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Mon carnet Vin
25 décembre 2025

Hélène Charbaut (Mareuil-sur-Aÿ) ***

 

Domaine créé en 2020 sur Mareuil-sur-Aÿ, Avenay-Val d’Or et Bisseuil. Elle reprend le domaine familial Guy Charbaut. 3ha. En conversion bio ?

 

Hélène Charbaut, La Meunière 2020 Extra Brut : (100 meunier, à Bisseuil, 50% fût 50% cuve, dég 10/2023) Couleur saumonée, nez très pinot, fruits rouges, frangipane, élégant. Bouche à la bulle fine, pas énormément de gaz, mûre et patinée, beau fruitée, pur, puis une finale qui s'allonge, fraîche, avec du fond et de l'élégance, précise. Très belle découverte. TB+.

 

 

22 décembre 2025

Bourgogne

Bordeaux étant sur le déclin depuis quelques années, la Bourgogne est probablement le vignoble le plus prisé du monde à l’heure actuelle. Sa petite taille (3% du vin français contre environ 30% pour Bordeaux) entraîne sa rareté et du coup la flambée des prix ces dernières années. Il ne faudrait pas qu’à l’instar de Bordeaux, la Bourgogne devienne la région des spéculateurs plus que des amateurs, ce qui commence malheureusement à être le cas. 

 

La région est divisée en 5 parties (même 6 normalement en comptant le Beaujolais). Au nord-ouest, dans l’Yonne se trouve la zone du chablisien et des côtes d’Auxerre, où les vins blancs sont tout en tension et en minéralité et présentent peut-être le meilleur rapport q/p de la région. Au sud, le Mâconnais, autour de Pouilly-Fuissé notamment produit de beaux vins blancs, qui, chez les meilleurs producteurs, se rapprochent doucement des vins de la Côte de Beaune. A Rully et à Givry, en côte chalonnaise, les producteurs travaillent aussi bien le rouge que le blanc, offrant de très bons vins à prix raisonnable. La Côte de Beaune, même si elle contient de beaux vins rouges sur Pommard, Volnay, Aloxe-Corton ou Beaune, est avant tout la zone des grands vins blancs. C’est ici que l’on trouve les grands crus autour du Montrachet, où le chardonnay livre sa meilleure expression. A partir de Nuits-St-Georges commence la Côte de Nuits, où le pinot noir devient magique, bien plus que partout ailleurs dans le monde (ce qui le différencie du cabernet sauvignon ?). Sur le côté ouest de la route nationale s’enchaînent les plus belles appellations du monde : Nuits-St-Georges, Vosne-Romanée, Echezeaux, Vougeot, Chambolle-Musigny, Morey-St-Denis, Gevrey-Chambertin...

 

Le classement des vins est complexe. A partir du Moyen-âge, mais surtout au XVIIIe siècle, les parcelles appelées ici « climats » ont été délimitées avant d’être classées au XXe siècle en appellations régionales (Côte de Beaune, Hautes Côtes de Nuits…), villages (Gevrey-Chambertin), 1er cru (Gevrey-Chambertin 1er cru « Les corbeaux », ou simplement Gevrey-Chambertin 1er cru s’il y a un assemblage de parcelles classées 1er cru) et Grand Cru (les parcelles ont alors leur propre AOC : Griotte-Chambertin, La Romanée…). Attention qu’une parcelle, La Combe d’Orveau par exemple, peut avoir une partie classée en grand cru Musigny, une partie en 1er cru et une partie en villages…

 

Dans les grands domaines le système de vente ne se fait pas en primeur comme à Bordeaux, mais par système d’allocation. Les vins ne sont vendus chaque année qu’aux clients fidèles, qu’ils soient cavistes, restaurateurs ou particuliers, ce qui permet aux domaines d’être assurés de tout vendre rapidement sans avoir à chercher de nouveaux clients et aux acheteurs d’être assurés d’avoir leurs vins au plus bas prix. Par contre, les non allocataires doivent se battre pour trouver des bouteilles, ce qui augmente la spéculation et les fausses étiquettes.

 

 

bourgogne 1

 

 

Principaux producteurs :

 

 

 

Yonne

***** Dauvissat, Raveneau.

 

**** Bessin, Billaud SamuelDroin, Pattes Loup, Piuze, Vin de deux.

 

*** Billaud-Simon, Château de BéruColinotDe MoorDomaine de l'enclos, DuplessisGarnierGoisot, Grossot, Guyot RaphaëlleLavallée, Lavantureux, Maison de la chapelleMoreau Ch.Moreau-Naudet, TributWilliam Fèvre

 

** Bersan, J. Brocard, JM. Brocard, DamptDavenne, Defaix, Domaine d'Henri, Domaine d’Elise, Domaine de la MotteDrouhin-Vaudon, Jérémy ArnaudLaroche, La Chablisienne, Long Depaquit, Louis Michel, Morin O., Petite empreinte, Picq, Pinson, Richoux, Sainte Madeleine, Schaller, Servin, Simmonet-Febvre, Vocoret E., Vocoret Y et L....

 

* Bel Air, MauperthuisMorin C., Paillot,...

 

 

 

Mâconnais

 

**** Chagnoleau, Guffens-HeynenLa Soufrandière/Bret brothers, LitaudValetteVignes du Mayne...

 

*** Barraud, Bongran, Château de MesseyChâteau des Rontets, Cheveau, Clos des rocsCornin, CrêtsDenogent, FaureFerret-Lorton, Forest, Gandines, Guillemot Michel, Guillot-Broux, Héritiers Comtes Lafon, Jules Desjourneys, Maillet, Merlin, Morat, PacaudRoc Breïa Théo Dancer, Saumaize-Michelin, Verget.

 

** Beauregard, Bonhomme, Carrette, Château FuisséCordier, Duboeuf, Garenne, Jeandeau, Pierre MangRey, Rijckaert, Sainte-Barbe, Saumaize, Soufrandise, ThibertVaupré...

 

* Manoir du capucin...

 

 

 

Côte Chalonnaise

**** De Villaine, Dureuil-Janthial, Lorenzon.

 

*** Cellier aux moines, Champs de l'abbaye, Corcia, Cottenceau Maxime, Jacqueson, JoblotF. Lumpp, MasseRaquillet.

 

** Aladame, Beauné A., Berthenet, Bourgeon, Briday, Chamirey, Chanzy, Clos Salomon, Cognard, Desvignes, Domingos Ferreira campos, Folie, Garrey, Gouffier, Guillot, Jeannin-Naltet, Juillot, Lefort D., Menand, Mia, Moreau clos st antoine, Pillot R&SPonsot JB, Ragot, Rois mages, Sarrazin, Theulot Juillot, Turpinier Bautista…

 

Belleville, Château de Rully (Antonin Rodet)Debavelaere, Jacques Dury, Moirots,...

 

 

 

Côte de Beaune

****** D'Auvenay.

 

***** Bernard BoninColin-Morey et C. MoreyComtes Lafon, De MontilleEnte A., Ente B.Germain H., Jobard A., Jobard RémiLeflaive, Les HoréesPillot PaulRoulot, William Kelley.

 

**** Bachelet JC, Bachelet-Monnot, Boigelot C.Boillot JM, Boisson-Vadot et BoissonBonneau du Martray, Bouley JM, Bouley PierrickBouzereauCarillon J., Carillon F., Carillon L. (†), Chanterêves, Clerget Y., Coche-Dury, Coffinet-DuvernayColin B., Colin S.Croixd’AngervilleDancer, De Courcel, Emilie Thiery et Adrien PIllot, Girardin PVGrivault, Guilbert-GilletLa Pierre Ronde, Lafon G., Lamy H., Lamy-CaillatLe Moine, Maison FangMatrot, MikulskiMoreau B., Moreau Benoît, Morey P., Pierre VincentPillot JM, Quari A.Ramonet - Ramonet Noël, RougeotSauzet, Shiogai KeiVincent AM&JM, Van Berg (†)-Jardins vivants et Glandien Tino Kuban.

 

*** 00wines, Allie Mills, A&S, Altisolis, AymonArnaud BaillotBallot-Millot, Billard LouisBize, Boccon, Boillot C et G., Boillot H., Boillot Marthe Henry, Boudier JBBoyer R., BuissonBuisson-CharlesCamille Giroud, Caroline Frey, CarteretCassiopéeChandon de BriaillesChansonChartron, Chassorney, Chaume des liesCollardotColin M.Colin Joseph, Comte ArmandComtesse cherisey, Couvreur A.Crotet Maxime, DandelionDrouhin, Dubuet, Dubuet-BoillotDussortEn belles lies, Ex nihilo, Féry Frederic, Fichet, Fontaine-GagnardGirardin Benoit, Glantenay, Grain du vin, Guillemot Pierre, Icy LiuJobard-MoreyLafarge, Lamy-PillotLatour V., Lattard, Le Puy de l'oursLejeune, Lequin-ColinLeroux B., Les monts, Louis Mathieu et Nargillets, Maison Meyer, Maison MonchouMaréchal, Moingeon, Morey-Coffinet, Morey T., MuzardPacalet, Pernot Alvina, Petit-Roy, Pillot F&L, Pousse d'orPrieur, Rapet, RenoRoblet-Monnot, Roblin-Bazin, Roisin Curley, RollinRossignol, Si tu sais, SkyaasenTessier, Thomas Dâm, Thyades, Valentin Krug, Wolber-Laisse Tomber.

 

** Aleth Girardin, AMI, Au pied mont chauveBachelet-Ramonet, BelleneBergeretBichot, Blain-Gagnard, Bonnardot L et EBouchard P&FBoyer-MartenotBraultChampaud, Changarnier, Chapuis, Chapuis & Chapuis, Charles P&FChâteau de Meursault, Château de Pommard, Château de PulignyChavy-ChouetChevalier, Chevrot, Cholet F.Clair F&D, Clair Obscur, CocheBizouard/Fabien CocheComte SenardContat-GrangéCyrot-Buthiau, Darviot-Perrin, Demougeot, Derain, DeveveyDupont-FahnDoudet-Naudin, Fatien, Féry J.Follin Arbelet, Gambal, Gaunoux, Gay, Gayot Paul, Giboulot, Girardin V., Gros Ch.Guyon A., Heitz-LochardetJadot, Jessiaume, LabetLargeot, Larue, Latour L., Langoureau, Leroy Fiona, Magnien S., Maillard, Mallard, Maltroye, Mandelot, Maratray Dubreuil, Michelot-Buisson, Millot Bernard, Monnier, Morente F., Moret D. Moret-Nominé, Morey Marc, MorotNudantOlivier LeflaivePaquet, Pavelot L., Pernot Belicard, Petitprez, Potinet-Ampeau, Prunier-BonheurRebourgeon Mure, Regnaudot JC, Regnaudot B&F, RemoissenetRouges queues, Roux, Roy Elodie, Sarnin-Berrux, SuremainTollot-Beaut, Vaudoisey, Vaudoisey Creusefond, Violot-Guillemard, Voillot, Uliz...

 

* AffreBelland, Buffet, Château de BlagnyDebrayDelagrange B., Delagrange H., Guillemard-Clerc, Guillemot, Villamont

 

 

 

Côte de Nuits

****** Henri Jayer (†), Leroy, Romanée-Conti.

 

***** Arlaud, Arnoux-Lachaux, Bizot, BouvierCathiardClos des LambraysComte Liger-BelairDugat-Py, Dujac, DurochéEngel (†), FaureFourrierGroffier, Koji & Jae Hwa-Lou DumontLiger-Belair T., MillemannMugnier, Ponsot / Laurent Ponsot, Rouget, Roumier, Rousseau, Trapet, TremblayVogüé.

 

**** Amiot-ServelleArlotBarthod et Boillot L., Berthaut-GerbetChevillon, Chopin-Groffier (†), Clair/Clair-Daü (†), Clavelier, Clos de Tart, Confuron-Cotetidot, DamoyDuband et Feuillet, DugatFauroisGouges, Grivot, Gros AnneHudelot-Noëllat/Van Canneyt, La Vougeraie, LignierMagnien Henri, MarshallMéo-CamuzetMortet, Mugneret-Gibourg, Naudin-Ferrand, Noëllat G., PaindavoinePerrot-Minot, Prieuré-RochRossignol-Trapet, Truchot (†).

 

*** Amiot P., Bachelet D.Bart, Bernstein, Bertheau, Boigey Frères, Boillot Lucien, Burguet A., Burguet N.Camille ThirietCastagnier, Chezeaux, ChicototConfuron JJChâteau de la Tour, Confuron Edouard et Confuron-Gindre, Cruchandeau, Eugénie, EsmoninFaiveleyForey, Fornerol, FournierGaleyrandGeantet-Pansiot, Gerbet, Gros F&SGros M.Guyon JP.GuyotHarmand-Geoffroy, Hoffmann-Jayer, Julien G.LamarcheLaurent D.Lecheneaut, Les astrellesLescureLienhardt, Lignier-MichelotMachard de GramontMaison romaneMarchand Tawse, Marchand Frères, Mark Haisma, Messager-Germain, Moine-Hudelot (†), Moron-Garcia, Mugneret G.Noellat M.Pataille, Pataille Laurent, Petits lieux, Pinot Noar-Arnaud LopezRebourseau, RecchioneRecrue des sens Yann DurieuxRémy C&LRion A&B, Rion P.Roumier L., RotyRoySérafin, Siblas-MaumeSigaut, TardyTaupenot-Merme, Vadim.

 

** BallorinBertagna, Bonnardot, Cacheux J.Charlopin-Parizot, Chauvenet-Chopin, ChopinClergetDecelle-Villa, Drouhin-LarozeDurand, Felettig, GalloisGros AFHeresztyn-Mazzini, Huguenot, Humbert, Jardiniers vignerons, Jeanniard A., Jouan, KuheijiKohutLeclerc R., Leymarie-CeciMagnien F. et M., Magnien St.Manuel Olivier, Michelot, Millot JMMongeard mugneret, Mortet T.MunierNaddefOdoul-Coquard, Perdrix, Pernin-Rossin, Rion D., Rion JC, Rossignol P., Roblot-MarchandSirugueTilleuls, Tortochot, Vigot F., Vigot N., Zito...

 

* Aegerter, Bidault, BoursotBouvier Régis, CommarinDigioia-Royer, Gachot-Monot, Hudelot-BailletNaigeon, RemoriquetVieux collège, Vincent Jeanniard

 

 

 

Dijon

*** Domaine de la Cras - Tercet., Gautheron d'Anost... 

 

18 décembre 2025

Soirée Madère

 

Madère est un petit archipel d'îles (dont l'île principale se nomme aussi Madère), appartenant au Portugal et situé dans l'Océan Atlantique.

 

 

 

C'est un archipel au climat subtropical humide (soumise à l'anticyclone des Açores et au Gulf Stream), où il ne fait jamais très froid, mais jamais très chaud non plus, avec beaucoup de vent et énormément de pluie sur la partie Nord de l'Ile principale. Il s'agit aussi d'un volcan, culminant à 1862m d'altitude.

 

 

Les vignes ne sont plantés que sur les bords de l'île. Les cépages secs comme le sercial sont généralement plantés sur les secteurs les plus froids et vendangés en dernier, contrairement à la malvoisie plantée sur les secteurs plus chauds. 

Il y a à l'heure actuelle 7-8 producteurs, qui achètent les raisins à environ 2000 viticulteurs (seul H&H possède une dizaine d'hectares), pour un total de 500 hectares environ. Chaque producteur récupère donc des raisins d'un peu partout sur l'île.

 

Les sols sont donc volcaniques, on distingue : le saibro (un tuf rouge décomposé), le cascalho (un sol caillouteux), la pedra mole (un tuf jaune sableux) et les massapes (littéralement « coup de pied », une argile issue de la décomposition d'un tuf sombre).

 

 

Les vignes sont historiquement plantées en pergola, ce qui permet une double culture (de la patate douce par exemple), mais depuis quelques années on peut aussi trouver des vignes en VSP (= palissage) comme sur la photo du bas.

 

 

Les cépages 

On peut aussi trouver du Bastardo (=trousseau) et il y a longtemps du Moscatel (= muscat). Le Tinta Negra est de loin le cépage le plus planté, il sert pour toutes les entrées de gamme. Le boal et le sercial sont les plus rares et donneraient les vins les plus complexes, sans parler du Terrantez quasiment disparu car très sensible aux maladies ou au botrytis.

 

 

Histoire 

Lors des voyages en bateau (environ 16e siècle), les vins étaient fortifiés à 20% d'alcool pour la conservation. Mais on s'est aussi rendu compte que plus ils passaient de temps proche de l'Equateur, sur la route pour le Brésil ou les Indes, à des températures avoisinant les 50°, meilleurs ils étaient. D'où la méthode moderne unique au monde qui consiste à faire chauffer les vins.

 

 

Fabrication

En fonction du taux de sucre que l'on veut obtenir, les vins sont mutés à l'alcool de vin à 96°, ce qui va stopper la fermentation (au 1er-2e jour environ pour les plus sucrés, après 8jours pour les plus secs) et permettre d'obtenir des vins à environ 20% d'alcool. 

Les vins sont ensuite chauffés soit par la méthode de l'estufagem (quelques semaines dans des cuves), soit par la méthode plus noble mais plus longue du canteiro (quelques années en fût dans un endroit chaud, le plus souvent sous les toits).

L'élevage se poursuit ensuite en fût de chêne (les "pipas") qui font le plus souvent autour de 500L, sans ouillage. D'Oliveiras est l'un des rares producteurs de l'île à n'utiliser que du chêne américain. On dit généralement qu'après mutage/chauffe/élevage oxydatif les vins ne vieillissent plus une fois embouteillés et ne bougent pas après ouverture de la bouteille.

 

Les vins sont généralement bus dans des verres à vin blanc, à des températures qui sont plutôt celles des vins rouges (16-19°).

 

 

Soirée 1

 

1 Barbeito, Vinhas do Farrobo Bastardo 2022 : (100% trousseau) rouge très léger (10%), très clair en couleur, proche d’un rosé, fait sr le Nord de l’île principale, très framboise, groseille et floral. Bouche légère, acidulée, quand même texturée, assez courte mais très digeste, presque désaltérante.

 

2 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Vinho do Porto Santo Caracol 2024 : (Porto Santo est une île légèrement plus chaude et humide, aux sols sédimentaires. Les vignes sont très proches du sol, dans le sable, pour éviter le vent) blanc vif et citronné, légèrement plus haut en alcool que le précédent (12%), avec un élevage sur lies léger, peu de corps, mais une finale salivante avec une sensation saline.

 

3 Barbeito, Madère Rainwater Reserva 5ans (demi-sec) : Entrée de gamme à l’univers des Madère, dans un style facile (Rainwater viendrait de l’eau qui pouvait imbiber les fûts lorsqu’ils étaient à l’air libre), en rondeur, avec peu d’acidité, pas mal de sucre pour un demi-sec, sur des notes de toffee, la finale est un peu courte, l’alcool se ressent un peu. Pas mauvais, mais très loin du niveau des suivants.

 

4 D’Oliveiras, Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) :  couleur ambrée, nez très différent du précédent, beaucoup plus chocolat noir, café, noix, cannelle, date… Bouche très punchy, pas très riche en sucre, avec une très belle acidité, peut-être pas le plus complexe de la soirée mais l’équilibre est parfait, avec une sensation de fraîcheur et de vin digeste malgré les 20%, l’ampleur et la longueur des grands Madère.

 

5 D’Oliveiras, Madère Sercial 1969 emb. 2018 (sec) : couleur acajou, nez plus marqué par le temps en fût, encore plus « noir », proche d’un vieux whisky du Speyside en fût de sherry, peu de fruit, mais très riche en café, encaustique, polish, cire, tabac, boîte à cigare, girofle. La bouche est légèrement plus sèche que le verdelho 2007, mais de peu, un peu plus en rondeur avec un peu moins d’acidité, plus complexe, mais un peu moins aérien, il demande plus de temps, longueur exceptionnelle là aussi.

 

6 D’Oliveiras, Madère Boal 2006 emb. 2024 (demi-doux) : un boal qui semble encore un peu fermé, compact, puissant et riche, probablement encore un peu jeune pour un boal, en tout cas dans cette séquence-là.

 

7 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : couleur acajou, très beau nez sur le café, la noisette, la noix, un côté menthol/eucalyptus. Comme le Verdelho 2007 c’est surtout l’équilibre qui est parfait sur cette version. La bouche est assez riche en sucre, mais avec une acidité très élevée, beaucoup de fraîcheur, et presque un côté aérien sur ce Madère, sans perdre en intensité et en longueur. Une nouvelle grande bouteille. Signe que les Verdelho et les Malvoisie nécessitent moins de temps que les Boal ou les sercial réputés plus nobles.

 

8 D’Oliveiras, Madère Tinta Negra 1998 emb. 2021 (doux) : robe acajou, quelques reflets rouges, nez de chocolat noir, café, un côté fruits rouges également. Bouche sucrée, avec un peu moins d’acidité que la malvoisie, un peu plus vineuse et en rondeur avec un peu moins d’allonge.

 

 

Soirée 2

 

1 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Tinta Negra dos Villoes 2024 : (100% tinta negra sur l’île de Madère. 10%) rouge très léger, fruité et floral, acidulé, simple et facile à boire.

 

2 Antonio Maçanita et Nuno Faria, Vinho do Porto Santo Caracol 2024 : (pressé grappes entières, 10mois d’élevage en cuves inox. Sols sables et calcaires ici) Blanc plus sérieux que le rouge précédent, tendu, avec une autolyse plus marquée que sur la bouteille de la soirée précédente, un peu pus énergique et salin.

 

3 D’Oliveiras, Madère Sercial 1990 emb. 2022 (sec) : très belle bouteille dans un style austère, qui a semblé plus sec et punchy que le 1969 de la précédente soirée.

 

4 D’Oliveiras, Madère Verdelho 2007 emb. 2023 (demi-sec) : derrière le Sercial 1990, le vin a d'abord semblé un peu alcooleux. Mieux sur la fin de la dégustation. Mais un peu moins de plaisir pris que sur la bouteille de la semaine précédente.

 

5  Henriques & Henriques, Madère Verdelho 1934 emb. 1960’s ? (demi-sec) : un bonus hors-norme, d'une couleur brun orangé, le nez est fruité sur la marmelade d'orange, l'abricot sec, le miel, avec une petite évolution sous-bois/fumé, une volatile un peu plus haute qui rappelle certains oxy catalans. La bouche est par contre très fondue, pas très acide mais pas très sucrée non plus, en rondeur, plus gourmand et moins violent que les D'Oliveiras, moins de peps, mais aussi moins d'allonge saline, un côté facile à boire ici. A la fois jeune par son côté fruité et son relativement peu de temps en fût (et probablement aussi des fûts de chêne français qui boostent moins l'élevage que chez D'Oliveiras) et à la fois comme patiné par le temps en bouteille. Comme quoi, à l'image des spiritueux on pourrait parler d'OBE (old bottling effect) après autant d'année, avec une sensation de rondeur (perte d'alcool et d'acidité). Merci Michel !

 

6 D’Oliveiras, Madère Boal 1988 emb. 2018 (demi-doux) : très belle bouteille, pas trop sucrée pour un Boal, équilibre parfait entre gourmandise sucrée et tension acidulée, longueur interminable.

 

7 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2003 emb. 2020 (doux) : une belle bouteille mais qui aura été surclassée par la suivante, un peu plus de fruit et de rondeur ici mais moins d'intensité.

 

8 D’Oliveiras, Madère malvoisie 2002 emb. 2022 (doux) : comme lors de la soirée précédente, une très grande bouteille qui a fait l'unanimité.

 

9 Niepoort, Porto Vintage Quinta do Passadouro 1995 : le strict opposé du Madère, avec des raisins rouges, un élevage court d'environ 2ans en fût, sans oxydation, et sans la ""chauffe". Un porto sur les fruits rouges et le chocolat, qui semble un peu simple, voire même un peu fatigué derrière les Madère.
 

 

 

Quelques accords mets/vins

Du plus sec au plus sucré : poisson grillé, saumon fumé, sushi, tartare cabillaud/boeuf sauce balsamique, salade balsamique, manchuego/fromages secs, olives/tapenades. Viande en sauce type soja, érable, caramel, miel, Madère. Vieilles mimolettes, pâtes persillées. Dessert chocolat, café, noix. Cigares...

 

 

Conclusion

Une découverte pour la plupart des participants, qui ont été marqué par l'intensité, la complexité et les longueurs en bouche exceptionnelles avec lesquelles les vins non fortifiés ne peuvent rivaliser. Le tour de force des grands Madère est aussi de rester digeste, frais, et ne saturent pas le palais grâce à leur acidité élevée et leur absence de tannins, et ce malgré un taux d'alcool autour de 20%.

 

14 décembre 2025

Soirée Rising stars, les jeunes domaines à la hype

 

Soirée "Rising stars", les jeunes domaines "à la hype"

 

Tout est dans le titre... Dégustation à l'aveugle bien sûr, avec un panel de dégustateurs éclairés. Tout a été ouvert le midi pour le soir, en Zalto Universal. Vins du monde entier. C'est l'occasion de débattre des modes, des prix, des styles (infusion, autolyse...), de l'impact des réseaux sociaux, de la qualité de ces jeunes domaines encensés (même si ce n'est qu'une bouteille un soir, ça ne suffit évidemment pas pour juger de la qualité globale du travail).

Quelques bonus ont été ajoutés, pas forcément dans le thème.

 

 

1 Peter Wagner, Spätburgunder Oberrotweil 2022 (Baden) : (créé en 2016, sur le volcan Kaiserstuhl en fûts non neufs) Couleur de pinot assez claire, nez expressif très gourmand de pivoine et fruits rouges, plutôt sur de l'infusion, touche viandée/fumée. Bouche très gourmande, fruitée, légère en alcool, petite sucrosité gourmande, pas une grosse acidité mais comme il y a peu d'alcool le vin reste digeste, plutôt en rondeur donc, mais ultra gourmand et facile à boire. Pour une trentaine d'euros, gros plaisir.

 

2 Jean Marshall, Nuits-St-Georges 1er Cru Aux argillas 2023 : (Jeune vigneron qui vient de récupérer les vignes de son père, auparavant louées à Méo-Camuzet notamment. Travail à la vigne façon Lachaux/Leroy et bio. Parcelle juste au dessus de charmotte, dans la combe. Grappe entière départ des fermentations avec des pieds de cuve. Elevage en céramique, comme Arnoux-Lachaux)  Couleur sombre, qui ne fait pas du tout pinot, idem pour le nez, sur le cassis, la mûre, des épices, un petit côté amylique, yaourt qui nous fait penser qu'il y a peut-être eu un départ en carbo, plusieurs évoquent un gamay. La bouche est très fraîche pour 2023 avec une belle acidité, construite sur la tension, avec des tannins encore un peu serrés, le vin n'est pas texturé, il y a de la longueur, ça semble encore bien jeune et à attendre, personne ne pense à du pinot. Tout le monde est un peu perdu. C'est le gamay qui est le plus largement évoqué mais sans conviction pour la fraîcheur et l'aromatique plutôt fruits noirs. Ce qui est sûr c'est que l'élevage céramique change tout et a perturbé. Si on comprend bien que c'est un contenant neutre censé faire ressortir le terroir, paradoxalement il marque clairement le vin. En fait il faudrait que tout le monde vinifie en céramique pour que ça fonctionne vraiment. Un exercice de style très intrigant, mais le prix de 175€ a semblé complètement délirant.

 

3 Vincent Paindavoine, Nuits-St-Georges Les fleurières 2023 : (Chef de culture des grands crus des hospices de Beaune qui a monté son domaine en 2021. égrappé sur cette cuvée, Climat bas de coteau sous les Pruliers, sulfité après malo seulement) Couleur pinot pour celui-ci, nez pinot également, petite touche toastée, qui ne masque pas le fruit non plus, fruits rouges un peu mûrs, on sent le millésime solaire, mais sans excès. Bouche en rondeur, avec du fond, classique, tannins fins, déjà abordable en l'état avec bien sûr un bon potentiel de garde, il y a de la longueur. Rien de très original par rapport au précédent, mais c'est très bon.

 


4 Aurelj Vaira, Controcorrente 2023 : (jeune domaine de 4ha. Ici nebbiolo à Coste di Vergne, à 3 kms de Barolo. 10-20% grappe entière, "2-week fermentation started with an ambient yeast pied de cuve, only the free run juice is kept for this cuvée, aged for 10 months in used barrels". « Controcorrente signifie « à contre-courant ». Il s'agit d'un style de Nebbiolo différent, car il est élaboré à partir du biotype Rosé, produisant des vins élégants à la robe plus claire. »)  Couleur très claire, à peine rouillée, le nez fait très floral, fruits rouges un peu sucrés, façon grenache infusé à la Anglore, ou cinsault. La bouche est très ronde, on sent qu'il y a un peu d'alcool (14%), c'est infusé, en rondeur, pas de tannins du tout, personne ne pense à nebbiolo, pas une grosse acidité non plus, c'est sur le fruit, très gourmand, proche d'Anglore, les Grillons et co... C'est assez simple mais efficace, on se fait plaisir. Dur de dire où on est par contre.

 

 

5 Leah Angles, Collioure Elephant blanc 2023 : (très vieux grenaches, en fermage, bord de mer à Cerbère. Domaine créé en 2017, 5,5ha) Couleur noire, sombre pour du grenache. Nez assez sauvage, complexe, de fruits noirs, graphite, petite volatile, cannelle, épices de noël, orangette... Bouche avec un beau volume, fraîche, seulement 13 d'alcool, une bonne acidité, un vrai fond minéral derrière, on sent une vinif orientée nature qui reste très propre, quelqu'un évoque le schiste, mais globalement on partirait plutôt sur un carignan du côté du Priorat. On sent un grand terroir derrière, c'est long, accessible en l'état avec un potentiel de garde aussi. Personnellement le côté épices de noël très marqué me lasse un peu, mais un très beau vin à l'unanimité.

 

6 Domaine de Faverand, Ventoux Carinena 1923 2022 : (Domaine de 5ha à Mazan, Mont Ventoux, Ici vieilles vignes sur sables. Un peu de carignan blanc aussi dans la parcelle)  Couleur rubis très claire, brillante. Le nez est très charmeur, très fraise écrasée, grenadine, rose, avec une sensation de sirop. La bouche est toute en rondeur, on se demande s'il n'y a pas du sucre résiduel, pas du tout de tannins, c'est ultra gourmand, on ne sent pas du tout les 15,5% affichés, il y a peu d'acidité, longueur moyenne. C'est ultra charmeur, bon à la première gorgée, mais tellement sirupeux qu'on a du mal à finir son verre. On voit clairement qu'on a voulu faire du Rayas. C'est à la fois assez fort de faire ça sur des vieux carignans, mais en même temps très caricatural. Je vous laisse imaginer qu'il y a eu un gros débat ! Impossible à placer à l'aveugle, ni de trouver le cépage.

 


7 Cyril Courvoisier, Cornas Côtes 2021 : (parcelle tout en haut du coteau, plantée en 2015, grappe entière, vieux fûts) Couleur sombre, nez réduit, animal, derrière il y a des arômes de syrah, viande, violette. Jolie attaque en bouche, fraîche, pure, florale, on sent le millésime frais, finale aux tannins un peu durs, qui vont sécher de plus en plus avec l'ouverture, on pense à un peu de bretts du coup. Dommage, d'autant plus que c'est un des rares producteurs de la soirée que j'avais déjà eu l'occasion de goûter, et que c'était bien mieux les dernières fois.

 


8 Thomas Dam, Cornas chaban 2022 : (importateur danois, micro domaine créé en 2017, ami de Mark Haisma qui vinifie comme lui un peu de Bourgogne et un Cornas. Ici parcelle de Vincent Paris, Thomas fait les vendanges, élevage grappe entière sans soufre) Couleur sombre, nez très syrah, viandé, fruits noirs, pas du tout typé nature, assez classique. Superbe bouche qui combine volume, fraîcheur, pureté, longueur, dans un registre assez classique, déjà plaisant en l'état et avec un gros potentiel de garde, excellent vin.



9 RETA, Ta/rraz VT Castille y Léon 2021 : (à Mogarraz, commune de la Sierra de Salamanca. Grappe entière. 1 mois futs de 4e remplissage. 55% Rufete, 30% Calabrés, 8% Aragonés, 7% Autres variétés blanches. En altitude 600m environ)  Vin placé dans la dégust car nous avions beaucoup aimé les vins de Marcelo Retamal sur le Chili, il s'agit ici de son nouveau projet en Espagne. Couleur noire, nez de fruits noirs, épices, olive, sans rien de confituré, sentiment de fraîcheur derrière. La bouche est trop tannique en l'état, encore jeune, mais il y a beaucoup de fraîcheur, du fond, on sent un terroir, de l'altitude, une belle acidité, impression qu'on ne connait pas les cépages. Quand on voit l'étiquette, on retrouve un lien de parenté avec sa cuvée Romelio au Chili dans la façon de travailler en pureté, sans bois, mais avec des tannins. C'est plutôt joli mais à attendre.

 


10 Alexandre Grimée, Champagne Corpus 2021 : (Meunier. Blanc de noirs brut nature 2021, 4 parcelles. Vignes à Bonneil, vers Château-Thierry. Tout petit domaine 1ha, début vers 2014. Cuve, pas de malo. 30mois lattes. 390 bouteilles) Couleur très claire, nez épuré, pomme granny, floral, assez simple mais joli. Bouche vive, sur la tension, la fraîcheur, simple, presque rafraîchissant, élégant, pas très long.

 


11 Gaspard Brochet, Champagne 333d : (à Sacy, Ecueil et Villers-aux-Nœuds. 3 cépages mais maj pinot noir. Assemblage 2018-2019-2020. Non dosé. Elevage long et fût. Petit fils d’Emmanuel Brochet) Couleur foncée, à peine saumonée. Nez plus mûr et brioché que le précédent, plus typé pinot, on sent encore un peu l'élevage bois. Bouche avec plus de corps et e longueur que le précédent, encore un peu jeune, à la bulle un peu grosse, bien dans la nouvelle mouvance de vendages mûres et élevage bois, manque un peu de patine et de complexité, plutôt bon mais personne n'a vraiment le coup de cœur.

 

House of Arras, Tasmanie Grand Vintage 2013 : (chardonnay, pinot noir) Méthode trad de Tasmanie façon grande maison, pour comparer le style avec celui des jeunes vignerons. Beaucoup de temps sur lattes ici, fruité un peu exotique, ananas, la bulle part assez vite, début d'évolution légèrement champignon, plus en rondeur avec un peu plus de sucrosité. Un style intéressant, plutôt bien fait, à l'opposé des précédents. Personnellement, un juste milieu entre les deux me conviendrait bien.

 


12 Maison Si tu sais, Bourgogne aligoté Les Vris 2023 : (Micro-négoce créé en 2020 par des anglais. 1900bts par an au début, 6000maintenant. Inspiré par Dancer par exemple, orienté nature. Vignes à ?)  Couleur claire, un peu trouble, nez pomme blett, floral, simple. Bouche assez simple aussi, peu d'alcool mais peu d'intensité, un peu molle et assez courte. Ca reste propre. Très cher (46€) pour ce qu'on a dans le verre.

 

13 Ziereisen, Gutedel Jaspis 10hoch4 Alte Reben 2021 : (à Baden, chasselas, en 650L pendant 22mois. Domaine historique, spécialiste du pinot noir, qui depuis quelques années veut produire des grands chasselas, "cépage d'avenir qui atteint son pic de maturité autour des 11% d'alcool et ensuite ne bouge plus" selon le producteur) Couleur or, nez qui embaume la pièce de pétard, poudre à canon, façon Leroy/Auvenay, tellement marqué par cette autolyse qu'on ne sent absolument que ça. Idem en bouche, difficile de sentir autre chose, le seul point positif c'est que le vin est à 10,5% tout en ayant du corps, mais il n'y a clairement pas l'intensité d'un Auvenay, le vin est vite écœurant. Aucun terroir ressenti. On est vraiment tombé dans la caricature. Le fond du lendemain était pareil. 100/100 Lobenberg et 125€ la bête de concours...

 

14 Dominio do Açor, Dao Vinha Celta Bical 2023 : (à Oliveira do Conde. Vignes de 1961, granit. Consulté par Pedro Parra. Egrappé puis 24h contact avec peaux. Fermente en barriques, malo faite. ÉLEVAGE: 11 months on fine lees in a reductive environment in previously used barrels (1 French oak 500L and 2 Austrian/German oak 500L). More 6 months in stainless steel before bottling. 90mg so2 total) Robe assez claire, nez légèrement autolyse, floral, fait très Bourgogne sur lies, mais sans aller trop loin, plutôt joli, le bois semble bien intégré. La bouche est plus décevante, simple et manquant de peps et de tension, pas une grande longueur.

 

Dominio do Açor, Dao Cerceal Vinha Ruina 2023 : (100% Cerceal-Branco (or Cercial from Bairrada. Sols granit. Elevage 17mois cuves inox sur lies fines malo faite) Couleur or pâle, nez fruits jaunes, miel, encaustique, petite touche presque de voile. Bouche légère en alcool (12%), mais avec beaucoup de volume, une attaque à la texture grasse, puis une fin de bouche tendue, sur les zestes d'agrumes avec beaucoup de salinité, où on retrouve l'allonge et l'umami des vins de voile. Un équilibre original et très intéressant. Un côté palomino andalou. TB+.

 

15 Sakkie Mouton, Vloedvlak Colombar 2023 : (à Olifants River, au Nord du Swartland, proche de l'océan. Créé en 2019. VV de colombard 1978. Fermente cuve, grappe entière puis élevage court fûts 228L) Un vin glissé dans la série pour goûter un colombard intéressant. Couleur claire, nez fruité, pèche, agrumes. Bouche légère en alcool (11% environ), fraîche, acidulée, fruitée, pas très longue mais sympa.

 


16 Bergerie de l’arcade, Languedoc blanc 2023 : (100% terret blanc, moitie fût moitié cuve) Couleur à peine plus foncée que le précédent, nez un peu timide à l'ouverture, citronné, floral, puis avec l'ouverture des fruits jaunes, du melon, il devient intéressant. La bouche semble sudiste, avec de la puissance, pas forcément de gras ni beaucoup de corps, pas beaucoup d'acidité, plus le vin prend l'air plus il semble lourd, on ne ressent pas un grand fond derrière, ni beaucoup de longueur.

 


17 Jules Brochet, Coteaux champenois blanc Nord du mont ferré 2022 : (à Taissy sud de Reims, par Pierric Brochet, auparavant en stage chez Selosse. Mais qui ne l'a pas fait ? 24mois fûts. Premier millésime en 2019. Pas de lien récent avec Gaspard Brochet et Emmanuel Brochet à ma connaissance) Couleur dorée, un peu trouble sur le fond de bouteille, très beau nez très beaunois, avec un peu d'élevage mais bien intégré, à la fois léger beurré, et un peu de lies, des fruits jaunes, du citron confit. La bouche combine largeur et longueur, dense, pourtant pas très haute en alcool, c'est frais aussi, l'élevage est bien adapté à la matière, c'est très long et crayeux, salivant. Déjà bon, gros potentiel aussi. Excellent vin.

 

 

Autres


Chiussuma, Farinel 2023 : (domaine créé en 2016, à Carema, Nord Piémont.  En cuve inox. Vignes en pergola. 80% nebbiolo, 20% ner d’ala) Beaucoup de gaz à l'ouverture, très clair en couleur, un peu maigre et serré, pas beaucoup de plaisir.

 

Cosse Maisonneuve, Les hauts de Bonaguil Paradis 2024 : (sauvignon, à côté de Cahors, nouveau projet) problème de bouteille, on regoûtera.

 

11 décembre 2025

Jean Marshall (Nuits-St-Georges) ****

 

Jeune vigneron qui vient de récupérer les vignes de son père, auparavant louées à Méo-Camuzet notamment. Travail à la vigne façon Lachaux/Leroy et bio. Grappe entière départ des fermentations avec des pieds de cuve. Elevage en céramique, comme Arnoux-Lachaux.

 

https://winehog.org/marshall-a-super-exciting-2024s-71828/

 

 

Jean Marshall, Nuits-St-Georges 1er Cru Aux argillas 2023 :   (Parcelle juste au dessus de charmotte, dans la combe.) Couleur sombre, qui ne fait pas du tout pinot, idem pour le nez, sur le cassis, la mûre, des épices, un petit côté amylique, yaourt qui nous fait penser qu'il y a peut-être eu un départ en carbo, plusieurs évoquent un gamay. La bouche est très fraîche pour 2023 avec une belle acidité, construite sur la tension, avec des tannins encore un peu serrés, le vin n'est pas texturé, il y a de la longueur, ça semble encore bien jeune et à attendre, personne ne pense à du pinot. Tout le monde est un peu perdu. C'est le gamay qui est le plus largement évoqué mais sans conviction pour la fraîcheur et l'aromatique plutôt fruits noirs. Ce qui est sûr c'est que l'élevage céramique change tout et a perturbé. Si on comprend bien que c'est un contenant neutre censé faire ressortir le terroir, paradoxalement il marque clairement le vin. En fait il faudrait que tout le monde vinifie en céramique pour que ça fonctionne vraiment. Un exercice de style très intrigant, mais le prix de 175€ a semblé complètement délirant. TB-.

 

10 décembre 2025

Mas Mellet (Vauvert) ***

 

Mas Mellet, Le Chemin des Salines 2024 : (Vin de France, produit dans les Costières de Nîmes, mais l'assemblage de cépages ne correspond pas au décret. 50% cinsault, 50% grenache environ et une pointe de syrah. Elevage cuve béton. SO2 à la mise seulement 15mg/L) Couleur violet clair, nez très fruité floral, qui fait un peu primeur et carbo, avec de la violette, de la mûre, de la cerise, un côté bonbon/amylique. La bouche semble légère (14,5% pourtant) surtout si on le boit assez frais (ce qui lui convient mieux, sinon l'alcool et la sucrosité ressortent) toute en fruit, pas de tannins, lisse, mais gourmande, en rondeur avec une acidité moyenne, un peu épicée sur la finale, pas très long, mais on y retourne facilement. Parfaitement propre. Pour 16-17€ il n'y a rien à dire. Même si là aussi on sent surtout un style de vinif, plus proche d'un gamay en carbo que d'un Costières classique. Mais pourquoi pas. Quelques mois de garde lui feront sans doute du bien pour sortir de ce côté "primeur". B+.

 

10 décembre 2025

Michael Candelario (Espagne, Canaries) ****

Domaine de 2ha, situé à Pontagorda, au Nord-Ouest de La Palma (Canaries), près de 1400m d'altitude. Vignes centenaires plantées par son grand-père. Michael Candelario (né en 2000, premier millésime sur 2023) est l'élève du célèbre Inaki Garrido.

 

 

Michael Candelario, DO La Palma Tinto 2024 : (sols volcaniques. Negramoll, listan prieto, listan negro. Elevage en 300L pendant 8 mois. 13,5%.) Couleur grenat violacée, façon gamay. Nez cerise, poivre, cassis. Bouche avec une texture très soyeuse, pas de boisé ressenti, très juteuse et croquante, rappelle un gamay plein de fruit, floral, violette, semble assez léger en alcool avec une bonne acidité. A l'aveugle, pas très "volcanique", très différent des infusions fumés de Envinate ou Suertes. Ici rondeur, gourmandise, pas encore très complexe, mais plaisant, déjà accessible. Le lendemain le côté fumé puis presqu'un peu animal apparait, plus de caractère. A voir désormais avec quelques années de plus. TB.

 

9 décembre 2025

Charles Boigelot (Meursault) ****

Charles Boigelot reprend le domaine familial Eric Boigelot petit à petit, avec une cuvée sous son nom en 2022 et trois en 2023. Il a fait ses stages chez Coche-Dury, V. Girardin et Paul Pillot. Il travaille sur la finesse, avec une bonne partie de grappe entière en général, et peu de bois neuf.

 

 

Charles Boigelot, Monthelie Les Plantes 2023 : Couleur très claire pour 2023, brillante, nez très appétant, de pivoine, cerise rouge, fraise. Bouche très ronde, soyeuse, gourmande, me fait penser à Fourrier dans le style par exemple, pas forcément très long, mais évident, gros plaisir. TB+.