la cave. Bravo pour son courage et son abnégation : bien sûr que tout n'est pas parfait ici, mais quand on voit tout ce qui est relaté plus haut, il faut un sacré talent pour sortir de tels jus sur ses 2 premiers millésimes. Rendez-vous est pris pour l'avenir !

 

 

Malheureusement, face aux difficultés d'être vigneron en 2025, de cumuler plusieurs emplois, au gel et au mildiou de 2024, etc... l'aventure s'arrête là pour Simon. Le peu de 2024 a été vendangé par Henri Chauvet. En 2025 les vignes seront reprises par Landry du domaine Elémentaires. Une situation qui nous invite une fois de plus à prendre conscience de l'ampleur de la tâche pour ces jeunes néo-vignerons, et à profiter pleinement des bouteilles que nous possédons. En espérant revoir Simon un jour dans une nouvelle aventure...

 

 

 

 

Simon Bousquet (Jus'vénil 2024)

 

Koumi 2022 blanc : s'est bien retendu, frais et floral, pointe souris en finale.

Elohim 2022 : un peu plus réducteur et un peu étriqué ce jour-là par rapport à la dernière dégust

Haceldama 2022 : au contraire lui s'est mis en place, s'est affiné en bouteille, plus fruits rouges, très élégant, juteux. TB+.

 

Simon Bousquet, Vin de France Héloïm 2022 (80% gamay, 20% chardonnay, à Corent) On commence par la nouvelle mode du blouge (mélange de blanc et de rouge). La couleur est entre rose et rouge, un nez un peu réduit qui a besoin de temps, animal, puis il s’ouvre sur des fruits rouges acidulés et des notes de rose. La bouche est très légère, peu de corps, mais une belle acidité, très fraiche, un petit vin d’apéritif qui glisse tout seul, une aromatique de pinot sur un équilibre de vin blanc. B+.

 

Les 2023 à Eruption : Koumi blanc compliqué, mieux sur Elohim léger fruité, Haceldama tjs sur son registre plus concentré. Viligate encore jeune concentré, plus marqué par le bois à attendre encore un peu.

 

26 novembre 2023

Ata Rangi (Nouvelle-Zélande) ****

 

Domaine certifié bio, planté en 1980 par Clive Paton. Parti de 5 hectares, le domaine fait 48ha aujourd’hui. 

 

 

Ata Rangi - Pinot noir Crimson 2017 Martinborough : couleur claire un peu orangée sur le bords, nez ultra expressif, flatteur, pinote clairement, plein de cerise, fruits rouges, à peine ronce et humus, déjà à peine évolué, pointe de sucrosité, pas de bois, donne envie d'y aller. Bouche facile, beaucoup de fruit, légère, un peu sucrée, pas beaucoup de fond ni d'acidité mais très gourmande, longueur moyenne, mais on y retourne facilement. Très bonne entrée de gamme, assez typée "nouveau monde". TB.

 

Ata Rangi, pinot noir 2016 (Wairarapa-Martinborough) : (Vigne irrigué. 4100pieds/ha. 30% grappe entière. MPF. Elevage fûts français 11 mois 35% neufs. Sols argiles, limons, galets « greywackes ».)     Couleur rubis, nez très éclatant dès l’ouverture de la bouteille, fraise confiturée, cerise rouge, pivoine, très fleuri, grappe entière, fait de suite penser aux Ipob de Californie, petite touche orangette quand il se réchauffe. La bouche est un peu moins évidente, elle garde du fruit mais aussi un petit trait végétal, qui à l’avantage de lui donner de la fraîcheur mais rend la finale un peu dure. TB.

 

Crimson 22 rond sucré un peu de gaz. Martinborough pinot 2020 un peu évolué rose pivoine, rond, fraise écrasé, sucré, façon Sonoma, pas d'alcool ressenti, très gourmand, limite un poil trop pour chipoter (trop en rondeur), mais nez fantastique. Mc Crone 2020 pinot plus argileux, plus structuré, moins floral, un peu moins gourmand, un peu plus boisé.

 

26 novembre 2023

Soirées champagne

Montagne de Reims

 

1 Adrien Renoir, Vignes Goisses 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot meunier. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur à peine saumonnée, nez fruité, fruits roses, frangipane, gourmand, bouche avec un joli fruit, très fraîche, tension et gourmandise à la fois, pas du tout d'austérité pour le faible dosage, c'est long, avec du fond. Super pour commencer. TB++.

 

2 Adrien Renoir, Les Epinettes 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot noir. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur bien plus foncée et un peu plus rosée, nez plus vineux, plus fruits rouges. Bouche plus vineuse, plus dense, avec un côté crémeux, large à l'attaque, la finale est très longue, sur un côté presque tannique, crayeux, amers nobles, a besoin d'un peu plus de temps probablement. Taillé pour la table, mais quel vin ! TB++.

 

3 Chartogne-Taillet, Les Barres 2017 (100% pinot meunier. Franc de pied. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 4gr) Couleur or, nez plus évolué, plus brioché. Bouche avec un beau volume, attaque assez large avec un dosage plus haut que les Renoir mais la finale d'étire sur une acidité plus haute, avec beaucoup de minéralité et d'élégance. TB++.

 

4 Egly-Ouriet, 1er Cru Les Vignes de Bisseuil : (70% chardonnay, 15% P.Noir, 15% P.Meunier. Base 2017 + 40% 2016. Dég 07/2022. Elevage fût. Pas de malo. Dosage 2gr) Couleur dorée, nez très chardonnay, presque bourguignon, léger beurré, toasté. Bouche crémeuse, arrondie par l'élevage, peu de bulles (encore moins que les précédents, qui semblaient ne pas en avoir beaucoup), beau champagne de gastronomie, déjà un peu évolué, commence à truffer presque, manque un poil de tension en finale où on reste un peu trop sur la rondeur pour chipoter. TB+.

 

SELEQUE ET EGLY

 

 

Vallée de la Marne

5 JM Sélèque, Soliste chardonnay 1er cru Pierry Les Tartières et les Porgeons 2016 : (100% chardonnay. Dég 01/2021. Elevage fût. Dosage 3gr) Couleur bien plus claire, nez très élégant, fruits blancs, floral, encore jeune. Bouche toute en finesse et élégance, attaque avec un peu de confort mais très vite tout en tension et en minéralité, sans austérité, bulle très fine, pousse loin. TB++.

 

Bonus René Muré, Crémant d'Alsace Grand millésime 2010 : (dég 2014, chardonnay et riesling) plus évolué dans la série, plus brioché, noisette, quand même un beau volume, moins crayeux en finale bien sûr, plutôt bon. Mais si son rouge a largement surclassé bon nombre de Chambolle la dernière fois, ici ce n'est pas le cas. TB.

 

 

 

Côte des Blancs

6 Bérêche, Grand Cru Cramant 2017 : (100% chardonnay. Parcelles Le Bateau et Chemin de Chalons. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 3gr) Couleur or, nez qui a besoin d'un peu de temps, certains le trouvent un peu vineux pour un chardo mais très joli, avec l'ouverture il tire sur des fruits presque exotiques, la bouche est incroyable, très large, gros volume, mais aussi très longue, peut-être le plus long de la série, à l'équilibre parfait, plus marqué chardonnay que le nez, grosse maturité sans manquer d'acidité. On peut juste lui reprocher d'être encore tout jeune. Exceptionnel.

 

 

7 Krug, Grande cuvée n°169 : (Dég. 2021 ? Base 2013 + 40% de vins de réserve. 43% PN, 35% chardo. 22% PM. 146vins de 11années différentes de 2000 à 2013) Couleur or pâle, nez plus brioché, plus pain grillé, complètement différent. La bouche est plus ronde, plus sucrée, plus simple, moins dense, un peu plus de bulles, encore jeune, sur les arômes du nez, grillé, brioché, fruits secs, la finale semble un peu plus courte et plus simple, manque d'allonge. Rien de mauvais, mais assez quelconque finalement, et donc assez décevant dans la série en comparaison. TB+.

 

8 Gonet-Médeville, Coteaux Champenois Grand Cru Ambonnay Athénaïs 2017 (100% pinot noir, égrappé) pinot coloré pour un coteaux champenois, encore un peu d'élevage au nez, un côté lacté, bouche mûre, sérieuse, joli fruit, encore quelques tannins, commence juste à rentrer dans une bonne phase, dans un style très Côte de Nuits, mûr, sérieux. TB+.

 

9 François Feuillet (David Duband), Gevrey-Chambertin 2017 : pour comparer, nez plus marqué grappe entière, un peu plus végétal, bouche un peu plus élégante, plus en finesse, finale un peu plus courte, un peu plus arrondie, plus facile à boire. TB+.

 

 

 

Soirée n°2

 

 

Côte des Blancs

1 Les Frères Mignon, L’Aventure 1er cru : (100% chardonnay sur Avize, Cramant, Cuis. Base 2019. Elevage cuve et fût. Pas de malo. Dég. 10/2022. Dosage 1,6gr) Bulle qui semble un peu plus grosse, a eu besoin de plus d'ouverture, encore jeune, mais frais, fruité, aérien, peu de gras, très élégant. Le lendemain le fond de bouteille est encore meilleur. TB+.

 

2 Dhondt-Grellet, Grand cru Cramant : (100% chardonnay. 70% 2018 + 30% réserve perpétuelle. Elevage fût. Dég. 05/2021. Dosage 2gr) chardonnay très gras, beurré, large, un peu trop, manque un poil d'allonge. TB.

 

3 Suenen, C+C Grand Cru Cramant + Chouilly : (100% chardonnay. Base 2019. Elevage cuve, fût et œuf. Dosage 3gr) style très austère, encore jeune, tout droit, ciselé, finale jolie sur des amers, un peu tannique, crayeuse. TB+.

 

 

Montagne de Reims

 

4 Adrien Renoir, Les Montants Grand cru Verzy 2019 : (100% chardonnay. Elevage fût. Dég 06/2023. Dosage 1gr) nez de chardonnay toasté, bouche assez droite, avec une très belle longueur, finale crayeuse. TB+.

 

5 Egly-Ouriet, Grand Cru : (Ambonnay, Bouzy, Verzenay. 70% Pinot noir 30% chardonnay. Base 2016. Elevage fût. Pas de malo. Dég. 09/2021. Dosage 1gr) changement de style, coloré, vineux, plus marqué par le fût, concentré, opulent, mais garde du fond, très long. TB++.

 

6 Bérêche, Aÿ Grand Cru 2014 : (75% pinot noir, 25% chardonnay. Elevage fût. Dég 11/2021. Dosage 4gr) Couleur or foncé, nez qui commence pinot vineux, puis prend des fruits presque exotiques, très mûr mais sans excès. Bouche crémeuse, très mûr, concentré, de loin le plus mûr et dense de la série, mais l'acidité est suffisante, longueur énorme. Exceptionnel.

 

 

Vallée de la Marne

 

7 JM Sélèque, Soliste Meunier 1er cru Pierry Les Gouttes d’or 2016 : (100% pinot meunier. Elevage fût. Dég. 03/2021. Dosage 2gr) Couleur saumonnée, nez petits fruits rouges sympa, bouche qui souffre de l'ordre de service derrière le Bérêche, semble plus maigre et moins mûr. Après quelques minutes mieux, tendu, frais, assez long. TB+.

 

 

Bonus

 

Françoise Bedel, Entre ciel & Terre (base 2015) : style assez austère, vineux, tendu. TB.

 

Veuve Devaux et M. Chapoutier, Sténopé 2008 : très beau nez, début d'évolution, bouche encore jeune, plus de dosage que les précédents, joli, à peine trop sucré sur la finale. TB.

 

 

Côte des Bar

 

8 Pierre Gerbais, Coteaux Champenois rouge 2020 : (100% pinot noir. Moitié grappes entières. Elevage cuve) jus de fruit clair en couleur, tannins très souples, juteux, groseille, framboise, pivoine, glisse tout seul, frais, évident. TB+.

 

25 novembre 2023

Hirsch (USA) *****

 

Domaine créé et planté par David Hirsch en 1979. Vente de raisins, « Hirsch Vineyards » à Littorai, Williams Selyem, Kistler, Failla… Puis en 2002, premier millésime vinifié par David puis par sa fille Jasmine Hirsch. 2014 : les 72 acres (=30 hectares) sont certifiés biodynamie. San Andreas Fault : cuvée d’assemblage, la plus représentative du domaine, une trentaine de parcelles, sols divers. Air frais provenant de la faille de San Andreas, quelques centaines de mètres au sud.  Environ 10% grappe entière. Elevage environ 18mois fûts français, dont 30% fûts neufs.

 

 

 

Hirsch, San Andreas fault pinot noir 2014 AVA Sonoma Coast (Sonoma County)

Robe très claire, nez assez ouvert, tout en élégance, framboise, rose, fraise. Bouche en dentelle, qui ne met pas une claque mais où tout est à la bonne place, pas très épaisse, très fraîche, fruitée, peu tannique, belle trame minérale derrière, peu d’alcool, très bourguignon lui aussi. Bonne longueur. Semble prêt à boire. TB++.

 

hirsch

 

Bohan Dillon pinot noir 2018 : goûté à l'ouverture, très bourguignon, fin, racé, tendu. TB+

 

San Andreas Fault 2016 : beau pinot, frais, à point avec un début de tertiaire, fin et gourmand. TB+.

 

Block 8 pinot noir 2015 : encore jeune et très fringant, "bourguignon", fruits noirs et rouges, épices, élevage bien intégré, très belle acidité derrière, joli fruité, grosse longueur avec une belle allonge. TB++.

 

25 novembre 2023

Felton Road (Nouvelle-Zélande) ****

 

Domaine de 32 hectares en biodynamie acheté par Nigel Greening à la fin des années 1990.  

 

 

Felton Road, Cornish point pinot noir 2016 (Central Otago) : (Cornish Point : 8ha sur la partie nord-est de Bannockburn, solaire, sols lœss sur granit, planté en 2000 à 4000pieds/ha, non irrigué, 250-300m d’altitude, 25% VE, 10% fûts neufs.)      Couleur sombre là aussi, un nez boisé toasté, fruits noirs, assez proche du précédent. La bouche est très ronde, peu d’acidité, tannins gommés par le bois, là aussi c’est très « international » dans le style, pas forcément une grosse longueur. C'est un peu moins toasté que Valli mais encore plus arrondi. Plusieurs participants ont apprécié Valli, bien plus que Felton il me semble. B.

 

 

 

Felton Road – Pinot noir “Bannockburn” 2011 (Central Otago - Nouvelle-Zélande) : (11mois fûts, assemblage de 3 parcelles, biodynamique). Le nez est un peu discret, mais plutôt agréable, là aussi sur un fruit assez noir pour du pinot. La bouche est vive, plus tendue que les précédents, plus fine que le Nelles, fruitée. Longueur moyenne. B+.

 

Bannockburn pinot noir 2023 assez rond boisé, Cornish point 23 site en péninsule, plus frais, moins boisé, épicé, un peu plus de fond et d’allonge. Mc Nuir 23 puis Cavert 23 assez moderne, rond et boisé. Idem Block 3. Block 5 pinot noir 2023 plus noir, à attendre, un peu plus serré et massif.

 

24 novembre 2023

Ceritas (Etats-Unis) ****

 

Domaine de John et Phoebe Raytek. Réputé pour être l'un des plus frais et infusés de Sonoma, qui va loin dans le Ipob (In pursuit of balance)

 

 

Ceritas - Pinot noir "Costalina" Sonoma Coast 2015 : (Costalina est une entrée de gamme d’assemblage de plusieurs parcelles. Environ 15% grappes entières)

Couleur rubis aux reflets marrons, nez très gourmand, sur la cerise rouge un peu sucrée, façon bonbon. Bouche légère, très élégante, peu de tannins, belle matière avec une texture agréable, pas de bois ressenti, impression de rondeur grâce à une pointe de sucrosité et une acidité assez basse. On se régale, mais au second verre on se rend aussi compte que le vin manque un peu de profondeur, de minéralité et d’acidité dans le fond pour l’étendre un peu plus. Un peu moins emballé que par le Anthill Farms 2015 bu récemment, même si ça reste un joli vin, surtout pour la cuvée d'assemblage du domaine. Note : 16,5/20.

 

Ceritas, Cuvee Chloe pinot noir 2021 : (achat à Dumol O'Connell, sols de grès, 40% VE, 1an élevage fûts dont 25% neufs. 10mille pieds/ha) couleur un peu soutenue pour Ceritas, très beau nez assez exubérant, fraise, floral, petite sucrosité, pot-pourri, épices. Bouche avec beaucoup de gaz à l'ouverture, très bien après carafage, encore une petite sucrosité marquée malgré les 12,5% d'alcool, du corps, tannins très fins, élevage déjà parfaitement intégré, pas une grosse acidité, plutôt gourmand et en rondeur, manque un poil d'allonge, à attendre. Ou à servir assez frais sinon. TB.

 

24 novembre 2023

Timo Mayer (Australie) ****

 

Timo Mayer - Pinot noir Dr Mayer 2017 Yarra Valley : (cuvée Close Planted, haute densité. 50% grappe entière) couleur rubis foncé à peine brunie sur les bords, bouche très bourguignonne, fruits rouges, cerise, petite note de vendange entière florale/épicée, ronce, pointe toasté dans le fond. Bouche avec une belle matière, fraîche, sur le noyau de cerise, le végétal noble, la ronce, avec une finale à peine astringente/amère pour chipoter que j'attribue principalement à la rafle. Un pinot classe, sérieux, frais, qui peut vieillir sans problème. TB+.

 

Timo Mayer Sangiovese 2021 : (carbo, comme toutes ses cuvées, BioD) couleur très claire, nez fraise écrasée, un peu truffe à l'ouverture, pivoine, pas très marquée carbo (juste un début de carbo ?). Bouche très suave, ronde, fruits rouges écrasée, pas de tannins, floral, ultra gourmande, rappelle une pialade ou un rayas, avec quand même du fond. TB++.

 

23 novembre 2023

Etienne Bodet (Montreuil-Bellay) ***

Etienne Bodet s'est installé en 2017, d'abord avec sa femme sur le négoce spécialisé dans les bulles Herold-Bodet, puis à partir de 2020 sur son propre domaine avec le Clos Durandière. Après 3ans passés au Clos Rougeard (mais aussi Pataille, Guiberteau, Gerbais), Etienne vinifie ce clos de 1,3ha planté en 1983 sur un sol très vite calcaire, et un calcaire très dur ici, celui du Bathonien. Après un gros travail à la vigne, les vins sont élevés 2 ans dans des fûts ayant contenu la cuvée Le Bourg pour certains, entre 20-30% VE, pas d'extraction (mis à part 1 pigeage en 2020), sulfitage 10mg en cours d'élevage + 10mg à la mise.

Très beau reportage ici : https://buveurdevin.com/portfolio-item/etienne-bodet/

 

 

Etienne Bodet - Saumur rouge Clos Durandière 2020 : (premier millésime de cet ancien employé du Clos Rougeard, vin vieilli dans des fûts du Bourg. Clos d'1,3ha, planté en 1983, sols très calcaires...) Couleur sombre, noire avec des contours encore un peu violacés, nez très cabernet mûr, cassis, fruits noirs et des notes d'élevage caramel/vanille encore bien présentes. Une bouche mûre, boisée aussi, mais une bonne matière et ce qu'il faut d'acidité derrière. Finale astringente en l'état avec des tannins très serrés. Peut-être un très joli vin dans 10ans car il y a maturité/acidité/matière, mais en l'état c'est compliqué... B.

 

 

Etienne Bodet - Graippeaux Saumur blanc 2022 : ("chenins de 70ans à Ternay. Sols de craie avec une couche argilo-limoneuse. Elevage 22 mois fûts d'1à2 vins de 228 à 600L. Sulfites moins de 20mg à la mise" d'après Buveur de Vin) Couleur or profond très soutenue pour un jeune chenin, nez aux arômes très mûrs de pomme au four, fruits secs, miel, notes pâtissières. On a l'impression d'un vin déjà prêt à boire avec un peu d'évolution. Vu le taux d'alcool assez bas je suppose qu'il y a eu un travail avec oxygénation du moût. Beaucoup d'extraits secs. La bouche reprend ces arômes mûrs, mais complètement sèche, elle est très dense, pas vraiment de gras ni d'élevage, beaucoup de peps et d'énergie, grosse acidité, seulement 12,5% d'alcool, aucune chaleur du millésime, c'est long avec pas mal d'amers. Le style mûr/énergique me rappelle certains Richard Leroy avec un peu d'âge mais sans réduction allumette ici. Par contre c'est prêt à boire et dès l'ouverture de la bouteille. Je me demande si ça va vieillir... Mais peu importe je préfère dans ce sens-là. TB++.

 

 

21 novembre 2023

Mullineux et Leeu Passant (Afrique du Sud) ****

 

« Moulin à eau ». Créé en 2007 par Chris et sa femme Andrea. Ils se sont rencontrés lors de stages en France (Rhône sud, Bandol, champagne). Membre de la Swartland Revolution. Achat de raisin juste sur la gamme Kloof Street.

 

 

 Mullineux, WO Swartland Granite syrah 2021 : (Granit sur la montagne de Paardeberg. 100% grappe entière, fermentation et macération longue en 500L.  Puis élevage 12mois en 500L dont 25% neufs, puis 9 mois de foudres)  Couleur très noire, nez de syrah noble, cassis, mûre, violette, graphite, élevage parfaitement intégré. La bouche a beaucoup de volume, belle acidité, noble mais encore très jeune, avec des tannins serrés en finale, beaucoup de fond et de longueur mais clairement trop jeune en l’état. Probablement un grand vin dans 10ans. TB+.

 

 

Mullineux Swartland Old Vines White 2017 : (majorité chenin + grenache blanc, clairette, viognier) gras, beurré, boisé trop marqué.

 

Kloof street chenin 2023 : très gras, glycérol, fruits jaunes mûrs mais très gourmand il y a de l’acidité, belle entrée de gamme, dans un style un peu opposé à Sécateurs.

Old vines white 2023 : (chenin, sémillon et rhône blend) finale un peu boisée vanillée, sinon belle attaque avec du gras.

Single terroir chenin schist 2023 : du gras, belle allonge, style mûr, mais il y a de l’acidité, bosé mieux intégré que dans le précédent.

 

Leeu Passant   -   Franschhoek semillon 2022 : travaillé sur lies, petit grillé, tout en tension, pas de gras, presque tannique, intéressant.

 

 

 

Draaiboek *** - Onskuld Chardonnay 2022 Hemel & Aarde Ridge : (45% fûts neufs sur lies 10 mois. 13,5%) chardonnay beurré, boisé, très bourguignon classique dans l'esprit, aucun excès de chaleur, reste frais, bonne acidité dans le fond, encore un peu trop sur l'élevage à ce stade, mais bien fait dans son style. TB-.

 

 

Wolf & Woman *** - Pinotage 2023 WO Swartland : (vignes de 1973. 12,5%) Couleur rubis foncé, nez sur le fruit, la cerise principalement, petite touche primeur, floral aussi. Bouche légère, juteuse, tannins souples, c'est gourmand, assez simple mais efficace. On n'a pas du tout la lourdeur, ni la sucrosité ni l'élevage qu'on rencontre souvent sur le pinotage. Le revers de la médaille c'est que pour des vieilles vignes sur un beau terroir on a l'impression d'avoir juste un bon petit vin facile à boire. Mais à voir avec un peu de gare peut-être. B+.
 

 

Minimalist, No Place Like Home Elgin 2023 : (100% syrah, fermage, plantation de 2006. Grès et schiste, 1/3 VE. Fermente cuve. Elevage vieux fûts 228 et 300L) Couleur sombre, nez bien syrah, fruits noirs, olives, notes un peu plus nouveau monde d'orange sanguine, Bouche assez légère, en rondeur, peu tannique, frais, et facile à boire, élégant. TB.

 

18 novembre 2023

Vins des Côtes d'Auvergne : Essai de synthèse et Visites de domaine

 

Vins des Côtes d'Auvergne : Essai de synthèse et Visites de domaine

 

paysage auvergne

 

 

Tout a commencé lorsque quelqu'un me demanda « Ca ressemble à quoi un Côtes d’Auvergne ? ». Je me suis alors rendu compte que j’étais incapable d’apporter une réponse précise. Bien sûr, pour les autres régions et les autres AOC, la réponse est tout aussi complexe et toujours multiple. Mais il y avait là quelque chose de différent : est-ce que je connais si bien que cela les vins de ma propre région ? Si j’ai suivi des cours, lu des bouquins, assister à des masterclass sur les grandes régions du monde, ça n’a jamais été le cas pour l’Auvergne. Est-ce que je ne connais pas mieux la Grèce, le Portugal, la Suisse... où je n’ai jamais mis les pieds, que l’Auvergne où je vis ? On se dit qu’on est dedans, que ce n’est pas loin, qu’on connait déjà, et au final on ne finit jamais le travail.

 

Je déguste des vins d’Auvergne régulièrement, je connais les vignerons que je croise souvent, les villages, le relief… Mais les dégustations sont souvent rapides, les discussions aussi, puis elles ne tournent pas toujours autour du vin à proprement parler. J’ai finalement passer peu de temps avec les vignerons chez eux et dans leurs vignes.

 

Voici ce à quoi je voudrais absolument remédier, en prenant le temps d’aller visiter tous les vignerons qui voudront bien me recevoir, avec comme point d’orgue une dégustation des meilleurs vins au printemps 2024.

 

Mais avant cela, revenons sur les bases des vins d’Auvergne, en suivant le même protocole que sur les autres régions.

 

 

 

Côtes d'Auvergne : Essai de Synthèse

carte rvf côtes d'auvergne

 

 

Le site officiel de l'AOC nous donne les chiffres suivants :

  • Superficie totale : 400 hectares sur 53 communes (80kms de long par 15 kms de large)
  • 45000 hectares vers 1895 ! (Source Le R&B n°106) 
  • Appellation AOC Côtes d’Auvergne : 267 hectares
  • IGP : 71 hectares
  • Vin de France (VSIG) : 50 hectares
  • Parcelles familiales en amateur : 50 hectares
  • 40 caves particulières et 70 apporteurs à la coopérative de Saint-Verny
  •  

L'AOC a été obtenue en 2010. Elle autorise 5 Dénominations géographiques complémentaires : Madargue, Châteaugay, Chanturgue, Boudes en rouge, et Corent en rosé uniquement.

 

Cépages : chardonnay obligatoire pour les blancs. En rouge et rosé : Gamay (50% minimum) + pinot noir comme cépage accessoire. L’INAO permet des expérimentations à hauteur de 5% de l’encépagement et 10% des assemblages. (Source RVF n°669)

 

Production : 66% de rouge, 17% rosé, 17% blanc.  Rendement max 55HL/ha (52 pour les DGC). (Source RVF n°669)

 

Climat : semi-continental. Hivers rudes, été chauds, avec une forte amplitude thermique entre le jour et la nuit (bonne maturation des baies tout en préservant de l'acidité). Les côtes d'Auvergne sont en plein "effet de Foehn" : la chaîne des Puys forme une barrière protectrice contre les pluies de l’Ouest. Précipitations moyennes à Clermont-Ferrand : 650 mm/an (faibles) et ensoleillement moyen de 2000heures/an.     

 

Géologie (Source COAM) : 

Ere primaire : création du socle ancien de granit (refroidissement du magma sous l’eau).

Eres secondaire et tertiaire : sédiments marins et détritiques qui se déposent donc du calcaire et de l'argile.

Eres tertiaire et quaternaire : plissement alpin avec soulèvement du Massif Central et création des plaines.  L’activité volcanique crée des coulées de lave et des sols de basalte. Les rivières creusent les vallées et déposent des alluvions. Dans certaines zones l’érosion ramène le granit en surface.

 

      

les unites geologiquesSource COAM

 

 

Donc des sols sédimentaires dans les plaines, argilo-calcaire, favorables au pinot noir.

Plutôt granitique ou basaltique en coteaux. favorables au gamay.

 

Le basalte a une certaine porosité, il laisse filtrer l’eau, donc moins de stress hydrique. Sa couleur noire attire le soleil d'où une meilleure maturation des baies.

 

On distingue généralement le basalte (issu d'un magma refroidi rapidement), les pépérites (lorsque le magma remonte et rencontre les eaux souterraines, il forme une roche aux grains brunâters), la pouzzolane (alvéoles rouges ou noirs issues de projection de lave) et la pierre ponce (roche volcanique très poreuse).

 

Les plus belles parcelles sont sur les coteaux (350-550m) : la pente engendre un meilleur ensoleillement et un meilleur drainage de l’eau.

 

Attention que les sols volcaniques ne sont pas majoritaires en Auvergne.

 

 

Les 5 Dénominations Géographiques du Nord au Sud (Source: Site officiel de l'AOC) :

- Madargue : (350-420m d'altitude. Gamay et pinot noir) Sol à tendance silicieux, affleurement granitique, terres blanches (calcaires) pauvres en humus.

 

- Châteaugay : (Gamay et pinot noir. Exposition Sud-Est) Sol constitué par une coulée basaltique, cendres volcaniques (pépérites) sur sol argilo-calcaire.
 

- Chanturgue : (Gamay et pinot noir) "Cantalo" en celtique signifie brillant et bien visible. Fortes pentes (plus de 25%). Flancs argilo-calcaires protégés de l'érosion par les coulées basaltiques.

 

- Corent : (Gamay et pinot noir. 400-500m d'altitude) Vignoble sur les flancs d'un volcan. Sol argilo-calcaire au sud et basaltique au nord avec des affleurements de pouzzolane.

 

- Boudes : (Gamay, pinot noir) Vaste coteau calcaire protégé à son sommet par une coulée basaltique.

 

 

 

A noter aussi l'excellent travail du Conservatoire des Cépages d'Auvergne qui abrite : • Canari Noir (Damas noir) • Chanis gris • Chatus Noir • Corbeau Noir • Epinou Noir • Gamay Bouze Noir • Gamay Fréaux Noir • Gamay Noir à jus blanc • Gouais Blanc • Grec rouge • Inconnu des roussilles (à préciser) • Limberger Noir • Mondeuse Noir • Muscat à petits grains blanc • Noir Fleurien Noir • Petite Syrah Noir • Pinot Noir • Portugais Bleu Noir • Sauvignonasse Blanc • St-Pierre Dore Blanc • Valdiguie Noir • Syrah

 

 

Bibliographie :

- RVF n°669 avril 2023

- Le Rouge et le Blanc n°106 (2012)

- Site officiel Côtes d'Auvergne.com

- Cours du COAM sur les vins d'Auvergne

- Entre les Vignes n°2 avec les Vignerons nature d’Auvergne

- Le Vignoble des Côtes d'Auvergne, une nouvelle AOC. Denis Couderc et Pierre Soissons

 

 

18 novembre 2023

Soirée mystère

1 Domaine Vaccelli - Ajaccio blanc Aja Donica 2021 : un peu jeune et sur la retenue, miellé, floral, fruits jaunes, belle texture sans être très boisé, frais, élégant, bonne acidité pour un vermentino. Prometteur, à voir s'il ne devient pas trop exubérant quand même. TB.

 

2 Gros Ch. Père & Fils - Ladoix 1er cru Les Gréchons blanc 2018 : nez toasté, encore un peu marqué par l'élevage, très chardonnay classique. La bouche garde un peu de toasté, pas très beurrée, un peu de noisette et brioche, pour la table. La finale manque un peu de tension en comparaison avec le suivant. B+.

 

3 Bouzereau - Puligny 1er cru Le Cailleret 2018 : moins toasté, un peu plus beurré, fin, élégant, finale plus minérale et plus longue. TB+.

 

4 Pierre-Henri Rougeot - Pommard Clos des roses 2021 : (sans sulfites ajoutés) Explose de fleurs et de petits fruits rouges, tout en finesse, très élégant, pas un gros volume, mais évident, beaucoup de plaisir. TB++.

 

5 L'Anglore - Véjade 2019 : dans une bonne phase, superbe nez, éclatant, bouche en finesse, jus de fruit là aussi très propre et gros plaisir immédiat. Manque un poil d'acidité en finale pour le relancer. TB+.

 

celis chauvet

 

6 Les Bérioles - IGP Val de Loire La Chabanne 2019 : (pinot noir, à St Pourçain) coloré, assez puissant et mûr pour un pinot de St Pourçain, mais du volume, de la longueur, un joli vin, que certains auraient mis plus au sud, sauf PN qui a trouvé bien sûr. TB.

 

7 Château Mazeyres - Pomerol 2018 : un Pomerol nouvelle génération, peu boisé, fruits noirs assez mûrs et gourmands avec une belle trame acidulée derrière. Beaucoup sont dans le Languedoc à l'aveugle ! Belle surprise. TB+.

 

8 Henri Chauvet - Vie Ordinaire 2022 : (pinot noir) pinot éclatant, avec des fruits rouges presque exotiques, un fond fumé, une bouche fraîche et texturé à la fois. TB++.

 

9 Cassagne & Vitailles - Les Célis Vin de France 2021 : (100% grenache) grenache rond, infusé, soyeux, ultra gourmand, fleuri, déjà superbe en l'état. Pour chipoter peut-être un peu lissé par l'élevage, un brin d'acidité en finale aurait aidé. TB+.

 

10 Xubialdea - Irouléguy blanc Ardan Harri 2020 : on ressort les blancs pour le fromage, nez un peu noisette, déjà évolué, bouche très fraîche, minérale, énergique, belle finale salivante. TB+.

 

11 Bordaxuria - Irouléguy blanc Erotik 2021 : semblait un peu plus mûr et chaleureux derrière, mais beau potentiel de garde ici. TB.

 

12 Scagliola - Brachetto d'Acqui : on termine par une petite douceur, une bulle rose légère (l'équivalent du Moscato d'Asti en rouge), sucrée, simple, qui glisse comme un bonbon. B.