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Mon carnet Vin

21 mai 2024

Visite au domaine Les Grands pans à Saint-Sandoux

 

Visite au domaine Les Grands Pans à Saint-Sandoux

 

 

Corinne et Jean-Marie Bonny, passionnés de vin depuis longtemps, ont réalisé leur rêve : devenir vigneron. Ne trouvant pas de parcelle idéale à reprendre, ils ont fini par planter eux-mêmes des vignes ; un choix qui demande beaucoup de temps, d’argent et d’énergie mais c’était le seul moyen d’obtenir le résultat dont ils avaient toujours rêvé.

En 2017, la mairie de Saint-Sandoux leur propose une parcelle en friche depuis au moins la seconde guerre mondiale, d’un peu plus d’1 hectare, à Saint-Sandoux, de l’autre côté de l’autoroute, face à Veyre-Monton et à Corent, juste au-dessus de la parcelle de blanc de leurs amis de l’Arbre Blanc.

 

 

   Le travail a été colossal entre le défrichage, le nettoyage, l'amendement, l'engrais vert, le labour, les plantations. Détails et photos sur le site du domaine https://grandspans.fr/notre-histoire/

 

 

En 2019 la parcelle est enfin plantée, 5500 plants (dans l’idéal 6000 bouteilles les années où tout ira bien) 2/3 de pinot noir sur la gauche, 1/3 savagnin sur la droite. Jean-Marie est un grand amateur de vins du Jura, des vins jaunes mais pas uniquement. Les sols argilo-calcaires ici sont adéquats pour le savagnin, le climat aussi, et ça peut être une bonne réponse au manque d’acidité des derniers millésimes. Comme il y a beaucoup de calcaire actif, la vigne a été greffée sur fercal. Les pinots sont des massales avec une grande diversité génétique, idem pour les savagnins sélectionnés chez le pépiniériste Guillaume dans le Jura. Tout est taillé guyot-poussard.

 

D'après le site du domaine : «  La taille Guyot-Poussard que nous tentons de mettre en place est une forme de taille douce. Les coupes annuelles doivent être ordonnées de telle sorte que les plaies de taille aient des surfaces réduites et soient situées sur la face supérieure des rameaux. En dehors de cette zone, le bois est sain et sans plaie. La sève circule alors librement. En outre, deux bras sont construits, la baguette portant les fruits est ainsi alternée chaque année. Chaque plant étant différent, cette taille est très chronophage, mais passionnante. Heureusement, Caroline du domaine de l’arbre blanc nous conseille et nous corrige patiemment. L’ambition est évidemment de mettre en place une vigne vigoureuse et de limiter le dépérissement des pieds. » 

 

 

La parcelle est très pentue, exposée sud très légèrement à l’est, solaire, très lumineuse le matin, protégée des vents d’Ouest. Ici, il n’a pas gelé en 2024 contrairement à tout le sud de Clermont, probablement grâce à ce soleil très matinal, peut-être aussi grâce aux haies et au fait de ne pas être trop bas dans la plaine. L’autre avantage ici c’est que la pression des maladies fongiques est faible, il y a peu de vignes autour, pour le moment 2 à 3 traitements par an suffisent.

 

 

Le travail à la vigne est bio, certifié. Jean-Marie est un passionné de biodiversité : il y a des haies autour de la parcelle, des composts sont réalisés en bas de la parcelle, les couverts végétaux sont déjà magnifiques après 4ans, avec beaucoup d’avoine, des coquelicots… Pas de labour, piochage de l’intercep. La vigne est palissée très haute pour avoir à la fois de la photosynthèse et le maximum d’ombre. Ebourgeonnage sévère sur ces jeunes vignes. Le savagnin se comporte très bien pour le moment, « il cherche toujours à monter, il est plus simple à gérer que le pinot qui a toujours besoin d’être redressé lui ». D’ailleurs tous les manquants sont replantés en savagnin, Jean-Marie regrette presque de ne pas en avoir planté un peu plus…

 

 

La Cave

Direction Veyre-Monton, dans le garage pour le moment. Mais un bâtiment est en construction à Saint-Sandoux pour l’avenir.

L’hygiène est parfaite, Jean-Marie y accorde beaucoup d’importance, nécessaire lorsqu’on travaille en nature.

Les raisins rentrent très tôt des vendanges, c’est l’avantage de travailler sur une petite surface. Sur une année chaude comme 2023, tout était rentré à 10h. Peu de vignerons peuvent se le permettre. C’est pour cette raison que le domaine n’a pas vraiment prévu de s’agrandir…

Tout passe dans le petit pressoir vertical, « c’est pratique parce qu’on voit ce qu’on fait, et parce que les jus traversent les rafles, ils sont en quelque sorte filtrés ».

 

Il y a ensuite un inertage dans la carboglace et tout part dans des cuves inox. Les blancs sont sur lies, il n’y a pas de bourbes en sortie de pressoir pour le moment.

Les rouges sont travaillés grappe entière, une sorte de semi-carbo avec une macération préfermentaire. Les jus de goutte vont dans une cuve et les jus de presse dans l’autre.

A l’heure actuelle les 2023 sont encore dans les cuves, ils attendent la mise en bouteille des 2022 en juin pour prendre leur place dans les fûts non neufs de chez Olivier Leflaive où Jean-Marie a un peu travaillé. Ce sont donc des élevages longs. « Ça c’est l’avantage d’être tous les deux doubles-actifs avec Corinne, quand tu n’as pas la pression financière et que tu peux te permettre de prendre le temps, ça change tout. Il faut le reconnaître, c’est une chance que nous avons ».

Tout est en levures indigènes, avec des pieds de cuve (sauf le cas du vin de voile), pour le moment aucun vin n’a eu besoin d’être sulfité que ce soit les 2022 ou les 2023. Le rouge 2022 verra probablement 10mg à la mise, mais ce sera décidé en fonction des analyses au labo.

Les levures du savagnin sous voile ont été sélectionnées avec l’INRA où Jean-Marie a ses entrées puisqu’il y travaille. Mais en faisant des essais sur des petites dames-jeannes on se rend compte que le savagnin même en Auvergne fait spontanément du voile !

Tout est embouteillé avec vide d’air, bouchons liège de qualité, dans l’optique d’une bonne garde.

 

 

Les 2022 sur fût

 

Tout est là !

 

228L de blanc, 300L de rouge et un fût de vin jaune qui sera mis en bouteille dans 2-3ans probablement (non goûté car difficile de toucher à un vin de voile en cours d’élevage). Il devrait y avoir le double de bouteilles en 2023 et on espère le triple en 2024.

Pas vraiment de volatile à l’analyse, pourtant le vigneron n’y est pas complètement hostile lorsqu’elle s’intègre bien dans l’équilibre du vin.

 

Résonance Savagnin 2022 : couleur or pâle, un nez un peu sur la retenue en l’état, il ne laisse pas présager d’une telle bouche. L’attaque est énergique, très bien équilibrée entre une matière dense, surtout pour d’aussi jeune vigne, et une acidité élevée. Les 14% d’alcool ne se sentent que par le volume et l’intensité pendant que le pH très bas (2,9 en 2022 ! il y aura environ 3,1 en 2023) équilibre le vin, le porte très loin, sur une finale saline très longue. Le profil rappelle clairement de beaux savagnins ouillés du Jura, comme les Notes bleues par exemple. C’est parfaitement propre. Déjà un des plus jolis blancs d’Auvergne dès le premier millésime. Bien sûr c’est un vin de gastronomie, qui avec de telles « mensurations » n’est probablement pas fait pour tout le monde. Il faut clairement aimer la tension. Mais l’élevage long l’a quand même bien patiné. J’ai hâte de le revoir avec quelques années et aussi de voir le 2023.

 

Magnétique Pinot noir 2022 : un peu le contraire du précédent, un pinot clair en couleur, léger (entre 12,5 et 13%), acidulé, aux tannins souples, qui n’est pas maigre pour autant, mais très digeste, sur la griotte, la groseille, avec aussi une note fumée bien présente, typique des 2022 apparemment puisqu’on retrouve la même chez l’Arbre Blanc sur ce millésime-là. Pour le moment les deux s’équilibrent bien. Il va être important que le fumé ne prenne pas trop les devants par rapport au fruit je pense. Un pinot élégant, frais, qui devrait s’aborder facilement en jeunesse.

 

 

Un grand merci à Jean-Marie pour la visite. Je venais au départ pour la curiosité de goûter les premiers savagnins d’Auvergne, et force est de constater que c’est une vraie réussite. Le pinot est lui aussi très intéressant sur cette très belle parcelle parfaitement « jardinée ». Mais le savagnin par son originalité, et surtout les pH qu’il peut donner aux vins tout en gardant volume et longueur m’a semblé ce jour-là la meilleure réponse au réchauffement climatique qui est le grand problème des blancs d’Auvergne à l’heure actuelle.

 

Le savagnin : l’avenir de l’Auvergne ? Et pourquoi pas ? Il me semble en tout cas bien mieux adapté que le chardonnay !

 

 

Magnétique pinot noir 22 : en bouteille un an après, tannins souples, jolis fruits rouges, griotte surtout, volatile un peu haute.

pinot noir 2023 version cuve léger, griotte, floral, petite volatile, en fraîcheur, dans l'esprit du 2022. Le même version fût très différent, plus "hivernal", plus coloré, plus dense, en rondeur, sur des arômes pomme/cannelle, plus précis, très belle bouteille, très accessible maintenant.

 

20 mai 2024

Soirée 1964

 

Exceptionnelle soirée 1964 pour les 60ans de Michel. Un grand moment de convivialité. On ne te remerciera jamais assez de ta générosité.

Des vins à maturité et du partage, ça fait du bien de revenir à l'essence du vin. 

 

M'occupant d'une partie du service, je ne suis pas à l'aveugle contrairement aux convives, Michel est lui en semi-aveugle (il connait les vins mais pas l'ordre de service)

 

 

 

Apéro

Champagne Pierre Deville Primitif Magnum : (Grand cru Verzy, 80% pinot noir, base 2020) Très joli Champagne, nouvelle génération, non collé très légèrement sulfité, très propre, pinot noir à la bulle très fine, patiné par le fût, mûr sans être très dosé, bien marqué pinot frangipane, il combine fraîcheur et gourmandise, déjà prêt à boire. Parfait pour commencer.

 

 

Début des hostilités

Moet & Chandon, Champagne Brut Imperial 1964 : couleur ambrée, encore un peu de bulles à l'ouverture mais qui partent bien sûr assez vite. Tout le monde tourne le vin dans son verre par réflexe, nous laissons faire pour ne pas influencer la dégustation à l'aveugle et personne n'a pensé Champagne ! Le nez est clairement sur l'oxydatif et très marmelade d'orange, abricot aussi. La bouche est intéressante, il y a beaucoup d'oxydatif mais aussi de la fraîcheur, un peu de fruit, une bonne longueur un peu saline. Le sucre a été bien mangé on ne le sent plus mais il devait y en avoir pas mal au départ pour qu'il tienne comme ça. Tout le monde est perdu entre le Jura, le Roussillon etc... Très intéressant.

 

Louis Affre, Montrachet 1964 : là vu la couleur, le bouchon tout effrité, le niveau on n'y croit pas trop. Michel a été joueur. Le nez est très beurre rance, caramel, un peu noix, il semble un peu vieux. La bouche n'a pas une grosse acidité, mais elle n'est pas oxydée, grasse, beurrée, caramélisée, assez puissante, de longueur moyenne, pas un grand vin mais on s'attendait à tellement pire que c'est une bonne surprise.

 

Remoissenet, Corton-Bressandes 1964 : un peu pareil pour celui-ci, on ne s'attend pas à un grand vin, des petits morceaux de bouchon sont tombés. Le premier nez est poussiéreux, mais avec l'aération il reprend vie, très humus, sous-bois, kirsch, pruneau, là aussi la bouche a gardé du volume, un peu de fraîcheur, le côté poussiéreux gêne un peu mais il y a de la longueur, la bouche est mieux que le nez, c'est intéressant aussi.

 

 

 

Maintenant que les bouteilles à gros risque sont passées, les choses sérieuses commencent !!!

On ne le répétera jamais assez : Bordeaux quand ça a 60ans c'est vraiment magique, même sur un millésime qui sur le papier n'était pas censé tenir aussi longtemps.

 

 

Série de 3 vins 

 

Château Beauregard, Pomerol 1964 : robe assez claire et tuilée, classique pour son âge, dans un style fin et élégant, sur les fruits rouges, le sous-bois. L'aération dans le verre lui fait même du bien, enlevant sa petite touche poussiéreuse du départ, le fruité ressort encore plus, il y a une belle allonge acidulée, c'est très digeste, tannins complètement fondus. Beaucoup de plaisir sur ce vin personnellement.

 

Château Laroze, Saint-Emilion 1964 : un peu plus sombre, un peu plus sur des fruits noirs, plus de café, de cacao, moins d'acidité, plus de rondeur, peut-être un peu plus jeune. Très joli vin qui a globalement été le préféré de la série, mais personnellement j'ai préféré le précédent. En tout cas quel niveau pour des châteaux qui ne font pas partie des plus connus sur des vins de 60ans !

 

Château Angélus, Saint-Emilion 1964 : bouchonné, dommage…

 

 

 

Nouvelle série de 3 vins, (les deux premiers sont servis en parallèle, le dernier seul)

 

Château Léoville-Poyferré, Saint Julien 1964 : la couleur est assez claire et tuilée par rapport aux suivants, il semble assez fin, sur du tertiaire et des fruits rouges, élégant, frais, à son apogée. Aucune note poivron sur les trois vins. Superbe. Ca sent la grande série !

 

Château Montrose, Saint-Estèphe 1964 : Montrose est plus foncé, plus sur les fruits noirs, plus noble et distingué mais aussi plus austère, il faut aller le chercher un peu, il en a encore sous la pédale, encore quelques tannins mais de qualité, la longueur et la fraîcheur sont vraiment incroyables.

 

Château Latour, Pauillac 1964 : plutôt dans l’esprit du Montrose, là aussi c’est encore très jeune, encore plus que Montrose, sur de beaux fruits noirs légèrement confiturés, une impression un peu minéral graphite, le tertiaire est très léger et apporte juste ce qu’il faut de complexité. Il devance les précédents surtout par sa texture de velours, un beau volume et un grain de tannin très fin. On était sur du très haut juste avant, là on est au summum. Unanimité autour de la table, un très grand vin.

 

 

Paire servie avec le bleu. On change l’ordre attendu pour déstabiliser un peu Michel…

Barros, Porto Colheita 1964 : (emb 2017) Couleur ambre clair, nez subtil de fruits à coque, datte, figue... La bouche est sucrée, gourmande, assez ronde, sans tomber dans la pataud non plus, l'accord avec le bleu fonctionne très bien. Par contre il ne faut pas trop le comparer avec la Madère bien sûr plus acide et moins sucré. C'est un très joli Porto, par très oxydatif pour un si vieux colheita.

 

Justino’s, Madère Boal 1964 : Couleur assez proche, nez très café, noisette, un peu moins de fruit. Bouche plus tendue, moins sucrée, plus d’acidité, plus saline en finale, encore beaucoup plus longue, sur le café et la noix et beaucoup d'umami. L'accord sur le bleu n'est pas très bon, là aussi on le sirote pour lui-même. Un vin qui bien sûr a un peu plus divisé que le précédent, trop "intense" pour certains, moi j'adore !

 

 

Petite pause puis une paire sur le comté

Fruitière Vinicole des Producteurs de Château-Chalon, Château-Chalon 1964 : (ancien nom de la Fruitière de Voiteur) un jaune classique, qui manque un peu d'intensité par rapport aux meilleurs. Par contre il semble bien meilleur sur le comté. La salinité du comté fait ressortir la salinité du Château-Chalon. Est-ce l'effet "multiplicateur" de l'umami ?

 

Toro Albala Marques de Poley, Palo Cortado Montilla-Moriles 1964 : (cépage PX, emb 2018) On précise bien de boire celui-ci après, beaucoup plus d'intensité ici, on passe de 14 à 22% d'alcool, ça se sent, encore jeune, puissant, très sec, très salin, très fruits secs, la longueur est immense. L'accord avec le comté ne marche pas très bien par contre. Pas grave on finit le fromage et on le boit seul, il se suffit à lui-même. Certains ont un peu de mal avec la puissance de ce vin et son acidité très haute. Moi je trouve ça grandiose !

 

 

 

 

Série en deux temps sur du chocolat peu puis un peu plus sucré avec un rouge puis deux VDN

 

Bertani, Amarone recioto della valpolicella classico sup 1964 : (emb en 1983, 3,6gr SR) La couleur est très sombre, le nez fait très jeune, très cassis, mûre, pas du tout d'évolution, on dirait un jeune Valpolicella ou un jeune vin du sud, avec une toute petite touche de sucrosité. Je ne suis pas expert des vieux Amarone, mais ça ne correspond pas du tout à ce que j'attendais, j'ai souvenir de Bertani des années 2000 plus clair en couleur, plus café, un peu d'oxydation. 1964 est le grand millésime du coin, les vins ont bien tenu soi-disant, mais quand même... Le bouchon Bertani fait pourtant vieux et légèrement imbibé. Michel a une seconde bouteille dans sa cave, il pourra peut-être nous en dire plus dans quelques temps, mais là je suis un peu dubitatif. Si quelqu'un a déjà bu ce vin je suis preneur d'avis...   Du coup Michel ouvre la seconde bouteille une semaine plus tard, rien à voir, couleur rouillée, nez café, kirsch, notes oxy. Bouche toute en tension, très droite, grosse acidité, un peu d'amertume, puissante, un peu serrée, finale immense, très saline, l'impression d'une finale de palo cortado/amontillado, oxydative mais noble et très racée. Il a divisé. J'ai pour ma part beaucoup aimé, et je retrouve la patte Bertani cette fois-ci.

 

Templers Mas de la Serra, Banyuls Grand cru demi-sec 1964 : a un peu souffert de la comparaison, m'a semblé assez rond, sucré pour un demi-sec, manquant d'acidité et de longueur dans cette soirée de haut niveau.

 

Cazes, Rivesaltes 1964 : (muté 2 sep 1964, mis en foudre 30 mars 1965, mis en bt en 2022) Ayant déjà bu plusieurs Cazes des années 70 qui étaient tous bons mais pas exceptionnels, je ne l'attendais peut-être pas à ce niveau-là et Michel non plus. Superbe Rivesaltes qui rivalise en intensité et en longueur avec le Madère ou la Palo Cortado (même si ce dernier est plus sec donc assez différent) qui sont pourtant un peu plus hauts en alcool, la finale est immense, là aussi sur une sensation saline qui va très bien avec le chocolat, magnifique avec une petite touche caramel et fleur de sel. D'ailleurs je ne sais plus si c'était dans le vin, le dessert ou dans les deux !

 

 

Bonus surprise ouverte à la débottée par l’un des invités :

 

Château d’Yquem, Sauternes 1989 : Couleur or profond, nez assez classique, jeune, de miel, safran, fruits jaunes. La bouche trouve son équilibre sur les amers plus que sur l’acidité, on sent le millésime assez solaire. C’est excellent mais un poil plus d’acidité lui aurait permis d’être grand. Bon derrière les VDN, je suppose que je n'ai plus les papilles bien en place. Ceux qui sont à l'aveugle le trouvent sublime en tout cas.

 

Yvan Auban, Bas-Armagnac 1964 : (emb 2023) On termine tranquillement avec un fond d’Armagnac, au nez subtil, léger boisé, fruits secs, prunes…, avec une petite touche sucrée gourmande. La bouche est punchy, sèche, peut-être un peu trop marquée par le long vieillissement, ça aurait pu être sorti du fût 10ans plus tôt, mais ça marche très bien pour finir.

 

 

 

Encore Bon Anniversaire et grand merci Michel ! Voilà 60ans fêtés dignement.

 

Quel beau métier lorsqu'il permet de vivre ce genre de moments et de faire d'aussi belles rencontres !

 

 

13 mai 2024

Maison Raday (Romery) ***

Maison Raday est un micro-négoce créé en 2018 par Valentin Tribaut à Romery (début vallée de la Marne), le cousin d'Aurélien Lurquin. Deux cuvées (environ 1500 bts chacune sont produites avec des raisins achetés à Aurélien Lurquin et Régis Poissinet)

 

 

Maison Raday - Champagne Rimosa Ripa Brut Nature : (parcelle Les Crayères du Levant à Romery travaillée par Aurélien Lurquin. 50% chardo 50% pinot noir. 10mois fûts + 3ans bouteille. Tirage juin 2019 Dég juin 2022. 12% vol. 1562bts produites)

Couleur or pâle, le nez fait plutôt chardonnay, léger beurré, agrumes, citron confit, pointe de volatile. Bouche sur la tension, jeune, citronnée, "nouvelle génération" ramassé mûr sans qu'il y ait besoin de dosage, pas d'austérité, pâtiné par l'élevage fût sans être spécialement boisé niveau aromatique, bulle très fine, probablement moins que 5,5bars de pression. Avec l'aération la volatile se sent un peu plus, elle fait plutôt du bien ici, donne du peps, de l'allonge, masque l'aromatique un peu discrète, la finale est longue, sur le citron confit, crayeuse. Joli champagne de vigneron. Souvent vendu un peu cher peut-être, on paye bien évidemment aussi la rareté. TB.

 

13 mai 2024

Visite au Chlo d’Auzit à Molompize

 

Visite au Chlo d’Auzit à Molompize

 

 

Les Palhàs (les terrasses) du Cantal ont ressuscité à la fin des années 1990 grâce à Gilles Monier (premier millésime début des années 2000) puis Stéphan Elzière et Pierre Chabasseur.

Depuis Vincent Legrand qui vient de reprendre une partie des vignes de Gilles Monier et Chloé Chassang-Itier les ont rejoint.

Chloé est une « régionale de l’étape » puisque son mari Florian Itier cultive des pommes et des légumes dans le secteur, et qu’elle possède elle-même des champs de céréales (peut-être un whisky un jour !)

 

Après ses études à Beaune et un stage chez Gilles Monier, elle a eu l’opportunité de reprendre les vignes et le stock de Simon Chabasseur, qui ne souhaitait plus continuer. Elle a ainsi créé le Chlo d’Auzit en 2022, chemin d’Auzit à Molompize.

Elle possède désormais 3,5ha sur le coteau historique des Palhàs à Massiac, 0,5 ha qui ont été plantés en 2020 à Molompize et environ autant à Pierrefort plus au sud (des altesses plantées en 2022 à 900m d’altitude).

Les vignes ici sont généralement exposés au sud, sur des sols de gneiss avec quelques schistes, à  500 mètres d’altitude en moyenne, avec un pic à 900m à Pierrefort. Le climat y est à la fois très continental et légèrement montagnard, très froid en hiver, sec et chaud les après-midi d’été mais avec une grande amplitude thermique : les nuits y sont fraîches ce qui permet de préserver de bonnes acidités. Le vent bien présent préserve plus qu’ailleurs des maladies cryptogamiques (seulement 3-4 traitements en 2023 par exemple), par contre le gel y est fréquent en avril. Les vendanges se font généralement fin septembre, un peu après celles des Côtes d’Auvergne.

 

Les vins sortent ici en IGP Comté Tolosan (une vaste IGP étendue sur 12 départements), avec l’éventuelle mention « Cantal ». Face aux complications administratives, les échantillons devant être envoyés à Toulouse par exemple, Chloé sortira tout en Vin de France à partir de 2023, ce qui permettra en plus de sortir quelques cuvées de rouge qui ne sont pas parties en malo.

 

 

Parcelle défrichée et plantée en 2020, sur des Palhàs historiques, le long de la nationale à Molompize. La route puis l’Alagnon sont juste dans notre dos. La parcelle est clôturée pour éviter le gibier. Cépages : altesse, pinot gris, chardonnay, gamay, pinot noir, syrah. Un peu moins de 5000 pieds/ha, plants de la pépinière Vullien en Savoie, pas de massales, greffés sur du 3309-Couderc. Pas de certification recherchée, mais le travail est bio, avec un accent mis sur le bien-être des plantes, une sorte de phytothérapie empirique. Comme on peut le voir il y a eu désherbage en 2023 (pour éviter la concurrence avec l’herbe sur ce millésime où l’eau a beaucoup manqué) car Chloé a dû faire dans la précipitation mais pour la bonne cause puisqu’elle est devenue maman en juillet ! Pas toujours simple de tout concilier lorsqu’on travaille seule à la vigne une grande partie de l’année.

 

 

Un pied de baco, peut-être un projet à venir…

 

 

Comme on peut le voir, le gel est passé par là en 2024, comme dans tout le Sud de l’Auvergne. La perte est estimée à un peu plus de 90%...

 

 

Parcelle historique des Palhàs, à l’entrée de Massiac le long de l’autoroute.

 

 

 

La dégustation

 

Le chai est dans un ancien corps de ferme à côté de la maison de Chloé et Florian, de l’autre côté de l’Alagnon, parfaitement équipé avec un étage pour les vinifications et un sous-sol pour le stockage.

 

Les rouges sont égrappés (les rafles ont du mal à mûrir ici), avec des vinifications douces, peu d’extraction, une majorité en cuves fibre, en levures indigènes, légèrement sulfités. Filtration tangentielle sur les 2023 (pas sur les 2022). Mise en bouteille avec vide d’air.

 

Chardonnay 2022 : (10% fûts usagés, 90% cuves) chardonnay clair en couleur, nez aromatique, floral. Bouche légère en alcool (12%), fruitée, florale, vive à l’attaque, qui termine assez simple et court, mais digeste et facile à boire.

 

Gamay 2022 : (100% cuve. Vignes du coteau historique) gamay clair en couleur, léger aussi (12%), nez de fruits rouges et poivre, bouche légère, fruitée, acidulée, légèrement poivrée, pas un gros volume, mais fraîche et digeste, avec un peu plus d’allonge et de fond que le chardonnay.

 

Syrah 2023 : (100% cuve. Vignes de 2020. Mis en bouteille il y a quelques semaines mais ne sera commercialisé qu’après quelques mois de repos en bouteille comme tous les 2023) Couleur assez claire pour une syrah, encore violacée sur les contours. Nez de mûre, cerise, poivre, violette, typique d’une syrah fraîche. Bouche légère en alcool (dans les 12% aussi, les autres cépages sont montés plus haut en 2023 par contre), pas très épaisse, là aussi très fraîche, acidulée, tannins souples, digeste et facile à boire, prometteur pour des jeunes vignes.

 

 

Un grand merci à Chloé pour la visite et la dégustation

 

 

 

bois de cugnèzes blanc 2023 : (chardo, pg, altesse à massiac) manque d'acidité, petite touche oxy presque, un peu fatigué.

Rosé 23 : joli rosé avec de la tension et une légère vinosité.

Rouge 23 : léger, facile, bien fait.

 

10 mai 2024

Elise Bougy (Les Mesneux) ****

Vigneronne, et aussi agente commerciale depuis 2014, Elise Bougy possède environ 3ha, une partie proche du domaine aux Mesneux au pied de la montagne de Reims et l'autre partie dans la Côte des Blancs. Ce sont des champagnes nouvelle génération, mûrs, patinés par l'élevage bois, malo faite, non bloqués par trop de sulfites, moins de pression... Il ne leur manque plus qu'un peu plus de temps sur lattes.

 

 

Elise Bougy - Champagne Mont chainqueux 1er cru Mesneux Blanc de noirs : (pinots, base 2019 dég nov 2021) Couleur à peine saumonée, nez expressif, typé pinot avec fruits rouges, amande, cannelle. Bouche à la bulle très fine (pas sûr qu'il y ait 5,5bar là-dedans...), très élégante, tendue et minérale tout en gardant un joli fruité et des épices. C'est en plus assez long et gourmand. Une première réussie. TB+.

 

10 mai 2024

Les Orchidées sauvages (Montmurat) **

Domaine créé en 2016 par Sébastien Lavaurs à Montmurat, tout au sud du Cantal, proche de Figeac et du Lot. Près de 4ha en biodynamie, nature ou quasi. Coteaux sud principalement argilo-calcaires à 380m d'altitude. Cépages tannat, CF, CS, merlot et quelques hybrides (chambourcin, villard, seibel). En 2023 plantations de chenin, romorantin, solaris.

 

Les 2023 viennent d'être mis en bouteille (en avril) :

 

Croix de Bois Croix de Fer 2023 : (négoce, fait avec Pauline Broqua. Cuves fibres chez Sébastien, demi-muids chez Pauline) fer servadou, léger, juteux, plein de fruit, nature très propre, quand même une texture travaillée, soyeuse, sans boisé, joli.

 

Prélude 2023 : (60% hybrides villard chambourcin seibel, 40% tannat) : couleur sombre et violacée, nez de fruits noirs, violette, gourmand, épices aussi. Attaque étonnante, très fraîche et juteuse, PH à 3,2 ! attaque comme un vin blanc, ravive les papilles, plein de fruit, la finale revient un peu plus sur les arômes du tannat, un peu plus classique. Original et très bon. Sans soufre et parfaitement propre aussi.

 

Terre Happy 2023 : (60% CS et 40% CF en semi-carbo pour le CF cette année-là. Vignes plantées en 2017) beau jus, noir, concentré, mais sans avoir beaucoup d'alcool, belle acidité derrière, très joli fruité, serre à peine en finale mais c'est bon.

 

Terre Happy 2022 : (cabernet franc égrappé ici, voit le vieux fût) plus serré, moins sur le fruit, moins à mon goût que le 2023.

 

Le vin qui fait danser les vaches 2023 : (merlot) coloré, nez à peine oxydé, un peu compoté pruneau, finale un peu serrée, moins à mon goût que les précédents.

 

Une gamme intéressante au final, pas une seule souris. Des vins bien faits, originaux, avec une vraie démarche écologique.

 

 

5 mai 2024

Baettig (Chili) ***

 

Baettig (Chili), Traiguén Los Parientes chardonnay 2021 : (Jeune et petit domaine créé par 2 amis. Planté en 2013 à 600kms au sud de Santiago, province de Malleco. 38e parallèle. Sols volcaniques ici. Clones français, non irrigué. Pressé grappe entière, 16mois fûts français 400L 20 à 30% neufs suivant les années) Couleur or pâle, un nez exotique, ananas, gourmand, contraste avec une bouche tendue, plus sur les agrumes, très peu de bois ressenti, belle finale fraîche et salivante. TB+.

 

Pinot noir 2021 Los Primos DO Traiguen : (grosse cuvée de rouge) Beau fruité, encore un peu d'élevage vanillé à intégrer. Bouche toute en rondeur, tannins soyeux, 13,5%, pas d'excès de chaleur ou de sucrosité, mais une finale qui manque un peu d'allonge et d'acidité, gourmand, un poil lisse. TB.

 

Los Parientes pinot noir 23 : beau fruité frais, tannins encore un poil serrés. B+.

 

Baettig, pinot noir Los Parientes 2023 DO Traiguén (Malleco) : (projet de Francisco Baettig – winemaker pour Errazuriz, Chadwik… et Carlos de Carlos. Vignes plantées en 2013 à Los Suizos, sols volcaniques, à 600kms au sud de Santiago. Donc climat frais et humide, pas d’irrigation. Traiguen = chutes d’eau. 1084mm d’eau par an. 38e parallèle sud. 9ha de pinot, 6,4ha de chardo principalement greffés, clones français. 8% grappes entières. Elevage 10mois en fûts français 300L dont 10% neufs)  Couleur pinot classique, rubis, brillante. Nez classique fruits rouges, cerise, floral, très bourguignon, pas de chaleur ni de sucrosité. Idem en bouche, pinot fruité, très bourguignon, très cadré, bien fait, on peut juste lui reprocher de ne pas nous avoir assez fait voyager. TB.

 

2 mai 2024

Domaine Mayard (Châteauneuf-du-Pape) ****

Le domaine a complètement changé en 2021 suite à la séparation des vignobles Mayard. Arthur et Hugo ont récupéré 12ha sur des secteurs variés (le grand coulet, les serres, la crau, le pointu). Le travail est bio, avec une attention particulière aux couverts végétaux, un travail au chai sur la finesse, des vinifications en levures indigènes et sans sulfitages au départ, des élevages peu marqués en cuves bois ou béton. L'avenir des Châteauneuf dans la lignée de Charvin est ici (et chez Yannick Féraud entre autres).

 

 

Domaine Mayard - Châteauneuf-du-Pape 2022 : Couleur grenat, que j'attendais plus claire et infusée d'après ce que j'avais pu lire sur le domaine. Le nez est très expressif dès l'ouverture, éclatant, il sent bon la garrigue (thym, laurier, lavande...) avec des notes de cerise amarena, de fruits rouges confiturés, une touche florale, assez classique donc mais pur et éclatant. La bouche reprend les arômes du nez, on sent une forme de chaleur et de puissance avec les 15% d'alcool mais ils sont bien intégrés, il y a du volume, les tannins sont fins pour un châteauneuf 2022, la finale est longue, elle ne sature pas, on garde cet éclat et cette pureté aromatique jusqu'au bout. C'est déjà buvable en l'état avec bien sûr un beau potentiel de garde. Le style est très intéressant, on reste sur Châteauneuf, avec un travail sur la finesse, buvable jeune, mais sans tomber non plus sur un vin maigre ou végétal, tout en gardant un potentiel de garde. Un domaine à suivre. TB+.

 

Lirac Rosé 2025 : rosé vineux, coloré, un peu alcooleux en l'état. B.

 

26 avril 2024

Domaine du Banneret (Châteauneuf-du-Pape) ****

 

 

Banneret **** - Châteauneuf du Pape 2018 : Couleur claire un peu rouillée, nez confiture de fraise, pivoine, notes végétales légères limite artichaut, garrigue, exubérant. Bouche aux tannins très fins, fraise écrasée, garrigue, floral, très élégante, bonne longueur, ça reste frais. TB+. Autre bouteille plus tard, joli Châteauneuf pile à point, encore sur le fruit, peu de tannins, fin, petite sucrosité gourmande, pas de lourdeur. Un millésime que j'adore décidément, tant les vins sont buvables en jeunesse. TB++.

 

21 avril 2024

Bachelet-Monnot (Dezize-lès-Maranges) ****

 

 

Bachelet-Monnot - Santenay Les Prarons 2014 : robe claire, nez un peu trop boisé. Bouche avec du fruit, légère, mais un peu fluette, finale assez courte. B-. Une seconde bouteille était pleine de fruits rouges, juteuse, gouleyante, pas très longue mais délicieuse. TB.

 

Bachelet-Monnot - Bourgogne 2015 : robe claire, le nez pinote clairement plein de petits fruits rouges, une touche de pivoine. Bouche légère, belle pureté de fruit, très fraîche et facile, finale quand même assez longue pour un générique avec une belle acidité. TB.

 

Bachelet-Monnot - Maranges 1er cru fussière 2018 : assez coloré, gourmand, à peine confituré mais reste frais et fin, long. TB+.

 

Bachelet-Monnot - Bourgogne rouge 2019 : superbe fruité, juteux, mûr, croquant, mais reste élégant, peu tannique. TB+.

 

Bourgogne 2020 : plus sérieux, au niveau du Maranges; TB+.

 

Bachelet-Monnot - Maranges 1er cru Fussiere 2020 : Couleur très sombre pour un pinot, nez fruits noirs, épices, poivre. Bouche épaisse, concentrée, mûre, encore jeune, un peu de tannins. Le millésime solaire ressort clairement même si on n'est pas très haut en alcool. A attendre. B+.

 

Bachelet-Monnot, Puligny-Montrachet 2020 : couleur or pâle, nez plutôt sur un élevage grillé encore un peu marqué, notes florales et fruitées. Bouche plutôt sur la tension, léger grillé, minérale, peu de gras, assez longue, salivante. Joli vin, encore un peu jeune dans l’idéal. TB.

 

Puligny 2023 : encore un peu jeune bien sûr, style en tension, toute petite pointe chaleureuse en finale, mais joli bourgogne, classique. TB.

 

21 avril 2024

François Grenier (Champagne) ***

 

François Grenier *** - IGP Ardèche syrah les jardins 2018 : assez noir, nez très toasté, pain grillé, bouche plus ronde qui finit sur des notes salées. B+.

2019 : moins toasté, plus fruits noirs, a besoin de quelques semaines pour se mettre en place. B+.

2020 : plus facile, violette, fruité. B.

Jardins viognier 2020 : un peu lourd. B-.

F. Grenier - St Joseph rouge 2019 : couleur encore très violine, beau nez sanguin, lardé, fumé, fruits noirs, cassis. Bouche du même esprit, mûr, pas trop tannique, qui a besoin de quelques mois de plus pour finir de se mettre en place. Bon rapport q/p (19€). TB.

St Joseph rouge 2021 : léger en alcool, très poivré sur ce millésime frais, aromatique très syrah, pure, simple, mais du caractère. TB.

syrah 2023 : syrah classique, bien faite, pas trop lourde, déjà accessible, tout en gardant du caractère. Rapport q/p excellent. B+.

St Joseph 2023 : proche de la syrah, un peu plus de volume et de fond. TB.

 

19 avril 2024

Pian dell'Orino (Toscane) ****

 

Domaine en biodynamie créé par Jan Hendrik Erbrach et sa femme Caroline à Montalcino. Style traditionnel.

 

 

Pian dell'Orino - Rosso di Montalcino 2016 : couleur assez sombre pour sangiovese, encore jeune, pas rouillée du tout. Très beau nez pur floral, fruité. Bouche avec un joli jus, belle acidité, fond minéral, de la matière, sérieux, mais finale encore serrée, tannins un peu durs, semble encore trop jeune. Beaucoup de fond, mais pas un gros plaisir. Le lendemain moins serré mais aromatique plus évoluée, plus poussiéreuse. B+.

 

17 avril 2024

Les Frères Mignon (Cramant) ****

Les freres Mignon - Champagne l'aventure Extra Brut : (Terroirs Avize, Cramant et Cuis. 100% chardonnay. Base 2017. Emb 07/2018 Malo non réalisée non bloquée. Dosage 1,6gr. Degorgement 20/07/2020) Couleur or pâle, nez bien typé chardo à peine beurré, citron, agrumes un peu confits, touche florale. Bouche avec une légère rondeur beurrée à l'attaque mais très vite minérale, crayeuse, tendue, bulle fine, belle maturité, aucune austérité malgré le faible dosage, assez long, on y retourne facilement. TB+.

 

Frères Mignon - Champagne l’aventure : (base 19) champagne chardonnay crémeux qui attaque avec un peu de largeur et gourmandise, finale plus tendue, salivante. TB+.

 

Les Frères Mignon, L’Aventure 1er cru : (100% chardonnay sur Avize, Cramant, Cuis. Base 2019. Elevage cuve et fût. Pas de malo. Dég. 10/2022. Dosage 1,6gr) Bulle qui semble un peu plus grosse, a eu besoin de plus d'ouverture, encore jeune, mais frais, fruité, aérien, peu de gras, très élégant. Le lendemain le fond de bouteille est encore meilleur. TB+.

 

Frères Mignon - Cuis 2018 : bulles fines, jolie texture, chardonnay assez rond et fin, manque un peu de tension en finale. TB.

 

Cramant 2017 : comme le précédent, très typé chardo, plutôt sur la rondeur, la gourmandise, manque aussi un petit poil de tension et de fond pour être grand. TB.

 

Cumières 2019 : majorité pinot ici, style différent des blancs de blanc, semble plus tendu, énergique, petite vinosité, plus droit, très joli. TB+.

 

Avize 2018 : profil assez large, blanc de blanc crémeux, gourmand, manquant un poil de tension. TB.

 

Les Frères Mignon, Coteaux champenois blanc 2019 : (100% chardonnay) Couleur bien dorée, nez qui rappelle la brioche, les lies, fruits jaunes mûrs également. La bouche présente un très beau volume combiné à une acidité élevée et très bien intégrée, peu beurrée, très énergique, crayeuse, probablement proche du nature mais très propre et très long. Par déduction, les participants partent globalement sur un chardonnay. Sacré niveau sur les blancs ce soir ! TB++.

 

Freres Mignon - Coteaux champ rouge 2020 : couleur claire, nez de malt, whisky, céréales, puis fruits rouges, bizarre. Bouche sucrée, haute en alcool (14%), sucrée, pas d'acidité, tannins très lisses, finale pataude, sur le sucre, aucune allonge. B-.

 

13 avril 2024

Laculle Frères (Buxeuil) ***

 

Wine Paris

 

Laculle Frères Les 2 Vallées Brut Nature (20-21 dég en 23) bulle très fine, mûr avec du fond, très bon. Le petit point rouge PN rosé (dég 23) rosé fin, avec juste ce qu’il faut de vinosité.

 

 Laculle Frères, Champagne Bourdon 2018 : (100% chardonnay, parcelle à Chervey, Côte des Bar. Malo faite. Elevage en cuves bois. Non dosé. Dégorgé 2023) couleur claire, nez élégant de fruits blancs, floral, pas très marqué par les lies. Bouche avec des bulles fines, sur la tension avec une jolie amertume qui donne du caractère. TB.

 

12 avril 2024

Bodega Cerron (Espagne) ****

 

Bodega Cerron (Espagne), Jumilla El Cerrico 2016 : (100% airen. Vignes préphylloxériques à 900m d’altitude. Fermentation en jarres en terre cuite. Elevage en fûts de 500L puis en cuves) Couleur dorée, nez grillé, beurré, très bourguignon au départ, des fruits plus mûrs dans le fond. Bouche légère en alcool (12%) pour le sud de l’Espagne, acidité basse, sur les arômes du nez, manque un peu d’intensité et de tension dans la série. TB-.

 

Bodega Cerron (Murcie), DO Jumilla La Servil 2021 : domaine familial de 30ha, bio depuis 1989 et bioD 2021, 95% mourvèdre 5% vieux cépages locaux. vignes de 1954 non greffées, 960m d’altitude, sols calcaires. Egrappé à 80%, fermentation en cuve bois, élevage en foudres 14 mois. Non collé, non filtré, 40mg SO2 total.       Couleur sombre derrière les grenaches, nez de fruits noirs, réglisse, cuir, violette. Très belle bouche qui semble très fine pour un jeune mourvèdre, avec une acidité haute (ph 3,4) qui équilibre bien les 14,9% d’alcool, vraie sensation minérale et calcaire, pas beaucoup de rondeur, mais de l’allonge et de la fraîcheur, très beau style. TB+.

 

10 avril 2024

Suenen (Cramant) ****

Domaine familial de 3,2ha (3ha de chardo sur la Côte des blancs + 0,2ha de meunier dans la vallée de la Vesle) repris en 2009 par Aurélien Suenen. Style tout en tension, parfois à la limite de l'austérité.

 

 

Suenen  - Oiry grand cru extra-brut : (base 2015) très tendu et crayeux, austère, un peu trop. TB-.

 

C+C extra-brut : (base 2015 cramant et chouilly) à peine plus rond, mais ça reste très strict, à voir avec quelques années de cave. TB.

 

Suenen, C+C Grand Cru Cramant + Chouilly : (100% chardonnay. Base 2019. Elevage cuve, fût et œuf. Dosage 3gr) style très austère, encore jeune, tout droit, ciselé, finale jolie sur des amers, un peu tannique, crayeuse. TB+.

 

C+C (base 21 ? ou 20) : belle tension, salivant, sans être trop austère. TB+.

 

9 avril 2024

Visite du Coteau Libre à Lavoûte-Chilhac ***

 

Visite du Coteau Libre à Lavoûte-Chilhac

 

 

 

Tout a commencé en 2019 lorsque Paul Aublet-Cuvelier et Mathieu Fleuriet ont eu le projet fou de défricher le coteau du lieu-dit Belmont, à Saint-Privat du Dragon, face à Lavoûte-Chilhac.

Paul est aussi associé en parallèle avec Lisa Le Postec sur le projet de négoce L’Eau qui dort. Après un BTS viti-oeno, il s’est notamment formé dans le Jura chez Désiré-Petit. Mathieu Fleuriet est lui en parallèle vigneron à Sancerre, au domaine B. Fleuriet & Fils.

 

 

Vue depuis les vignes. Lavoûte-Chilhac est en bas à gauche. Au centre juste derrière les quelques sapins verts on peut deviner une terre en friche prête à accueillir les vignes de deux autres jeunes vignerons sur des sols volcaniques ici.

 

 

 

Si en 2019 ce n’était qu’une forêt, les murs de pierre encore en bon état attestent d’une viticulture en terrasse il y a fort longtemps. Il ne reste que le Conservatoire de Saint-Ilpize. Les vins, ici, sortent obligatoirement en Vin de France.

 

 

 

Après un long travail de défrichage, il a fallu refaire les chemins, repenser et retravailler les circuits hydrauliques et bien sûr planter la vigne : 4 hectares en 2020 + 1,5 hectare en 2021. Un travail titanesque !

Avec des pentes comme celles-ci, il faut absolument éviter l'érosion. Sur les plantations de 2020, 1 mur sur 2 a été enlevé pour avoir de plus grandes parties d'un seul tenant. Mais sur celles de 2021, Paul et Mathieu ont dû revenir au "format d'origine" comme sur le haut de la photo avec des terrasses plus étroites.

 

 

 

Le coteau est situé entre 550m et 680m d’altitude (moyenne autour de 650m), sur une sorte d’amphithéâtre exposé sud-sud-est et sud-ouest de l'autre côté. Pente de 40% en moyenne. L’altitude compense un climat extrêmement solaire et peu pluvieux car le coteau se situe en plein effet de Foehn, de l’autre côté d’une barrière de montagne (notamment le Mont Mouchet, 1500m environ). Autour de nous, la végétation est quasi méditerranéenne, avec des cactus, des saponaires de Montpellier déjà en fleurs, des figuiers, etc…

 

 

 

Ici les sols ne sont pas du tout volcanique, ni calcaire, il s’agit de granite leptynite (roche qui était encore plus profonde dans la mer par rapport à un granite « classique »), un granit très friable, très riche en divers minéraux (quartz, mica, feldspath et bien d’autres), par moment altéré en schistes, donc en quelque sorte proche des gneiss.

 

 

Le coteau a été planté majoritairement en syrah, avec aussi des pinots noirs et des gamays. En blanc roussanne, chenin et un peu de pinot gris. Ce sont pour ¾ des massales de chez Bérillon avec surtout une grande diversité génétique (environ 600 individus différents pour les syrahs). Porte-greffes 3309, 101-14, gravesac. Le « coteau » est planté en 160*80 soit 7000pieds/ha. Sur les terrasses "plates", équivalent  à 9000 pieds/ha.

 

 

 

La vigne est palissée haute, tressée si possible, taillée en palmette sur tous les cépages. C’est une taille avec un bras de chaque côté, qui ressemble un peu au guyot double mais avec des « étages » pour plus d’espacement, avec 8 bourgeons par cep.

 

 

Des semis ont été plantés cette année : radis, seigle, vesce… L'herbe sera couchée au rolofaca, l'idéal serait d'arriver au non labour dans quelques années (un des principes de la viticulture régénérative). Les vignes sont en bio, beaucoup de phytothérapie, pas forcément de biodynamie, en tout cas dans un premier temps.

 

 

Il va bientôt être le moment de tout clôturer, pour protéger les vignes des nombreux blaireaux et ratons-laveurs dans le coin !

 

 

 

La dégustation

 

Paul et Mathieu ont pu acheter le prieuré de Lavoûte-Chilhac, un bâtiment magnifique et spacieux, même s’il y a encore beaucoup de travaux à prévoir.

Tous les vins sont en levures indigènes, léger sulfitage uniquement si nécessaire.

 

 

 

Les 2023 sur fût

 

chenin/roussanne : (avec le fond du 2022) un premier blanc avec de très jeunes vignes, proches de grapillons, mais un très joli blanc, citronné, floral, avec du peps, peut-être le plus frais des 2023 en Auvergne. Paul me dit que le roussanne ici, ramassée juste à la limite de la sous-maturité garde une très belle acidité, peut-être plus que les chenins. C'est prometteur pour la suite.

 

Le rouge jus de goutte : (syrah + 10% gamay et pinot noir. La syrah est égrappé à 30%) une syrah colorée, au nez très marqué syrah, lardé, violette, olive, anchois, petite volatile. Bouche saline, qui ne semble pas trop haute en alcool, bonne acidité, de corps moyen, des tannins fins. La fin de bouche donne une sensation de salinité-umami très salivante.

 

Le même sur un fût Lacroix : le vin semble encore plus frais, plus tendu, petite volatile aussi, le bois a encore moins marqué (même s'il a peu marqué sur le fût précédent qui n'était pas neuf), beaucoup d'allonge, très droit, belle acidité, et une finale encore plus saline. Très prometteur.

 

Le rouge avec quelques jus de presse : un peu plus de volatile que sur les deux précédents, un peu plus de volume, de "mâche" et de tannins. Il fera du bien dans l'assemblage.

 

Le rouge 100% jus de presse : goûté sur plusieurs fûts, la volatile est très marquée. Tous les rouges ont vu 1 gr/HL de SO2 après malo mais c'était déjà un peu tard sur ce genre de millésimes très solaires. Dommage car il y a un joli fond. Les jus de presse seront probablement remis dans les 2024 en fermentation.

 

 

Le Coteau Libre rouge 2022 : (environ 80% syrah, gamay, pinot noir et les quelques grapillons de chenin. Egrappé car les rafles n'étaient pas suffisamment mûres) Le vin sera embouteillé au printemps 2024, dans quelques semaines donc. Un profil plus léger que les 2023, moins de corps mais un jus plus gouleyant, très frais, petite volatile mais pas gênante à ce stade, encore quelques petits tannins, à peine moins lardé et salin que les 2023 mais on sent tout de même cette même trame terroir. Pour des vignes qui ont 2 ans c'est très prometteur.

 

Négoce Ribeyrou 2023 : (négoce, gamay, pinot noir et un peu de syrah, achat sur St Pourçain) jus de fruit très facile à boire, très fruité, le gamay domine, parfaitement propre (toujours pas sulfité et il n'y aura probablement pas besoin d'en mettre), on sent qu'il n'y a pas le même fond, pas l'aspect terroir du Coteau Libre, c'est plus simple, mais très efficace, on y retourne facilement. C'est le but de la cuvée. Là aussi, mise en bouteille au printemps 2024. Regoûté en bouteille (il y a finalement eu une pointe de sulfites) c'est un vin clair, léger, plein de petits fruits rouges acidulés, frais et facile à boire.

 

Négoce Ribeyrou blanc 2023 : (sauvignons du domaine Fleuriet à Sancerre) en bouteille un beau sauvignon, mûr, tout en gardant une bonne acidité, fruité, pas du tout variétal.

 

 

 

Un grand merci à Paul pour la visite. Il faut féliciter ces gens ambitieux, peut-être un peu fous même lorsque l'on voit tout le travail qui a déjà été accompli, de redonner vie à ce si beau coteau historique, nourrissant ainsi notre passion pour le vin. Il faudra bien sûr être patient et indulgent avec les tout premiers millésimes qui vont sortir. Mais il s'agit bien là du projet le plus passionnant d'Auvergne ! Quel bonheur ce sera de goûter ces vins dans dix ans ! On sent déjà dans les premiers jus qu'il y a un vrai fond, un grand terroir qui ne demande qu'à s'exprimer. Et avec le talent et la philosophie de Paul le coteau est entre de bonnes mains.

 

 

 

 

 

Coteau Libre, Coteau rouge 2022 (80% syrah + gamay, pinot à Saint-Privat du Dragon) : une bouteille prélevée en cours d’élevage, couleur très sombre, un nez très typé syrah du Rhône, très lardé, un peu sanguin, violette, anchois, olive, toute petite volatile. Bouche plus puissante que les précédents, mais aussi un peu plus d’allonge avec à la fois plus d’acidité et de tannins, moins de rondeur, plus de salinité aussi, un côté umami en finale, très salivant. Pour des vignes plantées en 2020 tout le monde s’est accordé à dire qu’il y avait un vrai terroir et un style à part. Très intéressant. TB+.

 

Coteau Libre 2022 prélevé sur fût à Jus'Vénil : (80% syrah, 10% pinot noir, 10% gamay, un poil de chenin, vignes de 3ans sur sables granitiques, expo sud, côté Lavoute-Chilhac) syrah très lardé, tapenade, allonge salée, presque anchois, juste une volatile un peu haute à mon goût.

 

Coteau Libre 2022 à Nouvel Ordre :  : (embouteillé, pas encore commercialisé) un peu moins de volatile qu'il y a 3 mois, moins sauvage, plus posé, tannins encore un peu serrés en finale. Ca prend forme !

 

Coteau Libre rouge 23 : (environ 1an après mise en bt. 80% syrah, 10% gamay 10% pinot). Robe sombre et violine, nez très syrah, lardé, violette, rappelle Gonon, Dard & Ribo. Bouche très syrah aussi, avec une acidité élevée, de la tension, racée, viandé, pas trop d'alcool, beaucoup de fraîcheur, tannins fondus. Long. Superbe bouteille. Après un peu d'ouverture, finale sur une légère amertume végétale façon rafle, qui ne me gêne pas vraiment, mais clairement pas une syrah confite et ronde.

 

Ribeyrou/coteau Libre : Ribeyrou blanc 25 (raisins de St Pourçain et autres) un peu mou et anisé. Ribeyrou rouge 24 (beaujolais et st pourçain) joli frais juteux.  Coteau 25 petite cuvée pas encore tout à fait en place. Coteau Libre 23 mag superbe syrah très racée.

 

6 avril 2024

Soirée coups de cœur du moment

 

Soirée Coups de cœur 

 

 

Les coups de cœur de cette année ont en commun d’être des expressions fraîches, pures (peu boisées) et élégantes de cépages et de terroirs pourtant très sudistes pour la plupart d’entre eux. Preuve en est une fois de plus qu’il y a de grands vins partout sur la planète et que la caricature Ancien Monde/Nouveau Monde ne tient plus. Malgré le bouleversement climatique, il est encore possible de faire de jolis vins dans des secteurs très ensoleillés à condition d’adapter sa viticulture.

 

 

 

1 Baettig (Chili), Traiguén Los Parientes chardonnay 2021 :  (Jeune et petit domaine créé par 2 amis. Planté en 2013 à 600kms au sud de Santiago, province de Malleco. 38e parallèle. Sols volcaniques ici. Clones français, non irrigué. Pressé grappe entière, 16mois fûts français 400L 20 à 30% neufs suivant les années) Couleur or pâle, un nez exotique, ananas, gourmand, contraste avec une bouche tendue, plus sur les agrumes, très peu de bois ressenti, belle finale fraîche et salivante. TB+.

 

2 Domaine des Notes bleues (Cédric Mottet), Arbois savagnin ouillé 2020 : (version 12 mois d’élevage) Couleur dorée et trouble, nez très finement oxydatif malgré l’ouillage, citron confit, agrumes mûrs. Bouche énergique, un peu moins oxydative que le nez, qui combine expression jurassienne assez classique et finesse. TB+.

 

3 Arnaud Baillot, Pernand-Vergelesses A ma fille Mahaut 2022 : Couleur très claire, nez de petits fruits rouges, pivoine. Bouche légère, peu d’alcool, peu de tannins, pas un gros volume, jus de fruit acidulé très frais, qui glisse tout seul. Il ressemble plus à un 2021 qu’à un 2022 finalement. TB.

 

4 RETA (Chili), Valle del Limari Quebrada chalinga Pinot noir 2021 : (Domaine créé en 2019 par l’œnologue légendaire Marcelo Retamal qui a sélectionné les trois meilleurs terroirs du Chili selon lui. Ici  400kms au nord de Santiago mais proche de l’Océan. Vignes plantées francs de pied en 2006. Sols granitiques avec des dépots calcaires. 50% grappe entière. Elevage 16 mois dans des fûts bourguignons 228L de 3e et 5e remplissage) Couleur rubis avec des contours un peu gris, plus foncé que le précédent. Un nez élégant, qui pinote sur les fruits rouges, petite touche fumée, épices, ronce. La bouche est fraîche, avec un beau volume, des tannins fins, combine un fruité mûr et une belle acidité, semble avoir un beau potentiel de garde tout en étant déjà approchable maintenant, la grappe entière se sent et lui apporte une forme de noblesse. Très joli vin. TB+.

 

5 Cassagne et Vitailles, Vin de France Nimalaya 2021 : (vieux carignans du Languedoc, argilo-calcaires sur Montpeyroux et St Saturnin.) Couleur sombre, nez de fruits noirs, très propre, avec une petite touche amylique, encore jeune et sur le fruit. La bouche est très élégante, peu d’alcool, très fraîche, aucun boisé, plein de fruit avec une belle acidité dans le fond apportant une sensation minérale. TB+.

 

6 Arnot-Roberts (Californie), Lodi Kirchenmann vineyard Zinfandel 2021 : (Domaine créé en 2001 par deux amis.Sols limons granitiques et sableux, raisins achetées à Sandlands. Vigne franche de pied de 1915. Un peu de grappe entière ici.) Couleur sombre, nez sur le cassis, la mûre, petite touche violette et eucalyptus. Bouche très élégante pour un zinfandel, peu d’alcool, tannins fins, peu de bois ressenti, un fruité gourmand à peine sucré et derrière une belle acidité pour ce cépage qui donne là aussi une sensation de minéralité. TB++.

 

7 Antonio Madeira (Portugal), Dao Vinhas Velhas branco 2020 : (15% Arinto, 15% Bical, 15% Cercial, 15% Encruzado, 15% Fernao Pires, 15% Siria, 10% Autres. A 600m d’altitude sur granit dans la Serra da Estrela. Moitié 500L moitié cuve.) Retour au blanc pour le fromage, couleur or pâle et trouble, nez d’abord sur l’autolyse grillé, puis fruits bletts, notes florales, un peu brouillon. Jolie bouche énergique, tendue, minérale, citronnée, anisée, florale, à la finale salivante. TB.

 

8 Mas Karolina, Maury rouge 2021 : (100% grenache, 17% vol, 90gr SR.) Couleur sombre, nez plein de fruits, mûre, crème de cassis. Bel équilibre en bouche où les 17% ne se sentent pas, les 90gr de sucres non plus, plein de fruits noirs frais. Assez simple mais toujours très efficace pour finir. TB.

 

Bonus Mesquida Mora, VT Mallorca Gorgollassa d’Es Monjos 2022 : (1/3 grappe entière) Vieux cépage autochtone de Majorque, le gorgollassa, un vin très simple par rapport aux autres de la soirée mais qui a le mérite d’être léger en alcool (12,5%) et peu tannique. B.

 

3 avril 2024

Clos des Fous ***, Pedro Parra *** et François Massoc (Chili)

 

"Pedro Parra, qui détient un Master en aménagement du territoire de l'université de Montpellier et un doctorat en terroirs de l'Institut National Agronomique de Paris. Il fait partie des 8 consultants au monde en matière de terroir viticole (les autres sont tous Français) et compte sur sa liste de clients les meilleurs producteurs de vins du Chili, ainsi que plusieurs autres situés en France, en Italie et aux États-Unis. Celui-ci aurait au cours de sa carrière creusé plus de 22,000 fosses pédologiques afin de connaître la nature des sols et leur relation avec le style des vins qu'ils produisent." Il est copropriétaire de Altos Las Hormigas, consultant d'Aristos-Liger Belair, membre du "Clos de fous" et produit également des vins sous son nom, principalement des cinsaults du Chili.

 

 

Pedro Parra, Monk cinsault 2021 DO Itata : (Ici un seul vignoble à Tinajacura, région de Guarilihue Alto, planté en 1995 (environ 25kms de l'océan). Sols sablo-limoneux, riches en fer, granites oxydés et quartz. Fermentation en cuves levures indigènes. Elevage cuves en bois 11mois. Hommage au musicien Thelenous Monk) Couleur sombre pour du cinsault, nez de chocolat, fruits noirs, eucalyptus, herbes aromatiques, semble annoncer un vin mûr et chaleureux. La bouche ne l'est pas tant que ça, de corps moyen, avec une bonne acidité, "seulement" 13,5 d'alcool, une sensation d'attaque veloutée puis d'une fine de bouche austère avec une allonge sur l'acidité et les tannins intéressantes qui donne une certaine fraîcheur et une sensation de minéralité, mais l'ensemble parait plus dissocié qu'harmonieux à ce stade, même si ça se joue à pas grand chose et qu'il y a pas mal de qualité aussi. A voir avec quelques années de plus. B+.

 

 

 

 

Clos des fous est un projet axé sur la revitalisation de vignobles très anciens souvent non irrigués, avec de vieilles vignes, représentant aujourd'hui 47ha sur 6 vignobles, en bio, avec des vinifications peu interventionnistes. 

 

 

Clos des Fous - pinot noir pucalan arenaria 2016 : (projet de Pedro Parral, Albert Cussen, Paco Leyton et l'oenologue François Massoc, redécouverte des grands terroirs, biodynamie...) Couleur très claire, nez très pinot, très frais, petits fruits rouges, floral, pointe épicée, touche fumée. Bouche aérienne, élégante, fraîche, pas trop de sucrosité, acidulée, tannins fins, pas d'élevage ressenti, plutôt sur la tension, long, légèrement épicée, fond minéral. Probablement l'un des vins les plus emballants du Chili à l'heure actuelle. TB+.

 

 

Clos des fous, Subsollum pinot noir 2015 : ( Ici 75% sur l’Aconcagua (sur la Côte) sur sols calcaires et 25% au sud (Traiguén) sur sols volcaniques. Une partie de grappes entières. 15%) Couleur de pinot, mais ça s'arrête là, nez beaucoup plus mûr et sur des fruits compotés. Bouche puissante, dense, encore jeune, toute en rondeur, avec peu d'acidité et des tannins complètement enrobés, quand même une bonne longueur, mais un vin qui manque de fraîcheur. B.

 

3 avril 2024

Quinta do Noval (Portugal) ****

 

Maison de 192ha créé en 1715, célèbre pour son Nacional Vintage (à partir de vignes non greffées). Si le chai est aussi à Vila Nova de Gaia, Quinta do Noval se targue d'être la seule maison à posséder un seul vignoble, dans la vallée de Pinhao, Cima Corgo. Mais ce n'est plus le cas depuis l'achat de la Quinta do Passadouro en 2019 (38ha, vallée de Pinhao). Aujourd'hui les parcelles sont plantées cépage par cépage en fonction de l'altitude, de l'exposition et des sols (schistes plus ou moins mêlés d'argile).

 

 

 

Quinta Do Noval Porto Vintage 2000 vs Porto Vintage Nacional 2000 (vignes préphylloxériques, non greffées) : le classique est déjà un peu évolué, sur la cassis, le sous-bois, la boîte à cigares, élégant, aux tannins fins, très bon, mais à condition de ne pas le comparer. TB+. Le Nacional fait beaucoup plus jeune, éclatant, concentré, au fruité très pur, cassis, mûre, violette, herbes méditerranéennes; texture soyeuse sur ce millésime très élégant, avec un superbe équilibre, sucre/acidité, de la tension et de la gourmandise. Nous avons bien fait de comparer les deux, sinon je pense qu'on n'aurait pas saisi la grandeur de ce Nacional, qui est quelque part très facile à boire, mais aussi évident, parfait. Déjà très accessible et au potentiel de garde énorme. Vraiment loin au-dessus. Exceptionnel.

 

 

 

Quinta do Noval

LBV 2013 : chocolat, confiture de mûre, pointe d’alcool en finale, plutôt un bon LBV. TB-.

 

Porto 10ans Tawny : beau rancio, un peu d’alcool en finale malheureusement. B+.