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Mon carnet Vin
12 avril 2013

Angelo Gaja (Piémont) ****

Si le domaine est très ancien, il doit sa réputation à Angelo Gaja (né en 1940). Souvent aidé par son oenologue Guido Rivella, il a toujours innové : en 1967 il commence à vinifier des "parcellaires", en 1970 il essaye la barrique française pour assouplir les tannins, en 1979 il s'essaye au chardonay... Avec sa fille Gaia, ils possèdent désormais une centaine d'hectares sur Barbaresco (principalement le cru Roncagliette divisé ensuite en "sous-parcelles") et sur Barolo (suite à l'achat en 1995 de l'Azienda Gromis, sur le Cerequio notamment). Les vins sont ici "modernes", colorés, boisés, avec des élevages en barriques très marqués en jeunesse, même si depuis plusieurs années maintenant le domaine est revenu sur des élevages 1an barrique + 1an foudre. Ils nécessitent une longue garde et se révèlent magnifiques lorsque l terroir reprend le pas sur la technique d'élevage.

 

 

Angelo Gaja - DOC Langhe "Sito Moresco" 2011 : (nebbiolo + cabernet sauvignon et merlot) Couleur grenat clair, beau nez expressif et fruité, dominé par le nebbiolo, sur la cerise surtout, avec un peu de mûre, de prune, de fruits rouges et d'épices. Bouche assez puissante, à l'attaque vive, avec des tannins encore bien présents mais de qualité, un peu moins gourmande que le nez en l'état, sur la cerise, les fruits cuits, un peu de tabac et d'épices dans le fond. Très bonne acidité qui porte le vin et lui donne de la fraîcheur. Finale assez longue. Un beau vin pour cette entrée de gamme du domaine, à attendre encore un peu. Note : 16/20.

gaja sito

 

 

  

Gaja

Idda blanc 24 Etna Carricante armatique, simple. Alteni di Brassica 21 sauvignon Langhe très aromatique bof. Idda rouge 23 très lisse pour du nerello de l’Etna, simple. Pieve Sta Restituta Sugarille Brunello 2020 tannins fins mais lissé par l’élevage. Ca’Mercanda 16 cabernet de Bolgheri fin sans trop d’élevage, bonne surprise, très bon. Barbaresco 2018 fin léger, pas d’allonge, tout lisse, simple. Costa Russi 16 salin, serre un poil mais enfin un vrai nebbiolo avec de l’acidité et de l’allonge.

 

20 juillet 2017

La Martinelle (Lafare) ***

La Martinelle - Ventoux rouge 2014 : (72% grenache, 18% syrah, 7% mourvèdre + carignan, counoise, clairette et viognier. Elevage cuves) Robe rubis foncé, beau nez sur la fraise, la confiture de cerise, la réglisse. Bouche fruitée comme au nez, semble assez légère, tannins fins, fraîche, assez bonne longueur sur la réglisse. Belle découverte.  Note : 15,5/20.

martinelle_ventoux 2014

 

La Martinelle - Ventoux rouge 2015 : proche du 2014, un peu plus puissant, surtout un peu plus sucré, à peine moins frais, mais encore plus gourmand. Ca reste très bien fait. Note : 15/20.

Ventoux rouge 2016 : beaucoup plus concentré que les années précédentes, plus puissant, réglisse, cerise amarena, un côté prune, voire pruneau mais reste assez frais derrière, à attendre. Note : 15/20.

 

La Martinelle - Ventoux blanc 2015 : Robe claire,nez avec beaucoup de fruit, de la poire surtout, de l'abricot, un peu floral. Bouche très fruitée aussi, pas trop grasse ni trop vive, facile à boire, gourmande. Longueur moyenne. Simple mais efficace. Note : 15/20.

 

Ventoux blanc 2018 floral, fruité, manque un peu d’acidité. Ventoux rouge 2017, fruité, épicé, réglissé, gourmand. Beaumes de Venise 2017 un peu trop chaleureux.

 

Rouge 2019 : nez très pur, mûre, fruits des bois, reste assez frais en bouche. TB.

 

Les terrasses 2021 : très clair, un peu amylique, typé gamay carbo, bouche toute en légèreté fruitée, sans tannins glisse tout seul. B+.

 Ventoux rouge 2021 : beau grenache infusé, grappe entière, floral, pas trop d'alcool, un peu de sucrosité, gourmand. TB.

rouge 22 : plus concentré, mois fin. B+. Quelques mois plus tard, semble plus fin, gourmand, acidulé, infusé. TB.

 Vaucluse blanc 2021 : fruité et floral, fleurs blanches avec petite sucrosité, léger en alcool, aérien pour ventoux, sans être très acide, mais reste frais très facile à boire. TB.

Vaucluse blanc 23 : pore, floral, anis, léger en alcool, on a cherché la fraîcheur à tout prix, c'est réussi, manque peut-être un peu de volume du coup. TB-.

 

19 janvier 2025

Soirée Barolo, le retour

 

Le rendez-vous était pris depuis plusieurs mois, voire quelques années pour certains : réunir toutes nos plus belles bouteilles de Barolo afin de vivre une soirée mythique entre passionnés du Piémont. Ayant personnellement appris tout ce que je sais de cette appellation grâce au document pdf (je le transmets volontiers par mail aux intéressés) de Nicolas Herbin, ancien caviste en Suisse et désormais consultant pour Origine 1980, je décide de lui faire un mail, sans vraiment y croire… « Avec grand plaisir, l’occasion fait le larron » ! Très accessible et toujours prêt à transmettre, Nicolas sera donc notre douzième homme.

 

Nos caves étant principalement remplies de « traditionnalistes » (élevages en foudres et non en barriques pour simplifier), nous n’aurons que des représentants de ce style, avec pour la plupart une volonté de travailler sur la finesse et une majorité de crus sur l’Ouest de Barolo, la partie de l’ère tortonienne, donnant des vins globalement un peu plus souples que sur la partie Est (avec de belles exceptions bien sûr).

 

Les notes sont à relativiser, car quelque part tout était exceptionnel ce soir-là, c'est surtout un moyen de hiérarchiser nos préférences.

 

Les vins ont été pour la plupart ouverts le matin pour le soir, servis en Riedel superleggero syrah à 18° environ. Il fallait bien ça, les vins se sont encore mieux comportés après quelques minutes dans le verre.

 

 

1 Ca’ di Press, Barolo di Monforte 2019 : (à Monforte, parcelle Perno) Couleur claire, nez de fruits rouges confiturés et de fleurs. Bouche en finesse pour Monforte et 2019, déjà accessible même s’il y a encore un peu de tannins sur la finale, un joli style, traditionnel propre et maîtrisé, élégant. Belle introduction. TB.

 

2 Giacosa, Barolo Falletto 2012 : (à Serralunga) Couleur assez sombre, nez fruits noirs, menthol, eucalyptus, goudron, tabac, épices. Bouche comme souvent chez Giacosa qui manque un brin de folie à mon goût, maîtrisée, complexe, avec des tannins fins, mais qui manque un peu d’intensité. C’est très bon, mais en-dessous des suivants. TB.

 

 

 

3 Accomasso, Barolo 2012 : (à La Morra, parcelle Rocche dell’Annunziata) Couleur claire, un peu tuilée, nez fruité, floral, légèrement terreux et sous-bois. Bouche toute en finesse et en rondeur pour Accomasso, où on sent le « petit » millésime mais pile à point, avec beaucoup de gourmandise, des tannins fins, gros plaisir immédiat. Pour chipoter il manque un poil de longueur par rapport aux tout meilleurs du soir. TB++.

 

4 Borgogno, Barolo Cannubi 2013 : (à Barolo)   Couleur claire, nez étonnant, pastèque, litchi, fraise haribo, amylique, ça sent les fermentations à froid, peut-être même le levurage, ce qui serait très étonnant pour le domaine. On émet pas mal d’hypothèses, mais on ne sait pas trop. La bouche est ronde, facile, fruité bonbon, monolithique et de longueur moyenne. B-.

 

5 Vajra, Barolo Bricco delle Viole 2013 : (à Barolo) Couleur assez sombre, magnifique nez, très classique, floral, goudron, myrtille, épices, réglisse, une bouche un poil en-dessous du nez, où on sent la parcelle en altitude, le terroir tardif sur un millésime frais, il y a du menthol, des notes presque végétales, mais nobles, la finale serre juste un peu trop, avec des tannins moins gras que les suivants. Mais un sentiment de noblesse, de « beauté froide ». TB+.

 

6 Burlotto, Barolo Monvigliero 2014 : (à Verduno, un des très rares Barolo en grappe entière même sur ce millésime très pluvieux. Foudres français ici et non de Slavonie) Couleur très claire, nez très « Monvigliero » de fraise écrasée et de rose. La bouche est en dentelle, quasiment pas de tannins, fraise écrasée, rose, éclatant, avec un sentiment de perfection, tout est à la bonne place, beaucoup de gourmandise, tout en gardant du fond et juste ce qu’il faut de l’acidité du nebbiolo pour un rendu très aérien. Exceptionnel.

heureusement, nous avions le "Masnaghetti" sous la main

 

 

7 G. Mascarello, Barolo Monprivato 2009 : (à Castiglione) Couleur très claire, un peu tuilée, nez plus évolué que le précédent mais très beau aussi, fruits rouges confiturés mais un peu plus cuits, pot-pourri, léger sous-bois. Bouche fantastique, plus jeune que le nez, tannins fins et fruité gourmand bien présent, un peu moins sucré que le Monvigliero, plus d’acidité, plus « Barolo », beaucoup de fond, une belle allonge, touche quinine, la grande classe du Monprivato, équilibre parfait entre finesse et structure. Il ne tome jamais dans la lourdeur même sur ce millésime solaire. TB++.

 

8 G. Rosso, Barolo Vigna Rionda Ester Canale 2018 : (à Serralunga. Vieilles vignes héritées de la légende Tommaso Canale) Couleur très claire, le nez le plus bourguignon, petits fruits rouges, pivoine, framboise, cerise, ça pinote. Bouche ultra élégante, fruité éclatant, tannins très fins, pas forcément un gros volume mais sans que ce soit gênant, toujours ce fruit éclatant d’un grand bourgogne mais avec une tension et une sensation minérale derrière qui allonge loin. Bien sûr il va gagner en complexité avec le temps, mais quel délice en l’état, et quel style ! TB++.

 

9 G. Rinaldi, Barolo Tre Tine 2016 : (à Barolo, parcelles Le Coste, Cannubi San Lorenzo et Ravera) Couleur moyenne, à l’ouverture le nez est joli, avec de la rose, de la griotte, petite volatile au départ, balsamique, la bouche semble plutôt bien équilibrée et assez fine, mais la volatile ne cesse de prendre de la place, jusqu’à prendre même toute la place, le fond de verre ne semble pas très propre même. C’est la déception du soir pour moi. B.

 

10 Bartolo Mascarello, Barolo 2015 : (à Barolo, Canubbi, Rue, Rocche dell'Annunziata, Monrobiolo di Bussia, Nelso) Couleur moyenne, nez magnifique, fleurs séchées, goudron, réglisse, tabac, balsamique, herbes aromatiques, toute petite volatile mais qui est bien intégrée à l’ensemble et ne s’amplifiera pas. La bouche est encore jeune, puissante, tannique, me rappelle l’Accomasso 2015 bu récemment, il y a du fond, un grand vin en devenir sans nul doute, mais moins de plaisir immédiat ce soir-là. TB+.

 

11 Cavallotto, Barolo Riserva Vignolo 2008 : (à Castiglione) Couleur sombre, nez évolué, sur le thé noir, la viande fumée, très différent des autres. La bouche est encore puissante, massive, à l’ancienne. Un vin qui a bien joué son rôle de faire-valoir pour le suivant, mais pas plus. B+.

 

12 G. Conterno, Barolo Riserva Monfortino 2008 : (à Serralunga, parcelle Francia) Une couleur parmi les plus sombres de la soirée, le nez est exceptionnel dès le départ, combinant un fruité intense, noir et rouge à des notes très nobles d’herbes, de balsamique, de pot-pourri, réglisse, fumé. La bouche, comme le nez, est la synthèse de tout ce que nous avons eu de mieux jusqu’ici, combinant finesse et structure, avec une attaque plutôt large et soyeuse, et une finale qui allonge très loin, avec de l’acidité, des tannins de qualité, le vin semble sur un plateau, excellent aujourd’hui, parti pour durer des années. D’entrée, Nicolas qui a surtout eu l’occasion de boire des vieux Monfortino reconnait le style de la cuvée, « ça goûte Monfortino, même jeune ». Un grand terroir, sublimé. Il fallait réussir à passer derrière tous ces grands vins : la légende a été à la hauteur de sa réputation. Exceptionnel.

 

 

 

 

Un grand merci à tous les participants de cette soirée exceptionnelle, et notamment à Nicolas pour toutes ses explications et anecdotes, mais aussi pour avoir transmis sa passion pour cette si belle région. En espérant bien évidemment que ce ne soit pas la dernière…

 

27 avril 2013

Giovanni Rosso (Piémont) ****

 

Giovanni Rosso

 

Barolo Cerretta 2014 : (à Serralunga, foudres) robe très claire, très fin, petits fruits rouges acidulés, très bourguignon dans l’esprit, manque juste un peu d’épaisseur pour être parfait dans ce millésime difficile. TB++.

Barolo Serra 2014 : (à Serralunga) plus tendu, plus tannique et plus calcaire que le précédent, même si ça reste un style assez fin. Moins de plaisir immédiat mais peut-être plus de potentiel de garde. TB++.

Langhe Nebbiolo Ester Canale 2015 : (vigna rionda déclassé car jeunes vignes de 2011) semble un peu maigre derrière les précédents et un peu sec. Correct pour des jeunes vignes. B+.

Barolo Vigna Rionda Ester Canale 2014 : (à Serralunga) robe plus sombre, plus épais, plus puissant, plus de tannins mais de belle qualité, gros potentiel. TB++.

giovanni rosso

 

 

Langhe Nebbiolo 2015 : robe plutôt claire qui tire sur le tuilé, nez bien nebbiolo sur la prune, les fruits rouges, un peu balsamique, bouche un peu maigre, fruitée, tendue par une forte acidité, avec des tannins encore un peu serrés en finale. B+. Une seconde bouteille donnait plus de fruits rouges, des tannins plus fins, plus de longueur. TB.

 

Giovanni Rosso - Barolo "Ceretta" 2008 : cette grande cuvée du même producteur reprend le même style avec un peu plus d'épaisseur, plus de longueur, mais la même finesse, avec de belles notes de rose et de cuir qui commencent à apparaître au nez, qui pourraient rappeler quelques grands crus de Vosne-Romanée. TB+. Autre bouteille quelques années plus tard, plus évoluée, sous-bois, allonge sur les tannins, très barolo tradi. TB+.

 

G. Rosso - Langhe nebbiolo 2017 : encore serré et pas tout à fait en place en l'état. B-. Un an plus tard superbe nez plein de petits fruits rouges, pas très concentré, très frais, encore un peu serré en finale, en pleine progression. TB-.

 

Langhe nebbiolo 2022 : superbe nez très classique élégant, fruits rouges, rose, gourdron, bouche à peine en-dessous du nez en l'état, mais gros niveau cependant pour une entrée de gamme. TB.

 

Giovanni Rosso Barolo 2014 : tout en finesse, plein de fruits et de fraîcheur, belle longueur, une réussite dans ce millésime compliqué. TB.

 

Barolo 2012 : assez fin, évolué, beau fruité tout de même, manque un peu de longueur, joli village. TB.

 

Giovanni Rosso Barolo 2016 : très clair en couleur, plein de fruits rouges et de roses, très fin, belle matière pour un village, long, tannins encore serrés en finale. TB+.

 

Barolo 2018 : très fin sur ce millésime. TB+.

 

Serra 2008 : un côté trop évolué et serré en même temps. B+.

 

G. Rosso, Barolo Vigna Rionda Ester Canale 2018 : (à Serralunga. Vieilles vignes héritées de la légende Tommaso Canale) Couleur très claire, le nez le plus bourguignon, petits fruits rouges, pivoine, framboise, cerise, ça pinote. Bouche ultra élégante, fruité éclatant, tannins très fins, pas forcément un gros volume mais sans que ce soit gênant, toujours ce fruit éclatant d’un grand bourgogne mais avec une tension et une sensation minérale derrière qui allonge loin. Bien sûr il va gagner en complexité avec le temps, mais quel délice en l’état, et quel style ! TB++.

 

27 février 2016

Inniskillin (Canada) ****

Inniskillin - Vidal Gold oak aged Icewine 2012 VQA Niagara Peninsula : (1/2 bt, 9,5% vol., 258gr SR/L, élevage 4mois en fûts) couleur or, nez très expressif, plein de fruits et assez exotique, beaucoup de mangue, passion, mandarine, fruits jaunes bien mûrs. La bouche est sur la même aromatique, fraîche, avec une belle acidité, très bon équilibre, facile à boire à 9%, belle texture assez épaisse sans être sirupeuse non plus, très digeste. Pas encore très complexe en l'état mais tout est là pour le devenir avec le temps. Finale assez longue sans être exceptionnelle. Belle découverte. Note : 18,5/20.

inniskillin

 

Inniskillin Cabernet franc Icewine 2006 : (1/2 bt, 220gr SR, 9%) Couleur marron clair, nez sur la pâte de fruit, pas forcément évident de savoir si c'est issu de cépage à peau rouge ou blanche..., pâte de coing, abricot sec, confiture de fraise et de prune, un côté vin de paille un peu. Bouche encore jeune et sur le fruit, très concentrée et sucrée mais belle acidité, pas lourde finalement, surtout qu'il y a peu d'alcool, sur les arômes du nez, avec une belle longueur. Probablement un liquoreux à boire plus sur la jeunesse sur le fruit, là c'est à point. TB+.

 

Vidal 2005 : bel équilibre sucre/acide, mais aromatique un peu moins en fraîcheur que sur la jeunesse. TB.

 

 

Inniskillin (Canada)

 

Sparkling Vidal Icewine Niagara Peninsula 2017 : (vidal, 9,5% alc) aromatique très pomme bien mûre, comme un cidre de glace (voire pas de glace), un peu simple en l’état mais sympa. Beaucoup de bulles assez fines, très concentré, il reste relativement digeste grâce à la bulle plutôt qu’à l’acidité. TB.

 

Riesling Icewine 2017 : (8,5% alc, 268gr SR) très concentré, litchi, ananas, fruits exotiques, reste assez frais sans être très acide non plus. Bien mais j’avais préféré le Vidal oak aged chez eux. TB+.

 

 

 

Ziraldo **** - VQA Niagara Peninsula vidal icewine 2019 : (1/2 bt) couleur or, nez plein de fruits exotiques, manue, ananas, sureau aussi, miel, bouche sirupeuse, très belle acidité, pâte de fruits exotiques, entre un Jurançon très sucré et un riesling TBA. TB++.

Vidal 22, bel équilibre un peu moins fruits frais que le 19.

 

11 mai 2018

Albert Grivault (Meursault) ****

Albert Grivault - Bourgogne blanc Clos du Murger 2014 : Couleur or pâle, nez bien marqué par le grillé/toasté, pas très beurré mais très citronné derrière. Bouche vive, tendue, pas très grasse, l'élevage se sent surtout par ces notes toastées, très citrique, un peu austère même. Finale assez longue pour un générique où on sent enfin un petit côté beurré. A attendre encore un peu peut-être ? Note : 14/20.

grivault clos du murger

 

 

 Albert Grivault - Meursault 1er cru Clos des Perrières 2005 : Couleur or profond, nez là aussi sur l'ananas, les fruits exotiques. Bouche très tendue, minérale, peu de gras, miel, ananas, puis finale plus agrumes, citron, finale minérale très longue. TB++.

 

Grivault - meursault clos du murger 2018 : aromatique fleurie, élégante. bel équilibre entre gras et tension, encore assez simple, pas trop d'élevage, joli village, pas solaire, mais manque un peu d'intensité, d'énergie et de longueur pour aller plus loin. TB.

 

Albert Grivault, Meursault Clos des Perrières 2020 : couleur or avec des reflets verts, nez beurré, légèrement vanillé, fruits jaunes, pointe de sucrosité gourmande. Bouche avec un joli gras à l'attaque, beurrée, encore un peu d'élevage mais la fin de bouche se retend sur une très belle acidité, sensation minérale, la finale est très longue et pas du tout pataude. Excellent vin, déjà étonnamment très accessible. TB++.

 

9 mars 2017

Albert Mann (Wettolsheim) *****

 

Pinot Noir Le Grand P 2009 (Pfersigberg)

(CR de Julien) " C'est beaucoup plus dense, plus profond. Le nez est très complexe, sur les fruits noirs mais aussi les fruits rouges. Du cassis, de la menthe, de l'orange sanguine, un coté torréfié, chocolat, café. Ca n'en fini plus, j'adore.
La bouche est splendide! On a une grosse matière qui se présente à nous, c'est ample, ça remplie la bouche, les tanins sont très beaux, ronds, veloutés, on a une très légère sucrosité et un équilibre encore incroyable. La finale est très longue sur l'épice. Je partais sans problème sur un très beau premier cru "nuiton" voire un grand cru..."


Le nez ne me plaît pas du tout personnellement, sans savoir ce qui me dérange, je trouve ça toasté, avec de la réduction, j'évoque même le bouchon (mais je suis le seul, il faut croire que j'hallucine), la bouche est mieux par contre, notes fumées, torréfiées, fruits rouges et noires, grosse matière, tannins présents mais bien intégrés et grosse finale. Je pensais qu'il serait plus fermé que ça, c'est déjà largement buvable même si ce sera sûrement mieux dans quelques années. Note 16/20.

mann

 

 

Albert Mann – Riesling Schlossberg 2013 : couleur paille, nez expressif, très légèrement marqué pétrole et résine, mais surtout beaucoup de fruits, agrumes, pêche, quelques fruits exotiques dans le fond. La bouche est très « facile » avec ses 20gr de résiduel, c’est plein de fruits comme au nez, il manque un peu de tension et de longueur pour en faire un grand vin (effet 2013 ?) mais on se régale. TB.

 

Albert Mann - Riesling Altembourg VT 2009 : nez bien typé riesling, pointe de pétrole et résine, bouche fruitée, exotique, gourmande. TB+.

 

Albert Mann - Alsace pinot noir clos de la faille 2013 : peu de sulfites a priori, avec une réduction très marquée au nez même après un long carafage mais une belle pureté de fruit en bouche, une matière fine, juteuse, à  peine épicée, très fraîche. TB-.

 

Clos de la Faille 2012 : pas de réduction ici, pointe d'élevage bien intégré au nez. Bouche classe, à peine végétale, fait vendange entière, frais et noble encore jeune. TB+. Une autre bouteille bien plus tard fait très claire en couleur jus de fruit évident, avec un petit fond viande fumée. Eclatant. TB++.

 

Clos de la Faille 2016 : pinot léger, très frais, tout en élégance et en fruit. TB+.

 

Albert Mann - Riesling Grand cru Furstentum 2013 : Couleur dorée, magnifiue nez sur le miel, les fruits exotiques, une pointe d'hydrocarbures. Bouche pleine de fruits exotiques, probablement quelques grammes de sucres résiduels, gourmande et tendue à la fois, finale plus longue et plus tendue que celle du Schlossberg. Le vin de la soirée probablement. TB++.

 

Riesling cuvee Albert 2016 : très belle entrée en matière, tension, résine, citronné, assez long. TB+.

Riesling Schlossberg 2017 : encore sur la pomme verte, pas mal d'épices, large,  manque un poil de tension. TB+.

Pinot gris 2017 : B+.

Pinot gris Furstentum 2010 : nez d'ananas bien mûr, miel et coing, bouche qui finit fraîche. Grand pinot gris là aussi. TB++.

Gewurz Furstentum VV 2016 : un peu trop variétal à mon goût. B.

Pinot Noir Les Saintes claires 2016 : encore un peu sur l'élevage, vanillé, belle matière, tannins soyeux, très fin. TB.

 

Albert Mann - Riesling cuvée Albert 2016 : riesling sec, superbe tension, minéral, agrumes, citron vert, zesté, belle longueur. TB+.

 

Clos de la Faille 2018 d'Albert Mann lors de la première soirée, mûr, très bonbon cerise, gourmand, encore un peu d'élevage à intégrer. TB.

 

Pinot gris albert 2019 frais, tendu, top. Riesling albert 2019 top aussi, frais, tendu. Schlossberg riesling 2020 exotique, litchite un peu, solaire. Gewurz VV furstentum 2018 un peu trop solaire/exotique. Pinot noir clos de la faille 2020 sur l’élevage en l’état.

 

Albert Mann - Pinot gris albert 2019 : nez classique, fruits exotiques et épices, bouche sèche, haute en alcool mais bonne acidité pour piot gris sec. TB.

 

Albert Mann - Altenbourg Pinot Gris SGN Le Tri 2008 : (demi bt. 9%) couleur dorée, beau nez fruits exotiques et miel, bouche sirupeuse, fruits exotiques, manque un poil d'acidité pour être parfait. TB+.

 

Albert Mann, Pinot noir Clos de la faille 2020 : (à Wintzenheim. calcaire et grès) couleur assez sombre pour du pinot, nez très fruité, fruits noirs assez mûrs et un peu d’élevage vanillé. Bouche ronde, fruitée, boisée, vanillée, charmeur, dans une phase éclatante, ça garde une bonne acidité dans le fond et des tannins soyeux, bonne longueur encore un peu d’élevage à intégrer sur la finale. TB+.

 

Domaine Albert Mann, Pinot noir Les saintes claires 2020 : (dans le prolongement du Mambourg. Calcaire). Couleur très sombre, nez de pinot bourguignon avec encore un peu d’élevage, assez proche en l’état du clos de la Faille, fruits noirs, épices, vanille, assez éclatant en l’état. Bouche à la fois dense et aux tannins soyeux, très belle texture, élevage mieux intégré qu’au nez, beaucoup de longueur. Déjà excellent en l’état, avec aussi un gros potentiel de garde. TB+.

 

Albert Mann, riesling grand cru Schlossberg L’Epicentre SGN 2018 : nez plein de fruits exotiques, miel, bouche à l'équilibre parfait, personne ne devine qu'il y a autant de sucre grâce à une superbe acidité dans le fond, c'est long et très digeste. TB++.

 

17 septembre 2021

Vincent Latour (Meursault) ***

 

Visite au domaine Vincent Latour : les 2020 en masse et juste après collage (bentonite et éventuellement caséine) un mois avant mise en bouteille

 

Latour

 

Bourgogne blanc 2020 : (foudre et fût) floral, facile, léger gras. B.

 

Bourgogne héritage : plus de gras, plus de volume, de longueur. TB.

 

St Aubin : proche du précédent.

 

St Aubin Frionnes : un peu moins en place en ce moment.

 

Meursault Pelans : à la fois très gourmand, du gras, de l’énergie, finale salivante bien tendue. Déjà prêt. TB+.

 

Meursault St Jean : (assemblage vireuils + coteaux) plus sur le gras, manque un peu de peps.

 

Clos Magny : déjà mieux, sans atteindre le niveau des Pelans.

 

Narvaux : rappelle un peu Pelans, bel équilibre, gras, beurré, tension. TB+.

 

Grands charrons : chaleureux, semble plus solaire en l’état.

 

Charmes : très floral, élégant, finit assez droit. TB+.

 

Poruzots : plus large, manque un peu d’énergie.

 

Goutte d’or : un peu plus grillé (le seul à vriment sembler grillé), beau volume, finale tendue et gourmande sur le citron confit. TB+.

 

Perrieres : (un peu plus de fûts neufs) un peu sur l’élevage en l’état, manque un peu de peps.

 

Meursault rouge : (élevage en 228L sur les rouges, alors que les blancs ont du 600, 450 et autres) très noir, chaleureux, un peu lourd.

 

Volnay : très noir, très serré.

 

Volnay Elegance : (parcelle Serpent, sous les mitans, en fût neuf, que des jus de goutte) noir aussi, mais matière fine, élégante, élevage parfaitement intégré, juteux, long. TB.

 

Meursault Cras rouge : serré en l’état.

 

 

 

 

Vincent Latour - Bourgogne blanc 2013 : robe à peine dorée, nez beurré, floral, fruits jaunes. Bouche avec du gras mais belle tension derrière, bien équilibrée, gourmande, finale fraîche. TB.

 

Bourgogne blanc 2017 : tendu, minéral, pointe autolyse, assez long. TB-.

 

Vincent Latour - Meursault rouge les cras 2017 : juteux, plein de fruit, de la matière... TB+.

 

Vincent Latour - Meursault Narvaux 2015 : couleur bien dorée, nez beurré, assez mûr, bouche un peu trop grasse, manque de tension. B+.

 

Meursault Rouge VV 2019 : assez sombre, fruits noirs, encore un peu beurré sur l'élevage, manque de tension en finale. B.

 

Vincent Latour, Meursault rouge 1er cru Les Cras 2017 : Couleur assez claire, nez éclatant, plein de petits fruits rouges, presque de l’orangette, des épices. Bouche très fruitée, légère, peu de tannins, gourmande, mais assez longue tout de même. Très belle surprise pour tout le monde. TB+.

 

Vincent Latour, Meursault rouge 1er cru Les Cras 2018 : Couleur foncée pour du pinot, nez de cerise et presque de fruits noirs, éclatant en ce moment. La bouche est gourmande, très fruitée, beau volume, tannins très fins, peu d’élevage ressenti, finale longue. Là aussi, très belle surprise pour tout le monde. TB+.

 

Volnay Elegance 2017 : juteux, frais. TB+.

 

Bourgoge blanc 2019 : plutôt travallé sur la tension, gardant de la gourmandise quand même, accessible mais beau potentiel de garde, jolie entrée de gamme. B+.

 

meursault perrieres 2018 : encore sur l'élevage, toasté, assez gras, la fin de bouteille commence à montrer un peu de fruits exotiques, à attendre. TB-.

 

Vincent Latour - Meursault 1er cru Perrières 2018 : on débute par un Meursault classique, bien fait, au nez beurré, légèrement vanillé. La bouche est grasse, épaisse, beurrée, florale, elle se retend sur la fin, finassant plus minérale et sans lourdeur. TB.

 

meursault narvaux 2021 : très joli 2021, qui combine gras beurré avec une belle acidité, finale sur la tension pas trop loure, déjà prêt. TB+.

 

16 octobre 2023

Miolanne (Neschers) **

Le domaine Miolanne a été repris en 2012 par Jean-Baptiste Deroche et sa compagne Laure Cartier, tout en conservant le nom de l’ancien propriétaire. Ils se sont rencontrés du côté de St Tropez. En cherchant à s’installer dans une région où l'on peut acheter à prix décent, le hasard les a menés en Auvergne où ils ont eu une vraie impression de terroir en goûtant les vins de l’ancien domaine Miolanne.

chai miolanne

 

Le travail a été de suite Bio, la cerfitication obtenue en 2016. Un chai plus moderne, spacieux et écologique a été construit au milieu des vignes (le chai de Miolanne était dans le village), il est en cours d’agrandissement. Un bar à vin a aussi été créé pour les étés depuis 5ans environ, mais il est fermé cette année à cause des travaux d’agrandissement justement.

Des vignes ont été plantées dès leur début, afin de passer le domaine de 6ha à 12ha.

Mis à part quelques petites parcelles sous le plateau de Gergovie, toutes les vignes sont à Neschers autour du domaine.

A Gergovie ce sont de vieux gamays plantés à 10 000 pieds/ha sur basalte.

Lorsqu’on est face au domaine on trouve à gauche des vignes sur sols volcaniques (pierre ponce), de chardonnay, pinot gris, pinot noir, gamay…

à droite des vignes sur argilo-calcaire en chardonnay, pinot noir, syrah…

et sous le domaine les Gewurztraminer sur argilo-calcaire ainsi que d’autres gamay.

Mais beaucoup plus d’argile que de calcaire, finalement assez peu présent sur Neschers…

sous le domaine

vignes au dessus domaine

Les syrahs sont des clones de Côte-Rôtie, les chardonnays des massales de Chassagne-Montrachet… sur divers porte-greffes. Achat chez le pépiniériste Mercier. Densité à 4400 pieds/ha ici 2m40/90cm pour pouvoir passer les machines. A Gergovie tout était déjà planté à 10 000 pieds/ha, tout y est fait à la main du coup.

Les sols sont travaillés. Le plus souvent à la « griffe » donc pas trop en profondeur. Enherbement 1 rang sur 2 en général. Quelques préparations comme de l’orties et autres. Tout est taillé en Poulsard, palissé assez haut, vendanges en vert quand nécessaire.

Le domaine est sous le massif du Sancy, il a une influence montagnarde plus importante qu’ailleurs dans les Côtes d’Auvergne. La vigne débourre ici plus tard (presque 10jours plus tard qu’à Boudes), et finit son cycle à peu près en même temps. Il y a donc mois de problèmes de gel de printemps, même si malheureusement ça commence à arriver quand même… Le vent y est plus fort, donc moins de maladies cryptogamiques, moins besoin de traitement au cuivre contre le mildiou, l’oïdium…

En 2023 cependant besoin de traiter 7-8fois, alors que les autres années 3-4 passages suffisent, avec des doses très loins des 4 kg/ha/an autorisés.

Des filets anti-grêle ont été installés, prêts à être déployés au printemps et en été.

filets anti grele

 

 

Les cuvées :

Seules les cuvées disponibles à l'heure actuelle ont été goûtées, seulement 3 donc : la rançon du succès (mérité)... 

vins goutes

Rouges

Volcane rouge (sur pierre ponce, à gauche du domaine, gamay et pinot noir)

Pinot noir 2022 : (sur pierre ponce et argilo-calcaire, vignes de 35ans moyenne. Elevage 9mois en 228L Taransaud, Seguin et Chassin qui ont 5ans environ. En moyenne 1/3 grappe entière mais variable suivant le millésime. Sur les pierres ponces peu de couleur, beaucoup de finesse)  Couleur claire, nez sur la cerise, fruits rouges, poivre, léger fumé, pas de notes vanillées et toastées. Bouche assez ronde, avec un beau volume, acidité et alcool moyens (13%), belle texture soyeuse, sans que l’élevage ne se sente aromatiquement, finale assez longue, légèrement poivrée. Très joli. Le style me semble plus fin que le 2021 bu récemment dans un autre contexte.

Syrah 2022 : (1/2 ha sur ponce et ½ ha sur argilo. 30% fût, 70% cuve. Environ 1/3 grappe entière suivant le millésime) Couleur sombre, nez très fin, pivoine, violette, un peu lardé, très syrah, bouche aérienne, très juteuse, peu de tannins, avec une finale légèrement acidulée, un peu salée et salivante. Glisse tout seul. Très joli là aussi.

Haka : 2022 sera le premier millésime, vieux gamays de 90ans sur Gergovie, 40% fût, 60% cuve. Fûts de 228, 300 et 400L. Sortira fin 2023.

Ephémère : achat de gamays centenaires sur Châteaugay. 2023 sera le dernier millésime, le domaine voulant arrêter tout négoce.

Hors Piste : était une expérience, gamay sans sulfites.

 

Blancs

Blanc 2022 : (anciennement cuvée volcane blanc). 50% chardo, 45% gewurz, 5% pinot gris.  Gewurz sur argilo-calcaire. Chardonnay et Pinot gris sur pierre ponce. Le chardonnay passe en fûts d’environ 10ans (certains récupérés chez Yquem) sur lies, parfois bâtonné parfois non. Les pinots gris sont vieux, Miolanne en faisait une VT. Légère macération d’environ 6h sur le gewurz, parfois sur le chardonnay. Egrappé quand il y a macération, sinon pressé grappe entière. Pas de malo.    Nez aromatique, pas trop marqué gewurz, plutôt chardonnay avec un côté très floral, fruits du verger. La bouche est ronde, assez grasse, aromatique, précise, par contre manque légèrement de tension sur ce millésime. Mais comme la plupart des blancs des Côtes d’Auvergne...

Chardonnay : un chardonnay 100% est produit en plus sur les millésimes qui le permettent.

Marc de gewurz.

 

Les 2023 seront plus tendus sur les blancs. Ici le chardonnay n’a pas trop souffert de la sécheresse contrairement aux rouges. Les pinots seront solaires en 2023. 25hL/ha à cause de la sécheresse contre 45hL/ha en moyenne au domaine. 65000bts en 2022. Plutôt 45000 environ sur 2023…

Tous ces vins ont des doses de SO2 entre 20 et 40 mg total selon les cuvées et les millésimes. Les élevages de 6mois sont filtrés. Les élevages qui sont passés à 9mois ne sont plus filtrés. Levures indigènes sur la gamme (sauf une cuvée qui a eu besoin de levures Bayanus une année pour finir la fermentation).

 

Bulles

Aujourd’hui une bulle méthode trad mais non faite au domaine. Elle devrait disparaître.

Lahars : (Les Lahars sont des coulées de boues volcaniques) bulle de gamay, VV sur pierre ponce, méthode trad, non dosé sans soufre, non filtré, 1an sur lattes. Premier millésime en 2021.

Lahars blanc en chardo devrait voir le jour bientôt. Le but est de tout faire au domaine.

 

Je n'avais pas goûté les vins du domaine depuis longtemps et je suis très heureux de voir de tels progrès. Mais rien de surprenant : entre les vignes qui commencent à prendre de l'âge, le travail en viticulture, le parc à fût qui s'agrandit, les élevages qui ont été rallongés, la petite partie négoce qui s'arrête doucement... Tout est là pour obtenir des vins de qualité, sur de beaux terroirs, vinifiés par des gens très compétents. Et ce n'est que le début de l'aventure finalement. J'ai hâte de voir où en sera le domaine dans 10ans.

 

 

 

 

Vieilles dégustations :

Miolanne - Pinot noir 2021 : Couleur rubis, brillante. Nez un peu fumé boisé, fruits rouges et noirs, épices, poivre, cuir. Bouche avec une certaine puissance et chaleur pour 2021, un peu extraite, boisé fumé, très poivré, épicé, quelques fruits rouges un peu confiturés, bonne acidité, finale assez longue quand même, poivrée. Plutôt bien fait, mais dans un style qui manque un peu de finesse à mon goût, qui rappelle plutôt des pinots d’Oregon ou d’Otago que de France. Le lendemain le vin semble vite fatigué (trop travaillé ?). B+.

sur le salon Vinora :

Bl 2019 : (prélevé sur cuve, chardo, gewurz, pinot gris) très fruité, vif, très prometteur. TB.

Volcane rg 2019 : (sur cuve, pinot, gamay) plein de fruit, juteux, prometteur aussi. TB.

Ephemere 2018 : (gamay carbo) notes de vin blanc et brioche, un peu réduit. B-.

Ancien propriétaire

Miolanne - Brut traditionnel : effervescent assez léger, frais, fruité, idéal pour l'apéritif. 14,5/20.

Miolanne - Volcane rouge 2011 : assemblage gamay/pinot, le fruité du Gamay ressort, vin léger, finale assez courte. 14/20.

 

Miolanne, Haka 2023 : un style très noir, 15% d’alcool, épicé, confituré, grain de tannins assez fin plutôt bien fait mais dans un registre qui fait très sudiste.


Miolanne, Lahars : pet nat rosé, finale brouillonne. 


Miolanne Volcane 2024 rouge : léger, juteux, fruité, bien fait.


Miolanne, IGP Puy-de-Dôme syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli. TB+.

 

4 mars 2024

Soirée DRC

 

Glandien - La Moiré 2022 : (aligotés de Cheilly-les-Maranges) A l'ouverture pas mal de réduction, pas une "réduction bourguignonne", mais une réduction classique qui pue le renfermé, mieux en bouche. Rien de grave, un tour de carafe et la réduction s'estompe, nez de citron, de levure, de fruits bletts, un peu floral et fenouil, l'aromatique n'est clairement pas passionnante. C'est mieux en bouche, avec une belle acidité, c'est tendu et citronné, frais, par contre pas un gros volume voire même un peu maigre. Longueur moyenne. Un vin correct, à peine mieux que L'ouverture blanc, à ne surtout pas payer plus de 20-30€. A voir sur les rouges désormais si c'est mieux... B.

 

Mugnier - Chambolle-Musigny Les Amoureuses 2015 : couleur très claire, nez très fruits rouges et pivoine, élégant, assez simple. Bouche toute en rondeur, ultra gourmande, rien ne dépasse, soyeuse, tannins ultra fins, facile à boire, presque une petite sucrosité, il manque un peu d'acidité par rapport aux 2015 DRC qui vont suivre. TB++.

 

Mugnier - Musigny 2012 : couleur plus rouillée, mais claire aussi. Un nez très différent, plus kirsché, plus cuir, presque un peu olive, lardé-fumé, un côté syrah presque. La bouche n'a pas un gros volume, mais beaucoup de noblesse, en tension, avec beaucoup d'allonge, un brin austère mais très noble, à aller chercher par rapport aux Amoureuses. Le Musigny est moins immédiat mais plus complexe. Exceptionnel.

 

 

DRC - Richebourg 2015 : couleur encore jeune et brillante, pas trop foncée pour 2015. Nez très ouvert, plein de fruits rouges et noirs, très pur, pas du tout d'élevage ressenti, de la violette, pivoine, des épices. La bouche est très gourmande, pleine de fruits, tannins soyeux, très gros volume, déjà étonnamment très approchable pour un 2015, avec une très belle acidité derrière, finale extrêmement longue. A ce moment-là on se demande comment il peut y avoir meilleur (pour un jeune vin - sans parler de la complexité aromatique des vins plus âgés donc). Exceptionnel.

 

DRC - La Tâche 2012 : le nez est très différent des 2015, on retrouve presque une filiation avec le Musigny 2012, un côté presque syrah, lardé, olive, réglisse, du cuir, moins floral et moins en fruit que les 2015, très noble aussi. La bouche déçoit un peu par contre, massive, musclée, très gros volume, très grosse longueur, mais probablement encore trop jeune, avec des tannins serrés, et une finale un peu chaleureuse, la fin de bouche est plus dans l'esprit nebbiolo. En comparaison avec les autres, ce n'est pas son soir. TB+.

 

DRC - Romanée-Conti 2015 : il sera forcément comparé au Richebourg 2015. Le nez demande un peu plus de temps pour se livrer, mais semble plus subtil encore, un peu plus floral, un peu plus sur la rose, peut-être moins épicé. La bouche est moins en volume, mais plus en longueur, avec une acidité très élevée pour un 2015 qui porte le vin encore plus loin. Toujours cette impression de finesse extrême, un style plus aérien. Là aussi c'est étonnamment très approchable pour un 2015. Il offre déjà un plaisir énorme. La finale est encore plus longue que celle du Richebourg. On en attendait beaucoup et il a répondu. Exceptionnel.

 

 

Dujac - Clos Saint Denis 2017 : couleur un peu rouillée, nez très noble de fruits noirs, cuir, épices. Bouche avec peu de volume, tannins fins, toute en tension et fraîcheur, sur les arômes du nez, très "calcaire", avec une finale de grande classe. Un vrai Dujac. TB++.

 

Mugneret-Gibourg - Echezeaux 2018 : couleur encore noire, nez de fruits noirs confiturés, encore pas mal d'élevage. De même en bouche, assez ronde avec de la sucrosité, tannins arrondis par l'élevage. Clairement pas encore prêt (du moins, encore plus que les autres). B+.

 

DRC - Vosne-Romanée 1er cru Les Petits Monts 2018 : (Premier millésime d'Alexandre Bernier à la place de Bernard Noblet, et premier millésime de cette cuvée. Auparavant les raisins étaient probablement vendus, sauf les années de Duvault-Blochet ? Vinif avec un peu moins de soufre ? Pas uniquement des barriques neuves de chez François Frères ? Difficile de savoir, le DRC communique peu sur ses "innovations") couleur rouge brillante, nez de fruits rouges confiturés, fraise écrasée, beaucoup de pivoine. Bouche très ronde, très gourmande, très fleurie, gros volume, tannins très fins, beaucoup de pureté. Le style me rappelle les nouveaux Arnoux-Lachaux, un côté un peu sudiste-grenache ou cinsault. Un délice mais il manque une petite pointe d'acidité en finale par rapport aux 2015. TB++.

 

Rayas - 2009 : la dernière bouteille était très alcooleuse, belle surprise ici. Un nez très Rayas même à l'ouverture de fraise écrasée et de rose, pas trop d'alcool. Toujours cette bouche avec beaucoup de rondeur, très peu de tannins, fruité très mûr, confituré, la finale manque un peu d'acidité pour que ce soit parfaitement équilibré, mais une belle bouteille, même sans une grande ouverture, à servir assez frais par contre. TB+.

 

14 décembre 2012

Château Phélan-Ségur (Saint-Estèphe) ***

Saint-Estèphe 1988

(CR de Julien - Soirée LPV Bordeaux) "Le rouge suivant est moins élégant au nez. C'est tout de suite plus brut, avec des notes goudronnées, boisées et des touches de poivron grillé.
La bouche n'est malheureusement pas terrible non plus. C'est pateux, avec des tanins poussiereux, ce n'est que bien peu gourmand. Une bouteille qui aurait du etre bue plus tôt je pense. Dommage."

phélan

 

 

Goûté au GT 2012 :

Saint-Estèphe 2009 : plus fermé que les autres 2009 goûtés ce jour là, mais belle matière, tannins assez fins. B

 

 

Phélan Segur - St Estephe 2020 : couleur noire, style assez massif et chaleureux qui va demander du temps, élevage encore marqué. B.

 

Franck Phélan 2018 : très léger, assez frais et fin pour 2018, pas un gros volume. B.

 

Phélan Ségur 22 : serré, un peu d’élevage encore. B.

 

4 avril 2014

Domaine de Trévallon (St-Etienne-du-Grès) *****

Eloi Dürrbach, aujourd'hui épaulé par ses enfants Ostiane et Antoine, est à la tête de ce domaine de 17 hectares (dont 2 de blancs) depuis 1973. Il a lui-même dynamiter les roches calcaires pour y planter les vignes, il a été l'un des pionniers du bio en Provence, du vin qualitatif et détriment de la quantité, maître de nombreux grands vignerons (Dominique Hauvette, Laurent Vaillé...). Il a cru aux bienfaits du cabernet sauvignon, apportant au vin l'acidité nécessare pour rester frais. Ses rouges sont tendus, un peu austères et serrés en jeunesse, viellissant aussi bien que les grands bordeaux tout en gardant le soleil et les épices de Provence. Le blanc, vin de gastronomie, est un peu trop marqué par son élevage toasté pour atteindre le niveau du rouge.

 

 

Trévallon - rouge 2008 IGP Bouches du Rhône : grenat clair, nez sur les fruits rouges, la cerise, légèrement épicé. Bouche très fraîche, avec une belle acidité, presque tendue, tanins très fins, toujours sur du fruit rouge, de la cerise confite (qui me rappelle Vieux Télégraphe 2008). C'est très bon et facile à boire mais ça manque d'un peu de matière et de complexité en l'état. Bonne longueur, finale sur le fruit encore. Je ne m'attendais pas à ce que Trévallon soit déjà aussi buvable, même 2008, sur cette bouteille ça m'a semblé prêt à boire. Note : 17/20.

trevallon

 

Joli reportage sur le domaine ici : http://www.wineterroirs.com/2004/08/domaine-de-trev.html

 

 

Trévallon 2005 : robe sombre là aussi, fruits noirs et fruits rouges assez mûrs, des épices, menthol. En bouche on a un vin assez puissant avec des tannins encore présents mais de belle qualité (qui me font penser à ceux du Mas Jullien), beaucoup de fraîcheur, c'est assez droit, une fois l'étiquette découverte je sens le côté végétal du cabernet sauvignon. Très long. Excellent, bien qu'encore tout jeune. TB.

 

Trévallon 1985 : bouchon, dommage, beau fruité et tannins fins derrière.

 

Trévallon, IGP Alpilles rouge 2009 : (50% syrah, 50% cabernet sauvignon) Robe très sombre, nez bien plus évolué, fruits noirs, cuir, truffe, tabac, la grande classe. Bouche pas très épaisse, plutôt sur la tension avec une belle acidité, des tannins encore un peu serrés, beaucoup de longueur. TB.

 

 Trévallon rouge 2010 : fait un peu syrah lardé, animal, sauvage, bouche toute en tension et fraîcheur, noble, racée, partie pour durer, superbe profondeur. Grand vin TB++.

 

Trévallon rouge 2013 : à peine trop végétal/poivron, tannins encore un peu serrés à attendre. TB.

 

Trévallon rouge 2012 : à l'ouverture de la bouteille un peu chaleureux, tannins encore un peu serrés, à attendre encore. TB.

 

Trévallon Blanc 2020 : (qqs demi-muids désormais et fûts. Marsanne, roussanne, chardonnay, grenache blanc) Nez fruité, pêche, floral, fenouil, peu boisé. Bouche fruitée, pas trop haute en alcool, assez simple, pas beaucoup de gras ni d'élevage, mais peu d'acidité, longueur moyenne. B.

 

10 décembre 2012

Château Léoville-Poyferré (Saint-Julien) ****

 

"Le plus flamboyant des Léoville, avec des vins pleins, assez riches et mûrs" (RVF)

 

 

Saint-Julien 2002

(CR de Julien) L'avant dernier rouge fait encore bien jeune de robe. C'est profond.
Le nez est fruité en mêlant petits fruits rouges et noirs. Le bois est bien enrobé je trouve et c'est très frais avec des notes de réglisse, de ronce, de menthol. Avec l'aération, le cassis se démarque un peu, c'est juteux et gourmand tout en étant complexe.
La bouche est encore jeune, pour autant, c'est soyeux et juteux. La matière est ample et les tanins d'une très belle qualité. C'est enrobé jusqu'à la longueur que j'ai trouvé longue et fruitée. Un très beau vin qui je pense peut attendre mais qui donne du plaisir dès maintenant. Ce Léoville-Poyferré 2002 est bien bon.

Vin très noir là aussi, le nez est plus fruité que le précédent (enfin un vin plein de fruit !), beaucoup de cassis. La bouche est fraîche, avec des fruits bien mûrs, c'est très gourmand, avec une belle longueur. Très Bien. J'avais entendu Pascal et Jean-Marc dire que 2002 était très bien sur Bordeaux à l'heure actuelle, en effet ce vin en a été la preuve. (Note +- 17,5/20).

léoville

 

 

Leoville-Poyferré - Saint-Julien 2011 : noir, puissant, boisé, clairement trop jeune, à attendre. B-.

 

1986 : gouté à l'ouverture, un coté poussiéreux mais sinon encore jeune, à voir avec l'ouverture.

 

Château Léoville-Poyferré, Saint Julien 1964 : la couleur est assez claire et tuilée par rapport aux suivants, il semble assez fin, sur du tertiaire et des fruits rouges, élégant, frais, à son apogée. Aucune note poivron sur les trois vins. Superbe. Ca sent la grande série !

 

Poyferré 22 : sombre, classique, encore un peu d’élevage, tannins assez fins, mais pas grand fond.

 

20 mai 2024

Soirée 1964

 

Exceptionnelle soirée 1964 pour les 60ans de Michel. Un grand moment de convivialité. On ne te remerciera jamais assez de ta générosité.

Des vins à maturité et du partage, ça fait du bien de revenir à l'essence du vin. 

 

M'occupant d'une partie du service, je ne suis pas à l'aveugle contrairement aux convives, Michel est lui en semi-aveugle (il connait les vins mais pas l'ordre de service)

 

 

 

Apéro

Champagne Pierre Deville Primitif Magnum : (Grand cru Verzy, 80% pinot noir, base 2020) Très joli Champagne, nouvelle génération, non collé très légèrement sulfité, très propre, pinot noir à la bulle très fine, patiné par le fût, mûr sans être très dosé, bien marqué pinot frangipane, il combine fraîcheur et gourmandise, déjà prêt à boire. Parfait pour commencer.

 

 

Début des hostilités

Moet & Chandon, Champagne Brut Imperial 1964 : couleur ambrée, encore un peu de bulles à l'ouverture mais qui partent bien sûr assez vite. Tout le monde tourne le vin dans son verre par réflexe, nous laissons faire pour ne pas influencer la dégustation à l'aveugle et personne n'a pensé Champagne ! Le nez est clairement sur l'oxydatif et très marmelade d'orange, abricot aussi. La bouche est intéressante, il y a beaucoup d'oxydatif mais aussi de la fraîcheur, un peu de fruit, une bonne longueur un peu saline. Le sucre a été bien mangé on ne le sent plus mais il devait y en avoir pas mal au départ pour qu'il tienne comme ça. Tout le monde est perdu entre le Jura, le Roussillon etc... Très intéressant.

 

Louis Affre, Montrachet 1964 : là vu la couleur, le bouchon tout effrité, le niveau on n'y croit pas trop. Michel a été joueur. Le nez est très beurre rance, caramel, un peu noix, il semble un peu vieux. La bouche n'a pas une grosse acidité, mais elle n'est pas oxydée, grasse, beurrée, caramélisée, assez puissante, de longueur moyenne, pas un grand vin mais on s'attendait à tellement pire que c'est une bonne surprise.

 

Remoissenet, Corton-Bressandes 1964 : un peu pareil pour celui-ci, on ne s'attend pas à un grand vin, des petits morceaux de bouchon sont tombés. Le premier nez est poussiéreux, mais avec l'aération il reprend vie, très humus, sous-bois, kirsch, pruneau, là aussi la bouche a gardé du volume, un peu de fraîcheur, le côté poussiéreux gêne un peu mais il y a de la longueur, la bouche est mieux que le nez, c'est intéressant aussi.

 

 

 

Maintenant que les bouteilles à gros risque sont passées, les choses sérieuses commencent !!!

On ne le répétera jamais assez : Bordeaux quand ça a 60ans c'est vraiment magique, même sur un millésime qui sur le papier n'était pas censé tenir aussi longtemps.

 

 

Série de 3 vins 

 

Château Beauregard, Pomerol 1964 : robe assez claire et tuilée, classique pour son âge, dans un style fin et élégant, sur les fruits rouges, le sous-bois. L'aération dans le verre lui fait même du bien, enlevant sa petite touche poussiéreuse du départ, le fruité ressort encore plus, il y a une belle allonge acidulée, c'est très digeste, tannins complètement fondus. Beaucoup de plaisir sur ce vin personnellement.

 

Château Laroze, Saint-Emilion 1964 : un peu plus sombre, un peu plus sur des fruits noirs, plus de café, de cacao, moins d'acidité, plus de rondeur, peut-être un peu plus jeune. Très joli vin qui a globalement été le préféré de la série, mais personnellement j'ai préféré le précédent. En tout cas quel niveau pour des châteaux qui ne font pas partie des plus connus sur des vins de 60ans !

 

Château Angélus, Saint-Emilion 1964 : bouchonné, dommage…

 

 

 

Nouvelle série de 3 vins, (les deux premiers sont servis en parallèle, le dernier seul)

 

Château Léoville-Poyferré, Saint Julien 1964 : la couleur est assez claire et tuilée par rapport aux suivants, il semble assez fin, sur du tertiaire et des fruits rouges, élégant, frais, à son apogée. Aucune note poivron sur les trois vins. Superbe. Ca sent la grande série !

 

Château Montrose, Saint-Estèphe 1964 : Montrose est plus foncé, plus sur les fruits noirs, plus noble et distingué mais aussi plus austère, il faut aller le chercher un peu, il en a encore sous la pédale, encore quelques tannins mais de qualité, la longueur et la fraîcheur sont vraiment incroyables.

 

Château Latour, Pauillac 1964 : plutôt dans l’esprit du Montrose, là aussi c’est encore très jeune, encore plus que Montrose, sur de beaux fruits noirs légèrement confiturés, une impression un peu minéral graphite, le tertiaire est très léger et apporte juste ce qu’il faut de complexité. Il devance les précédents surtout par sa texture de velours, un beau volume et un grain de tannin très fin. On était sur du très haut juste avant, là on est au summum. Unanimité autour de la table, un très grand vin.

 

 

Paire servie avec le bleu. On change l’ordre attendu pour déstabiliser un peu Michel…

Barros, Porto Colheita 1964 : (emb 2017) Couleur ambre clair, nez subtil de fruits à coque, datte, figue... La bouche est sucrée, gourmande, assez ronde, sans tomber dans la pataud non plus, l'accord avec le bleu fonctionne très bien. Par contre il ne faut pas trop le comparer avec la Madère bien sûr plus acide et moins sucré. C'est un très joli Porto, par très oxydatif pour un si vieux colheita.

 

Justino’s, Madère Boal 1964 : Couleur assez proche, nez très café, noisette, un peu moins de fruit. Bouche plus tendue, moins sucrée, plus d’acidité, plus saline en finale, encore beaucoup plus longue, sur le café et la noix et beaucoup d'umami. L'accord sur le bleu n'est pas très bon, là aussi on le sirote pour lui-même. Un vin qui bien sûr a un peu plus divisé que le précédent, trop "intense" pour certains, moi j'adore !

 

 

Petite pause puis une paire sur le comté

Fruitière Vinicole des Producteurs de Château-Chalon, Château-Chalon 1964 : (ancien nom de la Fruitière de Voiteur) un jaune classique, qui manque un peu d'intensité par rapport aux meilleurs. Par contre il semble bien meilleur sur le comté. La salinité du comté fait ressortir la salinité du Château-Chalon. Est-ce l'effet "multiplicateur" de l'umami ?

 

Toro Albala Marques de Poley, Palo Cortado Montilla-Moriles 1964 : (cépage PX, emb 2018) On précise bien de boire celui-ci après, beaucoup plus d'intensité ici, on passe de 14 à 22% d'alcool, ça se sent, encore jeune, puissant, très sec, très salin, très fruits secs, la longueur est immense. L'accord avec le comté ne marche pas très bien par contre. Pas grave on finit le fromage et on le boit seul, il se suffit à lui-même. Certains ont un peu de mal avec la puissance de ce vin et son acidité très haute. Moi je trouve ça grandiose !

 

 

 

 

Série en deux temps sur du chocolat peu puis un peu plus sucré avec un rouge puis deux VDN

 

Bertani, Amarone recioto della valpolicella classico sup 1964 : (emb en 1983, 3,6gr SR) La couleur est très sombre, le nez fait très jeune, très cassis, mûre, pas du tout d'évolution, on dirait un jeune Valpolicella ou un jeune vin du sud, avec une toute petite touche de sucrosité. Je ne suis pas expert des vieux Amarone, mais ça ne correspond pas du tout à ce que j'attendais, j'ai souvenir de Bertani des années 2000 plus clair en couleur, plus café, un peu d'oxydation. 1964 est le grand millésime du coin, les vins ont bien tenu soi-disant, mais quand même... Le bouchon Bertani fait pourtant vieux et légèrement imbibé. Michel a une seconde bouteille dans sa cave, il pourra peut-être nous en dire plus dans quelques temps, mais là je suis un peu dubitatif. Si quelqu'un a déjà bu ce vin je suis preneur d'avis...   Du coup Michel ouvre la seconde bouteille une semaine plus tard, rien à voir, couleur rouillée, nez café, kirsch, notes oxy. Bouche toute en tension, très droite, grosse acidité, un peu d'amertume, puissante, un peu serrée, finale immense, très saline, l'impression d'une finale de palo cortado/amontillado, oxydative mais noble et très racée. Il a divisé. J'ai pour ma part beaucoup aimé, et je retrouve la patte Bertani cette fois-ci.

 

Templers Mas de la Serra, Banyuls Grand cru demi-sec 1964 : a un peu souffert de la comparaison, m'a semblé assez rond, sucré pour un demi-sec, manquant d'acidité et de longueur dans cette soirée de haut niveau.

 

Cazes, Rivesaltes 1964 : (muté 2 sep 1964, mis en foudre 30 mars 1965, mis en bt en 2022) Ayant déjà bu plusieurs Cazes des années 70 qui étaient tous bons mais pas exceptionnels, je ne l'attendais peut-être pas à ce niveau-là et Michel non plus. Superbe Rivesaltes qui rivalise en intensité et en longueur avec le Madère ou la Palo Cortado (même si ce dernier est plus sec donc assez différent) qui sont pourtant un peu plus hauts en alcool, la finale est immense, là aussi sur une sensation saline qui va très bien avec le chocolat, magnifique avec une petite touche caramel et fleur de sel. D'ailleurs je ne sais plus si c'était dans le vin, le dessert ou dans les deux !

 

 

Bonus surprise ouverte à la débottée par l’un des invités :

 

Château d’Yquem, Sauternes 1989 : Couleur or profond, nez assez classique, jeune, de miel, safran, fruits jaunes. La bouche trouve son équilibre sur les amers plus que sur l’acidité, on sent le millésime assez solaire. C’est excellent mais un poil plus d’acidité lui aurait permis d’être grand. Bon derrière les VDN, je suppose que je n'ai plus les papilles bien en place. Ceux qui sont à l'aveugle le trouvent sublime en tout cas.

 

Yvan Auban, Bas-Armagnac 1964 : (emb 2023) On termine tranquillement avec un fond d’Armagnac, au nez subtil, léger boisé, fruits secs, prunes…, avec une petite touche sucrée gourmande. La bouche est punchy, sèche, peut-être un peu trop marquée par le long vieillissement, ça aurait pu être sorti du fût 10ans plus tôt, mais ça marche très bien pour finir.

 

 

 

Encore Bon Anniversaire et grand merci Michel ! Voilà 60ans fêtés dignement.

 

Quel beau métier lorsqu'il permet de vivre ce genre de moments et de faire d'aussi belles rencontres !

 

 

24 décembre 2012

Foradori (Trentin-Haut-Adige) ****

 

Foradori Teroldego IGT Vigneti delle dolomiti 2009

Couleur : très sombre, reflets violets.

Nez : la bouteille a eu besoin de 3 heures d'ouverture sans carafe pour s'exprimer. On est sur du fruit noir (surtout de la mûre, un peu de cassis et de cerise noire). Pas très complexe, mais une belle expression du fruit.

Bouche : assez vive et puissante mais aucune trace d'alcool. Encore du fruit noir, et une légère pointe d'épices. Une belle acidité soutient le vin du début à la fin. Belle matière pour une "entrée de gamme". Pas mal de tannins mais ils sont bien fondus. Pas très complexe là encore mais une belle expression du terroir, aucune trace de bois, beaucoup de fraîcheur.

Finale : assez longue, toujours sur le fruit noir.

Note : 17/20. Une superbe découverte, pas d'une grande complexité, mais qui nous a donné beaucoup de plaisir (bien plus qu'un Pontet-Canet 1990 qui a paru manqué de fruit, de puissance et d'acidité derrière). Très beau fruité. Le grand vin du domaine, le "Granato", doit vraiment être fantastique.

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2 - Italie, IGT Vigneti delle dolomiti, domaine Foradori, "Fontanasanta Nosiola" 2009 (100% nosiola)

Couleur presque jaune, très trouble, nez assez discret sur l'orange, la mandarine, la pomme. Bouche un peu perlante, réglisse, violette, très florale, bonne acidité, pointe d'amertume. Un côté très "vin nature" (peu soufré), c'est très original, avec une bonne longueur, de la complexité. La légère macération pelliculaire ne se sent pas vraiment. Dommage que le nez ne s'exprime pas pleinement.

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Foradori – Manzoni bianco 2011 : (100% manzoni) or pâle, nez sur la cacahuète, le pamplemousse, un peu de beurre. Bon équilibre en bouche mais j’ai du mal avec son côté beurré un peu particulier. Pas fan pour ma part, mais le vin a été très apprécié autour de la table. B.

 

Dive :

Sgarzon 2019 (sur sables) tut en finesse, clair, fruit épuré, trame acide minérale dans le fond qui donne une belle allonge. Sgarzon 2016 en Mag début d’évolution petite touche vernis, moins bien que le précédent. Morei 2019 (galets roulés) plus solaire, encore un peu serré, beaux fruits noirs et trame graphite un peu serrée, beaucoup d’allonge et de fraicheur saline en finale. Morei 2016 en Mag moins serré que 2019 mais il faut bien ça, toujours cette même trame graphite/minérale qui ressort encore plus ici, finit très caillou. Très intéressant. Granato 2019 plus noir, serré, persque carbone ici, à attendre longtemps. Des vins racés, de caractère, faits par une grande dame.

 

27 mai 2024

Soirées Vins d'Auvergne


Soirées Vins d'Auvergne

 

 

Une introduction exhaustive ainsi que les comptes rendus de nos visites chez les vignerons des Côtes d’Auvergne sont disponibles ici :

Les visites en Auvergne

 

 

 

 

Pour bien comprendre les différences avec l’AOC Sant-Pourçain, voici quelques éléments de comparaison :

 

L’AOC Saint-Pourçain fait environ 600 hectares répartis sur 19 communes et 20kms de long contre 400 hectares sur 53 communes et 80 kms de long pour l’AOC Côtes d’Auvergne qui est donc plus étalée et encore plus hétérogène.

 

On compte une vingtaine de producteurs à Saint-Pourçain contre une petite cinquantaine dans les Côtes d’Auvergne, où les exploitations sont donc en moyenne bien plus petites.

 

Le climat est aussi bien différent, beaucoup plus chaud et sec dans les Côtes d’Auvergne protégées par les Monts du Sancy (effet de Foehn). Il y a en moyenne 200mm/an de pluie supplémentaire à Saint-Pourçain. Cela explique en partie la meilleure réussite des blancs à Saint-Pourçain et les expérimentations comme les blancs de noirs, les vins de macération ou les nouveaux cépages plantés dans les Côtes d’Auvergne.

 

L’encépagement est différent également avec la présence du Tressallier à Saint-Pourçain et l’arrivée de nouveaux cépages plus sudistes comme la syrah en IGP Puy-de-Dôme par exemple.

 

Enfin, les sols sont eux aussi en partie différents : on trouve du granite, de l’argilo-calcaire et du sable dans les deux appellations mais les sols volcaniques à proprement parler ne se trouvent qu’à certains endroits des Côtes d’Auvergne.

 

 

 

 

 

Soirée Auvergne n°1

 

 

1 Terres Bariolées, Côtes d’Auvergne Les Suquets 2022 (100% chardonnay, à Chalus) : couleur or pâle un peu trouble, nez un peu fermentaire, levure, poire, agrumes. La bouche est assez simple, manquant un peu d’énergie et de tension sur ce millésime solaire dans le Puy-de-Dôme. Un vin qui se goûtait mieux il y a 6 mois finalement. B.

 

2 Les Bérioles, Vin de France Autochtone 2021 (100% tressallier, à Cesset) : Couleur or, nez sur les agrumes, floral, à peine miellé, début d’évolution que l’on a senti avec l’ouverture vers des fruits plus exotiques. La bouche combine un très beau volume à une belle tension, aussi long que large, il s’est bien ouvert lui qui était un peu austère il y a un an, avec du fruit et aussi une sensation de minéralité sur la fin de bouche, finale très longue et salivante. Déjà excellent en l’état et un grand vin dans un an ou deux qui a fait l’unanimité. TB++.

 

3 Grosbot-Barbara, Vin de France Clos Jacques Chevallier 2018 (75% chardonnay + tressallier, pinot gris, à Cesset) : Couleur or pâle, nez déjà bien évolué, peut-être un peu trop pour 2018, avec un côté beurre rance. La bouche est très jolie, grasse et beurrée mais elle a aussi gardé une bonne fraîcheur et de la longueur. Un peu frustrant au final, la bouteille a probablement évolué un peu trop vite et se goûtait beaucoup mieux il y a un an ou deux. Le vin reste plutôt bon, mais pas au niveau espéré. B-.

 

4 Bastien Migeon, Côtes d’Auvergne Châteaugay Tiétà 2022 (75% gamay, 25% pinot noir) : couleur assez claire pour un gamay majoritaire, un nez plein de fruit et de pivoine, cerise, framboise. La bouche attaque avec ce joli fruité, puis elle se durcit sur la finale, sur des notes « volcaniques » de cendre et de fumée qui étaient plus discrètes il y a quelques mois. Le terroir est en train de ressortir, il apporte une certaine complexité mais a un peu trop resserré le vin peut-être. Ça reste d’un très bon niveau, surtout pour un premier millésime. B+.

 

5 Clos de Breuilly, Saint-Pourçain Barnabooth 2021 (60% pinot noir + gamay, à Cesset) : Couleur rubis foncé, nez plus classique de pinot à la bourguignonne, fruits noirs et rouges, à peine d’élevage mais déjà bien intégré. La bouche combine fruité, finesse des tannins, texture soyeuse, fraîcheur et une belle longueur, dans un style qui rappelle clairement la Côte de Nuits. Un style très différent du précédent, avec probablement plus de potentiel de garde ici. Il a fait l’unanimité lui aussi lors des deux soirées. TB+.

 

6 Henri Chauvet, Côtes d’Auvergne Boudes Abrupts 2022 (100% gamay) : couleur grenat, à peine trouble, le nez est parfaitement propre dès l’ouverture, profond, on hésiterait entre gamay et syrah sur cette cuvée, un peu lardé, mais surtout fumé, avec des fruits noirs, de la violette, des notes racinaires, de la ronce. La bouche semble à la fois aérienne, légère en alcool, avec une belle texture soyeuse sans être boisé, mais aussi avec du corps, des arômes très nobles de grappe entière, beaucoup de fraîcheur, et surtout une finale qui allonge loin, très saline et très umami. Pour chipoter, l’aromatique en bouche est un peu discrète, plus qu’à sa sortie en tout cas, le vin est encore un peu jeune dans l’idéal même si tout le monde l’a trouvé superbe. Il a encore un gros potentiel de garde. TB++.

 

7 Renards des Côtes, Vin de France Cheire de Poule 2022 (100% gamay, à Sayat) : dès l’ouverture de cette bouteille c’est très marqué vernis à ongle (acétate d’éthyle) et encore pire avec l’ouverture, le vin ne sera pas bu.

 

8 Miolanne, IGP Puy-de-Dôme syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli. TB+.

 

9 Benoît Montel, IGP Puy-de-Dôme Sang des volcans 2020 (100% syrah, à St Bonnet-près-Riom) : couleur très sombre aussi, un nez sur les fruits noirs, le cacao, petite touche d’élevage vanillé. La bouche est légèrement plus puissante et plus dense que le précédent, l’élevage fût a bien arrondi les tannins, un style plus civilisé et plus en rondeur, la finale a quand même gardé une bonne acidité qui donne une allonge bienvenue. Jolie syrah là aussi, qui profite bien de ses deux ans de plus en bouteille. TB.

 

10  Coteau Libre, Coteau rouge 2022 (80% syrah + gamay, pinot à Saint-Privat du Dragon) : une bouteille prélevée en cours d’élevage, couleur très sombre, un nez très typé syrah du Rhône, très lardé, un peu sanguin, violette, anchois, olive, toute petite volatile. Bouche plus puissante que les précédents, mais aussi un peu plus d’allonge avec à la fois plus d’acidité et de tannins, moins de rondeur, plus de salinité aussi, un côté umami en finale, très salivant. Pour des vignes plantées en 2020 tout le monde s’est accordé à dire qu’il y avait un vrai terroir et un style à part. Très intéressant. TB+.

 

11 Annie Sauvat, Vin de France Syrius 2018 : (Vin de paille, 100% gamay à Boudes) : couleur framboise, nez très purée de fraise, fruits rouges, un peu vineux. Bouche avec un bel équilibre, pas trop sucrée, une bonne acidité, beaucoup de fruit, reste assez frais et digeste. Parfait pour finir. Merci Seb ! TB.

 

 

 

 

 

Soirée Auvergne n°2

 

 

1 Jean Wambergue, IGP Val de Loire-Allier Initial Tressallier 2022 (100% tressallier, à Saulcet) Couleur claire, nez sur le citron, les agrumes, à peine floral. Bouche vive, tendue, traçante, légère en alcool, citronnée, belle acidité qui réveille les papilles, sensation minérale et bonne longueur. Jean a choisi de ne pas faire la malo, peut-être un bon choix en 2022. Parfait pour débuter et mettre en appétit. TB.

 

2 Grosbot-Barbara, Saint-Pourçain Les Maltotes 2022 (50% chardonnay, 50% tressallier, à Montord) Un style complètement opposé, couleur plus marquée, nez beurré, encore jeune, sur des notes d’élevage vanille, coco, fruité plus mûr. La bouche est ronde, grasse, ample, boisée, mais heureusement l’acidité du tressallier s’impose en fin de bouche empêchant le vin de tomber dans la lourdeur en l’étirant juste ce qu’il faut. Un vin de gastronomie, qui séduit toujours l’assemblée. B+.

 

3 Les Bérioles, Vin de France Intrépide 2017 (100% chardonnay, à Cesset) Jean nous a ressorti un 2017 pour l’occasion, couleur bien dorée, nez très bourguignon, floral, fruits jaunes, beurré. En bouche l’attaque est grasse, large, encore en pleine forme, très vite l’acidité plus élevée que dans le vin précédent étire le vin, qui finit un peu plus austère mais plus long, sur des amers nobles. Très joli vin aussi, qui a l’avantage d’être à son apogée. TB+.

 

4 Terres bariolées, Vin de France Sables de grès 2022 (100% chardonnay muscaté en macération, à Chalus) Couleur entre ambre et orange, plutôt limpide (sauf le fond de bouteille). Joli nez, exubérant, légèrement marqué par la rose, mais aussi, abricot, pêche, miel, semble proche d’un beau nez de liquoreux. La bouche est bien sûr sèche, sur des arômes de fruits secs et de fruits confits, de la rose, quelques tannins et quelques amers mais très fins pour ce vin orange qui reste accessible, complexe, avec beaucoup de peps. Par rapport au chardonnay de la semaine précédente qui manquait un peu de tension on voit là tout l’intérêt de la macération : aller chercher l’équilibre sur les amers et les tannins pour compenser le manque d’acidité. C’est réussi ! Bien sûr c’était un OVNI pour beaucoup ce soir-là, il a donc divisé l’assemblée. TB.

 

5 Simon Bousquet, Vin de France Héloïm 2022 (80% gamay, 20% chardonnay, à Corent) On commence par la nouvelle mode du blouge (mélange de blanc et de rouge). La couleur est entre rose et rouge, un nez un peu réduit qui a besoin de temps, animal, puis il s’ouvre sur des fruits rouges acidulés et des notes de rose. La bouche est très légère, peu de corps, mais une belle acidité, très fraiche, un petit vin d’apéritif qui glisse tout seul, une aromatique de pinot sur un équilibre de vin blanc. B+.

 

6 Terres d’Ocre, Vin de France Les Cailloux Pinot noir 2022 (100% pinot noir, à Châtel-de-Neuvre) Couleur framboise, nez plein de petits fruits rouges, éclatant, gourmand, marqué par la grappe entière aussi, clairement floral, pas très loin du côté bonbon mais il s’arrête juste où il faut. Bouche infusée, très pure, toute en fruit, acidulée, florale, toute en élégance, longueur moyenne mais on y retourne très facilement. (A carafer ou secouer un peu car il y a une pointe de gaz à l’ouverture - mais personne ne l’a senti du coup). TB+.

 

7 Clos de Breuilly, Saint-Pourçain Barnabooth 2021 (60% pinot noir, 40% gamay, à Cesset) Couleur rubis foncé, nez plus classique de pinot à la bourguignonne, fruits noirs et rouges, à peine d’élevage mais déjà bien intégré. La bouche combine fruité, finesse des tannins, texture soyeuse, fraîcheur et une belle longueur, dans un style qui rappelle clairement la Côte de Nuits. Un style très différent du précédent, avec probablement plus de potentiel de garde ici. Il a fait l’unanimité lui aussi lors des deux soirées. TB+.

 

8 Henri Chauvet, Côtes d’Auvergne Boudes Abrupts 2022 (100% gamay, à Boudes) : couleur grenat, à peine trouble, le nez est parfaitement propre dès l’ouverture, profond, on hésiterait entre gamay et syrah sur cette cuvée, un peu lardé, mais surtout fumé, avec des fruits noirs, de la violette, des notes racinaires, de la ronce. La bouche semble à la fois aérienne, légère en alcool, avec une belle texture soyeuse sans être boisé, mais aussi avec du corps, des arômes très nobles de grappe entière, beaucoup de fraîcheur, et surtout une finale qui allonge loin, très saline et très umami. Pour chipoter, l’aromatique en bouche est un peu discrète, plus qu’à sa sortie en tout cas, le vin est encore un peu jeune dans l’idéal même si tout le monde l’a trouvé superbe. Il a encore un gros potentiel de garde. TB++.

 

9 Les Chemins de l’Arkose, Vin de France Les terrasses 2022 (100% syrah, à Montpeyroux) : couleur claire pour une syrah, nez à peine réduit à l’ouverture au nez puis il s’ouvre sur des fruits noirs, un peu lardé. Bouche légère, facile à boire, peu d’alcool (12%), avec des tannins fins, très digeste, manque juste un peu de longueur dans cette série. On voit en tout cas clairement l’intérêt de la syrah en Auvergne, aujourd’hui très bien adaptée sur nos coteaux exposés sud. TB.

 

10 Miolanne, IGP Puy-de-Dôme Syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli. TB+.

 

11 Les Chemins de l’Arkose, Vin de France 54-55 (100% plantet ou 54-55, pet’nat’ rosé, à Montpeyroux) : un pet’ nat’ à base d’hybrides. A ouvrir 1-2h à l’avance ou à carafer car la bulle est très présente à l’ouverture et pas de soucis, couleur rose foncé trouble, nez gourmand fraise, framboise, bouche légère, facile, simple mais efficace, impression d’une toute petite sucrosité. Parfait pour finir sur une note rafraîchissante. B+.

 

+ un petit bonus de Thaïlande Granmonte Bussaba 2023 vendange tardive de chenin, muscat, sémillon, verdelho (7mois en fûts français) un liquoreux léger en alcool 9%, probablement pas mal de sucre, pas beaucoup d’acidité, exubérant sur le muscat, la banane, le bonbon, tout à fait correct. On s’attendait à bien pire. Merci pour la découverte Vincent. B+.

 

 

 

Désolé auprès des producteurs dont nous n’avions plus rien en stock ou dont les premiers vins ne sont pas encore tout à fait sortis, et que nous aurions pourtant beaucoup aimé faire goûter… Nous comptons bien y remédier l’an prochain.
 

26 novembre 2023

Soirées champagne

Montagne de Reims

 

1 Adrien Renoir, Vignes Goisses 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot meunier. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur à peine saumonnée, nez fruité, fruits roses, frangipane, gourmand, bouche avec un joli fruit, très fraîche, tension et gourmandise à la fois, pas du tout d'austérité pour le faible dosage, c'est long, avec du fond. Super pour commencer. TB++.

 

2 Adrien Renoir, Les Epinettes 2019 Grand Cru Verzy (100% pinot noir. Dég 06/2023. Elevage fût. Dosage 1gr) Couleur bien plus foncée et un peu plus rosée, nez plus vineux, plus fruits rouges. Bouche plus vineuse, plus dense, avec un côté crémeux, large à l'attaque, la finale est très longue, sur un côté presque tannique, crayeux, amers nobles, a besoin d'un peu plus de temps probablement. Taillé pour la table, mais quel vin ! TB++.

 

3 Chartogne-Taillet, Les Barres 2017 (100% pinot meunier. Franc de pied. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 4gr) Couleur or, nez plus évolué, plus brioché. Bouche avec un beau volume, attaque assez large avec un dosage plus haut que les Renoir mais la finale d'étire sur une acidité plus haute, avec beaucoup de minéralité et d'élégance. TB++.

 

4 Egly-Ouriet, 1er Cru Les Vignes de Bisseuil : (70% chardonnay, 15% P.Noir, 15% P.Meunier. Base 2017 + 40% 2016. Dég 07/2022. Elevage fût. Pas de malo. Dosage 2gr) Couleur dorée, nez très chardonnay, presque bourguignon, léger beurré, toasté. Bouche crémeuse, arrondie par l'élevage, peu de bulles (encore moins que les précédents, qui semblaient ne pas en avoir beaucoup), beau champagne de gastronomie, déjà un peu évolué, commence à truffer presque, manque un poil de tension en finale où on reste un peu trop sur la rondeur pour chipoter. TB+.

 

SELEQUE ET EGLY

 

 

Vallée de la Marne

5 JM Sélèque, Soliste chardonnay 1er cru Pierry Les Tartières et les Porgeons 2016 : (100% chardonnay. Dég 01/2021. Elevage fût. Dosage 3gr) Couleur bien plus claire, nez très élégant, fruits blancs, floral, encore jeune. Bouche toute en finesse et élégance, attaque avec un peu de confort mais très vite tout en tension et en minéralité, sans austérité, bulle très fine, pousse loin. TB++.

 

Bonus René Muré, Crémant d'Alsace Grand millésime 2010 : (dég 2014, chardonnay et riesling) plus évolué dans la série, plus brioché, noisette, quand même un beau volume, moins crayeux en finale bien sûr, plutôt bon. Mais si son rouge a largement surclassé bon nombre de Chambolle la dernière fois, ici ce n'est pas le cas. TB.

 

 

 

Côte des Blancs

6 Bérêche, Grand Cru Cramant 2017 : (100% chardonnay. Parcelles Le Bateau et Chemin de Chalons. Dég 07/2022. Elevage fût. Dosage 3gr) Couleur or, nez qui a besoin d'un peu de temps, certains le trouvent un peu vineux pour un chardo mais très joli, avec l'ouverture il tire sur des fruits presque exotiques, la bouche est incroyable, très large, gros volume, mais aussi très longue, peut-être le plus long de la série, à l'équilibre parfait, plus marqué chardonnay que le nez, grosse maturité sans manquer d'acidité. On peut juste lui reprocher d'être encore tout jeune. Exceptionnel.

 

 

7 Krug, Grande cuvée n°169 : (Dég. 2021 ? Base 2013 + 40% de vins de réserve. 43% PN, 35% chardo. 22% PM. 146vins de 11années différentes de 2000 à 2013) Couleur or pâle, nez plus brioché, plus pain grillé, complètement différent. La bouche est plus ronde, plus sucrée, plus simple, moins dense, un peu plus de bulles, encore jeune, sur les arômes du nez, grillé, brioché, fruits secs, la finale semble un peu plus courte et plus simple, manque d'allonge. Rien de mauvais, mais assez quelconque finalement, et donc assez décevant dans la série en comparaison. TB+.

 

8 Gonet-Médeville, Coteaux Champenois Grand Cru Ambonnay Athénaïs 2017 (100% pinot noir, égrappé) pinot coloré pour un coteaux champenois, encore un peu d'élevage au nez, un côté lacté, bouche mûre, sérieuse, joli fruit, encore quelques tannins, commence juste à rentrer dans une bonne phase, dans un style très Côte de Nuits, mûr, sérieux. TB+.

 

9 François Feuillet (David Duband), Gevrey-Chambertin 2017 : pour comparer, nez plus marqué grappe entière, un peu plus végétal, bouche un peu plus élégante, plus en finesse, finale un peu plus courte, un peu plus arrondie, plus facile à boire. TB+.

 

 

 

Soirée n°2

 

 

Côte des Blancs

1 Les Frères Mignon, L’Aventure 1er cru : (100% chardonnay sur Avize, Cramant, Cuis. Base 2019. Elevage cuve et fût. Pas de malo. Dég. 10/2022. Dosage 1,6gr) Bulle qui semble un peu plus grosse, a eu besoin de plus d'ouverture, encore jeune, mais frais, fruité, aérien, peu de gras, très élégant. Le lendemain le fond de bouteille est encore meilleur. TB+.

 

2 Dhondt-Grellet, Grand cru Cramant : (100% chardonnay. 70% 2018 + 30% réserve perpétuelle. Elevage fût. Dég. 05/2021. Dosage 2gr) chardonnay très gras, beurré, large, un peu trop, manque un poil d'allonge. TB.

 

3 Suenen, C+C Grand Cru Cramant + Chouilly : (100% chardonnay. Base 2019. Elevage cuve, fût et œuf. Dosage 3gr) style très austère, encore jeune, tout droit, ciselé, finale jolie sur des amers, un peu tannique, crayeuse. TB+.

 

 

Montagne de Reims

 

4 Adrien Renoir, Les Montants Grand cru Verzy 2019 : (100% chardonnay. Elevage fût. Dég 06/2023. Dosage 1gr) nez de chardonnay toasté, bouche assez droite, avec une très belle longueur, finale crayeuse. TB+.

 

5 Egly-Ouriet, Grand Cru : (Ambonnay, Bouzy, Verzenay. 70% Pinot noir 30% chardonnay. Base 2016. Elevage fût. Pas de malo. Dég. 09/2021. Dosage 1gr) changement de style, coloré, vineux, plus marqué par le fût, concentré, opulent, mais garde du fond, très long. TB++.

 

6 Bérêche, Aÿ Grand Cru 2014 : (75% pinot noir, 25% chardonnay. Elevage fût. Dég 11/2021. Dosage 4gr) Couleur or foncé, nez qui commence pinot vineux, puis prend des fruits presque exotiques, très mûr mais sans excès. Bouche crémeuse, très mûr, concentré, de loin le plus mûr et dense de la série, mais l'acidité est suffisante, longueur énorme. Exceptionnel.

 

 

Vallée de la Marne

 

7 JM Sélèque, Soliste Meunier 1er cru Pierry Les Gouttes d’or 2016 : (100% pinot meunier. Elevage fût. Dég. 03/2021. Dosage 2gr) Couleur saumonnée, nez petits fruits rouges sympa, bouche qui souffre de l'ordre de service derrière le Bérêche, semble plus maigre et moins mûr. Après quelques minutes mieux, tendu, frais, assez long. TB+.

 

 

Bonus

 

Françoise Bedel, Entre ciel & Terre (base 2015) : style assez austère, vineux, tendu. TB.

 

Veuve Devaux et M. Chapoutier, Sténopé 2008 : très beau nez, début d'évolution, bouche encore jeune, plus de dosage que les précédents, joli, à peine trop sucré sur la finale. TB.

 

 

Côte des Bar

 

8 Pierre Gerbais, Coteaux Champenois rouge 2020 : (100% pinot noir. Moitié grappes entières. Elevage cuve) jus de fruit clair en couleur, tannins très souples, juteux, groseille, framboise, pivoine, glisse tout seul, frais, évident. TB+.

 

19 mars 2023

Soirées Gevrey-Chambertin

 2 soirées Gevrey-Chambertin

 

Edouard Confuron, Gevrey Les Seuvrées 2021 : couleur claire, nez éclatant de jeune pinot (esprit sur fût), floral, petits fruits rouges, acidulé, jus de fruit, quand même du fond, une allonge minérale, très prometteur. TB+.

 

Duroché,  Gevrey 1er cru Lavaux St Jacques 2018 : couleur claire, nez un peu évolué à l'ouverture de la bouteille, le soir étonnamment réduit, animal, Mieux en bouche, juteuse, toute en allonge, pure, acidulée, longue, prometteur, mais à attendre (et carafer). Probablement pas sous son meilleur jour ce soir-là. TB.

 

Duroché, Gevrey Le Clos 2018 : même chose que Lavaux, encore plus de gaz à l'ouverture, gros carafage. Du fond, esprit nature. A attendre. TB.

 

lavaut st jacques duroché

 

Claude Dugat, Gevrey-Chambertin La Marie 2019 : couleur assez sombre, nez fruits noirs, cassis, cuir, bouche avec un beau volume, du fond, tannins encore un peu présents, jeune, style taillé pour la garde, bon potentiel. TB.

 

Claude Dugat, Gevrey-Chambertin 2019 : nez assez cassis, mûre et vanillé, bouche ronde, facile. TB-.

 

Henri Magnien, Gevrey 1er cru Estournelles St Jacques 2020 : couleur sombre, nez fruits noirs, sans sucrosité, élevage déjà bien intégré. Bouche avec du volume, égrappé probablement, fruits noirs, encore jeune, bonne acidité dans le fond, assez long, mais clairement à attendre, style assez civilisé, propre tout de même. TB.

 

JL Trapet, Gevrey-Chambertin Ostrea 2019 : (En Dérée, Champerrier…) Clair en couleur, nez éclatant de fruits rouges et pivoine, bouche en dentelle, fraîche, peu tannique, en allonge, longue, pure. TB++.

 

René Bouvier, Gevrey Racines du Temps 2018 (Pince-Vin et Le Créot) : toujours dans le nouveau style du domaine, très grappe entière, un peu de couleur, tannins très fins, juteux, éclatant, épicé, ronce, infusé, long. TB++.

 

René Bouvier, Gevrey 1er cru Combe aux moines 2018 : aromatique proche, très grappe, ronce, épices, bouche avec plus de volume, plus de mâche, plus de tension, moins de sucrosité aussi, à attendre un peu, mais quelle classe déjà. TB++.

 

Berthaut-Gerbet, Gevrey 1er cru Cazetiers 2018 : couleur sombre, style du domaine identifiable, MPF, fruits noirs, gourmand, un peu d'élevage, bouche en rondeur, suave. TB.

 

Ponsot, Gevrey-Chambertin Cuvée de l’abeille 2007 : (les epointures) Couleur presque marron clair, nez giboyeux, cuir, kirsch. Bouche toute en tension, pas gros volume, mais surtout marquée viande fumée, salée, plus jeune que le nez, énergique, très longue, acidulée et salée en finale, fait claquer le palais. TB++.

 

Lucien Boillot, Gevrey-Chambertin 1er cru Les Corbeaux 2013 : encore assez jeune, nez marqué orangette, pinot légèrement épicé, tannins fins pour le domaine, mais pas grand fond, court, simple. B.

 

François Feuillet, Charmes-Chambertin Grand cru 2017 : couleur sombre, nez fruits noirs, épices, grappe entière, encore un peu d'élevage, bouche mûre, concentrée, puissante, encore jeune, tannins lisses, un peu vanillée, longue, mais à attendre encore. TB.

 

Jérôme Castagnier, Chambertin Clos de Bèze Grand Cru 2012 : nez classique de pinot évolué, sous-bois, noyau de cerise, bouche avec un beau volume mais peu de fond, une finale de longueur moyenne. B+.

 

Dugat-Py, Gevrey Coeur de Roy 2002 : couleur sombre, trouble, un peu évoluée, nez fruits noirs, cuir, sous-bois, noble, racé. Bouche encore jeune, avec de l'énergie, des tannins encore présents, jeune, tendue, racée. TB+.

 

18 novembre 2023

Vins des Côtes d'Auvergne : Essai de synthèse et Visites de domaine

 

Vins des Côtes d'Auvergne : Essai de synthèse et Visites de domaine

 

paysage auvergne

 

 

Tout a commencé lorsque quelqu'un me demanda « Ca ressemble à quoi un Côtes d’Auvergne ? ». Je me suis alors rendu compte que j’étais incapable d’apporter une réponse précise. Bien sûr, pour les autres régions et les autres AOC, la réponse est tout aussi complexe et toujours multiple. Mais il y avait là quelque chose de différent : est-ce que je connais si bien que cela les vins de ma propre région ? Si j’ai suivi des cours, lu des bouquins, assister à des masterclass sur les grandes régions du monde, ça n’a jamais été le cas pour l’Auvergne. Est-ce que je ne connais pas mieux la Grèce, le Portugal, la Suisse... où je n’ai jamais mis les pieds, que l’Auvergne où je vis ? On se dit qu’on est dedans, que ce n’est pas loin, qu’on connait déjà, et au final on ne finit jamais le travail.

 

Je déguste des vins d’Auvergne régulièrement, je connais les vignerons que je croise souvent, les villages, le relief… Mais les dégustations sont souvent rapides, les discussions aussi, puis elles ne tournent pas toujours autour du vin à proprement parler. J’ai finalement passer peu de temps avec les vignerons chez eux et dans leurs vignes.

 

Voici ce à quoi je voudrais absolument remédier, en prenant le temps d’aller visiter tous les vignerons qui voudront bien me recevoir, avec comme point d’orgue une dégustation des meilleurs vins au printemps 2024.

 

Mais avant cela, revenons sur les bases des vins d’Auvergne, en suivant le même protocole que sur les autres régions.

 

 

 

Côtes d'Auvergne : Essai de Synthèse

carte rvf côtes d'auvergne

 

 

Le site officiel de l'AOC nous donne les chiffres suivants :

  • Superficie totale : 400 hectares sur 53 communes (80kms de long par 15 kms de large)
  • 45000 hectares vers 1895 ! (Source Le R&B n°106) 
  • Appellation AOC Côtes d’Auvergne : 267 hectares
  • IGP : 71 hectares
  • Vin de France (VSIG) : 50 hectares
  • Parcelles familiales en amateur : 50 hectares
  • 40 caves particulières et 70 apporteurs à la coopérative de Saint-Verny
  •  

L'AOC a été obtenue en 2010. Elle autorise 5 Dénominations géographiques complémentaires : Madargue, Châteaugay, Chanturgue, Boudes en rouge, et Corent en rosé uniquement.

 

Cépages : chardonnay obligatoire pour les blancs. En rouge et rosé : Gamay (50% minimum) + pinot noir comme cépage accessoire. L’INAO permet des expérimentations à hauteur de 5% de l’encépagement et 10% des assemblages. (Source RVF n°669)

 

Production : 66% de rouge, 17% rosé, 17% blanc.  Rendement max 55HL/ha (52 pour les DGC). (Source RVF n°669)

 

Climat : semi-continental. Hivers rudes, été chauds, avec une forte amplitude thermique entre le jour et la nuit (bonne maturation des baies tout en préservant de l'acidité). Les côtes d'Auvergne sont en plein "effet de Foehn" : la chaîne des Puys forme une barrière protectrice contre les pluies de l’Ouest. Précipitations moyennes à Clermont-Ferrand : 650 mm/an (faibles) et ensoleillement moyen de 2000heures/an.     

 

Géologie (Source COAM) : 

Ere primaire : création du socle ancien de granit (refroidissement du magma sous l’eau).

Eres secondaire et tertiaire : sédiments marins et détritiques qui se déposent donc du calcaire et de l'argile.

Eres tertiaire et quaternaire : plissement alpin avec soulèvement du Massif Central et création des plaines.  L’activité volcanique crée des coulées de lave et des sols de basalte. Les rivières creusent les vallées et déposent des alluvions. Dans certaines zones l’érosion ramène le granit en surface.

 

      

les unites geologiquesSource COAM

 

 

Donc des sols sédimentaires dans les plaines, argilo-calcaire, favorables au pinot noir.

Plutôt granitique ou basaltique en coteaux. favorables au gamay.

 

Le basalte a une certaine porosité, il laisse filtrer l’eau, donc moins de stress hydrique. Sa couleur noire attire le soleil d'où une meilleure maturation des baies.

 

On distingue généralement le basalte (issu d'un magma refroidi rapidement), les pépérites (lorsque le magma remonte et rencontre les eaux souterraines, il forme une roche aux grains brunâters), la pouzzolane (alvéoles rouges ou noirs issues de projection de lave) et la pierre ponce (roche volcanique très poreuse).

 

Les plus belles parcelles sont sur les coteaux (350-550m) : la pente engendre un meilleur ensoleillement et un meilleur drainage de l’eau.

 

Attention que les sols volcaniques ne sont pas majoritaires en Auvergne.

 

 

Les 5 Dénominations Géographiques du Nord au Sud (Source: Site officiel de l'AOC) :

- Madargue : (350-420m d'altitude. Gamay et pinot noir) Sol à tendance silicieux, affleurement granitique, terres blanches (calcaires) pauvres en humus.

 

- Châteaugay : (Gamay et pinot noir. Exposition Sud-Est) Sol constitué par une coulée basaltique, cendres volcaniques (pépérites) sur sol argilo-calcaire.
 

- Chanturgue : (Gamay et pinot noir) "Cantalo" en celtique signifie brillant et bien visible. Fortes pentes (plus de 25%). Flancs argilo-calcaires protégés de l'érosion par les coulées basaltiques.

 

- Corent : (Gamay et pinot noir. 400-500m d'altitude) Vignoble sur les flancs d'un volcan. Sol argilo-calcaire au sud et basaltique au nord avec des affleurements de pouzzolane.

 

- Boudes : (Gamay, pinot noir) Vaste coteau calcaire protégé à son sommet par une coulée basaltique.

 

 

 

A noter aussi l'excellent travail du Conservatoire des Cépages d'Auvergne qui abrite : • Canari Noir (Damas noir) • Chanis gris • Chatus Noir • Corbeau Noir • Epinou Noir • Gamay Bouze Noir • Gamay Fréaux Noir • Gamay Noir à jus blanc • Gouais Blanc • Grec rouge • Inconnu des roussilles (à préciser) • Limberger Noir • Mondeuse Noir • Muscat à petits grains blanc • Noir Fleurien Noir • Petite Syrah Noir • Pinot Noir • Portugais Bleu Noir • Sauvignonasse Blanc • St-Pierre Dore Blanc • Valdiguie Noir • Syrah

 

 

Bibliographie :

- RVF n°669 avril 2023

- Le Rouge et le Blanc n°106 (2012)

- Site officiel Côtes d'Auvergne.com

- Cours du COAM sur les vins d'Auvergne

- Entre les Vignes n°2 avec les Vignerons nature d’Auvergne

- Le Vignoble des Côtes d'Auvergne, une nouvelle AOC. Denis Couderc et Pierre Soissons

 

 

14 novembre 2023

Domaine des Trouillères Mikael Hyvert (Martres-de-Veyre) **

 

A la retraite de Jean-Pierre Pradier en 2017, le domaine des Trouillères a été repris par Mikael et Camille Hyvert.

 

 

Ils sont tous les deux sur le domaine désormais + un employé à temps partiel, et une vingtaine pour les vendanges.

 

Les 5,5 hectares sont situés : en grande partie autour du domaine sur le Puy de Tobize, sur la face Nord de Corent, quelques ares sur la face sud de Corent, sur le "Chemin des Martres" à Veyre Monton.

(Pour rappel la face Nord de Corent est basaltique, l'Ouest très riche en pouzzolane, l'Est et le sud très argilo-calcaires)

 

- Sur Corent gamay et pinot noir. Quelques vignes de gamay d'Auvergne datent de 1948, les autres de la fin des années 1980. Climat très frais sur Corent Nord, vendanges 1 semaine plus tard.

corent face nord

  

- Autour du domaine, les sols sont très argileux, avec quelques veines calcaires. On parle parfois de "dépotoir" car il y a aussi un peu de granit etc... Cépages gamay, pinot noir et 1,24ha de chardonnay. Des gamays de Bouze viennent d'être replantés, cépage légèrement teinturier mais qui garde une bonne acidité pour un teinturier. Du gamay St Romain vient d'être planté aussi, ainsi que du pinot noir en 2017. Les autres vignes ont une trentaine d'années. Assez solaire ici.

vignes des trouilleres

  

 

- A Veyre-Monton la parcelle est très calcaire. Moitié pinot, moitié gamay. Exposition sud-est. Solaire.

 

 

Toutes les vignes sont plantées à 5500 pieds/ha, en 2m * 0,90m. Avant elles étaient taillées en Cordon, mais Jean-Pierre les a retaillées en guyot à la fn des années 1980. Mikael continue en guyot simple ou mixte, mais toujours avec un flux de sèce de chaque côté.

 

Jean-Pierre a eu la bonne intuition de planter sur des porte-greffes vigoureux : 330EM pour les blancs, SO4, fercal..., Mikael a aussi mis des 1103 paulsen... Avant on mettait des porte-greffes faibles dans le basalte pour faire des petits rendement et des vigoureux dans l'argilo-calcaire pour faire des gros rendements. Mais avec le réchauffement climatique, la sécheresse, les sols calcaires...on se rend compte que les porte-greffes vigoureux sont mieux adaptés aujourd'hui.

 

 

Le travail à la vigne

Le domaine est cerfifié bio depuis 2009. Quelques essais de biodynamie sont en cours, notamment des préparations faites en collaboration avec Yvan Bernard avec qui Mikael échange le matériel, et les résultats.

 

Les sols sont enherbés 1 rang sur 2, travaillés 1 rang sur 2, pas trop souvent et juste en surface. Peu de travail sur le cavaillon car difficile d'accès avec les machines disponibles. Un peu de débrousailleuse, un peu de pioche si nécessaire. 

 

Une partie des vignes est tressée (les moins vigoureuses), le reste est rogné le plus tard possible.

 

Traitements le plus "légers" possibles, au soufre systématiquement contre l'oïdium, pas beaucoup de cuivre car pas beaucoup de mildiou en général. En moyenne 800gr/ha en 4 fois environ (dons loin des 4kgs autorisés). Pas mal de prêle, d'osier et d'autres plantes pour renforcer la vigne.

 

 

 

2023 : très particulier ici, deux canicules : une en août et surtout une en septembre qui a tout accéléré très vite. La vigne a souffert du manque d'eau aussi, pourtant il y a eu plus de pluie ici que dans le sud des Côtes d'Auvergne. Les vendanges ont été avancé à la dernière minute. Les raisins été mûrs 30 jours après véraison. Vers le 10 septembre +0,5° d'alcool potentiel par jour. Il a fallu aller très vite puis bien trier. Certains raisins étaient à 15,5 potentiel ! Heureusement ils pourront être assemblés avec ceux de Corent Nord beaucoup plus bas. Bien sûr avec ces degrés potentiel et des pH élevés il faut être très vigilant aux bactéries, bretts..., d'autant plus en nature. Les vins sont bien plus colorés qu'en 2022, plus puissants, plus tanniques aussi, même s'il y a très peu d'extractions ici (pas de pigeage...). Mikael s'en sort tout de même avec environ 38hL/ha contre 40-45 en moyenne ces dernières années.

 

 

Vente : 30% d'export, surtout Japon, Scandinavie, Pays-Bas, Suisse, Etats-Unis. Encore que le Japon a beaucoup stocké, ça se calme un peu. C'est une volonté de ne pas faire plus, car il y a la demande sinon...

 

 

 

Les vins

amphores et jarres

Les amphores en grès vs les petites jarres en terre cuite qui respirent beaucoup plus (idéal pour les blancs de macération notamment)

 

cuves trouilleres

 

Pas de collage, ni de filtrage, depuis 2020 volonté de faire du 0 sulfites, mais dès qu'il sent qu'il sent qu'il peut y avoir des bactéries Mikael ne s'interdit pas de mettre entre 1 et 2 gr/hL en cours d'élevage si c'est vraiment nécessaire.

 

- Annolium blanc 2023 sur cuves (70% chardo, 30% gamay travaillé en blanc pour donner du peps. Certaines années ça peut être du pinot aussi) Bon équilibre entre des chardo à 15,5 et des gamay à 11, fermentation alcoolique et malo sont déjà finies. Un blanc avec du gras à l'attaque, du volume, ça devient plus vineux en fin de bouche, sur l'amande, portée par des amers, pas spécialement chaleureux, ça a gardé une bonne acidité pour un blanc 2023.

 

- Gamay Corent Nord 2023 sur cuve (11;5%, égrappé lui. Sera sûrement assemblé) très frais mais sans être maigre ni en sous-maturité, goûte un peu comme un pinot sur des petits fruits rouges, groseille, serre un peu en finale encore mais c'est joli.

 

- Gamay des Trouillères 2023 sur amphore en grès : (13,8% Carbo. Entrera dans la cuvée Eruption. Eruption : gamays de Bouze et d'autres types de gamay proches du domaine) Coloré, un peu chaleureux, encore serré. Manque un peu d'acidité. A voir dans quelques mois.

 

- Pinot Noir Larrivas-Corent Nord Bouche à Z'oreilles 2023 sur amphore en grès : (13%. En grappe entière - 2022 était égrappé) élevages avec peu de lies chez Mikael. Ici comme dans le précédent, c'est coloré, puissant, manque un peu de fraîcheur et un peu serré encore. Mais à voir en fin d'élevage.

 

- 2022 cuve pinot léger Larrivas + petites trouillères + Veyre (tous les pinots légers et un peu de gamay. Sera la cuvée Les Zones Vignes) c'est très clair, acidulé, léger, perlant, légère volatile, frais, juteux, devrait faire un bon vin de soif dans quelques semaines.

 

- Pinot Noir 2022 de Larrivas : (égrappé, a eu 1 an d'amphore. Remis en masse en cuve) un peu plus concentré que le précédent mais garde un profil très différent des 2023, plus acidulé, plus clair, petite volatile, légère souris en finale. 

 

- Montagne de Strass 2022 rouge : (un peu de fût et un peu de jarre, assemblage 50% gamay 50% pinot que de l'argilo-calcaire. Une cuvée phare de JP Pradier qui sera peut-être arrêtée à l'avenir) Fait plus pinot que gamay, le fût ne marque pas du tout, là aussi petits fruits rouges, typé nature, volatile, cerise, tannins encore un peu serrés.

 

- Le clan sous l'arbre 2022 en bouteille : (chardonnay avec 20% de macération carbo + 80% de presse, en jarres en fûts. Sans sulfites) Couleur saumonnée, nez un peu amande, frangipane, presque un peu typé blanc de noirs. Bouche avec du gras à l'attaque, pas une grosse acidité, la finale est étirée assez loin par des tannins et des amers mais de qualité, la macération a donné un peu de peps à la finale. Plutôt joli, mais il peut surprendre, un vin de gastronomie.

 

(Non goûté dans la gamme : le rosé Courant alternatif. Le Pet' nat' rouge To Bize or not no bize 100% gamay pour le prochain - le 2023 qui sortira en 2025. Il n'y en a pas eu en 2022. Le précédent avait un peu de pinot).

 

 

Un grand merci à Mikael pour le temps accordé et surtout pour toutes ses explications à la vigne comme à la cave !

 

 

 

 

Les vieilles dégustations

Jean-Pierre Pradié (Martres de Veyre) ** - Côtes d'Auvergne "Annolium" 2012 : (100% chardonnay cuves), vif, frais et fruité (citron, poire), pas une grosse matière, simple mais très sympa. B+.

 

Jean-Pierre Pradié ** - Côtes d'Auvergne "Montagne de Strass" 2011" : (même base que le précédent, passage en fûts), vif, frais mais de la vanille du début à la fin. Moyen.

 

Domaine des Trouillères Mikael Hyvert ** - Côtes d'Auvergne Annolium rouge 2018 : (changement de propriétaire en 2015-2016, Camille et Mikaël Hyvert prennent la succession de JP Pradier, les vins changent de style devenant quasi "nature") Couleur rubis pour cet assemblage gamay/pinot, nez de fruits rouges, de poivre, bouche sur le fruit, épices, légère en alcool, fraîche, tannins un peu serrés encore en finale. Bien fait, propre sur cette cuvée, au bon rapport q/p. B+.

 

Domaine des Trouilleres Mikael Hyvert - Bouche à zoreilles pinot noir 2018 : couleur sombre, beaucoup de fruits noirs, assez mûr, fait un peu plus gamay que pinot, très juteux, petite sucrosité, gourmand, avec du fond quand même et une bonne longueur, tire sur le nature mais pas de défauts. TB.

 

23 novembre 2014

Soirée LPV - Vins d'Europe

Mansus (Vipavska Dolina) *** – Klarnika 2011 (Slovénie) : bouchonnée, dommage un cépage rare que j’aurais bien aimé découvrir.

Mansus (Vipavska Dolina) – R-Vizija 2007 : couleur assez claire, très beau nez sur le fruit rouge, le poivre, un côté gamay pour moi en un peu plus puissant. Bouche facile, peu tannique, gourmande et très fruité, manque juste un peu de longueur. Le lendemain le nez est encore plus fruité toujours avec un peu de poivre, la bouche est un peu verte par contre. TB-.

Mansus (Vipavska Dolina) – Rumeni Muskat 2010 : couleur pâle, au nez aucun doute on sent le muscat, raisin blanc, pêche blanche, beaucoup de fruit. La bouche reste fraîche et légèrement acidulée pour du muscat, pas trop sucrée, c’est gourmand et facile. Bel accord avec la tarte aux poires. Finale un peu courte. TB-.

 

 

Trio infernal *** – Priorat 1/3 2005 (Espagne) : couleur sombre, pas mal de bois au nez, trop pour moi, fruits noirs. La bouche est moins boisée, avec un petit côté végétal qui lui donne de la fraîcheur, plus intéressante que le nez. Pas mal fait mais peu de plaisir pour moi. B-.

(Bu en 2021 Trio Infernal Priorat 2/3 2006 : nez encore boisé, cigare, tabac, bordelais, bouche ronde, gourmande, un peu confiturée, épicée, texture soyeuse, avec une bonne longueur, commence à avoir un boisé fondu, encore jeune. TB-.

Bu en 2026, syrah 2014 Cara nord ? un côté pneu brûlé, puissant, mûr, il y a de l'acidité derrière, du bois, pas très élégant)

 

 

Château Cotnari **** – Cotnari Grasa SGN 1982 (Roumanie) : couleur ambrée, nez sur l’abricot sec, fruits secs, épices, noisette, très intéressant. La bouche a perdu beaucoup de sucre, mais elle garde une bonne fraîcheur et une bonne longueur. Ca manque un peu de sucre et de concentration à mon goût, je l’aurais probablement préféré un peu plus tôt. Très belle découverte en tout cas. TB-.

006

 

Cotnari - Cotnari Grasà SGN 1966 : (importé, et même sélectionné ici, par Dionis. Vin de moldavie Roumaine donc Nord-Est de la Roumanie. Cépage Grasa - apparenté au furmint ? et parfois aussi du cépage Tamaioasa. Certaines vignes seraient préphylloxériques) Couleur acajou, nez magnifique très figue, datte, coing, encaustique, un peu de coca, une certaine fraîcheur verveine/menthol, très complexe. La bouche est concentrée, avec une attaque sirupeuse, puis une fin de bouche qui donne l'impression d'avoir mangé une partie de ses sucres, très belle acidité, encore jeune, on le placerait plutôt sur un chenin des années 80-90. La finale est sur des amers nobles, jamais lourde, très longue. Premier gros coup de coeur de la soirée. Avec peut-être un peu plus d'émotion à la levée de l'étiquette par l'âge du vin et son histoire. Le vin c'est aussi ça. Exceptionnel.

 

Château Cotnari, Cotnari Grasa 1966 : Couleur acajou, nez figue, datte, pâte de coing, cannelle, café... Bouche qui a mangé une partie de ses sucres, bonne acidité, toujours ces arômes de pâtes de fruits très mûrs et évolués, pas très différente de la bouteille bue l'an dernier je pense. Mais cette fois-ci je lui reprocherais peut-être un petit manque de fraîcheur dans les arômes surtout. Mais probablement à cause de l'effet séquence, peut-être besoin de plus frais derrière la série de rouge ? Ou pas conditionné pareil que lors de la série des liquoreux ? Ou peut-être pace que j'imaginais plutôt un Loire des années 80-90 cette fois-ci au moins au départ. Car il faut reconnaitre que pour un 1966 il a sacrément bien tenu. La magie a juste un peu moins opéré que la dernière fois. En tout cas c'est un sacré privilège de pouvoir goûter ce genre de vins. TB++.

 

13 décembre 2016

Jean Fournier (Marsannay) ***

Jean Fournier - Marsannay Les Longeroies 2011 : couleur assez sombre, nez toasté et vanillé, derrière on trouve un beau fruité avec de la mûre surtout, un peu de cerise et de fraise. La bouche aussi est un peu trop boisée, derrière on retrouve la mûre, les fruits des bois, bonne matière et tannins soyeux. Finale courte, qui manque de tension par rapport au Marsannay Longeroies 2011 de Sylvain Pataille, bien plus fruité, tendu, moins boisé et surtout bien meilleur. Note : 14/20.

jean fournier longeroies 2011

 

J. Fournier Marsannay clos du roy 2015 : (FDGV15) plus toasté que celui de Pataille, plus puissant et plus tannique, moins fin, un peu trop boisé en l’état. B.

 

 

Jean Fournier

 

Très belle gamme de rouges, le Bourgogne Côte d’Or 2017 est frais et juteux, Marsannay Longeroies 2016, épais, belle longueur, tannins fins. Marsannay Clos St Urbain 17 un peu plus solaire. Excellent Marsannay Clos du Roy 2016 plus tendu que les précédents, plus minéral. Belle expression du terroir. Le Fixin Petits crais 17prélevé sur cuve s’annonce excellent, plein de fruit et de gourmandise. Rosé 17 bien fait, les blancs Marsannay St Urbain 2017 et Aligoté Champ Forey VV 2017 manquent un peu de tension, en-dessous des rouges, même s’ils sont loin d’être mauvais.

Bonne surprise avec le Bourgogne Côte d'Or Origines blanc 2017, pinot blanc et pinot gris, original, floral, belle tension, du volume.

 

Fournier Bourgogne Côte d’Or 2017 : fruité, épicé, simple, un peu chaud. B.

Marsannay St Urbain 2017 : tout en fruit, très gourmand, TB.

Marsannay Longeroies 2016 : chaud, kirsché, serré, compliqué dans cet ordre. B-.

 

Jolis 2019 blancs, frais et tendus, millésime bien géré. Les 2018 rouge sur plusieurs cuvées un peu chaud, colorés, et confiturés.

 

St Urbain blanc 2023 frais pour le millésime, bonne tension, bien géré. Marsannay longeroies blanc 2023, au nez un peu fleurs blanches fenouil mais superbe bouche ciselée, tendue, citron confit. St Urbain rouge 2023 léger, épicé, B.

 

21 décembre 2017

Roulot (Meursault) *****

Ce domaine de 11 hectares est désormais dirigé par Jean-Marc Roulot, également acteur. Les vignes sont travaillées en bio et désormais en biodynamie. Les vins sont très tendus, austères, minéraux, finement grillés par l'élevage sur lies d'environ un an en fût + 6 mois en cuves. Ils demandent du temps pour se révéler. Si l'on est suffisamment patient ils sont alors parmi les plus complexes et les plus nobles du monde.

 

 

 

Roulot - Bourgogne Aligoté 2011

Couleur : très pâle.

Nez : fermé à l'ouverture, mieux par la suite mais il ne sera jamais très expressif. Notes minérales et citronnées.

Bouche : plus expressive, très citronnée, minérale, avec une grosse acidité, une belle tension qui fait saliver. De plus en plus de fruit (même si on reste surtout autour du citron). Sensation tannique en fin de bouche et en finale, surtout à l'ouverture de la bouteille.

Finale : longueur moyenne, acide et citronnée, légère salinité, un côté Chablis du coup.

Note : 15,5/20. Bonne entrée de gamme qui laisse présager une très bonne qualité pour les autres vins du domaine.

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Roulot - Bourgogne blanc 2014 Mag : vin très minéral, peu de gras, citronné, tendu, bon générique. B+.

Roulot - Bourgogne blanc 2014 Mag : (environ 2 ans plus tard) un peu de fruits exotiques, attaque mûre mais finale tendue, bien équilibrée. TB.

 

Roulot - Meursault Vireuils 2011 : couleur paille, nez un peu marqué par l’allumette, citronné, floral, beurré. Bouche avec une belle tension, minérale, un peu pierre-à-fusil, un léger gras par-dessus, très longue finale, tendue, citronnée, légèrement beurrée. TB+.

 

Meursault Meix chavaux 2013 : combine à la fois léger gras, miel, fruits jaunes, à une superbe tension, finale très salivante, un petit côté raveneau à certains égards, superbe énergie. Exceptionnel.

 

Roulot - Meursault 2013 : Couleur claire, nez à peine soufré et toasté, citronné, bouche toute en tension ,peu de gras, bien dans le style du domaine, finale longue, minérale, salivante. TB.

 

Roulot - Meursault 15 : style plus gras que d'habitude, beurré, aucune note grillée ni soufrée, plus sexy que 2013, mais sans manquer de fond. Très beau village, bien accessible en ce moment. TB+. Une autre bouteille faisait plus tendue, un peu de grillé, plus fermé. TB.

 

Roulot, Meursault Vireuils 2015 : très clair en couleur encore jeune, très typé Roulot, très droit, pas du tout de gras, grosse allonge, salivant. TB++.

 

Roulot - Meursault Meix chavaux 2009 : couleur or pâle, nez sur les fruits exotiques, un peu de miel, pointe de brioche, pas de pétard. Bouche tendue, longue, fruits exotiques, agrumes, pas mal d'amertume, très frâiche pour 2009, saline et minérale. TB+.

 

Roulot - Meursault Meix chavaux 2011 : encore jeune, très belle tension, beaucoup de longueur, amers nobles, presque salin, digeste. TB+.

 

Roulot, Meursault Vireuils 2016 (Vireuils dessous) Couleur un peu plus claire, nez qui demande du temps, très léger grillé des lies, pas du tout beurré, notes minérales, un peu mentholé, quelques fruits presque exotiques dans le fond. Bouche très droite, épurée, avec de la tension, des amers, une très bonne longueur, austère, qui demanderait quelques années de cave en plus dans l’idéal. TB+.

 

Roulot, Bourgogne aligoté 2020 : couleur claire, nez de pomme verte, citron, petite touche d'élevage grillé sur lies. Bouche peu épaisse, citronnée, tendue, rafraîchissante, longueur moyenne. Merci Céline ! TB.

 

Auxey 1er cru rouge 2014 : très serré, déjà un peu évolué en aromatique, compliqué. B.

Auxey 1er cru rouge 2017 : froid, austère, serré, un peu végétal, un peu étriqué. B-.

 

Roulot Monthelie rouge 2010 : très tertiaire, champignon, humus, finale un peu dure avec une acidité élevée, fraîche, austère. B+.

 

Roulot - Liqueur d'abricot 25% : superbe nez d'abricot frais, balance un peu plus sur le sucre que sur l'acidité. Très gourmand.

Roulot - Liqueur de mirabelle 25% : comme l'abricot, joli nez sur la tarte à la mirabelle, amande, balance un peu plus sur le sucre que sur l'acidité.

Roulot - Liqueur citron 35% : claire en couleur, nez citron épices. Bouche pas trop sucrée, belle acidité et amertume, beaucoup de fraîcheur, un peu d'alcool en finale, moins gourmand que les deux autres, mais plus de fraîcheur. 

 

13 octobre 2016

André et Florian Moingeon (Saint-Aubin) ***

André Moingeon - Blagny "Le Trézin" 2013 : robe très claire, nez expressif sur de petits fruits rouges (framboise, groseille), un peu de ronce. Bouche légère, pas une grosse matière, peu tannique, très fraîche avec une bonne acidité, sur les fruits rouges et un peu d'épices en fin de bouche. Très facile à boire. Longueur moyenne. Un bon petit pinot. Note : 14,5/20.

 

Chassagne-Montrachet rouge 2013 : robe encore plus claire que le Blagny, nez sur les petits fruits rouges mais avec un côté un peu vert, pas assez mûr, ça se confirme en bouche où le vin est vraiment fluet, trop acide par rapport au peu de matière, pas très long. En-dessous du Blagny, et surtout très loin du niveau des blancs du domaine. Note : 13/20.

 

André Moingeon - Saint-Aubin 1er cru Les Frionnes 2013 : couleur or pâle, nez expressif dès l'ouverture, beurré, floral, et citronné, boisé très bien intégré. Bouche grasse, gourmande, sur le citron très légèrement sucré, la pêche, le beurre, très belle matière, avec une fine acidité à l'arrière-plan. Longueur moyenne. Pas très complexe mais beaucoup de plaisir en l'état. Bon rapport q/p (13€). Note : 16/20.

moingeon frionnes 2013

 

Saint-Aubin 1er cru Sur Gamay 2013 : couleur or pâle, nez beurré, floral, un peu plus marqué par l'élevage que Frionnes même si ça ne domine pas. Bouche plus vive, plus tendue et plus citronnée que Frionnes, un peu moins gourmand en l'état, mais devrait se garder un peu plus longtemps. Belle longueur, peut-être plus que Frionnes. Note : 15,5/20

 

St Aubin sur gamay 2015 : encore jeune, beurré, gras, fianle un poil lourde même si pour 2015 c'est plutôt réussi. TB-.

 

Moingeon - Puligny-Montrachet 1er cru La Garenne 2018 : Couleur or pâle, joli nez expressif dès l'ouverture, très floral, fruits jaunes, légèrement beurré, pointe d'élevage vanillé/grillé mais pas trop marqué et déjà bien intégré vu l'âge du vin. La bouche est plus décevante que le nez, ronde, grasse, reprenant cette belle aromatique mais manquant un peu de peps, surtout sur la finale où on sent bien les caractéristiques du millésime. Ca finit un peu trop rondouillard à mon goût avec quelques notes de caramel. B+.

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St Aubin Frionnes 2020 : nez grillé soufré, bouche assez droite, pas de beurré, mais grillé soufré un peu trop marqué. B+.

Moingeon, Saint-Aubin 1er Cru Frionnes 2020 : couleur très claire, un vin plus en tension que ce qu’on attendait pour un 2020, sans la maturité du millésime, citronné, fumé, soufré, finale salivante qui réveille bien les papilles pour commencer. Encore un peu jeune dans l’idéal.

 

Chassagne 21 Moingeon frais et tendu, grillé des lies, pas de gras, manque un peu de vin peut-être. St Aubin Chateniere 22 même idée, tendu, sur lies, pas de gras, peu de bois, très bon. St Romain Roche Dumay 22 plus d’amers un peu plus strict mais noble.

 

 

1 février 2026

Soirées Saint-Aubin/Beaune/Savigny

 

Saint-Aubin

 

 

 

Saint-Aubin est une petite appellation, située dans une vallée derrière (en allant vers l’Ouest) le coteau de Chassagne et Puligny-Montrachet. C’est donc un endroit plus frais, qui n’est pas protégé par les vents d’Ouest et légèrement plus haut en altitude. Bien que toutes les appellations soient hétérogènes, celle-ci l’est encore plus que Chassagne/Puligny/Meursault car les expositions y sont variées. C’est probablement ce qui fait qu’elle n’a pas aussi bonne réputation. On trouve en effet à Saint-Aubin des secteurs trop froids pour être vraiment qualitatifs. Mais on y trouve aussi des secteurs exceptionnels, qui n’ont rien à envier aux meilleurs parcelles de la Côte de Beaune et représentent donc de bons rapports qualité/prix (surtout pour les blancs des millésimes solaires). Ce sont avant tout les climats très calcaires qui touchent le Montrachet : Murgers des Dents de Chien, En Remilly, Pitangerets, Charmois, en allant du Nord au Sud. Le secteur au-dessus du village, exposé sud, de Derrière chez Edouard aux Frionnes, est intéressant aussi, dans un style plus argileux, convenant également aux rouges.

 

 

Moingeon, Saint-Aubin 1er Cru Frionnes 2020 : couleur très claire, un vin plus en tension que ce qu’on attendait pour un 2020, sans la maturité du millésime, citronné, fumé, soufré, finale salivante qui réveille bien les papilles pour commencer. Encore un peu jeune dans l’idéal.


De Montille, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : un vin clair en couleur, tout en tension, dans lequel on sent bien le style du domaine, très épuré, peu boisé, vendangé tôt, pas de gras, et le côté caillouteux de la parcelle. La chaleur du millésime ne se sent pas du tout. Un style austère, presque un peu trop pour certains.


Morey-Coffinet, Saint-Aubin 1er Cru Le Charmois 2023 : couleur dorée, nez assez classique avec des fruits jaunes et un léger beurré, bouche avec du gras, du beurré, un beau volume, une vendange mûre et concentrée, avec de la gourmandise, tout en restant du bon côté de la limite, sans jamais tomber dans la lourdeur non plus.


Hubert Lamy, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : couleur or, nez de fruits jaunes, cire, un peu de lies, pas de beurré ici, très peu de bois. Bouche avec un beau volume, aussi large que longue, où on sent à la fois une vendange mûre, quelques amers qu’on a été chercher au pressurage, le côté caillouteux de Remilly est bien marqué, long. Déjà accessible mais un gros potentiel de garde aussi.


Hubert Lamy, Saint-Aubin La Princée 2022 : (10 parcelles) même style que le précédent, peut-être un peu moins de corps, clairement sur la tension, pas de gras, salivant, belle entrée en matière.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Pitangerets 2021 : bouteille la plus marquée par la réduction sur lies (peu de débourbage, pas de bâtonnage, peu/pas de soutirage), allumette, sésame grillé, jolies notes de citron confit derrière, bouche très droite, salivante, un peu de lies, du fruit confit, très énergique, avec beaucoup de longueur. Peut-être le meilleur de la série, même si le style a été clivant.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2023 : vin moins marqué par l'autolyse que le précédent, profil plus classique, très léger gras, un peu de fruits jaunes, élégant, presque gourmand pour un Pillot, très floral, belle tension finale, déjà très accessible.


Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : peu d'autolyse aussi, différent du 2023, pas du tout de gras ici, peu de fruit, très floral, frais, épuré comme souvent avec les vins de Thierry, finale un peu moins tendue que le 2023.


Ramonet, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : nez qui a mis du temps à s'ouvrir, léger grillé/soufré, citronné, bouche très droite, sensation minérale, très peu de bois, pas de gras, différent des Chassagne du domaine, beaucoup de fraîcheur, finale très longue, salivante, encore un peu dure peut-être, mais probablement le vin avec le plus de potentiel au vieillissement.


PY Colin-Morey, Saint-Aubin 1er Cru La Chatenière 2015 : un vin encore jeune, pas vraiment dans le style du domaine au sens où l'autolyse habituelle n'est pas là, frais pour 2015, tendu, citronné, petite touche cire/miel, noisette en finale, quelques notes "chablisiennes". Différent de ce qu'on attendait, mais très bon. Merci HA.


Derain, Saint-Aubin 2021 : (le ban) un vin très différent de tous les précédents, où on sent la vinif en nature, sans défauts majeurs, couleur bien plus dorée, un nez de fruits bletts et fruits exotiques avec un peu de volatile. Bouche très énergique à l’attaque, portée par un peu de volatile, du citron confit, des fruits bletts, une pointe oxydative. Très intéressant à comparer, mais jamais facile pour ce genre de vin seul dans une série très classique.

 

 


Savigny-lès-Beaune

 

 

Savigny-lès-Beaune est une grande appellation, elle aussi située dans une vallée et traversée par le ruisseau du Rhoin. Les expositions et les sols y sont variées, elle est donc très hétérogène. Sa réputation de vins légers et fruités lui vient de sa grande partie centrale, relativement plate, argileuse voire parfois limoneuses. Mais les vins sont différents du côté Pernand, ou de l’autre côté vers La Dominode, un coteau exposé un peu plus au Nord, ou sur le secteur des Gollardes tout au fond de la vallée où l’on produit notamment des pinots blancs.

 

 

Domaine des Croix, Savigny-lès-Beaune 2021 : style léger et aérien, avec l’avantage du millésime frais sans les inconvénients, pas très long, mais beaucoup de plaisir immédiat.


JB Boudier, Savigny-lès-Beaune 2023 : (les Peuillets et Ez Connardises) Un savigny léger, plein de fruit, très croquant, peu tannique, frais pour 2023, pas très long, mais offrant beaucoup de plaisir dès maintenant.


P. Guillemot, Savigny-lès-Beaune VV 2023 : un savigny légèrement plus solaire que le précédent, joli fruité aussi, plus épicé, peu tannique, un peu plus de longueur et d’allonge mais moins juteux en l’état, plus de potentiel de garde.


Les Horées, Savigny-lès-Beaune Les Plaisirs et les jours 2023 : (les Vermots et les Peuillets) Couleur claire un peu violacée, nez très floral, qui sent l’infusion en grappe entière, proche du nature, très épuré. La bouche n’est pas très volumineuse, très fraiche, acidulée, en longueur, avec quelques petits tannins qui donnent du relief à la finale, surtout une superbe aromatique très fleurie.


Bruno Clair, Savigny-lès-Beaune 1er Cru La Dominode 2005 : robe encore jeune pour un 2005, à peine tuilée sur les bords, un vin travaillé à l’ancienne, avec du cuir, des notes animales, du kirsch. Une bouche aux tanins encore serrés qui appellent la table, une belle acidité dans le fond, encore jeune, mais noble, à condition d’aimer ce style bien sûr, qu’on pouvait s’attendre à trouver sur un vieux Bruno Clair et sur 2005. Merci Bertrand !


Camille Giroud, Savigny-lès-Beaune 2001 : un vin qui ne fait pas son âge là aussi, très fin, encore du fruit, semble pile à point, il combine évolution et gourmandise, tannins fondus, d’un grand niveau pour un village. Merci Fred !

 

 


Beaune

 

 

L’appellation Beaune est quasiment de la même taille que Savigny (350ha), mais on revient désormais sur le coteau principal, orienté plein Est, avec la présence de plusieurs combes. Les vins y sont donc un peu plus homogènes, solaires et puissants. Le Nord de l’appellation est un peu plus calcaire avec un peu de sable en bas de coteau. Le sud est plus argileux, avec parfois des terres rouges comme l’on retrouve sur l’appellation voisine, Pommard. Beaune n’a pas la réputation qu’elle mérite : ce serait dû à la trop forte présence des grandes maisons (qui pourtant ont parfois des cuvées intéressantes sur Beaune justement) et du trop peu de « vignerons » qualitatifs. Il y a pourtant un très beau niveau aujourd’hui, et à des prix qui restent raisonnables. Cette injustice finira bien par être réparée.

 

 

Antoine Jobard, Beaune 1er Cru Montrevenots 2021 : couleur claire, nez de petits fruits rouges, pivoine, ouche légère, aérienne, pas beaucoup de volume, on a la fraîcheur attendue du millésime et de la parcelle du haut de coteau. On sent que le vigneron a peu extrait, il n’a pas été cherché ce que le millésime ne pouvait pas donner ici. Ce n’est pas très long, mais très facile à boire, frais mais sans austérité.


De Montille, Beaune 1er Cru Les Sizies 2022 : couleur claire, brillante, nez de fruits rouges un peu sucrés, floral, marqué par un peu de grappe entière. Bouche en rondeur, peu tannique, très élégante, sur les arômes du nez, bel équilibre entre le côté infusé des rouges du domaine et le côté solaire du millésime. Beaucoup de gourmandise.


Les Horées, Beaune Les Prévolles 2022 : même style que sur le Savigny du domaine, proche du nature parfaitement maîtrisé, infusé, éclatant, un poil plus solaire et tannique que le Savigny, même s’il reste parmi les plus fins de la série.


Domaine des Croix, Beaune 1er Cru Les Cent Vignes 2022 : on termine avec un pinot à la couleur sombre, nez de fruits noirs et de violette, très pur, peu boisé. Bouche puissante, solaire, sur un fruit noir confituré mais avec une bonne acidité derrière, des tannins encore présents mais sans sécheresse. Encore jeune, mais très beau potentiel.