Micro domaine créé par le célèbre sommelier catalan, Bernat Voraviu (restaurant Alkimia entre autres), à La Figuera (Priorat). Il produit pour le moment un rouge "Roig de la Figuera" depuis 2021 et un blanc depuis 2023 à partir de vieilles vignes qui étaient abandonnées. Mais des projets de plantation sont en cours.
Ex Occidente, Stella Occidentis 2023 : (vigne de xarel•lo des années 40 à Bisbal del Penedès, entourée de forêt, dont la viticulture est menée par un personnage merveilleux nommé Rustu) Couleur or profond, nez très expressif dès l'ouverture, marqué par l'autolyse et un peu de volatile, sans aller trop loin, avec beaucoup de citron confit, un peu de fruits exotiques, proche d'un Lajibe/Anjou/Jura nature, mais avec le grillé des lies moins marqué ici. La bouche est énergique, beaucoup de peps à l'attaque, là aussi portée par la volatile, elle ne va pas spécialement augmenter et le vin va rester parfaitement propre sur 3 jours, sur les agrumes confits, assez mûre au niveau aromatique, mais très salivant. Avec l'ouverture, le vin perd un peu de peps, et de son intérêt je dirais, on sent qu'il n'y a que 12% d'alcool et une acidité pas si élevée que ça sur la finale, si on doit comparer à un Lajibe par exemple. Mais c'est aussi ce qui le rend très digeste. Au final un vin plutôt très bon, pas du tout ennuyeux comme le sont souvent les xarello, avec une autolyse très bien cadrée, mais toujours le même débat : la vinif domine peut-être un peu trop. TB+.
Ex Occidente, Roig de la Figuera 22/23 : (complantation de trobat rouge et blanc, maccabeu, sumoll, rojal... des années 1930, à La Figuera. Chestnut barrel à vérifier) Couleur rubis très claire, où l'on voit qu'il y a des cépages blancs et à peine rouillée, à l'ouverture infusion de fruits rouges (fraise surtout) et de floral avec une bonne dose de volatile, mais comme sur le blanc finalement elle ne va pas empirer, même au contraire, le fruit sortant de plus en plus elle va plutôt bien s'intégrer sur 3 jours. La bouche est légère en alcool (12%), acidité moyen+, pourtant dense et avec une texture de velours, pas du tout de tannins, pas de boisé ressenti. Après quelques heures d'ouverture le vin semble avoir 4-5ans de plus, on sent que l'oxydation a été poussée, mais le lendemain et surlendemain il retrouve de l'éclat, avec une évolution modérée, ça semble en tout cas prêt à boire. La longueur est très bonne, la volatile emmène juste ce qu'il faut de peps et d'acidulé. Comme le blanc c'est très bien fait, très "nouvelle génération", "nature maîtrisé", impossible à placer à l'aveugle. TB+.
Cisteller *** - Penedès Xarello 2023 : (domaine créé en 2022 par Sergi Canals et la floridienne Jessica Madigan. Sols calcaires, élevage inox, amphore et fût. 12%) Couleur paille à peine trouble, nez sur la poire, un peu brioché, avec des lies façon champagne. Bouche vive, droite, légère en alcool, quand même un bon volume pour ce profil-là, sur l'aromatique du nez, pas très complexe à ce stade, mais bel équilibre, avec une finale longue et salivante, de petits amers. Avec l'ouverture c'est encore mieux, plus d'agrumes et une texture presque tannique. Un style plus classique que le vin de Bernat Voraviu, mais tout ce qu'on attend d'un bon xarello ici. TB.
Domaine de 2ha environ, repris en 2018 par le fils Johannes Aufricht (le domaine familial historique fait lui une trentaine d'hectares). Les vignes sont situées à Stetten, au Nord du lac de Constance. Le domaine produit des bulles en pinot noir chardonnay et des rouges tranquilles à base de pinot noir. Un completer verra le jour bientôt. Sols en partie volcaniques. Région ensoleillée, mais avec de l'altitude (450m environ) et beaucoup d'humidité. Travail très précis avec des vignes à haute densité, plantations récentes de sélections des meilleurs plants bourguignons, un pressoir sur mesure, différents fûts avec notamment un fût en inox et autres pour les bulles...
Johannes Aufricht, pinot noir Krähen 2023 : (Krähenberg planté en 2015, grappe entière. Elevage fût bois au départ puis fût inox ensuite) Couleur un peu plus foncée que le Wongamat bu en paallèle, contours encore un peu violacés, joli nez dès l'ouverture, fruité plutôt "noir" pour un pinot, mais pas du tout confituré, avec de la mûre, de la cerise, un peu violette, petite touche grillée très légère dans le fond qui est ressortie surtout à J+1. La bouche est sur la même aromatique, avec plus d'acidité que le Wongamat, pas du tout de sucrosité ici, plus en allonge du coup, même si il y a un très beau volume, des tannins encore un poil présents sur la finale mais de qualité, la sensation que c'est sérieux, avec beaucoup de fond, juste encore un peu jeune même si on prend déjà du plaisir, grosse longueur. Très prometteur. TB++.
Jeune domaine créé en 2023, sur la Côte des Bar. Pour le moment un peu moins d'1 hectare repris du domaine familial qui vendait les raisins. Travail proche du nature.
Jonathan Cornevin, Coteaux champenois 2024 : (100% chardonnay) Couleur or pâle, nez sur la pomme, la poire, les agrumes, assez simple et primaire. Pas d'élevage ressenti, ni d'autolyse (légère autolyse le lendemain). La bouche est légère en alcool (11%), avec une acidité très haute, peu de corps, impression qu'il n'y a pas eu de malo, aromatique proche du nez en un peu plus citronnée, limite sous-maturité, sans élevage, simple, pas spécialement nature. Finale salivante. Bref, on a l'impression d'un "jus clair" avant la seconde fermentation en bouteille, qui devrait faire une bonne base pour un champagne mais qui offre peu de plaisir en l'état. Pas vraiment mauvais, mais à 60€ ça ne va pas. B-.
Saint-Aubin est une petite appellation, située dans une vallée derrière (en allant vers l’Ouest) le coteau de Chassagne et Puligny-Montrachet. C’est donc un endroit plus frais, qui n’est pas protégé par les vents d’Ouest et légèrement plus haut en altitude. Bien que toutes les appellations soient hétérogènes, celle-ci l’est encore plus que Chassagne/Puligny/Meursault car les expositions y sont variées. C’est probablement ce qui fait qu’elle n’a pas aussi bonne réputation. On trouve en effet à Saint-Aubin des secteurs trop froids pour être vraiment qualitatifs. Mais on y trouve aussi des secteurs exceptionnels, qui n’ont rien à envier aux meilleurs parcelles de la Côte de Beaune et représentent donc de bons rapports qualité/prix (surtout pour les blancs des millésimes solaires). Ce sont avant tout les climats très calcaires qui touchent le Montrachet : Murgers des Dents de Chien, En Remilly, Pitangerets, Charmois, en allant du Nord au Sud. Le secteur au-dessus du village, exposé sud, de Derrière chez Edouard aux Frionnes, est intéressant aussi, dans un style plus argileux, convenant également aux rouges.
Moingeon, Saint-Aubin 1er Cru Frionnes 2020 : couleur très claire, un vin plus en tension que ce qu’on attendait pour un 2020, sans la maturité du millésime, citronné, fumé, soufré, finale salivante qui réveille bien les papilles pour commencer. Encore un peu jeune dans l’idéal.
De Montille, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : un vin clair en couleur, tout en tension, dans lequel on sent bien le style du domaine, très épuré, peu boisé, vendangé tôt, pas de gras, et le côté caillouteux de la parcelle. La chaleur du millésime ne se sent pas du tout. Un style austère, presque un peu trop pour certains.
Morey-Coffinet, Saint-Aubin 1er Cru Le Charmois 2023 : couleur dorée, nez assez classique avec des fruits jaunes et un léger beurré, bouche avec du gras, du beurré, un beau volume, une vendange mûre et concentrée, avec de la gourmandise, tout en restant du bon côté de la limite, sans jamais tomber dans la lourdeur non plus.
Hubert Lamy, Saint-Aubin 1er Cru En Remilly 2022 : couleur or, nez de fruits jaunes, cire, un peu de lies, pas de beurré ici, très peu de bois. Bouche avec un beau volume, aussi large que longue, où on sent à la fois une vendange mûre, quelques amers qu’on a été chercher au pressurage, le côté caillouteux de Remilly est bien marqué, long. Déjà accessible mais un gros potentiel de garde aussi.
Hubert Lamy, Saint-Aubin La Princée 2022 : (10 parcelles) même style que le précédent, peut-être un peu moins de corps, clairement sur la tension, pas de gras, salivant, belle entrée en matière.
Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Pitangerets 2021 : bouteille la plus marquée par la réduction sur lies (peu de débourbage, pas de bâtonnage, peu/pas de soutirage), allumette, sésame grillé, jolies notes de citron confit derrière, bouche très droite, salivante, un peu de lies, du fruit confit, très énergique, avec beaucoup de longueur. Peut-être le meilleur de la série, même si le style a été clivant.
Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2023 : vin moins marqué par l'autolyse que le précédent, profil plus classique, très léger gras, un peu de fruits jaunes, élégant, presque gourmand pour un Pillot, très floral, belle tension finale, déjà très accessible.
Paul Pillot, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : peu d'autolyse aussi, différent du 2023, pas du tout de gras ici, peu de fruit, très floral, frais, épuré comme souvent avec les vins de Thierry, finale un peu moins tendue que le 2023.
Ramonet, Saint-Aubin 1er Cru Les Charmois 2022 : nez qui a mis du temps à s'ouvrir, léger grillé/soufré, citronné, bouche très droite, sensation minérale, très peu de bois, pas de gras, différent des Chassagne du domaine, beaucoup de fraîcheur, finale très longue, salivante, encore un peu dure peut-être, mais probablement le vin avec le plus de potentiel au vieillissement.
PY Colin-Morey, Saint-Aubin 1er Cru La Chatenière 2015 : un vin encore jeune, pas vraiment dans le style du domaine au sens où l'autolyse habituelle n'est pas là, frais pour 2015, tendu, citronné, petite touche cire/miel, noisette en finale, quelques notes "chablisiennes". Différent de ce qu'on attendait, mais très bon. Merci HA.
Derain, Saint-Aubin 2021 : (le ban) un vin très différent de tous les précédents, où on sent la vinif en nature, sans défauts majeurs, couleur bien plus dorée, un nez de fruits bletts et fruits exotiques avec un peu de volatile. Bouche très énergique à l’attaque, portée par un peu de volatile, du citron confit, des fruits bletts, une pointe oxydative. Très intéressant à comparer, mais jamais facile pour ce genre de vin seul dans une série très classique.
Savigny-lès-Beaune
Savigny-lès-Beaune est une grande appellation, elle aussi située dans une vallée et traversée par le ruisseau du Rhoin. Les expositions et les sols y sont variées, elle est donc très hétérogène. Sa réputation de vins légers et fruités lui vient de sa grande partie centrale, relativement plate, argileuse voire parfois limoneuses. Mais les vins sont différents du côté Pernand, ou de l’autre côté vers La Dominode, un coteau exposé un peu plus au Nord, ou sur le secteur des Gollardes tout au fond de la vallée où l’on produit notamment des pinots blancs.
Domaine des Croix, Savigny-lès-Beaune 2021 : style léger et aérien, avec l’avantage du millésime frais sans les inconvénients, pas très long, mais beaucoup de plaisir immédiat.
JB Boudier, Savigny-lès-Beaune 2023 : (les Peuillets et Ez Connardises) Un savigny léger, plein de fruit, très croquant, peu tannique, frais pour 2023, pas très long, mais offrant beaucoup de plaisir dès maintenant.
P. Guillemot, Savigny-lès-Beaune VV 2023 : un savigny légèrement plus solaire que le précédent, joli fruité aussi, plus épicé, peu tannique, un peu plus de longueur et d’allonge mais moins juteux en l’état, plus de potentiel de garde.
Les Horées, Savigny-lès-Beaune Les Plaisirs et les jours 2023 : (les Vermots et les Peuillets) Couleur claire un peu violacée, nez très floral, qui sent l’infusion en grappe entière, proche du nature, très épuré. La bouche n’est pas très volumineuse, très fraiche, acidulée, en longueur, avec quelques petits tannins qui donnent du relief à la finale, surtout une superbe aromatique très fleurie.
Bruno Clair, Savigny-lès-Beaune 1er Cru La Dominode 2005 : robe encore jeune pour un 2005, à peine tuilée sur les bords, un vin travaillé à l’ancienne, avec du cuir, des notes animales, du kirsch. Une bouche aux tanins encore serrés qui appellent la table, une belle acidité dans le fond, encore jeune, mais noble, à condition d’aimer ce style bien sûr, qu’on pouvait s’attendre à trouver sur un vieux Bruno Clair et sur 2005. Merci Bertrand !
Camille Giroud, Savigny-lès-Beaune 2001 : un vin qui ne fait pas son âge là aussi, très fin, encore du fruit, semble pile à point, il combine évolution et gourmandise, tannins fondus, d’un grand niveau pour un village. Merci Fred !
Beaune
L’appellation Beaune est quasiment de la même taille que Savigny (350ha), mais on revient désormais sur le coteau principal, orienté plein Est, avec la présence de plusieurs combes. Les vins y sont donc un peu plus homogènes, solaires et puissants. Le Nord de l’appellation est un peu plus calcaire avec un peu de sable en bas de coteau. Le sud est plus argileux, avec parfois des terres rouges comme l’on retrouve sur l’appellation voisine, Pommard. Beaune n’a pas la réputation qu’elle mérite : ce serait dû à la trop forte présence des grandes maisons (qui pourtant ont parfois des cuvées intéressantes sur Beaune justement) et du trop peu de « vignerons » qualitatifs. Il y a pourtant un très beau niveau aujourd’hui, et à des prix qui restent raisonnables. Cette injustice finira bien par être réparée.
Antoine Jobard, Beaune 1er Cru Montrevenots 2021 : couleur claire, nez de petits fruits rouges, pivoine, ouche légère, aérienne, pas beaucoup de volume, on a la fraîcheur attendue du millésime et de la parcelle du haut de coteau. On sent que le vigneron a peu extrait, il n’a pas été cherché ce que le millésime ne pouvait pas donner ici. Ce n’est pas très long, mais très facile à boire, frais mais sans austérité.
De Montille, Beaune 1er Cru Les Sizies 2022 : couleur claire, brillante, nez de fruits rouges un peu sucrés, floral, marqué par un peu de grappe entière. Bouche en rondeur, peu tannique, très élégante, sur les arômes du nez, bel équilibre entre le côté infusé des rouges du domaine et le côté solaire du millésime. Beaucoup de gourmandise.
Les Horées, Beaune Les Prévolles 2022 : même style que sur le Savigny du domaine, proche du nature parfaitement maîtrisé, infusé, éclatant, un poil plus solaire et tannique que le Savigny, même s’il reste parmi les plus fins de la série.
Domaine des Croix, Beaune 1er Cru Les Cent Vignes 2022 : on termine avec un pinot à la couleur sombre, nez de fruits noirs et de violette, très pur, peu boisé. Bouche puissante, solaire, sur un fruit noir confituré mais avec une bonne acidité derrière, des tannins encore présents mais sans sécheresse. Encore jeune, mais très beau potentiel.
Domaine de 5 hectares, vignes plantées en 2008 par Mathieu Lacanette-Naba. Certifié bio.
Domaine Naba, Jurançon sec Marlère 2024 : (70% petit manseng, 30% gros manseng. Grosse cuvée du domaine en sec) Couleur or pâle, nez assez classique d’un Jurançon sec, avec du fruit exotique, des notes miellées, un peu acacia, plus mûr que la plupart des 2024 que j'ai goûté jusque là, un peu d’élevage mais déjà bien intégré. La bouche présente du gras, un peu d’élevage, là aussi bien intégré, du volume, même un peu d’opulence, qui reste bien contenue grâce à une acidité élevée et un taux d’alcool qui reste relativement bas (13,5%). Il y a du fond et une très belle longueur. Le lendemain le vin était encore un peu plus exotique et opulent, mais sans déséquilibre, on l’a tout de même préféré le premier jour. Il faudra voir ce que ça donne sur les millésimes plus solaires, mais là en tout cas c'est réussi, dans un registre classique, accessible en l'état mais avec un bon potentiel de garde aussi. TB.
Domaine de 3,5 ha à Beaumont-en-Véron sur l'AOC Chinon. Jérôme et son père Alain ont repris les vignes familiales et le stock restant de vieux millésimes. Les vins sont très traditionnels, avec des élevages très longs (3à 6ans) en vieux foudres, non filtrés, peu sulfités. Les vieux millésimes sont d'une qualité exceptionnelle, et d'une jeunesse insolente.
Jérôme Lenoir, Chinon Les Roches 1989 : Couleur rubis légèrement tuilée mais encore en forme pour un 1989, nez à peine poussiéreux à l'ouverture comme souvent sur ces vieux vins, parfait après 5 bonne minute d'ouverture, sur les fruits rouges confiturés, le poivron confit, un peu de fumé/viandé, une touche florale, du sous-bois bien sûr, mais surtout à l'ouverture, quelques minutes après le fruité et le floral passent devant. Superbe bouche encore jeune et fringante, acidité élevée, fruit dense et mûr, un côté pinot floral, des notes viandes fumées de syrah, le côté poivron mûr du cabernet, toucher de ouche soyeux, et belle allonge, très belle bouteille. TB++.
Des vins par le passé un peu riches et boisés, dans le style Guffens. Depuis l'arrivée de Florent Rouve, les vins se sont affinés, avec moins d'élevage et plus de tension.
Rijckaert *** - Côtes du Jura Savagnin Les Sarres 2016 : robe dorée, nez très chardo, beurré, vanillé. Bouche fruitée, beurrée, grasse, mais belle tension derrière, assez long. Fait très Côte de Beaune. TB.
Rijckaert - Arbois chardonnay 2016 : couleur claire, nez beurré, floral, très bourguignon, bouche avec du gras, du beurre, belle tension derrière. TB.
Rijckaert, Arbois chardonnay 2023 beurré, boisé, rond, très bourguignon, pas de lourdeur non plus. Savagnin 2023 un peu plus jurassien, moins d'élevage, volumineux et énergique à la fois, il y a du vin, a besoin de se poser un peu mais prometteur.
Arbois chardo 2022 : moins d'élevage que 2023, plus posé, joli.
chardo Vigne des Voises 2023 : peu d'élevage ici, belle tension.
Arbois pinot noir rouge d'après 2024 : très clair en couleur, très léger, infusé, manque un peu de corps, facile à boire.
Macon villages VV 2024 : macon plutôt porté sur la tension, pas un gros volume mais frais, salivant.
Viré Rendez-vous de septembre 2024 : un Viré avec peu d'opulence, peu d'élevage, assez droit.
Pouilly Fuissé 2023 : un peu plus beurré, un peu plus de volume et de confort, sans excès, mais peut-être pas à attendre trop longtemps, pour que le beurré ne fatigue pas.
Coteaux Bourguignons Coraux 2023 : joli fruité, poivré épicé, donne du caractère, probablement bien marqué gamay, très bien fait, bon rapport q/p.
Rousseaux-Batteux ***, Verzenay Grand Cru Les Potences pinot noir 2021 : Domaine familial repris en 2012 par Adrien Rousseaux, 2,6ha sur Verzenay, montagne de Reims (dég mai 2025, dosage 3-4gr. Elevage fût. Vignes de 1975) Couleur or, nez de fruits jaunes, touche briochée, pain d'épices, avec l'ouverture le côté fruits rouges ressort un peu plus. Bouche bien équilibrée avec largeur et longueur, légèrement vineuse, bulle fine, aromatique élégante, encore jeune mais noble, la longueur est là, avec de petits amers nobles, finement tannique. Assez classique, très bien fait. TB.
Mathilde Savoye **, Blanc de Meunier Extra Brut 2022 : A repris le domaine familial en 2017 à La Neuville-aux-Larris, début Vallée de la marne Majorité de meunier (dosage 3gr. 50% Cuchery 50% Baslieux-sous-Châtillon. Sols argilo calcaire à tendance marneuse. Parcelles de 1966 et 2004) Couleur or pâle, nez fruits jaunes, agrumes, floral, plutôt élégant et gourmand. Bouche légère, un peu maigre et pas une grosse acidité, assez court. B.
Doussot-Bourdot ***, Champ Fremyot pinot noir Brut Nature 2021 : 8,5ha à Loches-sur-Ouce Côte des Bar depuis 2021 par Billy Doussot. Grosse Majorité de pinot noir. (sols bruns foncés vignes de 5ans exposées Est. 10 mois fût. dég mars 2024) Couleur dorée, nez de fruits mûrs, tarte mirabelle surtout, un peu vineux, beaucoup de fruits rouges, caramel, notes pâtissières. Bouche vineuse, gros volume, bulle fine, patinée, mûr, touche un peu tannique, manque un peu de tension et de crayeux en finale (probablement moins sulfité aussi). La surmaturité écœure un peu vite. Mais assez long, pour la table. B+.
Créé en 2022. Vins vinifiés par un certain Mengshu ?
Maison Monchou - Bourgogne Hautes Côtes de Beaune 2023 : (Cuvée An An. 12,5%. Vinifié grappes entières et vieux fûts) Robe très claire, surtout pour 2023, nez expressif dès l'ouverture, petits fruits rouges, cerise, très floral (rose, pivoine), classique d'un pinot infusé, assez simple à ce stade mais élégant. Bouche légère, peu de corps, sur le fruit, fraîche, facile à boire, aucune chaleur pour un 2023, reste assez simple mais très plaisant. Pas spécialement typé nature, juste typé infusé. La finale serre un tout petit peu plus avec une pointe végétale grappe entière. C'est bon, mais à ne pas surpayer comme toujours sur ces micro-domaines bourguignons. TB.
Domaine créé en 2023 par Emmanuel Campana et Carmen de la Pascua, qui se sont rencontrés au Chili. Le domaine est à Navarrevisca, sur la partie Est de la Sierra de Gredos. Sols granitiques, environ 1000m d'altitude.
"les parcelles sont vinifiées séparément, en conservant les rafles pour la plupart des grappes et en les recouvrant de raisins égrappés. Les raisins sont ensuite foulés aux pieds et laissés à fermenter et à macérer avec les peaux pendant un à deux mois. Après un pressurage rapide, le jus est élevé en fûts de chêne neutres, puis assemblé et élevé dans des cuves de chêne plus grandes pendant une durée pouvant aller jusqu'à deux ans. « Alto Alberche » est un vin de style villageois, issu de raisins provenant de trois ou quatre autres vignerons, en plus de leurs propres vignes." Thatcher's Wine
Domaine Dexaïe, Alto Alberche 2023 Sierra de Gredos DOP Cebreros : Couleur claire, nez très grenache, fruits rouges et floral, élégant, encore assez simple. Jolie bouche, beau fruité, floral, les 14% ne se sentent pas, bonne acidité, et des tannins encore un peu présents qui allongent, un style vertical, qui fait penser à un nebbiolo, pur et assez long, caillouteux, un poil moins infusé qu'un Comando G mais on en est pas très loin dans le style. Le lendemain le vin a gagné en rondeur. TB+.
Domaine de 5ha créé par Jean-Philippe Fourney, qui a défriché et planter sur les vieilles restanques de la Cadière d'Azur à partir de 2011. Il s'occupe en parallèle des vignes de Tempier, La Suffrène et Vannières. Il produit un rouge et un rosé.
Baravéou, Bandol rouge 2020 : (majorité mourvèdre) Couleur sombre, contours encore violacés. Nez très fruité, cassis surtout, légèrement chocolaté et garrigue. Bouche avec du fruit, des herbes, de la pureté, de la puissance (15%), des tanins fins enrobés par l'alcool, très long, encore jeune. TB.
Domaine créé en 2021 par Loïc Le Blaye (ancien stagiaire chez Stéphane Tissot). Il produit pour le moment un savagnin (Sous le viaduc, premier millésime en 2021) et un Pinot noir (premier millésime en 2022). Vins natures.
Domaine du Calice, Pinot noir 2022Vin de France : Couleur rubis très claire, nez réduit à l'ouverture, a besoin d'aération, puis jolies notes de pinot infusé, très pivoine, framboise, groseille. Bouche très fraîche, légère, pas beaucoup de corps, et une bonne acidité, sur le côté très infusé floral et fruité du nez, au départ la réduction gâche un peu le plaisir, mieux ensuite, mais on sent un vin fragile avec lequel il ne faut pas trop traîner non plus (souris après quelques heures). Pas une grosse longueur, mais une belle buvabilité sur cette fenêtre de tir, malheureusement un peu courte, mais c'est plutôt prometteur pour un premier millésime. B+.
Domaine créé en 2020 sur Mareuil-sur-Aÿ, Avenay-Val d’Or et Bisseuil. Elle reprend le domaine familial Guy Charbaut. 3ha. En conversion bio ?
Hélène Charbaut, La Meunière 2020 Extra Brut : (100 meunier, à Bisseuil, 50% fût 50% cuve, dég 10/2023) Couleur saumonée, nez très pinot, fruits rouges, frangipane, élégant. Bouche à la bulle fine, pas énormément de gaz, mûre et patinée, beau fruitée, pur, puis une finale qui s'allonge, fraîche, avec du fond et de l'élégance, précise. Très belle découverte. TB+.
Madère est un petit archipel d'îles (dont l'île principale se nomme aussi Madère), appartenant au Portugal et situé dans l'Océan Atlantique.
C'est un archipel au climat subtropical humide (soumise à l'anticyclone des Açores et au Gulf Stream), où il ne fait jamais très froid, mais jamais très chaud non plus, avec beaucoup de vent et énormément de pluie sur la partie Nord de l'Ile principale. Il s'agit aussi d'un volcan, culminant à 1862m d'altitude.
Les vignes ne sont plantés que sur les bords de l'île. Les cépages secs comme le sercial sont généralement plantés sur les secteurs les plus froids et vendangés en dernier, contrairement à la malvoisie plantée sur les secteurs plus chauds.
Il y a à l'heure actuelle 7-8 producteurs, qui achètent les raisins à environ 2000 viticulteurs (seul H&H possède une dizaine d'hectares), pour un total de 500 hectares environ. Chaque producteur récupère donc des raisins d'un peu partout sur l'île.
Les sols sont donc volcaniques, on distingue : le saibro (un tuf rouge décomposé), le cascalho (un sol caillouteux), la pedra mole (un tuf jaune sableux) et les massapes (littéralement « coup de pied », une argile issue de la décomposition d'un tuf sombre).
Les vignes sont historiquement plantées en pergola, ce qui permet une double culture (de la patate douce par exemple), mais depuis quelques années on peut aussi trouver des vignes en VSP (= palissage) comme sur la photo du bas.
Les cépages
On peut aussi trouver du Bastardo (=trousseau) et il y a longtemps du Moscatel (= muscat). Le Tinta Negra est de loin le cépage le plus planté, il sert pour toutes les entrées de gamme. Le boal et le sercial sont les plus rares et donneraient les vins les plus complexes, sans parler du Terrantez quasiment disparu car très sensible aux maladies ou au botrytis.
Histoire
Lors des voyages en bateau (environ 16e siècle), les vins étaient fortifiés à 20% d'alcool pour la conservation. Mais on s'est aussi rendu compte que plus ils passaient de temps proche de l'Equateur, sur la route pour le Brésil ou les Indes, à des températures avoisinant les 50°, meilleurs ils étaient. D'où la méthode moderne unique au monde qui consiste à faire chauffer les vins.
Fabrication
En fonction du taux de sucre que l'on veut obtenir, les vins sont mutés à l'alcool de vin à 96°, ce qui va stopper la fermentation (au 1er-2e jour environ pour les plus sucrés, après 8jours pour les plus secs) et permettre d'obtenir des vins à environ 20% d'alcool.
Les vins sont ensuite chauffés soit par la méthode de l'estufagem (quelques semaines dans des cuves), soit par la méthode plus noble mais plus longue du canteiro (quelques années en fût dans un endroit chaud, le plus souvent sous les toits).
L'élevage se poursuit ensuite en fût de chêne (les "pipas") qui font le plus souvent autour de 500L, sans ouillage. D'Oliveiras est l'un des rares producteurs de l'île à n'utiliser que du chêne américain. On dit généralement qu'après mutage/chauffe/élevage oxydatif les vins ne vieillissent plus une fois embouteillés et ne bougent pas après ouverture de la bouteille.
Les vins sont généralement bus dans des verres à vin blanc, à des températures qui sont plutôt celles des vins rouges (16-19°).
Soirée 1
1 Barbeito, Vinhas do Farrobo Bastardo 2022 : (100% trousseau) rouge très léger (10%), très clair en couleur, proche d’un rosé, fait sr le Nord de l’île principale, très framboise, groseille et floral. Bouche légère, acidulée, quand même texturée, assez courte mais très digeste, presque désaltérante.
2 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Vinho do Porto Santo Caracol 2024 : (Porto Santo est une île légèrement plus chaude et humide, aux sols sédimentaires. Les vignes sont très proches du sol, dans le sable, pour éviter le vent) blanc vif et citronné, légèrement plus haut en alcool que le précédent (12%), avec un élevage sur lies léger, peu de corps, mais une finale salivante avec une sensation saline.
3 Barbeito, Madère Rainwater Reserva 5ans (demi-sec) : Entrée de gamme à l’univers des Madère, dans un style facile (Rainwater viendrait de l’eau qui pouvait imbiber les fûts lorsqu’ils étaient à l’air libre), en rondeur, avec peu d’acidité, pas mal de sucre pour un demi-sec, sur des notes de toffee, la finale est un peu courte, l’alcool se ressent un peu. Pas mauvais, mais très loin du niveau des suivants.
4 D’Oliveiras, Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) : couleur ambrée, nez très différent du précédent, beaucoup plus chocolat noir, café, noix, cannelle, date… Bouche très punchy, pas très riche en sucre, avec une très belle acidité, peut-être pas le plus complexe de la soirée mais l’équilibre est parfait, avec une sensation de fraîcheur et de vin digeste malgré les 20%, l’ampleur et la longueur des grands Madère.
5 D’Oliveiras, Madère Sercial 1969 emb. 2018 (sec) : couleur acajou, nez plus marqué par le temps en fût, encore plus « noir », proche d’un vieux whisky du Speyside en fût de sherry, peu de fruit, mais très riche en café, encaustique, polish, cire, tabac, boîte à cigare, girofle. La bouche est légèrement plus sèche que le verdelho 2007, mais de peu, un peu plus en rondeur avec un peu moins d’acidité, plus complexe, mais un peu moins aérien, il demande plus de temps, longueur exceptionnelle là aussi.
6 D’Oliveiras, Madère Boal 2006 emb. 2024 (demi-doux) : un boal qui semble encore un peu fermé, compact, puissant et riche, probablement encore un peu jeune pour un boal, en tout cas dans cette séquence-là.
7 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : couleur acajou, très beau nez sur le café, la noisette, la noix, un côté menthol/eucalyptus. Comme le Verdelho 2007 c’est surtout l’équilibre qui est parfait sur cette version. La bouche est assez riche en sucre, mais avec une acidité très élevée, beaucoup de fraîcheur, et presque un côté aérien sur ce Madère, sans perdre en intensité et en longueur. Une nouvelle grande bouteille. Signe que les Verdelho et les Malvoisie nécessitent moins de temps que les Boal ou les sercial réputés plus nobles.
8 D’Oliveiras, Madère Tinta Negra 1998 emb. 2021 (doux) : robe acajou, quelques reflets rouges, nez de chocolat noir, café, un côté fruits rouges également. Bouche sucrée, avec un peu moins d’acidité que la malvoisie, un peu plus vineuse et en rondeur avec un peu moins d’allonge.
Soirée 2
1 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Tinta Negra dos Villoes 2024 : (100% tinta negra sur l’île de Madère. 10%) rouge très léger, fruité et floral, acidulé, simple et facile à boire.
2 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Vinho do Porto Santo Caracol 2024 : (pressé grappes entières, 10mois d’élevage en cuves inox. Sols sables et calcaires ici) Blanc plus sérieux que le rouge précédent, tendu, avec une autolyse plus marquée que sur la bouteille de la soirée précédente, un peu pus énergique et salin.
3 D’Oliveiras, Madère Sercial 1990 emb. 2022 (sec) : très belle bouteille dans un style austère, qui a semblé plus sec et punchy que le 1969 de la précédente soirée.
4 D’Oliveiras, Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) : derrière le Sercial 1990, le vin a d'abord semblé un peu alcooleux. Mieux sur la fin de la dégustation. Mais un peu moins de plaisir pris que sur la bouteille de la semaine précédente.
5 Henriques & Henriques, Madère Verdelho 1934 emb. 1960’s ? (demi-sec) : un bonus hors-norme, d'une couleur brun orangé, le nez est fruité sur la marmelade d'orange, l'abricot sec, le miel, avec une petite évolution sous-bois/fumé, une volatile un peu plus haute qui rappelle certains oxy catalans. La bouche est par contre très fondue, pas très acide mais pas très sucrée non plus, en rondeur, plus gourmand et moins violent que les D'Oliveiras, moins de peps, mais aussi moins d'allonge saline, un côté facile à boire ici. A la fois jeune par son côté fruité et son relativement peu de temps en fût (et probablement aussi des fûts de chêne français qui boostent moins l'élevage que chez D'Oliveiras) et à la fois comme patiné par le temps en bouteille. Comme quoi, à l'image des spiritueux on pourrait parler d'OBE (old bottling effect) après autant d'année, avec une sensation de rondeur (perte d'alcool et d'acidité). Merci Michel !
6 D’Oliveiras, Madère Boal 1988 emb. 2018 (demi-doux) : très belle bouteille, pas trop sucrée pour un Boal, équilibre parfait entre gourmandise sucrée et tension acidulée, longueur interminable.
7 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2003 emb. 2020 (doux) : une belle bouteille mais qui aura été surclassée par la suivante, un peu plus de fruit et de rondeur ici mais moins d'intensité.
8 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : comme lors de la soirée précédente, une très grande bouteille qui a fait l'unanimité.
9 Niepoort, Porto Vintage Quinta do Passadouro 1995 : le strict opposé du Madère, avec des raisins rouges, un élevage court d'environ 2ans en fût, sans oxydation, et sans la ""chauffe". Un porto sur les fruits rouges et le chocolat, qui semble un peu simple, voire même un peu fatigué derrière les Madère.
Quelques accords mets/vins
Du plus sec au plus sucré : poisson grillé, saumon fumé, sushi, tartare cabillaud/boeuf sauce balsamique, salade balsamique, manchuego/fromages secs, olives/tapenades. Viande en sauce type soja, érable, caramel, miel, Madère. Vieilles mimolettes, pâtes persillées. Dessert chocolat, café, noix. Cigares...
Conclusion
Une découverte pour la plupart des participants, qui ont été marqué par l'intensité, la complexité et les longueurs en bouche exceptionnelles avec lesquelles les vins non fortifiés ne peuvent rivaliser. Le tour de force des grands Madère est aussi de rester digeste, frais, et ne saturent pas le palais grâce à leur acidité élevée et leur absence de tannins, et ce malgré un taux d'alcool autour de 20%.
Soirée "Rising stars", les jeunes domaines "à la hype"
Tout est dans le titre... Dégustation à l'aveugle bien sûr, avec un panel de dégustateurs éclairés. Tout a été ouvert le midi pour le soir, en Zalto Universal. Vins du monde entier. C'est l'occasion de débattre des modes, des prix, des styles (infusion, autolyse...), de l'impact des réseaux sociaux, de la qualité de ces jeunes domaines encensés (même si ce n'est qu'une bouteille un soir, ça ne suffit évidemment pas pour juger de la qualité globale du travail).
Quelques bonus ont été ajoutés, pas forcément dans le thème.
1 Peter Wagner, Spätburgunder Oberrotweil 2022 (Baden) : (créé en 2016, sur le volcan Kaiserstuhl en fûts non neufs) Couleur de pinot assez claire, nez expressif très gourmand de pivoine et fruits rouges, plutôt sur de l'infusion, touche viandée/fumée. Bouche très gourmande, fruitée, légère en alcool, petite sucrosité gourmande, pas une grosse acidité mais comme il y a peu d'alcool le vin reste digeste, plutôt en rondeur donc, mais ultra gourmand et facile à boire. Pour une trentaine d'euros, gros plaisir.
2 Jean Marshall, Nuits-St-Georges 1er Cru Aux argillas 2023 : (Jeune vigneron qui vient de récupérer les vignes de son père, auparavant louées à Méo-Camuzet notamment. Travail à la vigne façon Lachaux/Leroy et bio. Parcelle juste au dessus de charmotte, dans la combe. Grappe entière départ des fermentations avec des pieds de cuve. Elevage en céramique, comme Arnoux-Lachaux) Couleur sombre, qui ne fait pas du tout pinot, idem pour le nez, sur le cassis, la mûre, des épices, un petit côté amylique, yaourt qui nous fait penser qu'il y a peut-être eu un départ en carbo, plusieurs évoquent un gamay. La bouche est très fraîche pour 2023 avec une belle acidité, construite sur la tension, avec des tannins encore un peu serrés, le vin n'est pas texturé, il y a de la longueur, ça semble encore bien jeune et à attendre, personne ne pense à du pinot. Tout le monde est un peu perdu. C'est le gamay qui est le plus largement évoqué mais sans conviction pour la fraîcheur et l'aromatique plutôt fruits noirs. Ce qui est sûr c'est que l'élevage céramique change tout et a perturbé. Si on comprend bien que c'est un contenant neutre censé faire ressortir le terroir, paradoxalement il marque clairement le vin. En fait il faudrait que tout le monde vinifie en céramique pour que ça fonctionne vraiment. Un exercice de style très intrigant, mais le prix de 175€ a semblé complètement délirant.
3 Vincent Paindavoine, Nuits-St-Georges Les fleurières 2023 : (Chef de culture des grands crus des hospices de Beaune qui a monté son domaine en 2021. égrappé sur cette cuvée, Climat bas de coteau sous les Pruliers, sulfité après malo seulement) Couleur pinot pour celui-ci, nez pinot également, petite touche toastée, qui ne masque pas le fruit non plus, fruits rouges un peu mûrs, on sent le millésime solaire, mais sans excès. Bouche en rondeur, avec du fond, classique, tannins fins, déjà abordable en l'état avec bien sûr un bon potentiel de garde, il y a de la longueur. Rien de très original par rapport au précédent, mais c'est très bon.
4 Aurelj Vaira, Controcorrente 2023 : (jeune domaine de 4ha. Ici nebbiolo à Coste di Vergne, à 3 kms de Barolo. 10-20% grappe entière, "2-week fermentation started with an ambient yeast pied de cuve, only the free run juice is kept for this cuvée, aged for 10 months in used barrels". « Controcorrente signifie « à contre-courant ». Il s'agit d'un style de Nebbiolo différent, car il est élaboré à partir du biotype Rosé, produisant des vins élégants à la robe plus claire. ») Couleur très claire, à peine rouillée, le nez fait très floral, fruits rouges un peu sucrés, façon grenache infusé à la Anglore, ou cinsault. La bouche est très ronde, on sent qu'il y a un peu d'alcool (14%), c'est infusé, en rondeur, pas de tannins du tout, personne ne pense à nebbiolo, pas une grosse acidité non plus, c'est sur le fruit, très gourmand, proche d'Anglore, les Grillons et co... C'est assez simple mais efficace, on se fait plaisir. Dur de dire où on est par contre.
5 Leah Angles, Collioure Elephant blanc 2023 : (très vieux grenaches, en fermage, bord de mer à Cerbère. Domaine créé en 2017, 5,5ha) Couleur noire, sombre pour du grenache. Nez assez sauvage, complexe, de fruits noirs, graphite, petite volatile, cannelle, épices de noël, orangette... Bouche avec un beau volume, fraîche, seulement 13 d'alcool, une bonne acidité, un vrai fond minéral derrière, on sent une vinif orientée nature qui reste très propre, quelqu'un évoque le schiste, mais globalement on partirait plutôt sur un carignan du côté du Priorat. On sent un grand terroir derrière, c'est long, accessible en l'état avec un potentiel de garde aussi. Personnellement le côté épices de noël très marqué me lasse un peu, mais un très beau vin à l'unanimité.
6 Domaine de Faverand, Ventoux Carinena 1923 2022 : (Domaine de 5ha à Mazan, Mont Ventoux, Ici vieilles vignes sur sables. Un peu de carignan blanc aussi dans la parcelle) Couleur rubis très claire, brillante. Le nez est très charmeur, très fraise écrasée, grenadine, rose, avec une sensation de sirop. La bouche est toute en rondeur, on se demande s'il n'y a pas du sucre résiduel, pas du tout de tannins, c'est ultra gourmand, on ne sent pas du tout les 15,5% affichés, il y a peu d'acidité, longueur moyenne. C'est ultra charmeur, bon à la première gorgée, mais tellement sirupeux qu'on a du mal à finir son verre. On voit clairement qu'on a voulu faire du Rayas. C'est à la fois assez fort de faire ça sur des vieux carignans, mais en même temps très caricatural. Je vous laisse imaginer qu'il y a eu un gros débat ! Impossible à placer à l'aveugle, ni de trouver le cépage.
7 Cyril Courvoisier, Cornas Côtes 2021 : (parcelle tout en haut du coteau, plantée en 2015, grappe entière, vieux fûts) Couleur sombre, nez réduit, animal, derrière il y a des arômes de syrah, viande, violette. Jolie attaque en bouche, fraîche, pure, florale, on sent le millésime frais, finale aux tannins un peu durs, qui vont sécher de plus en plus avec l'ouverture, on pense à un peu de bretts du coup. Dommage, d'autant plus que c'est un des rares producteurs de la soirée que j'avais déjà eu l'occasion de goûter, et que c'était bien mieux les dernières fois.
8 Thomas Dam, Cornas chaban 2022 : (importateur danois, micro domaine créé en 2017, ami de Mark Haisma qui vinifie comme lui un peu de Bourgogne et un Cornas. Ici parcelle de Vincent Paris, Thomas fait les vendanges, élevage grappe entière sans soufre) Couleur sombre, nez très syrah, viandé, fruits noirs, pas du tout typé nature, assez classique. Superbe bouche qui combine volume, fraîcheur, pureté, longueur, dans un registre assez classique, déjà plaisant en l'état et avec un gros potentiel de garde, excellent vin.
9 RETA, Ta/rraz VT Castille y Léon 2021 : (à Mogarraz, commune de la Sierra de Salamanca. Grappe entière. 1 mois futs de 4e remplissage. 55% Rufete, 30% Calabrés, 8% Aragonés, 7% Autres variétés blanches. En altitude 600m environ) Vin placé dans la dégust car nous avions beaucoup aimé les vins de Marcelo Retamal sur le Chili, il s'agit ici de son nouveau projet en Espagne. Couleur noire, nez de fruits noirs, épices, olive, sans rien de confituré, sentiment de fraîcheur derrière. La bouche est trop tannique en l'état, encore jeune, mais il y a beaucoup de fraîcheur, du fond, on sent un terroir, de l'altitude, une belle acidité, impression qu'on ne connait pas les cépages. Quand on voit l'étiquette, on retrouve un lien de parenté avec sa cuvée Romelio au Chili dans la façon de travailler en pureté, sans bois, mais avec des tannins. C'est plutôt joli mais à attendre.
10 Alexandre Grimée, Champagne Corpus 2021 : (Meunier. Blanc de noirs brut nature 2021, 4 parcelles. Vignes à Bonneil, vers Château-Thierry. Tout petit domaine 1ha, début vers 2014. Cuve, pas de malo. 30mois lattes. 390 bouteilles) Couleur très claire, nez épuré, pomme granny, floral, assez simple mais joli. Bouche vive, sur la tension, la fraîcheur, simple, presque rafraîchissant, élégant, pas très long.
11 Gaspard Brochet, Champagne 333d : (à Sacy, Ecueil et Villers-aux-Nœuds. 3 cépages mais maj pinot noir. Assemblage 2018-2019-2020. Non dosé. Elevage long et fût. Petit fils d’Emmanuel Brochet) Couleur foncée, à peine saumonée. Nez plus mûr et brioché que le précédent, plus typé pinot, on sent encore un peu l'élevage bois. Bouche avec plus de corps et e longueur que le précédent, encore un peu jeune, à la bulle un peu grosse, bien dans la nouvelle mouvance de vendages mûres et élevage bois, manque un peu de patine et de complexité, plutôt bon mais personne n'a vraiment le coup de cœur.
House of Arras, Tasmanie Grand Vintage 2013 : (chardonnay, pinot noir) Méthode trad de Tasmanie façon grande maison, pour comparer le style avec celui des jeunes vignerons. Beaucoup de temps sur lattes ici, fruité un peu exotique, ananas, la bulle part assez vite, début d'évolution légèrement champignon, plus en rondeur avec un peu plus de sucrosité. Un style intéressant, plutôt bien fait, à l'opposé des précédents. Personnellement, un juste milieu entre les deux me conviendrait bien.
12 Maison Si tu sais, Bourgogne aligoté Les Vris 2023 : (Micro-négoce créé en 2020 par des anglais. 1900bts par an au début, 6000maintenant. Inspiré par Dancer par exemple, orienté nature. Vignes à ?) Couleur claire, un peu trouble, nez pomme blett, floral, simple. Bouche assez simple aussi, peu d'alcool mais peu d'intensité, un peu molle et assez courte. Ca reste propre. Très cher (46€) pour ce qu'on a dans le verre.
13 Ziereisen, Gutedel Jaspis 10hoch4 Alte Reben 2021 : (à Baden, chasselas, en 650L pendant 22mois. Domaine historique, spécialiste du pinot noir, qui depuis quelques années veut produire des grands chasselas, "cépage d'avenir qui atteint son pic de maturité autour des 11% d'alcool et ensuite ne bouge plus" selon le producteur) Couleur or, nez qui embaume la pièce de pétard, poudre à canon, façon Leroy/Auvenay, tellement marqué par cette autolyse qu'on ne sent absolument que ça. Idem en bouche, difficile de sentir autre chose, le seul point positif c'est que le vin est à 10,5% tout en ayant du corps, mais il n'y a clairement pas l'intensité d'un Auvenay, le vin est vite écœurant. Aucun terroir ressenti. On est vraiment tombé dans la caricature. Le fond du lendemain était pareil. 100/100 Lobenberg et 125€ la bête de concours...
14 Dominio do Açor, Dao Vinha Celta Bical 2023 : (à Oliveira do Conde. Vignes de 1961, granit. Consulté par Pedro Parra. Egrappé puis 24h contact avec peaux. Fermente en barriques, malo faite. ÉLEVAGE: 11 months on fine lees in a reductive environment in previously used barrels (1 French oak 500L and 2 Austrian/German oak 500L). More 6 months in stainless steel before bottling. 90mg so2 total) Robe assez claire, nez légèrement autolyse, floral, fait très Bourgogne sur lies, mais sans aller trop loin, plutôt joli, le bois semble bien intégré. La bouche est plus décevante, simple et manquant de peps et de tension, pas une grande longueur.
15 Sakkie Mouton, Vloedvlak Colombar 2023 : (à Olifants River, au Nord du Swartland, proche de l'océan. Créé en 2019. VV de colombard 1978. Fermente cuve, grappe entière puis élevage court fûts 228L) Un vin glissé dans la série pour goûter un colombard intéressant. Couleur claire, nez fruité, pèche, agrumes. Bouche légère en alcool (11% environ), fraîche, acidulée, fruitée, pas très longue mais sympa.
16 Bergerie de l’arcade, Languedoc blanc 2023 : (100% terret blanc, moitie fût moitié cuve) Couleur à peine plus foncée que le précédent, nez un peu timide à l'ouverture, citronné, floral, puis avec l'ouverture des fruits jaunes, du melon, il devient intéressant. La bouche semble sudiste, avec de la puissance, pas forcément de gras ni beaucoup de corps, pas beaucoup d'acidité, plus le vin prend l'air plus il semble lourd, on ne ressent pas un grand fond derrière, ni beaucoup de longueur.
17 Jules Brochet, Coteaux champenois blanc Nord du mont ferré 2022 : (à Taissy sud de Reims, par Pierric Brochet, auparavant en stage chez Selosse. Mais qui ne l'a pas fait ? 24mois fûts. Premier millésime en 2019. Pas de lien récent avec Gaspard Brochet et Emmanuel Brochet à ma connaissance) Couleur dorée, un peu trouble sur le fond de bouteille, très beau nez très beaunois, avec un peu d'élevage mais bien intégré, à la fois léger beurré, et un peu de lies, des fruits jaunes, du citron confit. La bouche combine largeur et longueur, dense, pourtant pas très haute en alcool, c'est frais aussi, l'élevage est bien adapté à la matière, c'est très long et crayeux, salivant. Déjà bon, gros potentiel aussi. Excellent vin.
Autres
Chiussuma, Farinel 2023 : (domaine créé en 2016, à Carema, Nord Piémont. En cuve inox. Vignes en pergola. 80% nebbiolo, 20% ner d’ala) Beaucoup de gaz à l'ouverture, très clair en couleur, un peu maigre et serré, pas beaucoup de plaisir.
Cosse Maisonneuve, Les hauts de Bonaguil Paradis 2024 : (sauvignon, à côté de Cahors, nouveau projet) problème de bouteille, on regoûtera.
Jeune vigneron qui vient de récupérer les vignes de son père, auparavant louées à Méo-Camuzet notamment. Travail à la vigne façon Lachaux/Leroy et bio. Grappe entière départ des fermentations avec des pieds de cuve. Elevage en céramique, comme Arnoux-Lachaux.
Jean Marshall, Nuits-St-Georges 1er Cru Aux argillas 2023 : (Parcelle juste au dessus de charmotte, dans la combe.) Couleur sombre, qui ne fait pas du tout pinot, idem pour le nez, sur le cassis, la mûre, des épices, un petit côté amylique, yaourt qui nous fait penser qu'il y a peut-être eu un départ en carbo, plusieurs évoquent un gamay. La bouche est très fraîche pour 2023 avec une belle acidité, construite sur la tension, avec des tannins encore un peu serrés, le vin n'est pas texturé, il y a de la longueur, ça semble encore bien jeune et à attendre, personne ne pense à du pinot. Tout le monde est un peu perdu. C'est le gamay qui est le plus largement évoqué mais sans conviction pour la fraîcheur et l'aromatique plutôt fruits noirs. Ce qui est sûr c'est que l'élevage céramique change tout et a perturbé. Si on comprend bien que c'est un contenant neutre censé faire ressortir le terroir, paradoxalement il marque clairement le vin. En fait il faudrait que tout le monde vinifie en céramique pour que ça fonctionne vraiment. Un exercice de style très intrigant, mais le prix de 175€ a semblé complètement délirant. TB-.
Mas Mellet, Le Chemin des Salines 2024 : (Vin de France, produit dans les Costières de Nîmes, mais l'assemblage de cépages ne correspond pas au décret. 50% cinsault, 50% grenache environ et une pointe de syrah. Elevage cuve béton. SO2 à la mise seulement 15mg/L) Couleur violet clair, nez très fruité floral, qui fait un peu primeur et carbo, avec de la violette, de la mûre, de la cerise, un côté bonbon/amylique. La bouche semble légère (14,5% pourtant) surtout si on le boit assez frais (ce qui lui convient mieux, sinon l'alcool et la sucrosité ressortent) toute en fruit, pas de tannins, lisse, mais gourmande, en rondeur avec une acidité moyenne, un peu épicée sur la finale, pas très long, mais on y retourne facilement. Parfaitement propre. Pour 16-17€ il n'y a rien à dire. Même si là aussi on sent surtout un style de vinif, plus proche d'un gamay en carbo que d'un Costières classique. Mais pourquoi pas. Quelques mois de garde lui feront sans doute du bien pour sortir de ce côté "primeur". B+.
Domaine de 2ha, situé à Pontagorda, au Nord-Ouest de La Palma (Canaries), près de 1400m d'altitude. Vignes centenaires plantées par son grand-père. Michael Candelario (né en 2000, premier millésime sur 2023) est l'élève du célèbre Inaki Garrido.
Michael Candelario, DO La Palma Tinto 2024 : (sols volcaniques. Negramoll, listan prieto, listan negro. Elevage en 300L pendant 8 mois. 13,5%.) Couleur grenat violacée, façon gamay. Nez cerise, poivre, cassis. Bouche avec une texture très soyeuse, pas de boisé ressenti, très juteuse et croquante, rappelle un gamay plein de fruit, floral, violette, semble assez léger en alcool avec une bonne acidité. A l'aveugle, pas très "volcanique", très différent des infusions fumés de Envinate ou Suertes. Ici rondeur, gourmandise, pas encore très complexe, mais plaisant, déjà accessible. Le lendemain le côté fumé puis presqu'un peu animal apparait, plus de caractère. A voir désormais avec quelques années de plus. TB.
Charles Boigelot reprend le domaine familial Eric Boigelot petit à petit, avec une cuvée sous son nom en 2022 et trois en 2023. Il a fait ses stages chez Coche-Dury, V. Girardin et Paul Pillot. Il travaille sur la finesse, avec une bonne partie de grappe entière en général, et peu de bois neuf.
Charles Boigelot, Monthelie Les Plantes 2023 : Couleur très claire pour 2023, brillante, nez très appétant, de pivoine, cerise rouge, fraise. Bouche très ronde, soyeuse, gourmande, me fait penser à Fourrier dans le style par exemple, pas forcément très long, mais évident, gros plaisir. TB+.
Les mansengs (petit et gros généralement assemblés) ont été présenté comme des cépages donnant des vins au taux d'alcool élevé, à l'acidité très élevée, avec de la couleur et du corps. Le grenache donne lui des vins clairs en couleur, à l'alcool élevé, peu tanniques et peu acides. Mais attention aux pièges !
Pour plus de lisibilité, les vins des 3 soirées ont été regroupés par région.
Blancs
Hegaldaka - Irouléguy 2023 : (à St-Jean-le-Vieux, à l'Est de St Jean Pied de Port. petit manseng, gros manseng, petit courbu) Couleur or, nez plein de fruits exotiques, ananas, papaye. La bouche contraste, au sens où même si elle garde ce fruité, l’acidité est élevée, mais elle équilibre le vin et le porte très loin, finale très salivante. Probablement le mieux équilibré des trois Irouléguy du soir. Le manseng est vite identifié.
Xubialdea, Irouléguy blanc Ardan Harri 2022 : (à Lasse, sud de St Jean Pied de Port. Petit et gros manseng) Couleur or, nez un peu plus solaire que le précédent, avec plus d'extraits secs, une touche de noisette. Bouche qui attaque avec une belle acidité, la finale est un peu plus chaleureuse, on sent le millésime un peu plus solaire. Un joli manseng vite identifié aussi.
Goienetxea, Irouléguy Malda 2023 : (à St Etienne de Baïgorry, petit et gros manseng) Couleur plus foncée, nez de fruits exotiques, mais aussi de poire, touche pomme blett, miel, cire. Très jolie bouche, un peu plus "libre" que les précédents, mais parfaitement propre, un peu plus de volume et de largeur peut-être, l'équilibre reste bon, aucune lourdeur en finale. Encore un très joli vin de la nouvelle génération basque. Merci Kévin.
Domaine de Valbrun Léo Charruau - Saumur blanc Clos du Moulin 2023 : (ouvert à la dernière minute pour changer un autre chenin mais sur 2022) Couleur claire, nez d'agrumes, poire, encore un peu d'élevage. Bouche légère en alcool, de la vivacité en attaque, mais de la rondeur et de l'élevage sur la fin de bouche, vite identifié comme n'étant pas du manseng, mais le chenin a été difficile à reconnaître dans la série. Très différent du 2022.
F. Pinon - Vouvray solera : (demi-sec, solera 2018-2021) Couleur or, le nez est sur l'ananas, les fruits exotiques, il peut faire penser à du manseng. La bouche est un peu moins élevée en alcool et moins acide à la fois, mais l'aromatique a été trompeuse. Jolie aromatique au final, mais manque un peu de tension pour moi.
Coco Farm & Winery, Cantata di Montagna 2020 : (petit manseng, préfecture de Tochigi) Couleur or pâle, légèrement trouble, nez marqué par les lies, grillé, citron confit, pas vraiment de fruits exotiques. Bouche vive, perlante, qui manque un peu de corps et d'alcool pour être un manseng en théorie, beaucoup de fraîcheur et d'originalité. Tout le monde est perdu bien évidemment.
Alberto Nanclares, Paraje Mina Rias Baixas 2024 : (100% albarino) Couleur très claire, nez à l'aromatique encore primaire, pomme verte, florale. Bouche très tendue, minérale et saline, qui a moins de corps et d'alcool que les mansengs. Joli vin dans un registre fraîcheur saline poussée à l'extrême.
Philine Isabelle, Langhe chardonnay 2023 : (à Barolo, sur Preda) couleur claire, nez floral, peu d'élevage, petite note exotique, bouche avec moins de corps et mois d'acidité que les mansengs, assez simple.
Trapet, Riesling RQWR 2011 : (riesling, à Riquewihr, demi-sec) Couleur or, nez marqué par les terpènes, fruits jaunes mûrs, presque exotique, miel. Bouche assez large pour un riesling, avec de l'opulence et de la puissance, manque un peu d'acidité pour être un manseng. Vite identifié par le côté pétrolé.
Tenuta delle Tere Nere, Etna bianco calderara sottana 2023 : (100% carricante) couleur or, nez qui a fait penser à du manseng, fruits exotiques, un peu miellé. Une fois l'étiquette découverte, la bouche était sur un profil plus "minéral", un peu plus frais et en tension, avec un peu de lies. Joli piège. Merci Michel.
Lajibe (négoce Mansengs et Co.), Mansengs Vin de France 2023 : couleur or profond un peu trouble, nez très puissant, marqué par le grillé des lies, le citron confit, les extraits secs, clairement travaillé en nature-autolyse, beaucoup pensent au Jura façon Ganevat etc..., bouche énergique, légèrement perlante, avec du volume, de l'acidité, aromatique très marquée par les lies, finale umami salivante. Ceux qui connaissaient le domaine ont vite retrouvé le style, pour les autres un vin déconcertant difficile à placer en Jurançon tant il diffère des autres vins de la soirée. Une interprétation différente, qui a fait débat.
Domaine des Féréol, Jurançon sec Françoise 2023 : couleur claire pour un manseng, nez de poire, quelques fruits jaunes et noisette avec l'ouverture, zestes d'agrumes, acacia. Bouche très énergique, avec du peps, de la fraîcheur, sans manquer de corps, un joli fruité, et beaucoup d'allonge. Coup de cœur unanime, qui n'a pas été simple à placer par contre, car moins solaire que la moyenne des mansengs.
Camin Larredya, La Virada Jurançon sec 2016 : couleur or profond, nez de fruits exotiques, papaye, mangue, miel, cire, noisette, déjà bien évolué... Bouche avec de la puissance et de l'acidité à la fois, vite identifié comme un très beau manseng, avec un peu d'évolution, pile à point.
Camin Larredya, Jurançon Le Grain des copains 2022 : couleur or, nez sur l'ananas, le miel. Bouche très digeste, peu sucrée (environ 45gr) avec une bonne acidité, un sucre aérien, très facile pour finir.
Rouges
Terrasse d’Elise, G une révélation IGP Pays d’Hérault 2023 : (100% grenache, à Aniane) Couleur très claire, nez qui fait très grenache, fruits rouges écrasés, épices, un peu d’orangette. Bouche en rondeur, peu tannique, peu d’acidité, fruité légèrement sucré, 14% d'alcool, très gourmand et facile à boire. Tout le monde reconnait le grenache.
Terrasse d'Elise, Hauts de Carol's 2020 : (100% cinsault) Couleur un peu plus foncée, nez très fruits rouges sucrés, garrigue, bouche avec de la puissance mais bien équilibrée, les 15% ne se sentent pas, peu tannique, très gourmande, et longue. Très belle bouteille. Un joli piège, placé en grenache, y compris par moi-même... Bien joué Fred !
Réserve d'O, Bachi-Bouzouc IGP Pays d'Hérault : (100% grenache, à Aniane) un grenache légèrement plus foncé et puissant que le précédent, même si on reste sur une cuvée sur le fruit. Un peu moins de sucrosité, un style gourmand, peu tannique et efficace là aussi, bien typé grenache.
Féraud, Claux Guillard Vin de France 2023 : (100% grenache, à St Geniès de Comolas, Gard) Couleur claire, nez de fruits rouges un peu sucrés, pivoine. Bouche avec un tout petit peu plus d'acidité et de tannins que la cuvée G une révélation, mais pas suffisamment non plus pour tromper sur le cépage. Ca reste rond, gourmand, sur un fruité légèrement sucré, très bien équilibré. Après un peu plus d'hésitation, le grenache est identifié.
Ouréa, Gigondas 2023 : (grenache, sud de Gigondas) Couleur à peine plus foncée, un grenache en infusion, très fin, aérien, assez léger en alcool pour Gigondas (13,5%), très fraise écrasée, et herbes aromatiques, déjà très accessible et prêt à boire, coup de cœur unanime. Vite placé sur du grenache mais pas forcément sur cette appellation-là.
Saladin, Haut-Brissan Côtes du Rhône 2023 : (100% grenache, à St Marcel d'Ardèche) Couleur très claire sur ce millésime, nez très marqué par la rose, presque trop pour certains. Bouche en dentelle, aérienne, sans manquer de corps. Le grenache n'a pas forcément été décelé.
Saladin, Paul Côtes du Rhône 2023 : (90% grenache, 10% clairette) couleur très claire, nez de fraise écrasée, petite sucrosité, bouche très gourmande, ronde, soyeuse, clairement le côté solaire du grenache, sans lourdeur. ite identifié. Coup de cœur unanime.
Marcarini, Barolo 2021 : (à La Morra) Couleur claire, nez de fruits rouges, rose, goudron, menthol. La bouche a de la puissance, des tannins et une acidité trop marqués pour être du grenache, beaucoup de longueur et de fraîcheur, encore un peu trop austère à ce stade.
M. Lapierre, Morgon MMXXIV : (100% gamay, vieilles vignes du domaine) plus sombre en couleur, un gamay sur le fruit, ultra croquant et juteux, peu tannique, très fin et frais sur ce millésime, pas encore très complexe à ce stade, mais parfaitement exécuté, offrant beaucoup de plaisir en l'état. Clairement pas du grenache.
R. Demougeot, Pommard 2018 : Couleur claire, nez de fruits rouges plus frais et moins sucrés que les grenaches, un peu de ronce, des notes de torréfaction liées à l'élevage. Bouche légère, aérienne, tannins très fins, une bonne acidité pour 2018, un pommard avec beaucoup de finesse, vite placé sur du pinot.
Nicolas-Jay (Méo-Camuzet en Oregon), Ensemble pinot noir 2021 Willamette Valley : couleur sombre pour un pinot, nez avec un élevage torréfié encore un peu marqué, un joli fruité derrière. Bouche soyeuse, en rondeur, avec du corps mais moins d'alcool que sur les grenaches. Joli vin, encore un peu jeune dans l'idéal. Le piège a été vite trouvé aussi.
Clos Venturi, AOC Corse Altare rouge 2023 : (100% sciaccarellu, à Ponte Leccia) Couleur très claire, nez de grenadine, pivoine, fraise. Bouche en dentelle, très gourmande, tannins très fins, pas beaucoup d'alcool ressenti, globalement pas placé sur un grenache. Très belle bouteille.
Zuria, Spinella 2022 : (70% sciaccarellu, minustellu, carcajolu, nielluciu, à Bonifacio) Couleur plus foncée, nez qui pourrait faire grenache, fruits rouges, garrigue... Bouche moins en rondeur, avec plus de tension, à la fois du corps et beaucoup de fraicheur, tannins soyeux, très belle bouteille aussi. Merci Arno.
Bonny Doon (Californie), Cigare Volant Central Coast 2010 : (grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, carignan, Sta Cruz Mountains) Couleur à peine plus foncée que les vins précédents, début d'évolution tuilé. Le nez fait hésiter entre grenache façon Châteauneuf avec des notes de cacao que n'avaient pas les précédents, mais il y a aussi un côté viande fumé et des fruits noirs plus typés syrah. La bouche est très ronde, très gourmande, pile à point, un fruité très mûr et légèrement sucré, mais une bonne acidité et assez peu d'alcool (13,2%) par rapport au Rhône sud. Tout le monde hésite, personne n'a vraiment tort ou raison. Très joli vin, pile à point. Merci Olivier.
Casa Blanca, Lluminari 2018 Collioure : (70% grenache, syrah, carignan) Un vin plus coloré que les autres, plus puissant, plus marqué par les fruits noirs, la viande fumé, le café, plus de tannins aussi, mais l'équilibre est bon, il reste frais avec une bonne longueur. On sent le sud, mais pas forcément une majorité de grenache. Merci AS.
Terres de Fagayra, Maury grenat 2018 : (grenache) Un VDN à base de grenache, parfait pour terminer en douceur, pas trop sucré ni trop alcooleux pour un VDN, très bien équilibré, pas de lourdeur.
Merci à tous pour ces 3 belles soirées qui clôturent l'année en beauté. Rendez-vous en 2026 !