Thomas Collardot (Puligny-Montrachet) ***
Thomas Collardot - Puligny Les Nosroyes 2022 : gras, beurré, peu d'acidité, élevage présent, forme de sucrosité, pas de sensation de fond, juste du gras, vite lassant. B-.
Thomas Collardot - Puligny Les Nosroyes 2022 : gras, beurré, peu d'acidité, élevage présent, forme de sucrosité, pas de sensation de fond, juste du gras, vite lassant. B-.
Littorai, The Pivot pinot noir 2016 AVA Sonoma Coast (Sonoma County)
Créé en 1993 par Heidi et Ted Lemon (qui vinifiait chez Roulot fin 1980’s…). Ferme autosuffisante et biodynamie. Une partie de vignes « domaine », une partie d’achat de raisins, à Hirsch notamment. Vins de terroirs : « sense of place ». The Pivot : parcelle de 1,5 hectares à côté du domaine, vignes plantées en 2004. Sols de grès marins, argiles et sables. 16mois fûts de chêne français, environ 25% neufs et 20% grappes entières.
Une robe très claire, très beau nez plutôt expressif, sur la cerise, la framboise, la rose, élevage bien intégré. Bouche avec beaucoup de fruit, de fraîcheur, une vraie trame minérale dans le fond. Quelques petits tannins qui allongent encore plus ce vin. Très belle longueur. Beaucoup d’élégance, dans un style très bourguignon. Largement au niveau d’un bon premier cru de Côte de Nuits. TB++.
Sonoma Coast pinot noir 2022 : juteux, frais, fin, peu de bois, déjà très accessible, superbe.
Cerise vineyard pinot noir 2022 : joli nez, mais bouche avec encore pas mal d’élevage, plus de volume et de tannins, clairement à attendre.
Julien Vedel - Vouvray Le compte Marc 2012 : couleur or pâle, nez très fruité, sur la pomme et la poire, impression de sucrosité, bouche sèche, vive, fruitée, un côté pâtissier en plus des fruits du nez. Frais et facile à boire. Manque un peu de complexité en l’état, mais un beau Vouvray qui s’en est bien sorti au milieu de quelques grands vins. B+.
Près de 10ans plus tard
Julien Vedel Le Compte Marc, Vouvray 2012 : un nez d'abord résine, zeste citron vert, un peu miellé, bouche très tendue, très énergique, salivante, moins de volume que le Tissot mais il s'en sort très bien derrière grâce à son acidité plus élevée, beaucoup de longueur aussi, dans un style plus vertical, je lui trouve beaucoup de profondeur aussi. Un peu surpris mais très heureux à la découverte de l'étiquette pour ce vin que j'avais goûté ici-même en présence de Jull (et de Thibault Liger-Belair) à sa sortie, qui était très bon mais bien plus en largeur que ce soir-là et que je n'aurais pas forcément vu vieillir aussi longtemps. Comme quoi ! Bravo au vigneron, sur un de ses premiers millésimes en plus. TB++.
Julien Vedel, Vouvray Le Compte Marc 2023 : (parcelle de 0,2 ha, vignes centenaires sur la première côte de Vouvray, pas de malo) chenin un peu plus doré, nez plus mûr, plus concentré, bouche à la fois plus mûre, sur les agrumes et le coing, plus volumineuse mais aussi plus tendue, plus d’acidité et de longueur ici, tout en restant sur un petit 12 d’alcool. Très bel équilibre, surtout pour 2023. Déjà accessible avec un tour en carafe mais bon potentiel de garde aussi. TB+.
Bollinger, PN VZ 16 : (pinot noir Verzenay Brut. Base 16 + Réserve depuis 2006. Dég janvier 2021) couleur claire, nez encore jeune, floral, élégant, pas très marqué par les lies, ni très vineux pour un pinot noir. La bouche est élégante, bulle fine, plutôt sur la tension, peu de sucres, très différente du Bollinger BSA, avec une belle allonge en finale sur de petits amers. TB+.
Aldinger, Sekt Brut Nature 2017 : (38% chardo, pinot noir, pinot meunier. Dég juillet 2023) Couleur or, plus doré que le Bollinger PN VZ 16 bu en parallèle, nez de brioche, fruits jaunes, pain grillé. Bouche avec une bulle à peine moins fine que le Bollinger, plus marquée par les lies, semble un peu plus évoluée, briochée, plus mûr, presque plus dosé (alors que c’est l’inverse), belle finale, peut-être un peu plus sur la salinité que l’amertume ici. Très beau duel. TB+.
JC Bachelet, Saint Aubin Combes au sud 2020 : chardo classique, nez beurré, léger grillé, vanillé, bouche en rondeur, encore un peu d’élevage mais classieux, finale avec une pointe d’amertume, qui manque un peu d’allonge. Mais pas de chaleur excessive pour 2020. A attendre sereinement. TB.
Valahorum (Valahorum est une « société » qui réunit plusieurs producteurs, régions et cépages emlématiques de Roumanie) Tohani (Tohani est un domaine de 365ha situé dans la région de Dealu Mare, sur le 45e parallèle. De 1948 à 2000 il est propriété de l’Etat : une cave et un musée avec plus de 100 000 bouteilles sont construits. Il est depuis privatisé et a modernisé ses infrastructures), Apogeum Feteasca Negra Editie Limitata 2016 : (édition notamment servie par F. Hollande à l’Elysée) Couleur grenache, joli nez avec un beau fruité, rouge confituré, épices, petite touche lardée, élevage bien intégré. Bouche en rondeur et finesse, l’alcool ne se sent que par le fruité un peu confituré, mais sans excès, c’est assez long, très gourmand, rappelle un joli grenache du sud par exemple, avec des tannins très fins. TB+.
Giachino, Ma Douce Isere IGP Coteaux du Grésivaudan 2020 : (douce noire, mondeuse, persan, joubertin. 11%) Clair et violacé, nez fruits noirs, violette. Bouche légère en alcool, très fruitée, florale, pas un gros volume, petits tanins qui serrent en finale mais donnent un peu de caractère, un peu « canaille » dans le bon sens. TB.
La Loba, Ribera del Duero 2015 : puissant, mûr, serré, encore tout jeune, à attendre sereinement. B+.
Valahorum Paolo Mennini, Negru de Dragasani sec 2016 DOC Dragasani : (cépage negru de Dragasani) couleur noire, nez fruits noirs, chocolat. Bouche puissante, mûre, chocolatée, légèrement boisée, tannins serrés. B.
La Préceptorie, Vin de France Vinum Praeceptoris L20 : (18%. Grenaches blancs, gris et maccabeu. Elevage barriques en extérieur, en milieu oxydatif, « façon rancio sec » mais avec des sucres résiduels ») Couleur ambrée, nez oxydatif, mais aussi un peu de fruits type abricot sec. Bouche avec de l’ampleur, de la fraîcheur, les quelques grammes de sucres résiduels équilibrent bien le vin et empêchent toute austérité. De la puissance et de la gourmandise e même temps, très long et bien équilibré. TB++.
Clos Cassivet, Uni 1992 : (cépage ugni, vendangé botrytisé, tout a fermenté. Non commercialisé. Ramené du salon Be Rancy) Couleur ambrée, nez très pinède, méditerrannéen, herbes aromatiques, oxydation finalement pas trop marquée, bouche très sèche, façon Xeres fino un peu, pas beaucoup d’alcool par rapport au précédent, belle sensation saline, beaucoup de longueur, un OVNI très intéressant, manque un peu d’ampleur pour chipoter, 2-3% d’alcool en plus l’aurait peut-être aidé, surtout derrière La Préceptorie. TB+.
Justino’s, Madère Tinta Negra 1998 : couleur acajou, nez chocolat noir, toffee, boisé façon whisky en fût de sherry, girofle. Bouche assez ronde, avec pas mal de sucres et une acidité pas très haute pour un Madère, sur le registre de la gourmandise donc. TB.
Chartreuse, Fabiola Tarragone 1966-1973 : très belle version, pas trop sucrée, très plantes type pinède ici, épices, beaucoup de fraîcheur, et toujours cette sensation de jeunesse insolente. TB++.
Originaire de Poligny, Olivier Saint-Priest travaille au domaine Labet pendant 12 ans avant de s’installer entre Rotalier et Saint-Lothain où il exploite aujourd’hui 1,25 hectares de vignes.
El Babou - Rock n' roll Vin de France : (2020. Savagnin ouillé. Elevage long, 4ans ? Vinifié sans intrants) Couleur dorée, nez éclatant dès l'ouverture, mûr avec des fruits secs, du citron confit, de la poire, des fruits jaunes, miel, petite touche noisette avec l'ouverture. La bouche est propre, accessible dès l'ouverture, pas de perlant, sensation d'un vin mûr avec les arômes du nez, mais aussi très énergique, avec du volume, une acidité haute, une toute petite volatile bien intégrée, la finale est longue, précise. Le style me rappelle Ganevat par exemple. TB++.
"Domaine créé fin 2020 (premier millésime en 2021) par Jean Orsoni et Juliette Puypéroux, qui se sont rencontrés à Paris (elle travaillait pour Rothschild Distribution et lui pour la Banque publique d'investissement). Ils récupèrent 5ha de vignes familiales : 1,5ha en Côte de Beaune Les Monsnières et 3,5ha sur Savigny (dont 0,3 de blanc). Certifié bio. Pour le moment, une partie des raisins ne peut être vinifiée et est donc vendue. Etiquettes de Louise Lachaux"
"Vinification (whites): Whole cluster pressing, 24- to 48-hour cold settling, aging for 9-12 months in 228L and 400L barrels, occasional batonnage.
Vinification (reds): 0-50% whole cluster, light daily pump-overs and just two foot punch-downs at the end of fermentation, aged 10-12 months in barrels. No fining, occasional light filtration, minimal SO2 addition only if needed."
Le Puy de l'Ours - Savigny-les-Beaune les follettes 2022 : couleur rubis, brillante. Nez de fruits rouges un peu sucrés, cerise surtout, gourmand, légèrement pivoine, petite touche vanillée lactée d'élevage. Bouche ronde, gourmande, pleine de fruits, facile, avec l'ouverture le côté vanillé mais surtout lacté voire un peu beurré ressort, longueur moyenne. B+.
Damascene
Damascene, WO Swartland syrah 2021 : (créé en 2019 par Jean Smit et David Curl, après un passage en Californie, chez Stéphane Ogier, chez Badenhorst puis plusieurs années chez Boekenhoutskloof. . Basé à Elgin. Raisins du Swartland, Cederberg et Stellenbosch. Style « rhodanien ». Swartland : 3 parcelles, granit, schiste et argile, majorité schiste. 11mois cuves bois 2000L. Environ 70% VE) Couleur sombre, nez élégant mais qu’il faut aller chercher, fruits noirs, violette, zan, graphite. Bouche tendue, fraîche, un peu fermée, austère, mais très noble, beaucoup de finesse, on sent qu’on a voulu privilégier la fraîcheur ici. Manque de gourmandise dans la série par comparaison, mais un style intéressant, très fin et frais pour le Swartland. Il a divisé l’assemblée. TB.
(pas de malo) chenin 22 Stellenbosch, sent les lies, pas de gras, citronné, manque de peps et d’intensité. Chenin Swartland 22 beaucoup plus intense, plus de corps et plus d’acidité, moins marqué lies, très long, tendu tout en ayant du fruit, superbe. Sémillon 22 miellé noisette, manque d’acidité derrière bien sûr mais bien fait. Syrah 22 Swartland violette, fin, très « français », bon et facile, un poil lisse. Ceres plateau syrah 22 un peu orangette, même côté un peu lisse. Cabernet 21 Stellenbosch végétal, violette nez de cabernet mais bouche très fine, léger boisé, tannins très fins, un poil lisse aussi.
Lourens
Lourens, WO Piekenierskloof Lua Ilse Grenache 2022 : (domaine créé en 2016 à Paarl par Franco Lourens ancien bras droit de Chris Alheit (qui a aussi travaillé chez Vasse Felix, Ramay, Matassa…) Il partage son chai avec Van Loggerenberg. Lua Ilse est le nom de sa fille, premier millésime en 2019. 100% grenache non greffé à Piekenierskloof (Swartland), élevage fûts non neufs de 500L. 25% grappe entière) Couleur rubis, nez un peu pinot, infusé, fruits rouges, framboise, pivoine, très élégant et éclatant. La bouche est plus typée grenache, mais sans aucune lourdeur, ronde, fruité rouge sucré, peu de tannins, très floral et élégant, frais, manque juste un poil d’allonge pour être parfait, mais il offre beaucoup de plaisir en l’état. TB+.
Lindi carien 23 vif, un peu noisette, pas très long mais frais. Skuinskap steen chenin 23 plus vif, peu aromatique, lies, les 14% d’alcool le rattrapent un poil sur la finale. Howard john 23 un peu orangette, tannins fins, mais simple, court. Lua Ilse 2023 grenache exceptionnel, aérien, très fin, mais sans manquer de longueur, frais, extra.
Négoce situé à Beaune. Premier millésime en 2020
"currently working half part at Domaine Roulot after studies at Viti Beaune and then work at Armand Rousseau, Philippe Pacalet. Kei has produced only 8000 btles, purchasing grapes from great sources/plots (Pommard, Gevrey, Gevrey 1er cru Cherbaudes, Charmes Chambertin), following up himself viticulture & harvest. Vinification : strict sorting, whole cluster, light extraction (pump-over), ~2 weeks maceration, vinification without sulfur till malo, Rousseau oak barrels, ~ 18 months ageing, light filtration." Athenaeum
Kei Shiogai - Bourgogne blanc Les Famelottes 2023 : (sous Puligny) Couleur or pâle, style assez classique, avec un bel équilibre entre tension et léger gras, pas de lourdeur ni de côté trop aromatique pour 2023, il reste frais, avec une bonne longueur. Se livre déjà bien. Un régional au niveau d'un bon "village" beaunois. TB.
Domaine en cours de certification bio (pour le millésime 2023), avec un très gros travail à la vigne, vinifications douces, sulfitage à la mise uniquement. Vins égrappés, sur la finesse et le fruit.
Pierrick Bouley (Grands Jours 2022)
VOLNAY Rouge2022, POMMARD Rouge2022 un peu plus rond et sucré, VOLNAY 1ER CRU Monopole Les Grands Champs Rouge2022 style plus fin, VOLNAY 1ER CRU Champans Rouge2022 plus serré, VOLNAY 1ER CRU Clos des Chênes Rouge2022 (tout égrappé) un style de vin avec de la couleur, concentré, mais avec de la fraîcheur derrière et du fond, encore jeunes, beau potentiel.
Bourgogne rouge 2021 : très clair, jus de fruit, fin, pas du tout de verdeur, gourmand et frais. TB.
Volnay 2021 : (2,43ha Gigotte, Grands champs, Paquier, Luret, Echard, Pluchots, Chanlins... Elevage 20% fût neuf. SO2 Total 73mg à la mise uniquement. 2022 a 5% fût neuf et 46mg) Couleur très claire, nez à peine toasté à l'ouverture, l'élevage est plus discret après quelques heures, beaucoup de petits fruits rouges, élégant. Bouche légère, juteuse, pleine de fruits rouges, gourmande, glisse tout seul, assez simple mais quand même une bonne longueur, on y retourne facilement. TB+.
Monthelie 2021 : (25% fûts neufs, 48mg) plus sombre que le Volnay 2021, plus serré, moins accessible tout de suite mais presque plus de fond, moins jus de fruit, pas d'élevage ressenti, plus en tension. TB+.
Domaine de 7ha à Nuits-St-Georges. Les vins autrefois traditionnels, de bonne facture mais demandant un peu de temps en cave, se sont affinés depuis l'arrivée de Clément. Le travail à la vigne a progressé et la certification bio est arrivé en 2019.
Clément Chicotot - NSG Les Charmottes 2022 : Couleur sombre, nez avec un côté vieux fûts poussiéreux à l'ouverture, un fruit un peu cuit pour un jeune pinot. C'est un peu mieux avec l'ouverture, mais le vin manque d'élégance et d'éclat. Peut-être un problème de bouteille.
Domaine historique de 12ha situé à Apetlon, sur le lac Neusiedl. Heinz Velich, le frère de Roland Velich (qui lui est parti se consacrer au blaufrankisch sur le domaine Moric), se consacre uniquement aux cépages blancs et en majorité sur le chardonnay.
Velich - Tiglat chardonnay 2021 : (Vignes plantées en 1959 en pensant que c'était du pinot blanc. sols "noirs" de sédiments et alluvions, avec des graviers, un peu de calcaire par endroits. Elevage en demi-muids sur lies. 14%) Couleur or, nez de chardonnay mûr, fruits jaunes, floral, léger boisé, beurré. Bouche avec un gros volume, grasse, à la texture presque huileuse, mais pas non plus très boisée, on sent que l'alcool est élevé, riche, opulent mais l'acidité est élevée, on trouve aussi des notes d'agrumes, et de citron, un peu miellé aussi, finale longue, qui garde un joli fond minéral. C'est bien sûr encore un peu jeune. L'équilibre est bon, mais c'est un profil sur l'opulence, qui demande la table, on a quand même du mal à finir la bouteille. Par contre à J+2 il se comporte mieux, avec la sensation qu'il est légèrement moins opulent. A revoir dans quelques années maintenant. TB.
Velich, Darscho 22 chardo grillé des lies, encore un peu sur l’élevage, B+.
Premier millésime 2019 à Baden, 2020 à Auxey, 2021 à Volnay. Bastian Wolber est le frère de Christoph (formé en partie en Bourgogne lui aussi) qui vinifie les vins du domaine Wasenhaus en Allemagne. Bastian a donc appris auprès de son frère, puis auprès de JY Bizot, Ganevat, Dreyer... Petit à petit il a réussi à trouver quelques petites parcelles, il continue de faire du négoce, un peu de fermage aussi, en France et avec des projets en Allemagne.
Les blancs comme les rouges sont tous en grappe entière, élevages en veux fûts, extraction minimale sur les rouges, pas de collage ni de filtration, très léger sulfitage si nécessaire à la mise uniquement.
Bastian Wolber Laisse Tomber - Gamay 2023 : (à Beaujeu, à l'ouest de Lantignié et de Morgon. Grappe entière. Carbo ? Elevage vieux fûts. 10mg à la mise seulement) Couleur claire pour un gamay avec des contours violets. Nez avec une très légère réduction au départ, qui part vite, puis très expressif, beaucoup de fruits, mûre, framboise, pas trop amylique pour une carbo, beaucoup de pivoine/violette aussi, pas du tout d'élevage ressenti. La bouche est juteuse, croquante, aromatique encore assez simple, fruitée/florale, acidité élevée pour 2023 qui lui va bien, pas très haut en alcool (12,5-13), très digeste, la finale montre quelques petits tannins qui donnent un peu d'allonge et un petit brin de rusticité plutôt bienvenu. Joli gamay sur le fruit, pas spécialement typé nature. TB.
Bastian Wolber, Côte d'or bourgogne blanc 2022 : (chardo, bas de Puligny ?) assez coloré, nez un peu pomme blett, levure. Bouche vive, tendue, légère en alcool, fraiche, pas du tout de gras, pas de bois ressenti, finale un peu brouillonne. B-.
Projet de l'œnologue Lefteris Anagnostou (consultant chez Karamolegos, entre autres) et du caviste d'Oenohoros Konstantinos Makridimitris. Le but est de remettre à jour les régions/cépages/vieilles vignes oubliées, faisant partie du patrimoine grec. Ici, sur l'île de Naxos, les vieux cépages sont nombreux, avec des vignes franches de pied, sur des sols sableux et un socle volcanique. Premier millésime en 2020
Voir l'article de Yiannis Karakasis ici : https://www.karakasis.mw/wine-revelations-ekho-project-wines-made-old-vines-found-areas-are-historically-significant
Ekho - Naxos red 2020 : (100% limnio. Vignes de plus de 80ans sur sables et sols volcaniques. 20 mois d'élevage en cuves inox et vieux fûts de 300L. 580 bouteilles produites) Couleur rubis aux contours déjà tuilés, façon nebbiolo. Nez d'orangette, kirsch, prunes rouges, épices (poivre, muscade), herbes méditerranéennes, déjà un peu d'évolution pour 2020. La bouche est sur les fruits rouges à l'eau-de-vie, demi-corps, pas très haute en alcool, avec une bonne acidité, c'est frais, mais manquant un peu d'éclat, petite touche évoluée là aussi, finale avec des tannins qui apparaissent et donnent de l'allonge, façon nebbiolo mais avec moins d'alcool, façon xinomavro donc. Je me demande si je n'aurais pas préféré ce vin sur le fruité de la jeunesse. Une bouteille légèrement fatiguée n'est pas à exclure non plus. B.
Vignes plantées en 1993 par Rafael Tirado, à l'extrémité est de Maule, à près de 600m d'altitude, sur le lac Colbún (un des seuls domaine de la DO), sur des sols volcaniques. Il a appris chez Veramonte, puis quelques stages chez Marionnet, Terrebrune, Franciscan, Quintessa, du consulting... Il quitte Veramonte en 2007 pour se consacrer à Laberinto.
On y trouve le sauvignon blanc, chardonnay, riesling et sémillon pour les blancs et ainsi que merlot, cabernet-sauvignon et cabernet franc, syrah, pais et pinot noir pour les rouges, répartis en 23 hectares de vignobles reposant sur des cendres volcaniques sur fond granitique.
Laberinto - Arcillas riesling 2022 DO Colbún Valle del Maule : (12,5%. 7,4 AT ph3,15. Cuvée née en 2019 vignes de 30 ans sols volcaniques. Parcelle de 0,7ha. 20% a fait 5 jours de macération. Elevage 8 mois amphores et cuves béton. 2022 est un millésime frais dans la région) Couleur or pâle, nez un peu réservé, pierre mouillée, citron, quelques fruits plus mûrs type abricot/pêche, à peine floral et fenouil en se réchauffant. La bouche est plus intéressante à l'heure actuelle, très belle acidité, il y a du volume, pas d'élevage, une sensation minérale, la macération ne se sent pas beaucoup, juste une toute petite sensation de petits amers et de petits tannins sur la finale qui donnent de l'allonge et du caractère, ça ne fait pas spécialement riesling, mais on a l'impression de sentir un terroir. En tout cas c'est original, digeste, avec beaucoup de fraîcheur. On sent que c'est un peu jeune, mais avec un bon potentiel de garde. TB.
Laberinto, Arcillas país 2022 DO Lago colbún : (emblème du Labyrinthe = diversité, complexité et harmonie de nos vins. La forme circulaire c’est aussi le tout, une démarche holistique… » Viti régénérative. Vignes plantées en 1993 par Rafael Tirado, à l'extrémité est de Maule, à près de 600m d'altitude, sur le lac Colbún (un des seuls domaine de la DO), sur des sols volcaniques. Ici 0,7ha plantés sud, sols volcaniques, 550m altitude, secteur Maiten. 30% VE. Elevage cuves béton et amphores) Couleur très claire, joli nez de cranberry, réglisse, petits fruits rouges, fumé. Bouche plus austère que le nez, qui avec l'ouverture va perdre un peu de son fruité pour laisser place au fumé et un côté presque ferrugineux. B.
Les Vins d'Afrique du Sud
L'Afrique du sud est un vignoble très solaire et sec : Stellenbosch est sur le 34e parallèle (=sud de l’Espagne). On plante donc là où le climat est méditerranéen. Les vignes sont au sud, en montagne (500-600m pour le plus haut), sur la côte atlantique et autour de False Bay où l'on trouve un vent frais surnommé le « cape doctor ».
Histoire :
17e siècle les Hollandais arrivent en Afrique du Sud. Ils plantent les premières vignes.
19e siècle (jusqu’au phylloxéra) gros développement du vignoble, grâce aux Anglais qui occupent l’Afrique du Sud.
1948-1991 : L'Apartheid freine les exportations.
Après 1991 : Reprise de exportations. Beaucoup de grandes marques. On plante beaucoup, on favorise les rouges, le volume, les cépages internationaux.
Années 2000 : Swartland Revolution grâce à Eben Sadie, Mullineux, Badenhorst, Porseleinberg.
Quelques Chiffres :
9e producteur mondial avec 92 000 hectares. (Environ taille de Bordeaux).
Aujourd’hui 55% vins blancs et 45% vins rouges. (Dans les années 1990 80% de blancs !) Etonnant pour un pays chaud.
Près de 30% des vignes ont moins de 10ans.
Consommation locale : 6,6 L moyenne /an / habitant (44 L en France). La bière est de loin n°1 en Afrique du Sud. Mais les chiffres sont en hausse. Localement on boit surtout des vins bas de gamme, mais là aussi c’est en train de changer : de plus en plus de vins Premium et des Consommateurs de mieux en mieux éduqués.
Export : Moitié d’export / Moitié conso locale. Export Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas. Grosse partie de vins en vracs (sauvignon, chenin et chardonnay en tête).
Cépages :
Chenin (19%), Cabernet Sauvignon, colombard et sauvignon (11%), le Shiraz (10%) chardonnay et pinotage (7%), merlot (6%).
Pays où est planté le plus de chenin blanc au monde. 16 827 ha en 2021.
Le cépage Pinotage ; il est unique à l'Afrique du Sud. Il a été développé en 1925 par le professeur Perold à l'université de Stellenbosch, et est un croisement entre le Pinot Noir et l'Hermitage (Cinsaut).
Soirée n°1
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1 Chris Alheit, WO Western Cape Hereafter here chenin 2022 : (Domaine créé en 2010 de 21ha basé à Walker Bay, mais travaillant dans différentes régions, une partie en négoce et une partie en vignes personnelles. Spécialisé dans le chenin, plutôt autour du Cap. 100% chenin. Jeunes vignes du Swartland, Piekenierskloof, the Bottelary, Polkadraai, Paardeberg et Tygerberg. Pressurage grappes entières. Fermentation et élevage barriques anciennes 12 mois, puis 6 mois en cuves sur lies fines.1,6gr SR. 13,2% vol. ph 3,4) Couleur dorée, nez de fruits exotiques et fruits jaunes, miel. La bouche est bien équilibrée entre le fruité mûr et un travail sur la fraîcheur, avec de la vivacité, pas vraiment de gras, pas trop d’alcool ni trop de volume. Belle entrée de gamme, pas très complexe mais quand même un peu de longueur, le vin reste frais, fruité, facile à boire, parfait pour commencer. TB.
2 Eben Sadie, WO Swartland Skerpioen 2022 (chenin, palomino) : (Créé en 2000 par Eben Sadie, après plusieurs années passées un peu partout en Europe et notamment à Terroir Al Limit. Style « européen ». Achats de raisins, sur 38 parcelles, surtout dans le Swartland, toutes en biodynamie. 50% chenin, 50% palomino Entre Dwarskerbos et Eland Bay Vignes de 1946 65ans à 2kms de l’Atlantique, 30m altitude. 2000 pieds / ha. Sols calcaires et un peu de sable. Fermentation et Elevage 1an foudres anciens acacia et chêne) Couleur or, nez de fruits du verger mûrs, miel, acacia, touche fumée, subtil mais il pourra gagner en complexité avec le temps. La bouche présente un très beau volume, mûre, sans être alcooleuse, avec une très belle acidité qui porte le vin très loin, la finale est très longue, salivante, avec une sensation de salinité et de minéralité. TB++.
3 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge chardonnay 2022 : (Après 12 ans chez Hamilton Russell, Hannes Storm a planté des vignes en 2008 et premier millésime du domaine en 2012. 330m alt. Vignes de 2009. Parcelle 1,1ha est. 7500 pieds /ha. Sols d’ardoise riches en argile. Elevage 8 mois en barriques françaises de 228l. 32% neuves. 10% du vin est élevé en amphore. 13% vol. 6,9 AT. pH 3,11. 3gr SR.) Couleur or pâle, nez très chardonnay bourguignon au départ, fruits jaunes, beurré, brioché, toasté, avec l’ouverture de plus en plus ananas voire mangue qui détournent un peu de la Bourgogne car pour le reste c’est du classique. La bouche est très bien faite, classique, avec de la rondeur, du gras, du fruit mûr, et une belle acidité derrière, encore un peu d’élevage vanillé à intégrer. La longueur est là. Très beau chardonnay, auquel on peut juste reprocher de manquer un peu d’originalité. TB+.
4 Reyneke, WO Stellenbosch Reserve white 2021 (sauvignon) : (vaste domaine en biodynamie, sur le secteur de Polkadraii, à l’ouest de Stellenbosch. Elevage 80% fûts neufs) Couleur or pâle, nez de sauvignon mûr, buis, agrumes, touche fumée, assez proche d’un joli sauvignon de Loire, pas du tout typé Nouvelle-Zélande par exemple, l’élevage est discret. La bouche est très vive en attaque, là aussi on a du mal à croire qu’il y a eu de la barrique neuve, frais, demi-corps, mais la finale retombe assez vite, l’acidité s’arrêtant en milieu de bouche, et il n’y a plus grand-chose derrière pour prendre le relais (un vin acidifié ?). Dommage car le nez et l’attaque étaient très prometteurs. TB.
5 Lukas Van Loggerenberg, WO Franschoek Lötter cinsault 2021 : (Créé en 2016 à Paarl, après un voyage dans la Loire au domaine de la Chevalerie notamment. Au début il ne voulait faire que du cabernet franc et du chenin, mais il y a aussi un peu de syrah et de cinsault aussi désormais. Petit domaine qui travaille sur la fraîcheur, peu interventionniste, pas de bois neuf. Vignes plantées en 1932 par Koos Lötter. Climat frais. Sols granits décomposés et grès. 100% égrappé. Elevage œuf béton. Juste sulfité à la mise. 12,5%) Couleur grenat, soutenue pour un cinsault, le nez est très délicat, très pivoine, fruits rouges, orangette, épices, petite sucrosité gourmande. La bouche est légère en alcool, fraîche, acidulée, florale, aérienne, facile à boire, elle manque juste un peu de longueur. TB+.
6 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge pinot noir 2020 : (cuvée avec les vignes les plus élevées, plus frais et plus tannique de Ridge) 300-350m 1,2ha Est. 7à8000 pieds/ha sur schistes argileux, planté en 2008. Egrappage, macération à froid pendant 10 jours, Elevage 11 mois en barriques françaises de 228l. 16% neuves. 13% alc. 5,6 AT. Ph 3,65. 2,8gr SR) Couleur très claire, à peine rouillée, nez de pinot un peu fumé, qui me rappelle des expressions que nous avons déjà eu en Allemagne ou en Suisse, avec un côté viande des grisons, mais aussi kirsch, début d’évolution, sous-bois, épices, encore un peu d’élevage. Bouche avec des tannins fins, du fruit, un élevage fumé, beau volume, de la fraîcheur, des notes végétales en milieu de bouche surtout, finale assez longue, avec une belle allonge, presque un peu fumée/salée, sans lourdeur. TB+.
7 Eben Sadie, WO Swartland Treinspoor 2016 (tinta barroca) : (à côté de Malmesbury, à côté d’un gare ferroviaire désaffectée d’où son nom. 135m altitude. 2500 pieds / ha. Vignes de 1974 sur granit et sables. 28hL/ha. 50% VE. 30 jours de fermentation en cuves béton + 13 mois d’élevage en foudres) Couleur rubis, un peu trouble mais peu évoluée. Très joli nez, qui fait de suite penser à du nebbiolo, avec de la rose, des fruits rouges, un côté goudron, tabac, encore tout jeune. La bouche est fraîche, pas très épaisse, mais toute en allonge, avec une finale acidulée, aux tannins qui font claquer la langue sur le palais mais sans assécher, faisant saliver, sensation saline qui donne envie d’y revenir. Belle découverte pour tout le monde. TB++.
8 Kanonkop, WO Stellenboesch Pinotage 2013 : (Kanonkop « coup de canon » 100ha créé en 1910 par la famille Sauer. Au pied des montagnes du Simonsberg, 10km au nord de la ville de Stellenbosch. Uniquement des cépages rouges. Pinotage = croisement du pinot et du cinsault en 1925 à l’université de Stellenbosch. Elevage 1an et demi fûts français dont environ 2/3 fûts neufs) Couleur sombre, peu évoluée. Nez de fruits noirs, cassis, pruneau, sous-bois, élevage encore un peu marqué, épices, café, cacao. Bouche toute en rondeur, avec de la sucrosité, encore jeune, confiturée, gourmande, l’alcool est enrobé, les tannins aussi, le tout donne l’impression d’un vin fondu, gourmand, et au final digeste et presque facile à boire dans un style tout en largeur, à l’opposé du précédent. TB.
9 Mullineux, WO Swartland Granite syrah 2021 : (« Moulin à eau ». Créé en 2007 par Chris et sa femme Andrea. Ils se sont rencontrés lors de stages en France (Rhône sud, Bandol, champagne). Membre de la Swartland Revolution. Achat de raisin juste sur la gamme Kloof Street. Granit sur la montagne de Paardeberg. 100% grappe entière, fermentation et macération longue en 500L. Puis élevage 12mois en 500L dont 25% neufs, puis 9 mois de foudres) Couleur très noire, nez de syrah noble, cassis, mûre, violette, graphite, élevage parfaitement intégré. La bouche a beaucoup de volume, belle acidité, noble mais encore très jeune, avec des tannins serrés en finale, beaucoup de fond et de longueur mais clairement trop jeune en l’état. Probablement un grand vin dans 10ans. TB+.
Soirée n°2
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1 Chris Alheit, WO Paardeberg (Swartland) Fire by night 2022 (chenin) : (à Nuwedam, Paardeberg, 300-350m alt. Sols granits décomposés. Plantées entre 1972 et 1985. Non irrigué. 2 500 Pieds / Ha, taille gobelet. Pressurage grappes entières, fermentation et élevage en barriques neutre et cuves ciment ovoïde. 12,5%) Couleur claire, nez discret, agrumes, miel, floral. La bouche est très fraîche, très minérale, très élégante, encore un peu fermée, mieux après carafage, elle manque d’un peu de volume, mais c’est long, salivant, caillouteux, très joli style, juste un peu trop austère en l’état. TB+.
2 Eben Sadie, WO Swartland Palladius 2021 (chenin, grenache Blanc, marsanne, roussanne, viognier, sémillon, colombard, verdellho et palomino) : (17 vignobles autour de Paardeberg, Piketberg & Santa Helena Bay planté entre 1900 et 2000 altitude et terroirs variés. Sols granits + sables et grès. vinification en amphores et cuves béton ovoïdes. Elevage 12 mois sur lies dans les mêmes contenants puis 12 mois en foudres) Couleur or, nez d’abricot, fruits blancs, miel, semble assez mûr mais sans lourdeur. La bouche est bien plus puissante que le précédent, avec un gros volume, mais aussi une grosse acidité, pas de bois, beau fruité à l’attaque plutôt gourmand pêche, abricot, la fin de bouche se retend, plus minérale, plus agrumes, très longue, salivante. Là aussi c’est encore un peu jeune probablement mais le vin se livre déjà. Très bel équilibre. TB++.
3 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge 2022 (chardonnay) : voir soirée n°1
4 Lourens, WO Piekenierskloof Lua Ilse Grenache 2022 : (domaine créé en 2016 à Paarl par Franco Lourens ancien bras droit de Chris Alheit (qui a aussi travaillé chez Vasse Felix, Ramay, Matassa…) Il partage son chai avec Van Loggerenberg. Lua Ilse est le nom de sa fille, premier millésime en 2019. 100% grenache non greffé à Piekenierskloof (Swartland), élevage fûts non neufs de 500L. 25% grappe entière) Couleur rubis, nez un peu pinot, infusé, fruits rouges, framboise, pivoine, très élégant et éclatant. La bouche est plus typée grenache, mais sans aucune lourdeur, ronde, fruité rouge sucré, peu de tannins, très floral et élégant, frais, manque juste un poil d’allonge pour être parfait, mais il offre beaucoup de plaisir en l’état. TB+.
5 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge 2020 (pinot noir) : voir soirée n°1
6 Kanonkop, WO Stellenboesch Kadette pinotage 2021 : (Kadette = les seconds vins, avec du négoce et des vignes plus jeunes. Elevage 1an fûts français de 225L de 2e et 3e remplissage. Alc 14,4%, ph3,66, SO2 total 94mg SO2 libre 44mg) Couleur sombre, nez sur les fruits noirs, le chocolat, peu de bois par rapport aux cuvées supérieures. Bouche gourmande, toute en rondeur, avec un fruité un peu sucré, ça reste assez simple mais bien réalisé techniquement pour cette entrée de gamme classique. B+.
7 Stark-Condé, WO Jonkershoek Valley Stellenbosch syrah 2018 : (Jonkerschoek valley sud-est de Stellenbosch. De 100à600m. Domaine créé en 1989 sur 240 ha dont 40 de vignes. Ici 3 parcelles. 98% syrah 1% roussanne 1% viognier. 10% grappe entière. Sols granit décomposé et argile. 20mois fûts chêne français 300L 10% neufs. 14%.) Une syrah très noire, au nez très cassis, mûre, un peu de violette. La bouche est très ronde, un peu sucrée, gourmande, pas très boisée par rapport aux grandes cuvées du domaine. La finale n’a pas la longueur ni le fond des précédents, mais c’est une entrée de gamme typique, bien vinifiée. B+.
8 Eben Sadie, WO Swartland Columella 2021 (syrah, mourvèdre, grenache, carignan, cinsault et tinta barocca) : (A Paardeberg, Kasteelbarg, Malmesbury, Piquetberg, donc altitudes et terroirs variés. Granite + ardoises, graviers. Fermentation en cuves béton ouvertes de 3300 l sous levures indigènes pendant 3 semaines. Macération post-fermentaire de 3 semaines supplémentaires avant transfert en barriques. Elevage 12 mois en barriques de chêne français (5% neuf) puis 12 mois en foudres) Couleur sombre, nez sur les fruits noirs, l’orangette, les épices, la cannelle, la violette, le pin. Bouche élégante pour un rhône blend à 14%, avec des tannins souples, peu extraits, du volume, une grosse acidité, un fruité très pur, moins épicé que le nez. C’est surtout la finale qui est intéressante, comme tous les Sadie, très fraîche, salivante, même sensation saline. C’est bien sûr trop jeune, le vin demande à gagner en complexité, mais il se livre déjà bien. TB++.
9 Klein Constantia, WO Constantia 2019 (muscat à petits grains) : (150ha environ, créé vers 1680. Fûts de chêne français et hongrois 500L dont 50% neufs. En Moyenne 160-170gr SR) Couleur or profond, nez exubérant, très aromatique, miel, litchi, rose, abricot. La bouche est haute en alcool (14%) pour un liquoreux, très dense, elle manque un peu d’acidité pour équilibrer le tout. B+.
Soirée n°3
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1 David & Nadia, WO Swartland Plat’Bos chenin 2021 : (David et sa femme Nadia Sadie (aucun lien avec Eben Sadie) ont fondé leur domaine à Siebritskloof dans la montagne de Paardeberg, au cœur du Swartland en 2010. Viticulture bio. 50% domaine/50% négoce. Plat’Bos : Parcellaire, le plus frais du domaine. David & Nadia gèrent la vigne depuis 2013. 1,8ha, bio, sols de granite. Vignes de 1981, vendanges en 3 fois, début février. Vendages précoces. Expo nord. Elevage veux fûts. 11,5% vol) Couleur claire, nez un peu fermé, agrumes, poire, zestes citron vert. Bouche légère en alcool, tendue, peu de volume, très épurée, presque un peu trop, sensation minérale intéressante, très fraîche, semble un peu bloquée. L’équilibre est intéressant, mais un peu jeune. Ne se livre pas complètement. Assez proche du Fire by night de C. Alheit. TB.
2 Eben Sadie, WO Swartland Skerpioen 2022 (50% chenin, 50% palomino) : voir soirée n°1
3 Thorne & Daughters, WO Swartland Paper Kite 2021 (95% sémillon blanc, 5% sémillon gris) : (En 2008, à leur retour en Afrique du Sud, John rejoint le domaine Thelema puis Iona mais il rêve de lancer son propre négoce. C'est chose faite en 2012, tout en travaillant en parallèle avec ses amis Chris Alheit et Finlayson. Achat de raisins et fermages dans plusieurs secteurs. Basé à Bot River, False Bay. Paper Kite : Vignes de 1963 sur Paardeberg (Swartland), vieux fûts 500-600L Stockinger. Sur granite. 12,9%vol. ph 3,24.) Couleur dorée, nez grillé, marqué par les lies, derrière du miel, fruits jaunes, coing. La bouche est bien équilibrée, mûre, avec du volume, peu de bois, belle acidité dans le fond, toujours marquée par les lies. La finale manque un peu de longueur et de fond par rapport aux deux précédents. TB-.
4 Duncan Savage, WO Western Cape Savage white 2022 (75% sauvignon blanc, 25% sémillon) : (Ancien winemaker de Cape Point vineyard, il monte en parallèle son négoce en 2011, s’agrandit peu à peu, et vole désormais de ses propres ailes. Tout est encore en achat de raisins. Son chai est à Salt River, au Cap, mais les raisins viennent de plusieurs régions. Style sur la finesse et la fraîcheur. White : raisins de Stellenbosch, the Overberg and Villiersdorp. Pressé grappe entière, 10mois fûts français de 500L dont 20% neufs) Couleur claire, nez marqué par le sauvignon au départ, buis, agrumes, sans excès de sous-maturité ni de surmaturité, très « ligérien ». La bouche est un peu différente, très beau volume, énergique, pêche, miel, cire, un léger gras sans être marqué par le bois, finale longue, salivante. TB+.
5 Donovan Rall, WO Western Cape cinsault 2022 : (ancien assistant d’Eben Sadie, il crée son domaine en 2008. Vinif peu interventionniste. 15ha environ. Swartland. Cinsault : Raisins de Darling, et un peu Swartland. 80à100% grappes entières, élevage en cuves béton pendant 6 mois. 12,5%. Vignes de 1952 et 1982) Couleur claire, nez plein de fruit, fraise, framboise, petite sucrosité, un peu bonbon primeur encore, épices, garrigue. Bouche très légère, peu de tannins, glisse tout seul, pas très complexe, mais très efficace, une entrée de gamme parfaitement réalisée, pleine de fruit et de fraîcheur. TB.
6 Duncan Savage, WO Darling Thief in the night 2022 (grenache) : (grenache à Piekenierskloof, même parcelle que la cuvée Soldaat d’Eben Sadie. 20% grappe entière, Elevage foudre. Vignoble en altitude, sur grès. 13%.) Couleur rubis, nez éclatant, plein de fraise écrasée, pivoine, poivre. La bouche est très gourmande, fruitée, tannins souples, plus de volume que le cinsault de Rall, le côté poivré/épicé apporte un surcroit de complexité à ce jus de fruit, ça reste très frais et en plus il y a une certaine longueur. Coup de cœur unanime. TB++.
7 Storm, WO Hemel-en-Aarde Ridge 2020 (pinot noir) : voir soirée n°1
8 Damascene, WO Swartland syrah 2021 : (créé en 2019 par Jean Smit et David Curl, après un passage en Californie, chez Stéphane Ogier, chez Badenhorst puis plusieurs années chez Boekenhoutskloof. . Basé à Elgin. Raisins du Swartland, Cederberg et Stellenbosch. Style « rhodanien ». Swartland : 3 parcelles, granit, schiste et argile, majorité schiste. 11mois cuves bois 2000L. Environ 70% VE) Couleur sombre, nez élégant mais qu’il faut aller chercher, fruits noirs, violette, zan, graphite. Bouche tendue, fraîche, un peu fermée, austère, mais très noble, beaucoup de finesse, on sent qu’on a voulu privilégier la fraîcheur ici. Manque de gourmandise dans la série par comparaison, mais un style intéressant, très fin et frais pour le Swartland. Il a divisé l’assemblée. TB.
9 Lismore, WO Cape South Coast syrah 2017 : (En 2000, Samantha O'Keefe quitte sa Californie pour venir vivre en Afrique du Sud. Elle déniche une ferme à Greyton, un village isolé entouré de montagnes (dans la région de l'Overberg au nord de Walker Bay) et décide d'y planter des vignes (elle est la seule à le faire dans cet endroit). Premier millésime en 2008. Syrah 2017 : (30 % de fruits Greyton plantés sur des sols de schiste lourd (schiste décomposé) sans irrigation, et de 70 % de fruits Elgin sur des sols de grès et de schiste.) Fermentation avec 40% grappes entières en cuves à l'air libre et avec 60% égrappées en cuves bois de 5000 litres. Elevage sur 9 mois en vieilles cuves de 3000 litres.) Couleur plus claire que le précédent, à peine évoluée, nez plus animal, surtout au départ, plus mûr, plus marqué fruits rouges, il me rappelle du sangiovese par exemple, pas très typé syrah en tout cas. Superbe bouche, plus puissante que le précédent, plus de volume, de gourmandise, fruité très pur, grosse acidité dans le fond qui équilibre le tout, grain de tannins fins et belle longueur. Très joli, dans un style Bruello tradi je trouve. A point. TB+.
Bonus Faury Saint-Joseph Les ribaudes 2022 : couleur sombre contours violets, encore jeune. Nez de fruits noirs confiturés, léger lardé, olive. Bouche avec beaucoup de volume, des tannins encore présents même s’ils sont de qualité, épicé, pas forcément très haut en alcool mais une sensation de richesse, de maturité très élevée, avec un fruité confituré. Bu à l’aveugle derrière les deux syrahs sud-africaines, personne ne pense à la France et évoque un climat bien plus solaire que celui de l’Afrique du Sud… Comme quoi le style « old world vs new world » est bel et bien démodé.
10 Eben Sadie, WO Swartland Treinspoor 2022 (tinta barroca) : couleur rubis foncé, superbe nez très élégant de pivoine, mûre, framboise, fruité très pur, très floral aussi, éclatant. La bouche, comme sur le 2016, pourrait faire penser à un nebbiolo, mais avec un peu moins d’alcool, pas beaucoup de corps, mais beaucoup de pureté, de tension, quelques petits tannins qui donnent beaucoup d’allonge, toujours cette finale très acidulée, saline, qui donne envie d’y retourner sans cesse. Un vin d’esthète, déjà délicieux. TB++.
Conclusion
Les participants ont été bluffé du niveau global des vins, lors des trois soirées. Il faut bien sûr être prudent : il s’agissait là des meilleurs producteurs du pays, très bien sélectionnés par nos importateurs en France. On ne peut donc pas vraiment dire que les vins étaient représentatifs de ce qui est produit globalement dans le pays.
Ce qui a frappé en premier, c’est la fraîcheur. Aucun vin n’était lourd. Quasiment aucun ne dépassait les 14%, avec une moyenne plutôt autour des 13% et des taux d’acidité globalement élevés. Il faut croire que la viticulture est parfaitement adaptée à ce climat solaire, d’autant plus que la majorité des vins provenait du Swartland, sans irrigation ni acidification. Les cépages, les clones/massales, les porte-greffes, les densités, les rendements, l’effeuillage… semblent parfaitement maîtrisés chez cette nouvelle génération de vignerons sud-africains. Il y aurait probablement beaucoup de leçons à en tirer pour nos vignobles du sud de la France…
Si l’on doit vraiment trouver à redire, les vins n’ont dans l’ensemble pas paru très originaux. Tout était très propre, techniquement bien maîtrisé, pas particulièrement d’excès de bois, mais dans des styles connus, que l’on pourrait qualifier « d’européen ». Bien sûr, les cépages utilisés ne permettent pas la même originalité qu’en Grèce ou au Portugal.
Les prix ont paru intéressants, allant de 30 à 70€ (un peu plus pour les grandes cuvées de Sadie) il n’y a donc aucune entrée de gamme bon marché ni aucun vin complètement inaccessible. Tous les vins de cette fourchette étaient au niveau des vins français de la même gamme de prix selon tous les participants.
Il y a donc de l’optimisme à avoir sur les vins sud-africains. Certes, ici aussi les conditions climatiques sont de plus en plus compliqués (peu d’eau, des orages rares mais de plus en plus violents…) mais cette génération qui a seulement une dizaine d’années d’expérience, progresse à une vitesse fulgurante.
Kuheiji, Bourgogne chardonnay 2020 : style mûr, fruits exotiques, opulent, encore de l'élevage, un début d'oxydation (trop travaillé) pas gênant, mais on se dit que ça ne vieillira peut-être pas beaucoup plus. B.
Jérémy Recchione - Hautes cotes de Nuits 2022 rouge : couleur trouble, assez foncée, nez très aigre, grosse volatile, kriek, groseille, vinaigre. Bouche avec une très grosse volatile aussi, vraiment compliquée, clairement du mauvais côté du nature, avec une finale un peu dure en plus. Moyen.
Rajat Parr se concentre désormais sur Phelan Farm. Il a laissé La Côte, Sandhi et Piedrasassi à Sashi Moorman.
Phelan Farm (Californie), Brij Albarino 2023 Santa Barbara County (100% albarino) : (domaine conseillé par Rajat Parr, achat de raisins en biodynamie sur cette cuvée. Elevage sur lies) Couleur or et trouble, nez un peu nature, fermentaire, pomme, levure, citron confit. Très belle bouche surtout, qui attaque très droite, citronnée, précise, aucun exotisme pour un albarino, elle finit très salivante, le côté enveloppant arrive sur la fin de bouche, c'est très appétant. Clairement en plein dans le thème pour tout le monde. TB+.
Phelan Farm, Autrement 2022 San Luis Obispo : (gamay, mondeuse, pinot) couleur claire, nez très floral, fruits rouges, infusé, quelques épices, Bouche légère, 12%, très épuré, fruité et floral pur, fond très caillouteux, tout en allonge, très long et salivant, un vin d'esthète. TB++
Piedrasassi, Santa Barbara County syrah 2021 : (domaine de Rajat Parr et Sashi Moorman) une syrah qui n'est pas sur granit ici, mais travaillée sur la fraîcheur, sulfitée à la mise uniquement, sans bois neuf, à la couleur sombre, au nez très syrah de lard fumé, d'olives noires voire d'anchois. Une bouche fraîche, avec une belle acidité, pas très tannique, à la limite de la sous-maturité pour certains, mais qui semble très saline et umami, poivrée aussi, très salivante, bien marquée par les olives noires. Encore plus umami que le Cornas de David Reynaud. TB+.
Domaine fondé en 2018 par Constantin Vellis à Martigné-Briand, ville du domaine Bernaudeau, entre autres. Après une carrière dans le conseil en ressources humaines, Constantin Vellis a décidé de se reconvertir dans le vin, travaillant ses 1,9 hectares en bio, quasiment en nature (juste un léger sulfitage à la mise). La cuvée Frénésie provient de la parcelle Guêpière, la cuvée Anicroche de la parcelle les Onglés.
Hélicon - Vin de France Frénésie 2021 : (100% chenin) Couleur or, nez de citron confit, fruits jaunes, miel, pointe de lies/grillé à l'ouverture, très légère volatile avec l'aération qui ne s'amplifiera pas. On est clairement sur la nouvelle génération "nature" de l'Anjou, avec un nez qui fait penser à Labet et consorts, sans aller trop loin non plus sur la volatile. La bouche est énergique, tendue, les 14% annoncés sur l'étiquette ne se sentent pas du tout, le fruité est mûr, toujours ce citron confit qui domine. La finale est précise, salivante, fraîche et digeste. Bu sur deux jours ça n'a pas bougé. Par rapport à ce que j'avais pu lire sur cette cuvée, ma bouteille semble avoir un peu moins de corps : il n'y a pas un gros volume, mais ça laisse le vin très digeste. Très convaincant pour une première rencontre. TB+.
"Pierre Fenals, millésime 1948, se lance dans la viticulture à 52 ans après avoir découvert les travaux de Steiner dans les années 90. Il entreprend alors un virage à 180°, puisqu’après avoir participé au déploiement de groupes à l’international, c’est vers la terre qu’il se tourne. De retour sur les bancs de l’école en Bourgogne, puis simple ouvrier viti-vinicole, il s’installe le 09/09/09 ! Avec deux hectares et demi en exploitation directe et trois hectares et demi d’achat de raisins, Pierre accorde un soin particulier à chaque pied de vigne : il ne se contente pas d’appliquer la biodynamie à la lettre mais cultive aussi les plantes qui lui servent à préparer tisanes et purins. Vinifications naturelles, juste un peu de SO2 à la mise" Cave pur jus
Maison En belles lies - Bourgogne chardonnay 2022 : (élevage 15 mois en 350L) Couleur dorée, nez de fruits jaunes bien mûrs, un peu de réduction autolyse grillé à l'ouverture mais elle disparait assez vite, floral, pas beaucoup d'élevage. Bouche avec de l'ampleur, mûre, joli fruité gourmand, on a du mal à croire qu'il n'y a que 12,5% comme annonce l'étiquette. En finale l'alcool ressort un peu, ça manque un poil d'acidité et de relance. C'est plutôt très bon au départ, mais on a du mal à finir la bouteille. Le lendemain le côté alcooleux a disparu, ça semble un peu plus frais et tendu bizarrement, il se goûte très bien. Très propre sur deux jours en tout cas, pas spécialement typé "nature" si ce n'est une toute petite volatile. TB.